Flashback #2 – Real Money (mai 2006)

17 mars 2010 at 18:55 (Flashback)

Je joue sur Pokerroom depuis quelques heures maintenant en Play Money, pourquoi ne pas continuer, mais cette fois en Real Money ? Le temps de taper mon numéro de carte bancaire, et voilà mon compte de joueur crédité en dollars. Première bonne surprise, je dépose 20 euros, et je me retrouve avec quasiment 30 dollars dans le caissier du site. Vive le taux de change ! A ce moment, je ne pense pas aux transferts dans l’autre sens, qui je l’espère arriveront en temps et en heure.

Quelques heures avant, j’avais découvert les joies du poker de tournoi comme je l’avais vu à la télé, mais avec de l’argent fictif. Lors d’un tournoi de Poker, il ne peut en rester qu’un. J’ai toujours aimé la compétition, l’adrénaline que procure la victoire. C’est tout naturellement qu’en naviguant dans le lobby du site, je remarque la présence de tournois à plus de 300 joueurs. Attiré par l’enjeu, je regarde sur quel tournoi je peux m’inscrire. L’offre est assez vertigineuse, un nouveau tournoi commence toutes les deux minutes environ, pour tous les budgets. Mon oeil est attiré par un tournoi appelé le « Lucky Dollar ». Comme son nom l’indique, il vous permet de transformer un dollar en un gros paquet de dollars. En effet, en regardant de plus près, je découvre que le premier gagnera plus de 100 dollars.

A ma grande surprise, je découvre également comment le site de Poker gagne de l’argent. 10 cents par inscription reviennent au site. Une bouchée de pain, pas vraiment, puisque pour tous les buy-ins, le site gagne environ 10% du montant des inscriptions, imaginez ce qu’un tournoi à 100 dollars avec 500 participants peut rapporter ! Les fees, on appelle ça comme ça, le rake pour le cash game. Notre but à tous est de combattre ce rake, gagner plus que ce que le site nous vole à chaque tournoi.

Le tournoi va commencer, je sais déjà que les blindes augmentent toutes les 12 minutes et que je peux me permettre d’attendre un peu pour voir du jeu. Mais de toute façon, je vais forcément gagner. Si je me mets à jouer au Poker, ce n’est assurément pas pour devenir un loser. La table apparaît sur l’écran de mon eMac. Elle remplit quasiment toute la surface de mon 17″. Je suis dans les starting-blocks, la compétition s’annonce. 417 joueurs au départ, et il ne doit en rester qu’un.  Et j’avoue que je pense déjà que je serais celui-là. En cliquant sur le lobby, on peut déjà découvrir qui profitera de l’argent des vainqueurs. Le premier touchera tout de même 200$. Pour une mise de 1,10 dollar, ça fait tout de même un sacré retour sur investissement. Les quarante premiers joueurs rentreront dans leur frais. Le 41ème repartira avec rien, et le 40ème avec 2,12 dollars. J’observe les joueurs de la tables, ces avatars me sont maintenant familiers, et maintenant, je me familiarise avec les pseudos des joueurs. Certains optent pour l’option joueur gagnant assumé, en choisissant des pseudos de tueurs « CardsKiller », « NapalmAA ». D’autres assument leurs faiblesses, ou le font croire, en tout cas, en optant pour des « LuckyFish67 » ou « NeverFold ». Et puis, y a ceux qui choisissent leurs prénoms, leur surnoms ou un pseudo qu’ils ont cherché pendant plusieurs heures.

Dès les premiers tours de carte, j’observe des comportements assez curieux. Je m’attendais à ce que le jeu change en passant de play money à real money, mais décidément, certains joueurs ne semblent avoir rien compris. Je ne m’estime pas forcément meilleur qu’eux à ce moment-là, seulement j’essaie de faire plus attention. J’observe, j’essaie de repérer les bons joueurs en me basant sur ce qu’ils montrent comme cartes. Puis arrive la première main intéressante que je vais jouer. Je reçois , et alors que cinq joueurs payent la grosse blinde de 30 jetons, je décide de relancer à 250. Je me dis que c’est sans doute trop, mais ça n’effraie personne on dirait ce type de relance. Ca se vérifie d’ailleurs, puisque pas moins de 4 joueurs payent ma relance. Le pot est déjà à 1150, soit plus que ce qu’il me reste dans mon tapis. le flop se dévoile. . Le premier joueur à parler fait directement tapis avec ces 2500 jetons. Un joueur se couche, un autre paye avec son maigre tapis puis vient mon tour de parler. J’ai une paire supérieure au tableau. Je me sens plutôt en confiance. Je sais que je n’ai pas un jeu imbattable, mais sachant que j’ai déjà vu pas mal de coups étranges à cette table, je décide de me laisser tenter et de payer. Mon adversaire révèle . Le petit tapis avait quant à lui. Je suis fier de moi, j’ai pris la bonne décision. je vais sans doute passer à 4000 jetons. Mais il reste deux cartes à venir. La première est le mais la river est un , qui fait très mal. Je m’en remets pas, je finis le tournoi à la 367ème place, bien déçu. Mon tournoi a duré 15 minutes. Je m’en veux, mais en même temps, je me dis que j’ai pris la bonne décision. Peut-être aurais-je dû attendre une situation plus profitable, moins risquée ? J’ai regardé les pourcentages. Au moment où l’argent est parti au milieu, j’étais devant, je devais gagner, mais j’ai perdu. Peut-être est-ce cette phrase que se disent tous les perdants, mais moi, c’était la stricte vérité, j’en étais convaincu.

Frustré par ce tournoi si rapide, je regarde s’il n’y en a pas d’autres. Les sites savent vous inciter à jouer. Je découvre qu’un autre tournoi commence dans deux minutes. A 2 Dollars, cette fois. Après tout, c’est un peu plus cher, mais bon, je suis prêt à perdre pour apprendre. Le tournoi s’apprête à commencer et cette fois, ma détermination est à son apogée. J’en veux vraiment aux autres adversaires et je suis prêt à les battre. Petit à petit, je fais grossir mon tapis, grâce à des joueurs qui me donnent littéralement leurs jetons. Ce tournoi étant moins fréquenté, je m’approche des places payées. Je ralentis la cadence. J’ai vraiment envie de rentrer dans les places payées, faire ITM (In The Money). Je découvre ce moment où tous les joueurs s’arrêtent presque de jouer, protègent leurs jetons, ne prennent pas de risques et espèrent tous qu’un joueur de plus va sauter et leur permettre à tous de rentrer dans l’argent. Sur ce tournoi de 180 joueurs, seuls 25 joueurs toucheront un peu d’argent et on est en encore 26.  Mon tapis s’élève à 5000 jetons alors que les blindes sont à 400-800. Seulement, j’étais à 8000 il n’y a pas si longtemps. Mon tapis fond comme neige au soleil, mais sur Internet, on peut épier les autres tables, discrètement. Deux joueurs n’avaient plus que 1000 jetons, soit à peine plus d’une blinde. En toute logique, ils ne vont pas tarder à sauter, victime de la violente pression des blindes. je folde la plupart de mes gros jeux, effrayés de faire la connerie de trop, qui me priverait de ma première place payée. Et enfin, sur l’autre table, je découvre avec grand plaisir que le 26ème vient d’être terrassé, victime d’un rassemblement de joueurs qui se sont ligués contre lui pour le sortir. C’est un grand bonheur pour moi, ma première place payée. Je suis désormais certain de gagner au moins 4,60 dollars. Et il y a 180$ pour le premier. Malheureusement, je ne tarderais pas à sauter du tournoi, 21ème lorsque ma top paire se heurtera à la suite de mon adversaire qui possédait déjà 30000 jetons. Peu importe, je vole, je me sens capable de gagner. Après tout, j’ai toujours démontré une certaine habileté aux cartes, pourquoi le Poker ne serait-il pas un jeu pour moi ?

5 commentaires

  1. petit poisson chat said,

    comment tu fais pour te souvenir de tout ça ?
    t’avais déjà un petit carnet à l’époque ou quoi ?

  2. vickpocket said,

    Je me souviens bien de mes trois premiers tournois. Bien sûr, les mains sont peut-être un peu romancées, mais je me souviens à peu près de comment je vivais le Poker à ce moment-là. Pour toi, ça doit de paraître fou, puisque tu te souviens pas de la main que tu as joué ce matin !!!

  3. Marsou° said,

    Seconde visite ; J’ai pas encore tout lu ton blog mais une question me taraude : Poker?Cinema?…ou Litterature?
    Juste pour dire que sais raconter les histoires et que c’est agréable de te lire alors un bouquin t’y a s déjà pensé.

    • vickpocket said,

      Beh, ça m’a bien sûr traversé l’esprit. Mais la place est prise dans ma famille. Ma grand-mère est une grande nouvelliste. Et puis, j’ai toujours été plus attiré par le cinéma, et par l’idée de mettre mes idées en images.

  4. Marsou° said,

    okey 🙂
    ( tiens je suis -29sur Cp haha )

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