Mon PPD Lyon aux couleurs de My Poker Squad

14 février 2012 at 19:54 (Compte-Rendus, News)

@My Poker Squad

Ce week-end, grâce à une opération de My Poker Squad, j’ai eu la chance de me rendre au Partouche Poker Deepstack de Lyon non pas pour couvrir le tournoi mais pour le jouer. En effet, le célèbre site de staking avait permis à huit couvreurs d’intégrer le site au sein de la Team Press Pro, dans le but de trouver des stakeurs pour participer à des petits tournois live.

Comme des grands, on a donc rempli nos fiches joueurs, envoyer des photos, menti sur nos gains en carrière (juste pour le FISC, hein !) et nous voilà comme des petits imposteurs épinglés sur le site, Julien « Kinshu » Bochereau, Kevin « Harper » Noblat, Julien « Jooles » Gaignard, Steven « Veunstyle » Liardeaux, Mathieu « Mama913 » Sustrac, Tommy Mandel, Pierre « Vintuitt » Barnasson et moi, en quête de staking.

La nouvelle se propage comme une traînée de poudre sur facebook. Huit couvreurs broke cherchent du staking pour aller pousser les jetons à Lyon. Premier brag, j’ai vendu toutes mes parts en moins de quinze minutes, grâce à un joueur qui a « tout mis », vous comprendrez aisément de qui je parle.

Bref, le joueur que j’ai le plus charrié sur le circuit live a décidé de me staker pour mon premier tournoi live de l’année 2012. Sur quels critères ? Pour que j’arrête de dire qu’il multi-account ? Pour que je parle de lui sur les coverages ? Parce qu’il pense que je suis ev+ sur ce field ? Parce que finalement, il m’aime bien ?

De toute façon, parier sur un couvreur, c’est toujours une riche idée.

Mes collègues parviendront également tous à vendre leurs parts avec plus ou moins de difficultés et nous voilà tous en partance pour Lyon afin de jouer le « tournoi d’une vie ».

Après une petite soirée sympa dans l’antre des grinders lyonnais Jaybee et Kangoo, nous voilà au départ du Main Event du PPD Lyon. 50 000 jetons, des rounds d’une heure pour des blinds qui commencent à 50/100, une structure de rêve offerte par le groupe Partouche pour cette série de tournois lancée l’an dernier. Vu que j’avais déjà eu la chance d’en couvrir plusieurs étapes, je savais que ce tournoi allait être un vrai marathon. En gros, 14 heures/jour à la table, c’est pas facile de tenir le rythme.

Pour l’occasion, j’arborais les couleurs de My Poker Squad et un petit logo Club Poker (quand même, on n’oublie pas d’où on vient !). Nous étions d’ailleurs suivi pendant le tournoi par Alex et Cyril (qui couvraient pour MPS) ainsi que par Npyu-System (qui couvrait pour CP), sensation d’ailleurs un peu étrange de devoir raconter ses coups. On se rend compte ainsi que c’est pas toujours facile de se souvenir avec précision des sizings, des positions … ce qu’on reproche en général aux joueurs qui nous racontent des conneries sur leurs coups.

Sur ce tournoi qui affichait complet, à tel point que le groupe Partouche a annoncé dès le vendredi l’organisation d’un autre PPD au Lyon Vert en mars prochain, je retrouvais quelques habitués du circuit, comme Pierre « Sharkl0 » Drochon, Quentin « 2balla2lose » Lecomte, Flavien « Gerard Mendujeu » Guenan, Alexis « Lesuperpanda » Bouchiouane ou encore Jimmy « Thiness » Guerrero. Curieusement, ça me faisait plaisir d’être de leurs côtés pour une fois, même si je n’aspire pas spécialement à une carrière de joueur. Passer de l’autre côté de la barrière l’espace d’un tournoi, ça fait quand même plaisir. Pouvoir raconter ses coups, avoir des avis de joueurs compétents, pouvoir comprendre un peu mieux les émotions ressenties par les joueurs aux tables, c’est assez chouette.

Jour 1

@My Poker Squad

Mon Jour 1 a été assez compliqué. Pourtant, j’avais au départ hérité d’une table assez facile, si l’on excepte la présence de Stan, un jeune grinder de cash-game 2/4 , 3/6, juste à ma droite. Y avait également Grégory « Juda92 » Ravise mais en mode « Je ne fais que perdre des jetons ». Le reste de la table, c’était des calling stations assez exploitables. Malheureusement, mon jeune voisin un peu éméché saisissait tous les spots et j’éprouvais quelques difficultés à monter des jetons dans les premiers niveaux.

J’ai perdu quelques jetons assez vite dans les premiers niveaux après avoir voulu jouer un peu plus loose que d’habitude, descendant à 42k à la fin du premier niveau. Heureusement, j’ai ensuite réussi à revenir un peu en 3-bettant et en trouvant un flop magique pour revenir au stack de départ.

Ensuite, peu de temps avant de quitter la table, j’ai eu un spot assez intéressant. Sur les blinds 200/400, le joueur UTG limpe à 400, un joueur en MP fait 1200, payé par « Juda92 » en middle et Stan en SB. Je découvre en BB, demande à Grég combien il joue (environ 12k) et opte pour un squeeze à 4,2k (décide à payer un shove du short-stack). Seul le relanceur initial paye mon squeeze. Sur le flop , j’envoie un c-bet à 5,6k et je suis à nouveau payé. On checke tous les deux sur la turn . Sur la river , même si je pense que mon adversaire peut avoir simplement un gros coeur, je me dis que j’ai un peu de value sur les mains type 88, 99, TT et tente une petite mise à 5,1k. Mon adversaire folde assez rapidement ce qui devait donc être un draw et je passe à 72k après ce coup.

Tandis que j’apprécie particulièrement cette table, on vient me dire que le jeu est fini, je dois changer de table.

J’atterris à la table de Florian « Karadonk1 » Bourlet, joueur que j’avais suivi l’an dernier sur ce même PPD, redoutable joueur de cash online qui a cette année gagner le FCOOP HU. Cette table semble d’emblée beaucoup plus difficile que la précédente et je me dis que je vais devoir élargir mon panel de mains et tenter des moves un peu tricky. En guise d’entrée en matière, je perds un petit 99 vs 97s pour un pot à 6k qui me fait chuter à 67k.

Alors que j’ai pour l’instant une image plutôt tight, je relance en milieu de parole pour 1 300 (sur les blinds 300/600/75 et suis uniquement payé par la petite blind, un joueur que j’ai identifié comme assez faible.

Je trouve un flop parfait pour c-bet à 1 600. C’est payé. Deuxième barrel à 2 300 sur la turn qui m’apporte la flush.

Sur la river , je décide d’augmenter les enchères, en faisant 7 600, persuadé que mon adversaire va se level sur un possible « arrachage ». Ca marche plutôt pas mal puisque mon adversaire me paye en me disant qu’il ne me voit pas sur l’as. En effet, j’avais pas l’as mais j’encaisse les jetons pour passer à 82k, en confiance alors que la moyenne avoisine les 65k.

Ensuite, c’est la lente descente aux enfers à base de 3-barrels bluff qui ne passent pas et autres setminings foirés. J’ai clairement pas su changer de vitesse et ouvert souvent trop light contre des joueurs plutôt compétents. Chose assez amusante, Anthony « Panisson » Giangrasso est venu s’asseoir à ma droite et est resté à notre table en mode short-stack pendant un peu moins de deux heures, nous gratifiant de quelques moves hors norme dont il a le secret.

C’est à peu près à ce moment-là que deux coups perdus de suite ont entamé mon moral :

Premier coup : Je relance K6o en middle (lol@tapis_volant est un nit) et suis payé uniquement par Arnaud Durif en position. Je c-bet le flop T9x, puis check-check sur la turn 6. Sur la river 9, je me convaincs que Arnaud a miss un draw et paye avec ma main moisie. Il me montre J9s. Oups.

Deuxième coup : Je relance 2500 en MP sur 600/1200/100 avec  (On a pas le temps de folder dame-dix quand même !) payé par Karadonk au bouton et la BB. Je 2-barrels sur , à 2 750 et 4 100. Et pof, Karadonk me raise à 16k. Il doit me rester 42k derrière imo. Je me dis qu’il est en plein move, mais j’ai pas les couilles et je fold ma top paire pourrie (il me dira avoir )

Je setmine alors comme le vrai spécialiste que je suis, mais ça marche pas très bien, étonnamment. A ce moment-là, je le vois gros comme une maison, je vais finir la journée à 49k, en bon gros nit, alors que Thiness et 2balla2lose sont déjà énormes, comme d’hab.

Puis, comme dirait Marion Nedellec, c’est l’embellie. Je découvre la première premium de la journée et vais parvenir à doubler avec.

Sur les blindes 700/1400/200, je fais 2 900 en MP avec . Karadonk 3-bet à 7250 en SB et je shove 45k-ish. Là, gros tank de sa part, il sait plus où il en est de son plan. « Je suis en train de changer de plan ! ». Alors que je me dis que son plan devait être de 3bet/call puis a opté pour un 3bet/fold un peu dégueu, il me surprend en payant avec . Je tremble un peu surtout que trois carreaux se pointent sur la turn mais je parviens à éviter les balles pour monter à quasi 100k.

Enfin, sur l’avant-dernière main de la journée marathon, Raise UTG à 3200 de Karaye du CP, je fais 7 200 avec QQ et il shove assez vite pour 30k avec AQ. Snaaaaaaaaap ! Ca tient et je passe à 130k pour finir cette journée.

@Npyu_System (Club Poker)

Je mets des jetons dans un sac. Quel plaisir ! Immortalisé par Npyu_System sur son coverage, j’ai l’air d’un gamin qui compte ses jouets. J’avoue, je suis ravi, je vais pouvoir jouer demain, j’ai plus de 70 blinds à l’entame du Jour 2.

Je constate que nous ne sommes plus que trois représentants de My Poker Squad encore en lice dans ce PPD, Veunstyle, Jooles et moi et surtout que certains cpistes (ou wameurs) sont déjà énormes. Thiness a 300k, Karadonk 200k, 2balla2lose 220k.  Tant pis, de toute façon, on ne gagne pas un PPD un Jour 1. C’est surtout le Jour 2 qui compte.

Jour 2

Veunstyle, Tapis_volant, Jooles

Le lendemain, j’atterris à une table avec seulement « Diabolo » que je connais, un pote wameur de Quentin, avant que Alex « Akoos » Coussy (finaliste du PPT cette année) ne vienne s’asseoir à ma gauche !!

J’ai d’ailleurs eu assez vite un coup intéressant contre « Diabolo » :

Sur 800/1600/200, Diabolo ouvre UTG à 3 600, payé par un nit au bouton. Je découvre en SB et décide de flat. La grosse blind paye également.

Je découvre un flop magique. Je pense à donk-bet mais me dis que Diabolo va c-bet quasi toute sa range ici. Du coup, je checke. Diabolo c-bet à 7 500, payé par le nit. Je paye également, me disant à ce moment-là que je vais faire fold beaucoup de mains si je check/raise flop.

La turn est un qui ouvre un flush draw et Diabolo 2-barrels à 16k. Le nit folde assez vite et j’opte pour un check-raise à 35k, persuadé qu’il peut se level et tout mettre avec overpaire.

Il tanke assez longtemps et finit par folder ce qu’il me dira être plus tard . Dommage, mais je monte à 160k, plutôt un bon début.

Je prends encore pas mal de pions en payant le tapis de 30k d’un short avec AK quand il détient AT. Pas d’horreurs, et je passe à 200k aux blinds 1k/2k/300. Wow, j’ai cent blinds dans un tournoi, ça ne m’était pas arrivé depuis 1974 !

Après un passage éclair à la table 2balla2lose/Masterjoghurt où je n’ai pas fait grand chose d’autre que relancer des merguez et me faire 3-bet, je me retrouve à une table vraiment folle où le niveau est digne d’un 5€ sur Winamax quand arrive le fameux coup sur lequel je bust du tournoi :

J’ai 170k aux blinds 2000/4000/50.

Un joueur qui l’orbite d’avant a raise/fold JJ contre un short qui avait 12bb (alors que le mec avait 90bb) relance UTG à 9k (avec 300k de stack. Je découvre au bouton, j’hésite à flat mais je me dis qu’il y a une tonne de value à prendre contre ce type de joueur. Je fais 21k. Il paye assez vite.

Sur le flop , je me sens plutôt nutsé et je veux le faire payer tous ses Ax (AQ/AJ/AT), je fais 21k, un peu moins de la moitié du pot, sachant que ce genre de sizing égal au sizing preflop a tendance à induire les livetards à faire des erreurs.

Bref, il annonce « call » très vite. La turn est un , carte inoffensive s’il en est vu que les A9/A2/A6 sont « à priori » à exclure de sa range.

Il y a quelques temps, j’aurais peut-être check-back pour payer anybet river et contrôler la taille du pot, mais bon, y a mass-value ici contre ce profil très CS. Je fais un deuxième barrel à 35k et il annonce « tapis » assez rapidement.

Je presque-snap sachant que les deux mains dont j’ai peur, honnêtement, sont AA (même s’il m’aurait sans doute 4-bet hyper cher vu le profil) et 99.

Je retourne ma main plutôt rassuré mais je découvre son fabuleux .

Je vois la river tomber et je sais que je viens de quitter le tournoi contre un mec qui va probablement tout dégueuler dans dix minutes. Un peu amer, j’avoue, après avoir grindé sans showdown quasi sur ce Jour 2, je lui lâche un petit « bien joué » qui veut tout dire et je me casse, dégoûté et complètement vidé de sortir maintenant alors que je me sentais en totale confiance.

@ My Poker Squad

Je retrouve rapidement mes esprits en me disant que c’est pas si grave de buster d’un tournoi de poker mais bon, vu que je n’en fais pas tous les quatre matins, ça fait quand même un peu mal de sortir de cette manière.

Après une petite vodka redbull avec les deux blondes de la Team Partouche Margaux Ponnelle et Ondine Monnanteuil histoire de se requinquer (non, non, Margaux ne me déteste pas à cause de ma chronique !!), je décide de prendre ma revanche et de m’inscrire sur le Side à 300€ qui commence le samedi soir au lieu d’aller faire la fête avec les potes lyonnais. C’est tellement peu souvent que je joue en live qu’il serait quand même dommage ne pas prendre part à cette petite sauterie à 15k jetons qui s’annonce, d’autant qu’un stakeur m’a gentiment pris 50% (Merci à toi qui te reconnaîtra).

Bon, je ne vais pas épiloguer sur ce tournoi, en gros, j’ai monté un gros stack lors du Jour 1 en jouant un peu comme un degen (ce qui m’arrive plutôt rarement mais les tables étaient tellement belles …) pour finir à 50k puis j’ai tout dilapidé le lendemain dès les premiers niveaux pour conclure en beauté sur un flip perdu à une trentaine de places de la bulle.

Encore une fois, la sensation frustrante d’avoir accompli un beau tournoi mais d’avoir deep run pour rien.

Me restait plus qu’à soutenir Steven « Veunstyle » Liardeaux, le dernier couvreur en course dans le Side (qui finira ITM pour quelques euros) et le gamin Quentin « 2balla2lose » Lecomte sur le Main Event (12ème pour 2 600€) avec lequel j’avais eu la bonne idée de swapper en début de Jour 2.

Merci à My Poker Squad pour cette belle expérience et à mes stakeurs (plus particulièrement l’aventurier qui a mis toute sa bankroll – ou presque – pour m’aider à jouer ce tournoi). Un grand merci également à tout le staff Partouche (Maxime, Jean-Jacques, Zaton, Benoît, Aurélien…) pour l’accueil sur ce PPD. Même si les couvreurs n’ont pas vraiment brillé, ils reviendront plus fort sur un nouvel event … très bientôt.

Le coverage de My Poker Squad, par Alex et Cyril

Le coverage de Club Poker, par Npyu-System

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Mon premier Event WSOP

24 août 2011 at 20:37 (Compte-Rendus)

Même si cela remonte à près de deux mois maintenant, voici le compte-rendu du premier event WSOP que j’ai eu l’occasion de disputer à Vegas début juillet, juste avant de travailler sur le Coverage du Main Event pour Club Poker. N’hésitez pas à commenter cette belle expérience du côté des « joueurs ».

Event #56 des WSOP

A Vegas depuis quelques jours, j’ai déjà pris un malin plaisir à tâter du jeton en attendant l’événement Main Event. Faut bien profiter d’être à Vegas pour gambler un peu. Après deux ou trois bonnes sessions de cash game, je décide de m’inscrire sur un petit side à 235$ où je sauterais tout simplement à la bulle, QQ < K8o. Bien dégoûté d’avoir joué plus de huit heures pour rien sur un Deepstack où il y avait tout de même 45k à la gagne, je décidais de participer à l’Event #56 des World Series of Poker, un 1,5k NLH, ma dernière chance de participer à une épreuve prestigieuse.

Ne croyez pas que je suis devenu un balla à Vegas, j’étais stacké par plusieurs amis qui ont jugé bon de mettre un petit billet sur un gros nit comme moi. Bref, j’étais à la fois ravi de prendre part à ce tournoi et de me mêler à la faune des joueurs de poker en manque d’adrénaline pré-main, mais surtout terrorisé. Curieusement, j’ai plutôt bien dormi avant ce Jour 1 et j’ai même évité le jetlag depuis mon arrivée à Vegas. Run good, sans doute.

Mardi 11h55 heure locale, je m’assois à la table 159 de la Pavillon Room. Je découvre petit à petit les joueurs avec qui je vais partager ce petit bout de rêve. Espérons que cela ne se transforme pas en cauchemar trop vite ! Lorsque je parlais de mon éventuelle participation à ce tournoi, des collègues couvreurs m’incitaient à aller plutôt jouer des Deepstack, sachant que ces petits tournois des WSOP sont des boucheries. Finalement, la structure n’est pas si dégueulasse. Certes, on n’a que 4 500 jetons de départ, mais les niveaux durent une heure et on joue tous les paliers. Bref, à part si on perd un ou deux gros coups d’entrée, c’est clairement jouable.

Tandis que je vois mes futurs adversaires s’asseoir à la table, je découvre Tom Dwan qui erre à quelques mètres. Je commence à avoir une petite angoisse : celle de le voir s’asseoir à la table. En fait, à ce moment-là, je sais pas si je serai content de jouer avec lui ou juste horrifié. Je ne le saurais jamais puisqu’il prend finalement place sur la table juste derrière la mienne.

Le tournament director annonce en anglais le début du tournoi. On y est, plus possible de reculer. Je suis sur un event des WSOP avec plus de 700k à la gagne et 3 389 joueurs et je me retiens de trembler en retournant mes premières cartes. :6d :7h. Ouf, en bon nit, j’espérais presque ne pas tomber sur une main jouable. Ca tombe bien, je fold.

Blindes 25/25 – 4 500

Je joue ensuite les deux mains suivantes, avec   et   où j’abandonne sur des flops que je ne touche pas, dans des multiways. Puis, je reçois   la quatrième main lors que je suis de petite blinde. Un joueur dont je ne sais pour l’instant rien relance à 125 (cinq blindes, quand même). Je fais 325 avec mes cowboys et il paye assez vite. Sur le flop   , je c-bet à 450 et il me relance quasi-instantanément à 900. Ok, je suis déjà dans la merde, avec une décision difficile. Je me demande déjà si je vais être le premier joueur à sauter en revérifiant mes cartes. J’ai pas le roi de carreau. Me sentant déjà probablement battu, je décide tout de même de payer, au cas où l’action ralentirait sur la turn. J’avoue que j’hésite vraiment à go broke sur ce flop, mais ça me semble plutôt spewy à ce niveau du tournoi et avec tout de même 180 blindes devant moi. La turn est un  qui complète la flush. Je checke et il me fait 1 500. Bon, beh là, on y est, si je shove, je serai toujours payé et je peux bust là-dessus. Je préfère préserver mes jetons pour un meilleur spot et folde donc ma main.

Là, ça se bouscule dans ma tête. « Tu te fais marcher dessus ! », « Pourquoi t’as fait ce tournoi ? »,  « Pourquoi tu continues pas plutôt à jouer tes 50€ sur Winamax ? ». Bref, je connais une sorte de crise de confiance et me sens pas trop à l’aise. Je tombe à 3k après ce coup, j’ai donc perdu un tiers de mon stack en dix minutes. Bon début !

Quinze minutes plus tard, alors que j’ai perdu encore quelques pions en payant des relances et en ratant des flops, je décide de call avec   au cut-off après une relance à 100 en early, payée une fois. Là, la grosse blinde, un jeune joueur que je considérais déjà comme le meilleur joueur à table (après moi, obv ! non, je déconne), squeeze à 375. Les deux premiers joueurs passent et je décide de compléter, tout en sachant que c’est un peu close pour setminer.

Parfois, quand on fait de légères erreurs, on est récompensé. C’est comme ça que j’ai vu le flop   se retourner sous mes yeux. Moment magique où je suis persuadé que je vais doubler. Le squeezeur c-bet alors à 600. Avec 2 400 de stack, j’hésite à seulement payer mais, le sentant très fort, j’opte finalement pour un min-raise à 1 200, histoire de l’inciter à tout mettre au milieu. Le plan marche à merveille puisqu’il pousse alors son tapis. Je snap évidemment avec mon brelan et il retourne  . Je passe donc à 5 600 après ce coup et retrouve soudainement une réelle envie de jouer. Je suis clairement heureux d’être là, j’ai de nouveaux de quoi jouer et j’envisage l’avenir du tournoi sereinement.

Blindes 25/50 – 5 600

Au hi-jack, je découvre   et décide de relancer à 125 sur 25/50. Je suis payé par le bon joueur sur lequel j’ai doublé au bouton ainsi que par la petite blinde, un joueur avec un bob sur la tête, à qui j’ai déjà mis une pastille verte sur la tête (bref, vous devez voir à quoi cela correspond). Je trouve un flop   somme toute correcte. Je c-bet petit, à 175 et suis payé uniquement par le fish en petite blinde. Il check-call à nouveau sur la turn  pour 325 cette fois. La river  n’est pas vraiment la carte que j’espérais voir tomber, d’autant que mon adversaire décide alors d’insta-donk-bet à 1k. Je tanke un peu, je sais plus très bien ce que je bats mais me level tout seul en me disant qu’il peut faire ça avec un petit as ou un valet. Bref, j’envoie mon jeton jaune de 1k au milieu et il retourne   pour full trouvé à la turn. Je descends à 3 800 après ce coup, rien de dramatique mais la confiance en prend un coup, d’autant que je regrette un peu ce call un peu borderline.

Deux ou trois mains plus tard, je relance  en milieu de parole et me fait payer par le même joueur. J’espère bien trouver un nouveau set, en bon roi du brelan que je suis en cash game. Le flop    me fait plus que rêver, même si je me demande clairement comment extraire de la value de cette main. Je décide de checker, sachant que ce n’est clairement pas le genre de joueur qui va me float avec deux overcards. Je préfère qu’il touche un petit quelque chose pour l’amener à mettre des jetons au milieu. Bon, il checke aussi. Carte magique sur la turn, le , dont je n’avais pas vraiment besoin, mais bon, je mise tout petit, en espérant qu’il va tenter quelque chose mais ça passe. Un carré pas très bien rentabilisé en tout cas, mais de bonne augure pour la suite. Si on run good comme ça, y a peut-être une chance de monter quelques pions !

Blindes 50/100 – 4 000

De retour du premier break, j’ai quarante blindes devant moi. Le temps d’écouter l’hymne américain pour célébrer le bracelet de la veille et c’est reparti pour un nouveau level d’une heure. La table s’écrème petit à petit. Malheureusement, ce sont surtout des fishs qui nous quittent, remplacés par quelques joueurs décents. Après deux ou trois petits pots perdus, je relance under the gun avec   à 250. Un jeune joueur américain qui ressemble à Ziigmund paye en petite blinde. Sur le flop   , je c-bet à 325 et il me check-raise à 750. Pas nécessairement convaincu qu’il a touché son as, je décide néanmoins de sagement folder et tombe à 3,1k, me disant dans ma tête « T’es bien weak mon tapis ! ».

Ensuite, un jeune allemand qui porte un sweat à capuche, et qui s’avèrera être Pius Heinz (futur November Nine), relance UTG+1 à 325. Je découvre en milieu de parole, hésite à 3-bet shove puis prend l’option call, en me disant que j’ai trop pour tout pousser au milieu. Je folde sur le c-bet de l’allemand sur le flop et tombe à 2,7k.

Pius Heinz (futur November Nine)

Pour parler un peu de ce joueur allemand que j’ai retrouvé à partir du Jour 5 sur le coverage du Main Event, il m’a fait clairement une bonne impression à la table, mais je ne vous cache pas que le voir faire partie des neuf élus de Main a été une sacrée surprise pour moi. Bon, j’ai pas l’impression d’avoir joué avec une star non plus, mais c’est assez jouissif de se dire qu’on a partagé une table avec un des futurs November Nine. Bref, revenons à nos jetons !

Blindes 75/150 – 2 600

A nouveau, je suis en perte totale de confiance. J’ai moins de vingt blindes et je pressens la fin toute proche. Je passe en mode autiste en plaçant mon super casque Beats sur mes oreilles (bon, ok, juste des pauvres écouteurs iPhone !). D’habitude, j’écoute tout le temps la même chanson quand j’ai besoin de me reconcentrer, une chanson de The Xx mais là, bad beat ultime, je l’ai plus sur mon iPhone, je me contente d’une chanson des Kills censée me donner un peu de punch pour m’accrocher à mon petit tapis.

C’est alors que je découvre à nouveau , cette fois under the gun après avoir perdu quelques pions la main d’avant.

Je relance à 350 et me fait payer uniquement par un joueur que j’estime assez mauvais en grosse blinde. Sur le flop , j’envoie un gros c-bet à 600 que mon adversaire décide de payer assez rapidement. Sur la turn , j’envisage de check-back mais pousse finalement mon tapis de 1 300, estimant que ce joueur très calling station pourrait bien me payer avec un 9 ou une middle paire. Finalement, il folde et je me contente de ce pot qui me fait passer à 3,3k.

Peu de temps après, contre le même joueur, je 3-bet KK de petite blinde suite à une relance de sa part au bouton. Je c-bet pas cher sur un flop 44J et il folde, me faisant grimper à 4,3k au deuxième break du tournoi.

Bon, premier bilan, c’est pas terrible vu que j’ai commencé avec 4 500 jetons mais je suis déjà content d’être toujours en vie, d’avoir su rester patient et ne pas craquer. Maintenant, il va falloir monter des jetons !

Blindes 100/200 – 4 300

A la reprise, va se produire une main que je ne suis pas prêt d’oublier. C’est le sosie de Jason Mercier qui va me dealer cette main magique. Tout commence par un limp du joueur UTG, je vois deux gars limper derrière lui et regarde discrètement ma main avant mon tour de parole. Je suis de grosse blinde et possède . Et là, je commence à me dire que ce serait pas mal de pouvoir découvrir un flop magique gratuitement. Curieusement, ça doit être une des premières fois que personne ne relance depuis le début de la partie et je peux donc voir Jason Mercier retourner un flop gratuit. Et là, c’est l’érection instantanée, il retourne le flop inespéré . Je mets deux ou trois secondes à croire à ce qui m’arrive. Je viens juste de flopper quinte flush. Bon, maintenant, je ne sais pas comment je vais pouvoir rentabiliser cette main. Après avoir hésité à bet, je prends l’option slowplay en checkant. Malheureusement, personne n’a l’air intéressé par ce flop et tout le monde checke. Sur le à la turn, je fais une nouvelle tentative de slowplay en me disant qu’il y a bien un gars qui va miser sur l’as. Encore raté ! Décidément, je vais gagner la palme du joueur qui rentabilise le plus mal sa quinte flush ! La river apporte un et je me décide enfin à miser. Je fais assez petit, 525 dans un pot de 1 000. Je suis payé uniquement par mon voisin de gauche, un joueur handicapé que j’avais plutôt catalogué dans les bons joueurs de cette table. Il révèle :5d :5h pour quinte trouvée à la river et découvre avec le sourire ma main, s’en voulant d’avoir mal joué le coup. Il n’est pas le seul. J’ai probablement raté pas mal de value contre lui mais j’avoue que je ne savais pas trop quelle était la meilleur line pour extraire de l’argent de cette quinte flush. Quoiqu’il en soit, je remonte à 5,4k.

Quelques mains plus tard, je paye une relance à 500 de Ziigmund en milieu de parole avec . Sur le flop , il propose 600. Je relance à 1 600 et il me réclame quasiment instantanément mon tapis (3 300 de plus). Je snap et il retourne . Je double après que le croupier ait retourné une turn et une river inoffensives.

Je ne vous cache pas que pour la première fois à tapis dans ce tournoi, j’ai bien tremblé au moment de la turn et de la river, pas vraiment prêt à subir un suckout. J’étais plutôt soulagé d’en sortir vivant.

Un petit squeeze plus tard, et j’aborde la période des antes avec un stack de 11,5k, enfin confiant dans ce tournoi. Je dis pas que je commence à penser au bracelet, mais presque !

Blindes 100/200/25 – 11 500

Vers la fin du niveau, alors que je me suis montré très tight, le même joueur contre lequel j’ai doublé avec les valets relance à 525 au Hi-jack. je découvre de petite blinde et 3-bet à 1 325. Assez confiant, il place alors un 4-bet à 3 325. Là, dans ma tête, je me dis que je vais quand même pas faire mon tapis_volant et 3bet/fold AK, d’autant que j’ai affaire à un joueur assez aggro. Je pousse alors logiquement mon tapis pour un peu plus de 10k et il snap fold en soupirant. J’aurais aimé lui montrer un 2 mais bon, peut-être la prochaine fois ?

On dirait bien que j’ai atteint le dinner-break. Je compte mes jetons avant de me rendre à la délicieuse (sick !) Poker Kitchen. J’ai 13k à la pause.

Dinner-Break

Ca fait tout bizarre de se retrouver à la pause-dîner du côté des joueurs. Je mange avec quelques joueurs du clan français, Lynch, Proscoo, Choop, Remy Biechel et  Renaud123 pour ne pas les citer. Certains ont déjà busté, d’autres sont encore en course dans l’event. Evidemment, on ne parle pas de legos techniques ou de pelote basque, mais la discussion tourne autour des différents coups joués. Je suis tout content de pouvoir enfin saouler les autres avec des histoires de coups que l’on raconte 68 fois dans la journée. Je parle du fait que j’ai que 13k alors que j’ai touché carré et quinte flush.

Ils ont tous l’air étonnés de me voir encore là. Oh les méchants, je suis sûr qu’ils voulaient que je bust premier niveau AA vs KK ! Bon, je suis sûr que vous vous demandez ce que j’ai pris comme repas équilibré dans cette Kitchen. Beh, une salade ! On choisit ses ingrédients pour composer une salade à la carte. Mais les américains sont très forts, ils arrivent à te faire manger une salade qui te donne l’impression d’avoir pris trois kilos instantanément. Bon, revenons au Poker. Maintenant que j’ai atteint le dinner-break, et si j’essayais d’atteindre la fin de journée ? Nouvel objectif.

Blindes 150/300/50 – 13 000

Sans doute en raison de la digestion, je ne joue quasiment pas un coup au cours de ce niveau. Card dead, aucun spot. Bref, un vrai désert pendant une heure sur lequel je ne trouve aucune main à raconter dans mes notes.

Blindes 200/400/50 – 10 000

Mon voisin de droite saute assez vite et qui vient le remplacer : Damien « Lynch » Rony ! Pas la meilleure nouvelle de la journée, même si ça a le mérite de nous faire marrer tous les deux. Quelle est la probabilité de se retrouver côte à côte dans ce tournoi, alors qu’il reste environ 800 joueurs en course ?

Bon, ça aura été un passage éclair pour Damien puisqu’il shove au bouton pour 11 blindes sur la première main qu’il joue à la table. Je prie pour ne pas trouver une main pour le payer. Je folde une bonne grosse poubelle mais la grosse blinde se réveille avec JJ. Damien retourne KQ et ne parvient pas, pour la première fois de sa vie, à gagner le flip. Il bust donc sur sa première main jouée à ma table.

Je perds alors pas mal de pions contre mon voisin handicapé en bataille de blindes. J’attaque sa blinde à 1k avec et c-bet à 1,2k sur un flop . Il me relance à 3k et je laisse tomber, bien conscient que je n’ai plus trop la place pour ce genre de pertes sèches en jetons. Je passe à 7,4k, à nouveau sous les vingt blindes.

Je regagne quelques jetons contre un débile qui s’est contenté de limper. Avec J8 de grosse blinde, je découvre un flop J high et empoche quelques jetons après avoir misé sur un nouveau J sur la turn.

De petite blinde, je découvre l’orbite d’après avec 22 blindes devant moi. Là, je ne sais pas trop quoi faire. Je me rappelle de discussions que j’ai eu avec quelques représentants de la jeune generation de grinders qui conseillent souvent de shove ici, ce que je vais probablement faire sur un tournoi lambda sur le net (bien que j’en joue très peu, depuis que j’ai découvert le cash game) mais que je n’ose pas faire ici. Scared money, possible ? Bref, je relance à 900 et me fais 3-bet très cher à 3 600 par mon voisin de gauche, l’handicapé. Avec 8 800 au depart de ce coup, je n’ai clairement pas la place pour 4-bet shove ici avec de la fold equity et je me dis que s’il se commit, il a très probablement mieux que moi dans ce spot. Il peut aussi avoir une paire et je serai sur un coin flip, mais bon, la possibilité d’être face un as supérieur me terrorise à tel point que je finis par lâcher la meilleure main que j’ai eu depuis maintenant un bon moment.

Je descends à nouveau sous les vingt blindes et c’est le moment que l’organisation choisit pour casser ma table.

Blindes 300/600/75 – 7500

Alors que je me réjouis de quitter mon sympathique voisin, j’ai la surprise de le retrouver à ma nouvelle table. Sur cette nouvelle table, pas mal de gros stacks. Je salue Claire Renaut qui est assise deux crans à ma droite et possède plus de 30k jetons à ce moment-là.

Face à moi, un joueur qui a l’air complètement bourré éprouve de sérieuses difficultés à prendre ses décisions et à regarder ses cartes quand c’est à son tour de jouer. Claire m’explique qu’il fait n’importe quoi et enchaîne bières sur bières depuis qu’il est à la table.

Prenant le temps d’analyser les forces en présence et ne voyant que des poubelles, mon tapis fond comme neige au soleil. Même si, sur le net, j’ai une fâcheuse tendance à trop attendre avant de tenter de doubler mon tapis, je me suis juré que je ne tomberais pas sous les dix blindes avant de risquer mon tapis pour remonter. Je retourne mes deux cartes cachées avec angoisse en espérant ne pas voir 22 ou 33, les mains que j’ai le plus de mal à “pousser” dans cette zone des 10/15 blindes. Heureusement pour moi, je ne trouve que des mains dégueulasses qui ne me laissent pas trop de regrets au moment de les jeter.

Le premier spot que je trouve intervient lorsque je suis tombé à 11 blindes et découvre  under the gun. Je réfléchis pour la forme mais me decide à metre “tout dedans” avec cette main. Et là, le seul joueur qui semble intéressé se trouve être … l’alcoolique. Je ne sais pas pourquoi mais s’il y a bien un joueur, outre Claire Renaut, dont je n’aimerai pas être la “victime”, c’est bien lui. Il pousse son tapis avec toutes les difficultés du monde et je prie secrètement pour qu’il ne retourne pas une overpaire. Me couvrant de quelques jetons, il dévoile et je vais donc jouer mon premier coin flip du tournoi.

Devant Steven “Gloub” Moreau et Romain “Elpadre” Mahot, venus railbirder (ou se foutre de ma gueule !), je gagne le flip qui me remet en selle puisque je possède désormais 15k et commence à croire que j’ai une petite chance d’atteindre l’ITM. On n’est plus que 650 joueurs pour 342 places payees. On pourrait croire qu’on est loin de l’ITM mais à la vitesse où ça saute, il est certain que l’éclatement de la bulle interviendra dès le premier ou deuxième niveau du jour d’après. Le jour d’après, et oui, j’y pense déjà, j’ai presque envie de me mettre sitout tellement j’aimerais y accéder. Je découvre une nouvelle fois 77 en milieu de parole mais un short-stack avec 10k de stack a poussé son tapis UTG+2. J’envisage la situation mais me résous à folder, pas prêt pour un nouveau coin flip cinq minutes après avoir tremblé comme une feuille pendant l’étalement du board il y a quelques minutes.

Je commence à perdre lentement mais sûrement des jetons à cause des antes de 75 et du passage des blindes quand je vois Claire Renaut ouvrir à 2K UTG. Je retourne mes cartes UTG+2 et décide rapidement de pousser mon stack de 13k avec  , sans doute parce qu’à ce moment-là, je me suis dit que la compagne de “Fabsoul” allait folder quasiment toute sa range. J’avoue que j’ai push sans réellement réfléchir plus que ça. Je me suis dit t’es short-stack, tu peux pas folder AQ ici et ce serait spewy de call. J’aurais sans doute dû prendre plus de temps pour étudier la situation, recompter combien j’avais exactement, envisager que Claire pouvait avoir une range d’open UTG ultra tight, mais bon, j’ai tout mis (comme Clément!).

Si tout le monde a foldé, ce n’est pas le cas de Claire qui s’est fendu d’un petit “désolé” avant de payer avec . Pas au mieux, je n’avais curieusement pas pensé à ce scenario dans ma tête (je devais peut-être penser qu’elle folderait meme les rois, vu que j’étais un couvreur sympa et broke qui a bien besoin d’un itm) Bref, il fallait chatter. Et c’est ce que je fis sur le flop qui fit pousser un petit gémissement à Claire. Whineuse pro, elle devait être bien dégoûtée de me céder un tiers de son stack en perdant ce 70/30 mais, comme si le croupier l’avait entendue, il retourna le sur la river, la faisant se rasseoir un sourire gêné sur le visage, et m’envoyant bouler hors du tournoi.

J’avais du mal à encaisser. Se voir à 30k au moment du flop, étant bien conscient d’avoir chatté comme il fallait et se retrouver out sur la river est une des pires sensations que j’ai vécu lors d’un tournoi. C’était fini, le rêve s’achevait ainsi et, comble de l’ironie, je devais désormais aller à la party organisée en l’honneur de … Fabrice Soulier. Je ne vous cache pas que j’avais pas trop envie d’y aller tant la déception était immense. Je finis aux environs de la 600ème place alors qu’il y avait 342 joueurs payés.

Finalement, puisqu’il fallait bien “boire pour oublier”, je suis quand même allé retrouver le petit monde du poker français réunis dans une villa louée pour fêter les trois bracelets français de Fabrice Soulier, Bertrand Grospellier et Elie Payan. J’y ai retrouvé avec tristesse Claire Renaut qui avait donc atteint le Jour 2 et j’ai pu demander un avis sur la main finale à une trentaine d’invités de la soirée. C’était à mon tour de whiner et de raconter une main à tous les joueurs qui habituellement passent leur vie à me confier leurs coups pendant les coverages.

En fait, je m’en voulais beaucoup de ce move, étant habitué à prendre peu de risques pendant les tournois. J’envisageais tous les scénarios qui auraient pu me permettre de “survivre” et d’accéder au Jour 2 si… Fold, évidemment. Call, j’aurais vu un as et Claire serait partie au flop en whinant sur le fait qu’il y a toujours un as quand elle a les rois. J’étais déçu pour moi, et pour mes stackeurs, l’impression amère d’avoir laissé passer ma chance, d’avoir échoué. Bon, pour me rassurer, la plupart de mes stackeurs, qui étaient présents lors de cette soirée, me disaient globalement tous qu’ils auraient fait pareil. Je savais pas trop si c’était pour être gentil mais bon, ça aidait un peu à faire passer la pilule.

Même si je ne suis pas un fanatique des tournois live, jouer cet event des WSOP a été pour moi une expérience assez incroyable. Je ne regrette pas une seconde d’avoir choisi de m’aligner dans cet event, même si financièrement, c’était probablement ev-, je remercie d’ailleurs tous ceux qui ont eu confiance en moi et m’ont permis d’accéder à ce tournoi (Je ne les cite pas, mais ils se reconnaîtront) Faire partie du monde des joueurs, découvrir ce qu’ils ressentent lors d’un event WSOP, c’était une sensation unique qui, je l’espère, ne sera pas qu’un « one time » !

Tapis_volant (© Steven Moreau)

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Hand Challenge : I, Robot

16 août 2011 at 22:18 (Compte-Rendus)

J’avoue que je n’ai pas un volume de dingue sur ce blog, mais il m’est apparu intéressant de parler un peu d’un challenge que je viens de disputer sur Winamax – peut-être parce que sur ce challenge, au moins, j’ai atteint ce volume de dingue que je devrais essayer de mettre en pratique sur ce blog ! Rassurez-vous, je n’ai pas tenté un challenge 10€ to 100€ en un mois, il y en a déjà trop qui parle de ce genre de défis sur le forum Club Poker, mais j’ai pris part, sans le vouloir au départ, à un challenge qui est proposé par le site pour les joueurs qui disputent le plus de mains en une semaine, le Hand challenge.

Apéritif

Alors, le début de l’histoire, c’est d’abord une belle session à +8 caves chez mon ami Kinshu en NL100. Cela faisait un mois que je n’avais plus joué online, notamment parce qu’il y a eu l’épisode « Coverage du Main Event » pendant cette période. Comme ça, après deux ou trois belles sessions à Cadet où j’avais pris goût au jeu live en cercle, je me suis laissé tenter par une soirée grind entre couvreurs-gamblers, et ça m’a donc plutôt réussi. Six tables de NL100 pendant quatre heures de jeu, et un profit non négligeable de 800€. Plutôt intéressant comme retour au jeu online.

Je vous jure que je l'ai ouvert !

Le lendemain, je pars chez mes parents en province, dans le but de réécriture mon long-métrage. Vieux projet dont la première version a été écrite en 2006, « Feu ! » se trouve être dans la veine de mon court-métrage « En bas de l’échelle » et mon agent m’a encouragé à m’y remettre pour pouvoir présenter un « package » court+long à d’éventuels producteurs. Donc, j’étais prêt à gratter du papier, ou plutôt à pianoter des lignes de dialogues avec mes deux doigts. J’étais prêt à travailler comme un forcené, revoir complètement mon film, éliminer des personnages, trouver des tonnes d’idées, redonner de la force au récit, renforcer les personnages importants … Le premier jour, je commence à noter quelques idées, relire la version 2010 du projet (intitulé désormais « Les mains dans le cambouis ») et coller des post-its au mur pour visualiser le récit dans son ensemble.

Puis vient le soir … et l’appel du jeu. La tentation est trop forte et je m’accorde une pause bienvenue dans mon travail de scénariste esseulé en lançant une petite session sur Winamax. Et là, c’est le drame. On est mercredi soir, je fais une session catastrophique où je perds quasi l’intégralité de ce que j’avais gagné chez Kinshu, soit 750€. Je joue 4 ou 5 heures sur six tables et enchaîne les mauvaises rencontres. Mon jeu se dégrade, je tilte comme à mon habitude, pense remonter la pente à plusieurs reprises puis finit par m’écrouler et connaître l’une des pires sessions de ma vie. Je me couche en culpabilisant un max. J’étais venu pour jouer et voilà que je fixe le cashier de Winamax à 4h52 du matin, les yeux vides, alors que je m’étais juré de m’atteler très tôt le lendemain à mon scénario. Pari déjà perdu, je serai probablement incapable de me lever à 9h pour m’y mettre de bonne heure.

Le jeudi, pas de miracle, je me lève à 12h comme une merde, jette un petit coup d’oeil à mon scénario affiché sur le mur de ma chambre d’enfant, suis découragé d’avance, je mange un bout et j’arrive quand même à me motiver pour me mettre à l’ouvrage à partir de 15 heures. Je passe alors les quatre heures les plus improductives de ma jeune vie de scénariste. Je ne sais pas comment m’y prendre avec cette envie de tout bousculer mon projet, d’éliminer le premier rôle féminin, de tout repenser d’une nouvelle manière. Bref, je m’enlise.

Comble de l’ironie, je repense beaucoup à cette nuit de poker perdante où je sais que j’ai tilté pour arriver à perdre autant. Et les deux responsables de ce tilt sont deux regs de Winamax dont le jeu m’a poussé à tenter des trucs un peu débiles. Le premier, c’est « Stackoff », joueur hyper-aggro que j’avais déjà rencontré sur un Partouche Poker Deepstack (à Forges, il me semble), et qui me 3-bettait quasiment 100%. Au bout d’un moment, je me suis décidé à faire ce que « Artplay » s’escrime à me faire faire depuis longtemps : 4-bet light. C’était devenu nécessaire, il m’a semblé. Sauf que je me suis pris pas mal de 5-bet shove dans la gueule. Et vu sa fréquence de 5-bet, c’était une évidence qu’il ne faisait pas ça qu’avec des premiums ! Je me suis donc mis à call des 5-bet shove avec A7, KQ et autres. Bref, c’était plus le même tapis_volant. Bon, en gros, j’ai lâché pas mal d’euros dans l’affaire. L’autre joueur qui m’a mis bien en tilt ce soir-là, c’est un joueur que je n’avais jamais vu en cash sur Wina mais qui est un reg de MTTs, à savoir Manu13k. Il m’a bien pourri la vie ce soir-là également et m’a poussé à faire des erreurs bien tiltantes comme payer un 5-bet shove avec Q9dd (par dépit) alors qu’il était light avec K2dd. Bref, ces deux joueurs m’ont pris deux ou trois caves chacun ce soir-là et m’ont surtout conduit à tilter gravement. Je développerais cela un peu plus au cours de ce billet, mais il est certain que le tilt est probablement mon leak le plus dangereux en cash game.

Le challenge commence sur six tables

Jour 1

Bon, Victor, arrête de penser à cette nuit de grinder tilté, écris, sois créatif. J’essaie diverses choses, écouter de la musique des années 90, relire les versions précédentes de mon scénario, mais rien ne m’aide. J’abandonne et décide de regarder un film pour me changer les idées sans toucher aux cartes. Puis, après la séance cinéma, l’appel du grind est trop fort, je m’assois devant mon ordi, bien décidé à « me refaire » et effacer les pertes de la veille. Y a pas de raison, on va reprendre le jeu tight que je maîtrise pour essayer de profiter des faiblesses des mauvais joueurs et gagner de l’argent en attendant les situations profitables. Autant que faire se peut, je vais essayer de ne pas me level contre les regs.

Une fois le chef-d’oeuvre du soir avalé, je m’installe pour une nuit de grind. Enfin, je commence rarement une session en me disant que je vais y passer la nuit, mais curieusement, c’est pourtant souvent cela qui arrive. Je joue très tight en ce début de session, quelque chose comme 17/14/5 et cela se passe tout de suite mieux que la veille. Je déstacke rapidement deux ou trois fishs qui s’aventurent à tout envoyer avec middle paire en se disant probablement que ça pourrait suffire. Puis c’est le retour du fameux « Stackoff », mon meilleur ennemi de la veille. Et là, je décide de ne plus me laisser marcher les pieds et de revoir ma range de « go broke » contre lui.

La veille, j’avais perdu des tonnes en payant un ou deux barrels puis en abandonnant sur le troisième. Aujourd’hui, une top paire suffira pour tout mettre au milieu contre lui. Et les résultats furent plutôt convaincants puisque j’ai du lui prendre cinq caves pendant cette soirée (dont une en chattant une petite ventrale tout de même). A cela s’ajoute quelques beaux setups contre des regs, une confiance décuplée et je finis ma nuit à +13 caves après un petit AA vs KK 200bb deep. Je suis heureux comme un gamin en allant me coucher, comme si je venais de réaliser quelque chose de formidable, alors que bien sûr, j’ai juste dû chatter comme un porc, comme en témoigne cette main sur laquelle je termine cette magnifique session :

Jour 2

Le lendemain, un peu par hasard, je jette un coup d’oeil au nombre de mains que j’ai jouées pendant cette nuit, histoire de. Et je découvre surtout que je suis en tête du challenge CG avec +13 caves, loin devant le deuxième. Tout content de cette soirée de grind particulièrement réussie qui m’a vue jouer environ 3,5k mains, je poste la petite tof de ma première place au challenge sur CP, dans le but de brag un peu – et surtout parce que je sais, et je l’annonce, que cela ne va pas durer. Vive l’optimisme !

La nuit suivante, délaissant à nouveau mon scénario, je repars vers les contrées lointaines de Winamax et retrouve mes meilleurs amis de la nuit pour un peu de gamble. Je prends rapidement 6 caves en jouant un Poker appliqué et me sens alors inarrêtable, bien dans mon élément et prêt pour le mois à 10k. Le rêve tourne court puisque je vais finalement finir ma session even après avoir joué … 9k mains. Petite explication : pour la première fois, et sans doute attiré par l’idée de me positionner dans le Hand Challenge, j’ai choisi de multitabler neuf tables de NL100 SH, tutoyant ainsi les 1k mains /heure. Pas forcément une bonne idée puisque mon jeu s’est considérablement dégradé, notamment à cause de la fatigue et du fait que j’étais timeout souvent sur certaines tables de mon portable.

J’ai limité les dégâts pour terminer où j’avais commencé neuf heures plus tôt. La seule bonne nouvelle, c’est que j’occupe désormais la première place du Hand Challenge : le classement du joueur qui joue le plus de mains pendant une semaine. A la clef, des prix en cash sont distribués aux 20 premiers de cette race, avec 600€ au numéro un (qui aura probablement raké au moins quatre fois plus pendant sa semaine !). Vu mon avance confortable au classement, je me dis qu’en continuant ainsi, j’ai une bonne chance d’accéder au podium de ce challenge, vu que j’ai déjà 5k mains d’avance sur le deuxième.

Jour 3

J’ai toujours eu l’esprit de compétition et l’envie de gagner ce challenge devient alors une obsession. A tel point que je commet l’irréparable : me mettre à jouer en journée. Je dis irréparable par rapport à mon objectif d’antan qui était d’écrire un scénario. Je joue quelques heures, sans parvenir à gagner réellement, m’accorde une petite pause pour manger puis me remet à jouer sur six tables dans la soirée. Je suis quand même conscient d’avoir perdu pas mal d’edge la veille en m’obstinant sur neuf tables et retrouve donc mes habitudes avec seulement six tables.

Ce sont surtout mes habitudes de tilteur fou que je retrouve. Suite à quelques setups en ma défaveur, mon jeu se dérègle, je pars en mode call 100% des 3-bet et perds pas mal de gros coups contre de bons joueurs réguliers du site, « Amessra » notamment (dont on se demande pourquoi il ne va pas faire un petit tour en NL200, au lieu de nous faire chier en NL100 !). Dans cette session un peu catastrophique, je perds notamment un gros coup que j’avais posté sur Club Poker et qui m’a bien plombé ma session. Bon, encore une fois, le cold-call du 3-bet de petite blinde est pas terrible, mais bon, la suite est assez moche et m’a bien mise en tilt !

Bref, histoire de continuer à swinguer pas mal, je perds cette fois 5 caves et ne deviens plus qu’une ombre dans le classement des plus gros gagnants de la semaine. Côté hand challenge, je suis toujours bien en tête, seuls « Obitwo » et « BaRenka » semblent décidés à tenter de me rejoindre.

Jour 4

Lors de la quatrième journée du challenge, ou plutôt ce que l’on pourrait appeler la quatrième nuit, je vais encore swinguer comme pas permis. Je débute super mal ma session car, au bout de trois mains jouées, je perds déjà mon premier gros coup, dont voici la vidéo, puis je perds dans la foulée une cave AK contre AA.

Dieu sait que je n’ai pas un jeu « high variance », mais en gros, je passe lors de cette session de 10 heures de -8 caves à even pour finalement terminer à -5 caves une nouvelle fois. Même si c’est toujours difficile d’arrêter une session bien négatif, je me résous à rejoindre les bras de Morphée quand je me rends compte que mes parents se lèvent alors pour travailler alors que je vais prendre le chemin inverse. Un peu honteux, et encore plus parce que je suis perdant sur la session, je m’endors en maudissant ce challenge et ce rythme que je me suis imposé.

Comme l’écrira Pshico sur mon mur Facebook, « 32k hands en 4 jours, non mais ça va pas ! » C’est clair que j’ai comme l’impression de devenir un robot à jouer comme ça. Je ne pense même plus qu’à ça. Mon scénario n’est déjà plus qu’un lointain souvenir. Je suis en manque quand je ne clique pas sur raise ou sur call, je deviens un espèce d’addict pressé de retrouver son petit monde virtuel dans lequel je suis en passe de « Gagner ». Oui, mais … ce challenge tourne quand même au vinaigre. Certes, je suis bien placé pour gagner le hand challenge de la semaine, mais niveau profit, pour l’instant, je suis à +3 caves. Toujours positif, mais de très peu et je suis encore forcé de jouer trois jours si je veux ship cette compétition.

Je vois déjà le moment où je vais gagner ce challenge en ayant perdu plus des 600€ de la première place. Bref, tout ça pour ça ! Je passe alors l’une des pires nuits de joueur de poker. Je me retourne pendant deux heures dans mon lit en visualisant toutes les premiums possibles et les flops distribués par un ordinateur devenu géant. Curieusement, je touche tous mes flops, brelans à chaque main, voire quintes floppées, flushs, fulls. Ouh là, vivement que ça se termine, je vois des cartes partout, ça en devient malsain.

Jour 5

Même si l’envie est moins forte, je m’oblige à jouer tous les jours pour maintenir mon avance au classement, c’est ainsi que je passe ma dernière soirée dans le Limousin à jouer encore … et encore. Alors, pour la première fois, ma session sera assez courte, même si j’ai du quand même jouer 3 ou 4k mains pour -3 caves. J’ai pas beaucoup fluctué pendant cette session, juste perdu lentement mais sûrement des petits pots. Comme une lente agonie, je me retrouve au point de départ. Je regarde mon cashier qui indique le même montant (à quelques euros près) qu’il y a une semaine. Blasé, je me dis pour me rassurer que je n’ai plus que la soirée de mercredi soir à passer sans encombres pour gagner tout de même 600€ plus le rakeback gagné sur cette période de grind intensif.

Jour 6

Become a robot ou l'art du 12-tabling

De retour à Paris, je fais comprendre à ma copine que j’ai un petit challenge à relever (sans me lancer dans des explications plus précises) et lance alors ma dernière session de ce hand challenge. En fait, je sais depuis le début que je ne pourrais pas jouer le jeudi, parce que j’enterre la vie de garçon d’un pote. Si je veux gagner le challenge, je suis condamné à prendre de l’avance, d’autant plus que Obitwo, sick robot grinder qui se rapproche dangereusement me menace au classement. Une longue nuit m’attend donc, et je suis déjà apeuré à l’idée de passer la pire session ever.

Retrouvant mon bel iMac 24″, je décide de tenter l’aventure du 12-tabling, sachant qu’il me faut assurer une avance confortable si je veux décrocher le trophée de celui qui a le plus joué en moyenne limite pendant une semaine sur Winamax. Je m’habitue assez rapidement à ce nouveau format pour moi. La taille de l’écran me permet de ne pas être timeout trop souvent et j’arrive globalement à gérer ces 12 tables en pratiquant un poker assez tight (18/14/6). Même si le début de la session me fera redouter le pire puisque je perds très vite deux caves, je parviens à faire l’une des meilleures sessions de la semaine en terminant à +6,5 caves après avoir notamment pris beaucoup à « Flo76102 », un reg qui a dû me maudire pendant cette nuit. Sur plusieurs tables, j’ai eu pas mal de setups en ma faveur contre lui et il a dû se demander si j’étais pas une machine à paire d’as. Je finis ma session vers 4h30 du matin après avoir joué pas loin de 7k mains, tout en guettant du coin de l’oeil les progrès d’Obitwo, le seul qui puisse à priori me rattraper au classement du challenge.

Jour 7

Au réveil, alors que je me prépare pour l’après-midi paintball qui m’attend, je constate que j’ai 7,5k mains d’avance sur Obitwo et plus de 11k sur le troisième. Bref, à moins d’une grosse journée de mon poursuivant et sachant que le décompte s’arrête à minuit, il est fort probable que je décroche la coupe du robot multitableur de la semaine. Je vivrais cette journée d’une manière un peu curieuse. Comme un compétiteur qui aurait quitté son terrain de jeu avant la fin de compétition, je surveillerais tout de même de loin les progrès de mon poursuivant au classement, guettant via mon iPhone si « Obitwo » sera assez fou pour me battre sur le fil. Vers minuit, en le voyant au classement avec plus de 6k mains de retard, je savais que j’avais gagné, je pouvais (presque) mourir.

Bilan

Ceci n'est pas un brag !

Bon, maintenant, il est temps de faire un petit bilan chiffré de ce challenge :

43 677 mains et 650€ de profit pour un winrate dégueulasse à 1,49bb/100

40h de jeu

600€ pour la win du Hand Challenge

700€ de Rakeback via les bonus cash

soit un profit de 1 950 € .

Et pour ceux qui aiment les courbes …

Oh la courbe qui aurait pu être belle !

C’est pas forcément celle que j’aurais aimé vous montrer mais bon, faut être réaliste. J’ai pas vraiment super bien joué pendant ce challenge. Faire du volume comme ça et devenir par la force des choses une espèce de robot, c’est certain que ça a altéré mon jeu.

Pour le temps passé, ce n’est pas forcément un score terrible mais ça a le mérite d’être une récompense honorable pour un joueur qui s’est donné corps et âme à ce challenge de grind intensif. Je ne suis pas prêt à recommencer à grinder autant en si peu de temps, sachant qu’habituellement, je fais moins de 30k mains/mois.

L’expérience était intéressante, parce que je suis passé par des phases très différentes qui reflètent bien il me semble la vie d’un joueur de poker. De l’euphorie à la déprime, de la lassitude à l’excitation, de la joie à la tristesse.

Le poker est un jeu qui vous bouffe la vie, mais parfois, on doit accepter qu’on aime ce jeu par-dessus tout et lancer quelques tables (bon, peut-être pas 12 !)  A bientôt pour un nouveau challenge, et n’hésitez pas à m’en proposer si vous avez des idées. Je suis déjà en manque de compétition mais promis, cette fois, je vais me remettre à écrire. La flamme du cinéma continue de brûler …

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A chip and a chair – Moissy #27

17 juin 2010 at 19:26 (Compte-Rendus)

Pour la troisième fois, je me rends à Moissy pour disputer un beau tournoi deepstack avec 50 000 jetons. Je sors d’une belle session de cash game à Clichy et commence à apprécier spécialement le jeu en live, ayant même renoncé à jouer online avant l’arrivée des nouvelles rooms. J’espère que je pourrais continuer à jouer avec cette putain de loi qui nous énerve tous. Pour l’instant, rien de tel qu’un beau tournoi en dur pour s’exercer et tenter de jouer le mieux possible.

Blindes 25/25 – Stack 50K

Pendant que les premiers arrivés nous volent quelques blindes, je suis sur la route en compagnie de Bastos et Bilara. Aly a choisi de mettre du rap à donf dans sa caisse histoire de trouver l’agressivité nécessaire pour commencer à rentrer dans son tournoi. J’espère ne pas me retrouver à la table de Bastos parce que je sais qu’il effectue des moves hyper-agressifs qui sont parfois durs à contrer. Je remarque une nouvelle fois que Moissy, c’est bien loin quand même et que si je vais en table finale, faut que je trouve une solution, vu que le tournoi est passé sur deux jours. On arrive finalement à Moissy pendant ce niveau. Je m’acquitte du buy-in et me voici après un petit sandwich assis à ma première table en compagnie de … Bastos. Tout le monde n’est pas arrivé, mais je remarque la présence de quelques joueurs dangereux, notamment Dathuy, membre éminent de la Newteam, Leo, dit « le bluffeur fou » et Emro, un joueur très tight et assez dangereux. Je ne connais pas trop les autres ou seulement de réputation, Regiseis (amateur de Samouraïs Palace), uTada, Maxibiffle (Membre de la Sick Team) et autres.

Blindes 25/50 – Stack 50K

Le premier coup que je vais disputer va conditionner mon début de tournoi. J’aurai sans doute pas du le jouer, vu ce que ça a donné par la suite. On n’en est pas là. Leo est déjà rentré dans beaucoup de coups quand je reçois en SB. Il est au bouton et relance, comme une main sur deux en ce début de tournoi, à 175. La table n’est pas très facile et pour suivre la mode des 3-bet oop, je décide de relancer sa mise à 450. Il sait que je suis un joueur solide et respecte mon jeu. Cependant, il calle, parce qu’il aime jouer en position, sans doute. Le flop est plutôt sympa pour ma main, puisque je touche la top pair sur un flop . Je fais un continuation-bet standard à 525, qu’il s’empresse de payer. Je sais déjà qu’il aime beaucoup floater en position et qu’il va attaquer si je montre le moindre signe de faiblesse à la turn. La turn est le et comme prévu je place un deuxième barrel à 850. Il réfléchit deux secondes et paye à nouveau. Je suis pas trop rassuré par ce call et décide de checker la river , tout en sachant que je vais insta-call la moindre mise de Leo. Il mise 1250 et je m’exécute pour le voir retourner pour trips runner-runner. Ce coup me met un peu en tilt, je sais bien qu’avec cette profondeur en jetons, on peut tenter ce genre de call au flop, mais je sais pas pourquoi la manière de jouer le coup de Leo m’a doucement énervée.

Par égo, je le surrelance deux coups plus tard lorsque je suis au bouton avec . Je monte les enchères à 600 et me fait également payer par Bastos. Je fais moins le malin lorsque le flop s’affiche : et décide de checker parce que ce flop a pas mal touché leur range. Sur la turn , et après deux nouveaux check de la part de Bastos et Leo, je place une mise à 1200 et prend le coup. Même si je le fais rarement, je montre rarement, histoire de faire comprendre à Leo que je vais pas me laisser marcher sur les pieds.

Blindes 50/100 – Stack 47K

Depuis le début du tournoi, uTada fait forte impression. Il attaque beaucoup et surtout gagne de nombreux coups sans showdown. Je trouve en middle position et paye une relance à 350 de Dimitri UTG+2. uTada place un nouveau squeeze à 1250 de BB et même si je devrais sans doute folder, je décide de payer, décidé à toucher le flop magique. La magie ne prend pas avec le dévoilement du flop : . Il mise 850, je décide de float en position. Peut-être l’influence de Leo ? Je me dis s’il checke, je vais attaquer sur n’importe quelle carte. Sur le qui apporte donc une doublette, je décide de placer une grosse mise à 3500. uTada paye après réflexion. Je ne suis pas très rassuré, mais après un nouveau check sur la river , je ne me résout pas à abandonner le coup, et envoie une deuxième salve à 11 000, me demandant alors ce que je suis en train de faire. Est-ce possible de faire folder les as ou les rois avec ce board ? Après un long temps de réflexion, uTada décide de payer et montre . Je regrette amèrement ce bluff qui me fait perdre 16K, je n’ai pas l’habitude de dilapider des jetons en début de tournoi, mais je n’ai pas pu résister à la tentation du bluff. Ca aurait pu passer, mais n’ayant aucune info sur ce joueur, ce n’était pas forcément une idée brillante.

Le tilt aidant, je ne resserre pas mon jeu et décide de rentrer dans un pot limpé avec . Le flop est exceptionnel pour ma main , je déconne bien sûr. Leo mise ce flop, et je décide de payer, sans doute parce que c’est lui et que j’espère bien toucher une carte magique à la turn. La turn entraîne un check collégial. La river est magique puisque c’est le . je place un beau value bet fort de mes deux paires et me fait aussitôt payer par Leo qui montre une dame après avoir vu mes deux paires, visiblement dégoûté.

Blindes 75/150 – Stack 28K

Mon image n’est plus vraiment celle qui me colle à la peau depuis longtemps. Ces deux coups du niveau précédent m’ont fait passer pour un joueur un peu funky qui tentent des choses peut-être un peu débiles. C’est donc le bon moment pour recevoir les flèches et avoir de l’action. Fidèle à ma stratégie du 3-bet (j’en n’ai jamais autant fait qu’en ce début de tournoi !), je 3-bet l’ouverture à 350 de Dathuy à 1200. Il me calle, persuadé que je suis en mode aggro, même si mon stack est tout de même bien descendu. Je mise le flop à 1200 et me fait encore payer par Dathuy. On checke la turn et sur la river , je tente d’extraire encore un petit quelque chose du tapis de dathuy en misant petit, une nouvelle fois 1200. Il me paye assez vite et me montre un dix. Sans pour autant remonter au niveau du stack de départ, ce petit coup me permet au moins de reprendre un peu confiance.

Blindes 100/200 – Stack 35,5K

J’ai traversé le désert, je ne me souviens de rien. Si vous avez des souvenirs de cet endroit, n’hésitez pas à m’envoyer des photos. Il me semble que Dathuy connaisse aussi bien l’endroit.

Blindes 125/250 – Stack 34K

Sans pour autant avoir resserré mon jeu, je ne trouve quasiment aucun spot pour engager des jetons. La table est très agressive, d’un niveau assez surprenant. Il faut être bien accroché pour monter des jetons, et j’avoue que c’est pas si fréquent dans les tournois que je joue. J’en profite pour observer les joueurs, notamment uTada dont les moves sont souvent de qualité.

Blindes 150/300 – Stack 30K

Je tente de rentrer dans quelques coups avec des mains à potentiel, sans succès, je touche pas mes flops et l’action me pousse à rester prudent. Je perds cependant pas mal de chips en rentrant dans tous ces coups.

Blindes 200/400 – Stack 28K

Je squeeze une fois avec une paire de huit et le reste du temps, je folde à tout va. Je commence à me dire que ce sera mon premier Moissy sans ITM. Je commence à désespérer, à ne plus savoir quoi faire, à me sentir mal, à perdre l’envie de gagner à tout prix. Je vois Dathuy chatter une flush runner-runner contre le fish de la table, à qui je n’ai même pas réussi à prendre le moindre jeton. Je suis un peu au bord du craquage, prêt à tout envoyer avec AJ. Mais bon, je finis par me raisonner. Après tout, même si certains ont déjà dépassé les 100K de stack, j’ai encore plus de quarante blindes. Rien de dramatique.

Blindes 300/600 – Stack 32K

Je joue à nouveau un coup contre Leo en position. Décidé à chatter un flop, je décide de compléter ma SB avec . On est 4 à voir un flop . Leo attaque à 1500. J’hésite à relancer mais je call comme un weak fish, ne voulant pas jouer mon tournoi là-dessus. La turn  me semble être une belle carte mais après une nouvelle mise à 3500 cette fois, je suis plus trop sûr et je me demande encore ce que je bat. Je folde, préférant préserver mes jetons pour un meilleur spot. Leo me dira avoir la quinte. Leo, si tu passes par là … Je m’enfonce encore un peu plus, mais j’essaie de trouver la motivation de m’accrocher.

Blindes 400/800 – Stack 28K

Et c’est à ce moment-là que je retourne au bouton. Tout le monde folde jusqu’à moi. J’avoue que je prie pour avoir de l’action de Bastos après ma relance à 2200. Seb « Bastos » décide de me payer. Il va alors check-call deux fois, d’abord à 3500 sur le flop  puis à 7000 sur la turn . Contre Bastos, je suis plutôt confiant dans cette main. Sur la river , il scrute mon stack en accentuant bien son regard et fait tapis pour mes derniers 15K. Je calle sans aucune hésitation, sans doute parce que c’est Bastos mais également à cause de ce regard sur mes jetons. Je m’estime également incapable de folder à ce moment-là dans ce spot, non pas parce que je suis amoureux de cette paire d’as, mais parce que contre Bastos et avec tout cet argent au milieu, je ne peux définitivement pas effectuer un weak fold qui me laissera à 15K.

Blindes 500/1000 – Stack 60K

Bastos sort peu de temps après. Ca fait la deuxième fois que je gagne un coup crucial contre lui après l’avoir busté au Freestyle le mois dernier. Sans doute pour me venger puisqu’il m’avait busté en TF de mon premier Moissy où il avait écrasé la finale. Revenu quasiment à la moyenne grâce à ce coup, j’essaie d’en profiter pour voler un peu quelques blindes mais me prend trois fois de suite des donk-bet flop dans la gueule. N’ayant touché aucun des flops, je n’ose pas m’aventurer dans des coups compliqués et décide de sagement passer à chaque fois, même si je bous intérieurement. Je décide de resserrer un peu mon jeu pour ne pas dilapider mes jetons à nouveau.

Blindes 600/1200 – Stack 58K

Quelques vols de blindes rencontrent le succès. Je grinde un peu les jetons à base de continuation bet ou de raise preflop en position tardive.

Blindes 800/1600 – Stack 68K

En position, je paye une relance à 4000 de Dathuy avec . J’hésite à le surrelancer, mais préfère jouer un coup post-flop contre lui. Je sais qu’il joue assez tight et je pense le faire folder pas mal de mains post-flop. Le flop est révélé : . Je sens Dathuy un peu sur la réserve au moment de faire son c-bet à 5000. Pour représenter de la force, je décide de le min-raise à 10 000. Dathuy insta-fold me disant avoir AK. Je ne savais pas trop comment jouer ce coup preflop, j’aurai éventuellement pu shove mes 20 blindes, mais cela m’a paru beaucoup trop risqué comme move.

Blindes 1000/2000 – Stack 88K

Sur ce niveau, je ne joue quasiment aucune main. J’hésite juste à payer le tapis de Dathuy qui pousse ses 30K en MP. Je retourne et hésite longuement. Cela fait plusieurs fois que j’ai des mains décentes contre des relances de Dathuy. Je sais que je suis sans doute devant sa range de push mais il reste encore plusieurs joueurs à parler derrière et j’engage 40% de mon tapis sur ce coup. Je décide de folder cette main, et finalement Dathuy se fait payer par un gros tapis qui retourne … . Dathuy retourne . Le vilain calleur touche son roi au flop, mais Dathuy trouve la couleur avec 4 carreaux aux boards. Je regrette un peu sur le coup d’avoir folder, mais bon, c’est result oriented. Dathuy double donc son tapis et va commencer à redevenir dangereux. Heureusement, on me change de table et atterrit à la table de Gloub qui est vraiment d’un faible niveau. On le sent à l’aise à cette table.Malheureusement, je ne touche rien et ne parvient pas à gagner des jetons sur cette table.

Blindes 1200/2400 – Stack 70K

Je ne vais jouer qu’un seul coup à cette nouvelle table, contre un joueur relativement faible en combat de blindes. Sur un flop 2JQ, je touche deux paires avec mon J2 spécial grosse blinde. Je relance la mise de mon adversaire sur le flop, prêt à payer son tapis s’il me 3-bet, mais il folde gentiment.

Blindes 1500/3000 – Stack 75K

Je suis à nouveau changé de table, et retrouve ma place à la gauche de Dathuy qui possède maintenant un gros stack, après avoir buster plusieurs short stacks. Je suis un peu card dead à ce moment-là, j’essaie de maintenir mon stack à flots à coups de relance au cut-off. Heureusement, ça passe souvent et même si mon tapis ne progresse pas trop, je conserve tout de même un tapis correct. Jusqu’à ce que je trouve en SB. Retombé à 45K après être remonté plusieurs fois (notamment grâce à un chattage AJ vs KK), Dimitri, membre de la Sick Team et aussi connu sous le pseudo « Maxibifflesick », envoie son tapis au cut-off. Je n’hésite pas une seconde avant de payer cette mise avec mes cowboys en main. Malheureusement pour moi, il retourne fièrement . Pour bien enfoncer le clou, il touche un as au flop et je prends donc un gros coup sur la tête qui me fait descendre à 28K.

Blindes 2000/4000 – Stack 26K

Je suis officiellement le short stack du tournoi. Tombé à 6 blindes, je folde quatre poubelles et me retrouve à cause des antes avec un jeton en main. J’essaie de dire à Catlover de rester un peu pour me ramener à Montreuil, je montre fièrement mon dernier jeton à Gloub. J’atteins une sorte de sérénité dans l’échec. Je me dis que je pouvais pas éviter ce setup et que maintenant je vais pouvoir envoyer avec tout et n’importe quoi, sans pression. De toute façon, c’est déjà presque fini. Après un limp UTG de Dathuy, je pose mon jeton de 25K en annonçant « tapis ». Je regarde à nouveau mes cartes, fier d’avoir osé pousser mes 6BB avec . Je sais bien que je n’ai quasiment aucune fold equity, notamment contre Dathuy qui est maintenant à la tête d’un gros tapis. Mais bon, cette main s’en sortira souvent contre les grosses mains. Et puis, avec 6 blindes, pas vraiment le choix UTG+1, sachant que les blindes pointent leur nez très bientôt. Dathuy paye comme prévu et dévoile . Je touche mon 6 au flop et gagne donc ce flip qui me permet d’y croire à nouveau.

La main d’après, je reçois et ne fais pas dans la dentelle en envoyant mon tapis pour 56K. Je n’ai pas vraiment d’autre option à vrai dire, vu que j’ai à peine dépassé le seuil des dix blindes. Iceman fait tapis par-dessus et je me rend compte que je vais peut-être sauter à ce moment-là. Ce serait bien dommage alors que je m’apprêtais à faire un come-back incroyable. Heureusement, il ne dévoile « que » et je gagne encore le flip qui me fait grimper à 120K.

Blindes 3000/6000 – Stack 130K

Je perds plein de jetons sur des vols qui se passent mal. J’insiste en relançant 2,2BB preflop pour voler, mais me fait payer à chaque fois. Une fois par Father_Dyck_Byrne qui donk-bet le flop Q87. Je regarde mes cartes, et avec ma paire de 2, je manque de courage et de folie pour relancer cette mise. La même situation se produit également contre Bao, qui donk-bet à son tour un flop Q23. J’ai KJ et ne sais pas vraiment quoi faire d’autre que folder. Je manque un peu de « balls » à ce moment et surtout je commence à croire à la Table finale vu qu’on n’est plus que 12 sur deux tables.

Blindes 4000/8000 – Stack 110K

Je me décide à ne plus ouvrir les pots mais à enclencher le mode « resteal ». Je fais ça avec des bonnes mains, dont une fois contre Fouw qui relance UTG à 18K. Je shove mes 100K avec AK sur cette relance, provoquant un fold à contre-coeur.

Blindes 5000/10 000 – Stack 120K

Les blindes deviennent énormes et j’essaie de me maintenir en volant les blindes sur des push en SB ou au Bouton, et j’effectue mon premier resteal avec une mauvaise main sur Dathuy. Avec 56 et au bouton, je relance sa mise de 20K à tapis. Il passe en me montrant un roi. Je savais qu’il ne voulait pas prendre de risques à cet instant et qu’il essayait seulement de profiter de son tapis pour mettre la pression. Un peu risqué sans doute, mais je suis bien décidé à ne pas tomber sous les 10 blindes, et le spot donnait vraiment envie. Après l’élimination de Léo en 12ème position, on décide de rembourser la bulle au boss, Buloboss repart donc 11ème et aura montré qu’il peut aller loin s’il parvient à ne pas jouer son tournoi au bout de trente minutes comme lors du dernier Moissy.

Table Finale

La Table Finale peut donc commencer. Gégé nous annonce que les blindes redescendent à 2000/4000 pour la table finale et qu’on va jouer le premier niveau de la TF avant d’aller se coucher. Pour l’occasion, Gloub, sorti 13ème, devient notre dealer et provoque deux éliminations. Je ne joue quasiment aucun coup en ce début de TF. Je n’ai pas spécialement envie de sauter à ce moment-là, même si je suis clairement le short stack de la table.

Le Sleep-Break est décrété, et le rendez-vous est fixé le lendemain matin à 10h30 pour la table finale à 8. Je vais squatter chez les petits gamblers de la Newteam pour la nuit et reviens le lendemain matin un peu fatigué pour tenter de tirer mon épingle du jeu. Le gros chipleader est Bao, suivi de près par Dathuy et Bidinho. On trouve également, DavidM, fidèle des TF de Moissy, ainsi que Father_Dyck_Byrne, un ancien du tournoi, Iceman, et The Muf, clairement le plus faible de la table. Avec le retour des blindes à 2K/4K, tout redevient possible. J’ai 134K, pas un stack énorme mais tout de même assez dangereux pour mes adversaires.

Blindes 4000/8000 – Stack 134K

Je me suis montré très calme jusqu’à maintenant. Au bouton, je décide de pousser mes maigres 100K avec AT sur la BB de Bao. Il hésite une plombe avec A9 en main. Il a déjà gagné plusieurs coups avec cette main, mais connaît mon image de serrure. J’essaie de montrer quelques tells de faiblesse. Avec mon stack ridicule, c’est clair que je veux bien doubler surtout s’il a A9 ici. Finalement, il folde et je prends tout de même blindes et antes, ajout non négligeable à mon tapis. Quelques minutes plus tard, je reçois UTG+2. Dathuy relance UTG à 20K. Je décide de pousser mes 115K avec ma paire de ouites. Malheureusement, Dathuy insta-call avec … . Je regarde même pas le board, acceptant ma défaite, mais grâce aux exclamations bruyantes des autres joueurs, je comprends vite que j’ai chatté mon 8. Désolé Dathuy, je run good on dirait ! Bizarrement, j’étais assez confiant pour pousser mon tapis avec cette main, même après une relance de Dathuy en premier de parole. Je fais souvent des fold discutables dans ce genre de situation, mais là, il m’a semblé qu’il fallait tenter sa chance avant de ne plus avoir de fold equity.

Blindes 5000/10000 – Stack 210K

Dathuy se remet plutôt bien de son coup de déchatte grâce à un beau setup contre Iceman, AA vs JJ. Il a des sueurs froides en voyant apparaître le valet comme première carte du flop, mais le reste du board lui donne une quinte. On n’est plus que six et je suis toujours le short stack, mais sachant que ma plus grande force au Poker, c’est la patience, je me fais pas de bile et je suis persuadé de pouvoir remonter, notamment grâce à la présence de deux joueurs « faibles ». J’attends patiemment les cartes. Bidinho saute et Bao perd un énorme coup contre The Muf.

Blindes 6000/12000 – Stack 195K

Comme dans un rêve, je reçois une nouvelle fois de BB. Je fais d’abord la gueule en payant mes 12000 de mise obligatoire et je retrouve le sourire lorsque je retourne ces cartes. (Ca s’est pas vu, j’espère !). En tout cas, The Muf n’a pas du le voir puisqu’il va me faire the best livraison of the year. Il relance UTG+1 à 28K. Je décide de 3-bet à 65K, notamment parce que je ne l’ai quasiment jamais vu folder sur un 3-bet. Sur le flop , je place un continuation-bet à 75K, ce qui me commit complètement. Ne percevant sans doute pas qu’il ne peut plus me faire passer puisqu’il me reste que 60K derrière, il pousse son tapis. Bien sûr, j’insta-call et il révèle pour … rien ou plutôt si, tirage flush backdoor. Comme je ne m’appelle pas Leo, The Muf ne touche pas sa couleur et je monte sans douleur à 400K, tandis que The Muf se retrouve crippled suite à ce coup très mal joué de sa part.

Blindes 8000/16000 – Stack 380K

Je ne trouve pas de main jouable. Revenu à un stack assez confortable, j’en profite pour observer les joueurs. J’assiste à l’élimination de DavidM par Bao, AQ vs AK et je constate la tendance bluffeur de Father_Dyck_Byrne, me disant que je vais attendre une belle main pour lui prendre beaucoup de jetons.

Blindes 10000/20000 – Stack 365K

The Muf ne sait pas vraiment jouer short stack, et n’a pas osé pousser son tapis lorsqu’il avait encore un chouilla de fold equity. Maintenant qu’il est tombé à 3,5BB, il décide de pousser son tapis sur ma grosse blinde. Je suis pas très heureux de payer 70K avec mais j’accomplis mon devoir et paye donc. Je joue contre et perds le coup. Il remonte un peu mais rien de bien grave pour moi.

J’oublie tout de suite ce petit accroc et tente de rester calme. Faut dire aussi que je suis bien fatigué et qu’une erreur serait vite arrivée. Le tour suivant, tandis que The Muf se meurt à nouveau, c’est Nico « Father_Dyck_Byrne » qui attaque ma grosse blinde à 60K. Je retourne et décide de pousser mon tapis. Je n’ai pas envie spécialement de jouer un gros flip contre lui, ni un gros flop d’ailleurs, c’est pour moi la seule manière de jouer le coup contre lui. Je suis pas très rassuré lorsqu’il envisage de me suivre. Il a un gros tapis à ce moment-là, environ 700K, mais ce coup peut tout de même lui coûter cher. Il annonce qu’en tant que fan des girondins de Bordeaux, il ne peut pas jeter sa main. Je ne comprends pas trop à ce moment-là, puis me dit que si c’est une question de département, j’ai de grandes chances d’être devant avec mes 88. Je connais pas le département 99 perso. Il retourne donc piteusement , espérant un coin flip, mais déchante pas mal à la vue de ma main. Flop et Turn apportent trois carreaux et il ne joue donc plus que pour un out. Pas d’horreur à la river et je passe donc à plus de 550K, parmi les chipleaders.

Blindes 12000/24000 – Stack 530K

Après l’élimination logique de The Muf en 5ème place, je trouve en BB. Bao effectue une relance UTG à 55K. Je compte mon stack, ne sais pas trop quoi faire. J’ai un peu plus de 500K et Bao a environ 320K. Comme j’ai raté plusieurs brelans en refusant de setminer à deux reprises en milieu de tournoi, je me décide cette fois à tenter de voir un flop avec ma petite paire, n’engageant finalement que 35K de plus que ma big blinde. Le flop apparaît :  Bingo ! Je checke, un peu blasé. Il avance 70K. Je réfléchis un peu puis relance à 180K car je sais bien que Bao va tout envoyer s’il a touché un petit quelque chose sur ce flop. Ca ne manque pas, et quand Bao annonce tapis, je m’empresse bien entendu de payer avec mon brelan de 2. Il a l’air ennuyé et se doute que je suis devant son . J’élimine Bao et on se retrouve donc à trois, avec des tapis à peu près équivalents Dathuy et moi. Nico pointe à quelques longueurs.

C’est clair que j’ai bien envie d’un heads up contre Dathuy, c’est un des joueurs que je respecte le plus, et ça m’emmerderait bien que ce ne soit pas un de nous deux qui gagne cette 27ème édition de Moissy. Pourtant, le début du jeu à trois est vraiment compliqué. Entre l’agressivité de Dathuy preflop et les bluffs instinctifs du supporter bordelais, mon tapis s’amenuise et je ne trouve pas trop d’arme pour les contrer. Un peu par dépit, je tente à mon tour un bluff qui aurait pu me coûter cher. Pour resituer le contexte, je viens de me faire bluffer trois fois de suite par Nico, notamment sur des donk-bets au flop, un move qui aura vraiment eu le don de m’énerver sur ce tournoi. J’ai donc perdu pas mal de jetons et suis à nouveau le short stack du tournoi. Je relance à 61K au bouton. Nico me paye de SB et Dathuy folde sa BB. Sur le flop , il donk-bet une nouvelle fois à 75K. Cette fois-ci, c’en est trop, je décide de lui revenir dessus et relance à 175K. Malheureusement, il décide de payer. Ooops ! La turn est une belle carte pour moi puisqu’elle m’offre le tirage flush max. Un peu tremblant, je pousse mon tapis et après quelques secondes à avoir des sueurs froides, Nico finit par folder sa main. Je souffle un grand coup. Ce pot me fait du bien au moral et me redonne confiance. Peut-être que je vais enfin arrêter de me faire marcher dessus.

Blindes 15000/30000 – Stack 700K

Dathuy élimine Nico avec top paire contre un tirage flush qui ne rentre pas. Il passe gros chipleader avec plus de 2/3 des jetons, mais je suis déjà heureux d’atteindre le tête-à-tête, celui qu’on voulait tous les deux. On deale à deux pour lisser un peu l’échelle des gains, mais en laissant quand même un gros bonus à la gagne. J’essaie de mon montrer assez agressif sur ce heads up. je suis plutôt habitué à ce format et mon jeu tight habituel est bien malmené lorsqu’on se retrouve à deux. Dathuy s’adapte bien, en bon joueur qu’il est et nos tapis stagnent. On a encore un peu de profondeur, même si les 4-bets deviennent rares.

Blindes 20000/40000 – Stack 720K

Sur une énième relance de Dathuy au bouton, je décide de le 3-bet à 300K, me committant pour payer son tapis s’il le pousse. En ma possession, LA main de mon tournoi . Dathuy shove et me montre . Je gagne mon 80/20 et prend largement le lead dans ce heads up, Dathuy tombant à 600K. Deux mains plus tard, Dathuy complète seulement la grosse blinde. Comme plusieurs fois auparavant, je pousse mon tapis pour prendre ce qu’il y a au milieu. Curieusement, il me paye. Il m’avait donc trappé avec … , une main finalement dominée par mon . Je touche un as sur le flop et élimine donc Dathu, qui se consolera avec cette belle deuxième place.

Conclusion

Je gagne mon premier Deep Stack Moissy après être tombé à un unique jeton en fin de Day1. Plus que cette remontée spectaculaire et enivrante, je retiendrais surtout qu’avec une si belle structure, la meilleure arme pour aller loin est la patience. Bien sûr, j’ai eu beaucoup de belles mains, de la réussite au bon moment, mais je pense que j’ai joué un Poker plutôt solide pour parvenir à cette victoire.

En tout cas, merci à Gégé et JP pour ce beau tournoi. La table finale le lendemain était une belle idée pour avoir du beau jeu, même si c’est un peu compliqué pour ceux qui viennent de loin. Un gros big up à la Newteam, qui place ses trois représentants en TF. J’espère qu’ils m’en voudront pas trop de leur avoir  » volé  » cette victoire. A bientôt aux tables.

Tapis_volant.

Ca, c'est de la premium !

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Mon Deep Stack Moissy #26

25 avril 2010 at 19:13 (Compte-Rendus)

Pour la deuxième fois, je vais disputer le fameux Deep Stack de Moissy. Petit rappel des faits, la dernière fois, j’ai fait la table finale, en jouant à peu de chose près comme une serrure, la belle structure m’ayant permis d’attendre des spots favorables pour gagner des coups. Cependant, j’en gardais un souvenir d’une certaine frustration, n’ayant jamais su ouvrir mon jeu pour tenter de dominer la table ou pour monter des jetons. En gros, j’avais attendu les setups favorables pour chatter ma place en TF. Aujourd’hui, je suis déterminé à me loosifier. Je sais que mon pote Elie venu avec moi une nouvelle fois et avec qui je swappe un pourcentage depuis quelques temps maintenant, attend cette transformation de mon jeu avec impatience. Il serait temps de perfer Elie ! Sinon, plus de swap ! Quoiqu’il en soit, je suis fermement décidé à ne pas me laisser marcher sur les pieds, à jouer beaucoup plus loose agro et à prendre des risques. Je me rends à Moissy avec Abbysam, Leo et Vivi, je remercie encore Sam pour le transport et Leo pour sa bonne humeur communicative. Arrivé à Moissy, je découvre ma table de départ sur laquelle je ne connais pas grand monde. Je reconnais seulement le pseudo de Xmoon dont j’ai un peu suivi les performances via le CP. Comme par hasard, je suis aussi à la table de mon pote, et j’aime pas trop cette situation. Certaines tables m’ont l’air bien plus relevées, en tout cas, même si je ne connais pas grand monde encore, j’ai un peu suivi les coverages et je connais les joueurs en forme du moment (Leo, Aly, Bao…), ceux qui ont seulement trois lettres dans leur prénom quoi !! Le traditionnel Shuffle up and deal résonne dans la salle des étoiles de Moissy et on commence à faire des chip tricks en attendant les retardataires. Le bruit des jetons résonne, certains adoptent déjà la online attitude, en arborant casques audio démesurés et casquettes vissées sur le crâne. Pour ma part, je sais juste qu’on a 45K jetons, qu’on a le temps, mais qu’il ne faut pas se faire marcher sur les pieds, sinon, ça fait mal !

Blindes 25/25 – Stack 45K

Pendant ce premier niveau, je ne prends pas vraiment le temps de sonder la table et d’attendre. Je décide de rentrer dans pas mal de coups. Les joueurs ne me connaissent pas spécialement, je peux facilement faire croire que je suis un fou furieux qui ne sait pas jouer. Je relance donc des mains comme K8, 92, Q9 et prends quelques coups comme ça, soit preflop, soit sur c-bets qui passent. Je change de stratégie par rapport au dernier deep stack, en espérant provoquer des accidents, et en jouant justement contre des adversaires plutôt tights. Je joue notamment un coup contre JP qui nous accueille si gentiment dans sa demeure de petit prince du film d’horreurs. Je relance avec en position et il me paye de BB. Le flop est plutôt favorable pour ma main : . Comme je l’ai identifié comme un joueur plutôt sérieux, je me dis qu’il va suivre une petite mise. Malheureusement, le coup s’arrête net et je ne prends qu’un maigre bénéfice. Je me retrouve impliqué dans des coups un peu foireux, avec 92 sur un flop 832, où je paye un c-bet mais doit give-up sur un second barrel à la turn. Jouer loose implique beaucoup de décisions difficiles, et ce sont des sensations que je connais finalement très peu. Je perds aussi un coup contre Manu, alias Choubdia, où je relance à 100 avec et suis payé uniquement par lui. Sur un flop , il attaque à 200 et je décide de payer. Sur la turn , il place une seconde mise. J’envisage une relance, mais retrouve mes esprits pour folder sagement. Après tout, je le connais pas et j’ai pas grand chose à espérer de ce coup. Je stagne niveau stack mais j’engrange pas mal d’informations sur les joueurs de ma table et surtout je donne une image un peu perturbante pour mes adversaires, enfin, je crois.

Blindes 25/50 – Stack 44,6K

Je commence le niveau en raisant à nouveau une main que habituellement je ne regarde même pas : . Sur un flop , je place un continuation bet, me fais payer, et envoie une deuxième cartouche sur la turn , qui suffit à faire folder mon adversaire. Arrive alors le premier coup intéressant que je joue contre YousSex, un joueur que j’ai identifié comme plutôt exploitable. YousSex limpe en middle position et Fabien, un joueur qui se cache derrière ses lunettes de soleil extra-larges, relance comme souvent au cut-off à 225. Je décide de payer en SB avec et YousSex paye également la mise. Le flop m’enthousiasme pas mal même si le risque de flush atténue un peu mon excitation. Après mon check, YousSex prend les devants et avance 800. Fabien sort du coup. J’hésite à folder (non, je déconne) puis je décide de juste payer, ne préférant pas faire grossir le pot et persuadé que toute relance entraînerait un fold de sa part. La turn est le , belle carte qui a facilement pu toucher sa range. Il place une nouvelle mise à 2000, et là, je me demande si je dois relancer. J’hésite pas mal, me disant que je peux évidemment lui faire tirer la couleur, mais le format deepstack me pousse à la prudence. Je call juste. Sur une river anodine, je sais qu’il va encore miser, parce qu’il montre pas mal d’intérêt pour le coup. Cela ne rate pas et il envoie 5000 que je décide de flat-call. L’idée d’une relance pour value m’a bien traversé l’esprit, mais je n’ai clairement pas envie de me faire revenir dessus et d’avoir une décision difficile donc je paye juste. Il montre et j’empoche le pot. S’ensuit alors une minute de silence. Non, personne n’est mort, mais je pense qu’à ce moment, certains joueurs de ma table pensent que j’ai joué le coup à l’envers. J’ai l’impression, peut-être à tort, que certains condamnent ma manière de jouer ce coup. En tout cas, mon image se dessine, des joueurs vont tenter des choses contre moi. Et ça, c’est tout bénèf !

Blindes 50/100 – Stack 52K

Je commence ce niveau en jouant un jouant un coup marrant impliquant Xmoon et YousSex. Pour remettre les choses dans leur contexte, je respecte pas mal Xmoon. Il joue juste, commet peu d’erreurs, même s’il a tendance à ne pas souvent lâcher preflop. Je relance en MP à 250 avec en main. Pascal me paye au bouton, ainsi que YousSex de BB. YousSex attaque le flop à 500 et je décide de payer, pensant encore être devant. Xmoon paye également. Sur la turn , après le check de YousSex et le mien, Xmoon mise 1000, que paye rapidement YousSex. Persuadé être maintenant battu, je folde, pas vraiment décidé à toucher mon deux-outers sur la rivière. Et pourtant, c’est le qui tombe à la river. Forcément, je suis un peu dégoûté à ce moment-là, mais le showdown va me réconforter. Xmoon value bet son full touché à la turn en plaçant une grosse mise que payera YousSex (avec quoi ?). Xmoon avait donc et m’aurait sans doute pris beaucoup avec cette river qui aurait pu s’avérer dévastatrice pour moi. Je l’ai échappé belle ! Pascal est clairement le plus dangereux de la table, d’autant qu’il a monté un tapis important grâce à de beaux setups, toujours contre le malheureux JP (Full vs Flush, Carré vs Full). Je continue à tenter des choses inattendues même par moi, en rentrant avec des mains comme A4, J8 ou autres. Je perds un peu sur des c-bets pas respectés ou à cause de flops qui ne connectent pas avec mes mains marginales. Je réussis à passer un bluff sur un board  avec en main. J’en profite pour montrer un 2, histoire d’en rajouter une couche sur mon image de foufou. Finalement, c’était presque un value bet, vu que j’aurais pu me faire payer par hauteur roi, mais en tout cas ce 2 laissait mes adversaires dans le flou, vu que j’avais relancé preflop.

Blindes 75/150 – Stack 52K

Un adversaire dangereux rejoint notre table. Je commence à le connaître un peu, pour avoir joué plusieurs fois avec lui. C’est un membre d’une équipe qui commence à faire un peu parler d’elle, la Newteam, composé de Viet, Bao, Nam et donc Dathuy. Ce jeune joueur talentueux a passé sa jeunesse dans la très belle région limousine. C’est ainsi, à Limoges, qu’il a appris à faire de belles lectures, à monter rapidement de gros tapis et à préparer méticuleusement ses futurs moves de joueur de Poker. C’est connu, les limougeauds sont des gambleurs. Vous me croyez pas ? Allez vérifier par vous-mêmes ! Avec l’arrivée de Elie (pour cause de retard) et donc de Dathuy, la table se transforme soudainement, les 3-bet commençant à fleurir, les coups commencent à être chers. C’est alors que je reçois une bombe : !! Bon, allez, j’avoue, c’est juste une toute petite bombe. Du genre de celles que tu n’as pas vraiment envie de larguer même en temps de guerre ! En MP, je paye une relance à 400 de Elie UTG+1 déjà payée par Dathuy. Xmoon décide de squeeze tout ça, en envoyant 1600. Elie et Dathuy foldent rapidement. Clairement, Pascal peut faire ça avec pas mal de mains, mais j’ai un mauvais pressentiment sur le coup, et au lieu de lui revenir dessus, je décide de seulement setminer avec mes neufs. Le flop m’apparaît plutôt dangereux, parce que c’est le genre de flop où on a toujours envie de continuer avec une overpaire. Ne sachant pas trop comment faire pour savoir si Xmoon a une paire au-dessus de moi, je fais ce qu’on pourrait appeler un donk-bet pour info, le genre de play un peu ridicule qui induce forcément une relance d’un raiseur preflop. Mais bon, je le fais, parce que j’ai déjà une image de donk. Je met donc 2000 et me voit relancer (comme par hasard !) par Xmoon à 5000. J’ai mon information, et je folde sans trop me poser de questions, même s’il peut très bien m’avoir bluffé dans ce spot. J’étais pas prêt à engager beaucoup de jetons là-dessus. C’est clairement le genre de spots à éviter avec cette profondeur, et ayant pas mal progressé en cash game ces derniers temps, ce sont des folds très faciles pour moi maintenant.

Blindes 100/200 – Stack 49K

Un peu perturbé par ce coup, je décide reprendre ma tactique d’agression en plaçant successivement deux gros squeezes une fois avec et juste après avec . Même si mes adversaires soupirent et semblent contrariés par mon petit côté joueur scandinave (toutes proportions gardées bien entendu), cette technique me permet de grinder tranquillement. je joue alors un coup où je floppe les nuts dans un pot limpé avec sur un flop . Malheureusement, je n’arrive pas à extraire beaucoup de jetons à mes adversaires, seulement une mise au flop payée par Elie, mais qui va give-up sur une petite mise sur le turn. Dommage. Juste après, je défends ma BB contre ce même Elie, qui décidément essaie à chaque fois de me piquer des jetons. Avec en main, je paye sa mise à 500 et découvre un flop que je décide de check-call. Le reste du coup est checké et ma paire gagne contre sûrement ce qui devait être un as fatigué chez lui. J’aurais pu tenter un value bet, mais Elie est sujet à une certaine maladie, le raise-river, qui rend le value bet assez dangereux avec une simple paire.

Blindes 125/250 – Stack 56K

J’ai encore une fois l’impression de disputer beaucoup de coups contre Elie quand arrive un coup important qui met en lumière un aspect étrange de ce jeu. UTG+1, je reçois et place une mise à 675, payée uniquement par Elie au cut-off. Le flop me convient plutôt bien, et je ne décide de ne pas sous-jouer en faisant un c-bet à 1200, insta-call par Elie. La turn me fait deux paires, mais fait également rentrer le tirage de quinte avec QT en main, ce qui est très probable chez Elie. Je bet 1700 dans un pot de 2000 environ et me fait cette fois relancer à 5000. Je paye, même si je commence à avoir peur de QT. La river est le et c’est là que mon esprit s’embrouille. En gros, je ne sais pas trop où le situer. Il n’y a pas vraiment de tirages possibles, je le vois bien avec deux paires inférieures aux miennes ou avec AT, KQ. S’il a QT, comment faire pour voir le showdown sans trop investir. Je ne peux décidément pas me coucher mais puis-je value bet ? J’opte pour un check-call qui me semble le play le plus approprié, persuadé qu’il va donc tenter un bluff. Ca ne rate pas. Après mon check, il mise 20 000, dans un pot qui en fait moins de 16000. Un bon overbet, quoi ! Et c’est là que la situation devient intéressante ou au moins « compliquée ». Jouer contre un ami est toujours quelque chose que je redoute dans les tournois live. On a beau se dire qu’on joue de la même façon, sans pitié, sans s’éviter, sans adapter ses mises. C’est juste impossible. La preuve, je vais finir par folder. Pourquoi ? Tout simplement parce que si je paye, il tombe à 10K et il est quasiment crippled. J’avoue que sur ce coup, je paye contre n’importe qui d’autre cette mise à la river, mais le fait qu’il me dise « Je sais que t’as AK » et que cette mise mette en péril la suite de mon tournoi et la sienne m’incitent à folder. De plus, folder là me laisse encore à 50K donc j’ai pas encore à m’inquiéter alors que tomber à 30K rend la suite du tournoi très difficile. Je choisis finalement de folder, à regrets, persuadé que le fait de jouer avec un pote influe forcément sur cette décision très weak.

PAUSE

A la première pause, je suis donc retombé aux alentours des 50K jetons. Tout est à refaire, notamment à cause de ce coup malheureux qui tourne et tourne encore dans ma tête, d’autant qu’il ne m’avouera jamais vraiment avec quoi il m’a bluffé (si c’est le cas). Tout le monde se retrouve à la pause pour se raconter déjà des bad beats ou les coups de maître qu’ils ont réalisés. J’ai une proposition secrète de Viet qui me séduit assez mais pour laquelle on doit encore discuter, j’ai juste peur que ce soit un moyen de m’éviter lors des tournois futurs et pas forcément une véritable envie de m’appeler Roberto dans les mois à venir. Parlons-en, en tout cas, j’ai toujours aimé Olive et Tom !! La pause me rappelle également mes heures de gloire de joueur de tennis. Les ligaments rompus, ma carrière de fish du tennis s’est brutalement interrompue, et ça me fait un peu souffrir de voir des gens frapper la balle. Enfin, tout ça, vous vous en moquez, je sais bien. Ce que vous voulez savoir, c’est les mains que je relance pour pouvoir me contrer la prochaine fois !! Revenons-en au fait. Gégé est pressé qu’on revienne aux tables, le tournoi va reprendre. Rirou a rejoint notre table, mais je ne me fais pas trop de souci, parce qu’il est quand même plutôt tight.

Blindes 150/300 – Stack 50K

Dès la reprise, je reçois une main énorme pour un joueur qui se loosifie, à savoir . Je paye une relance à 1000 de Choubdia en position. Je me suis pas mal frotté à Manu, alias Choubdia, en le 3-bettant ou en payant ses relances, de manière à ce qu’il finisse par craquer. Faut dire qu’il était pas mal pourvu en jetons, ayant doublé très rapidement avec les as contre les rois. Je savais qu’il y avait quelques jetons à récupérer de son stack. Le flop arrive et je décide de check-caller son c-bet à 1500. Sur la turn , check-check. Et sur la river , il place une mise étrange à 600 dans un pot qui avoisine les 5000. Je me dis que cette mise pourrait très bien être une manière d’induire une relance de ma part. Je décide donc de payer ce qui était finalement une sorte de blocking-bet puisqu’il dévoile . Je dispute alors un coup contre Fabien qui semble un peu frustré par les coups qu’il a disputés jusqu’à maintenant. Je décide donc que c’est le moment de disputer un coup contre lui avec une grosse main comme ! Je paye sa relance PF à 850 en position contre lui. Sur le flop , il mise 1500 et, fort de mon open-ended et de mon énorme paire de 4, je décide de caller. Sur la , après qu’il ait checké, je décide d’attaquer à 2000, représentant la dame. Je suis pas vraiment content quand il paye ma mise mais bon, j’ai encore pas mal d’outs. La river tombe et j’opte pour un value bet à 3000. Après une intense réflexion, il folde ce qui devait sans doute être une dame. Il était hors de question que je ne value pas ces deux paires touchées comme par magie. J’avoue que c’est assez jouissif de jouer ce genre de petites mains, et jusqu’à aujourd’hui, je n’avais jamais vraiment osé faire ça en live, préférant jouer assez tight. Pourtant, les longues heures passées sur les tournois en ligne m’ont toujours appris que c’est souvent ce style qui conduit vers les sommets de la table finale !

Blindes 200/400 – Stack 54K

Les coups commencent à se disputer preflop, à base de 3-bet et parfois de 4-bet. Je dispute à nouveau un coup contre Elie où je raise à 1000 UTG+2. J’ai l’impression qu’il me revient dessus à chaque fois depuis quelques temps alors, quand il me raise à 2500, j’opte pour un 4-bet à 7500 avec . Il met une heure à folder ce qu’il dira être AK. Encore une fois, j’ai mis sans doute trop gros, pour éviter qu’il rentre dans le coup parce qu’il est très collant et que son gros défaut est de vouloir voir des flops à tout prix. « Les amoureux du flop finissent souvent par se faire larguer » (citation d’un joueur hongrois pas célèbre du tout). Je resserre un peu le jeu avec la montée des blindes et également parce que quelques joueurs commencent à pas mal défendre leurs blindes. Xmoon était à chaque fois en BB lorsque j’étais au bouton, et c’était quand même assez difficile de lui voler, sans doute qu’il ne voulait pas qu’on touche à ses chips de Vegas !

Blindes 300/600 – Stack 60K

Je commence le niveau par un coup disputé contre Sam, alias Abbysam. Je décide de relancer à 1500 au c-off avec en main. Il me paye de BB et checke le flop . Je décide de c-bet le flop, persuadé de pouvoir le faire passer toutes ses overcards. Malheureusement, il paye ma mise à 2500. La turn est belle pour ma main et je continue mon agression, fort de mon tirage par les deux bouts, j’avance 5000, serein, mais je suis insta-call. OOps ! Dans quoi je me suis embarqué ? La river est la carte magique par excellence, celle qui n’arrive que dans les rêves les plus fous, qui vous fait aimer follement ce jeu où la chance se mêle si souvent à la technique pure. Fini le suspens, vous l’aurez compris, c’est le , qui m’apporte donc la straight runner-runner. Un peu inquiet, Sam finit par me payer mon value bet de 10 000 avec en main, confiant dans sa lecture qui s’était avérée bonne jusqu’à la river. J’ai été assez chanceux sur le coup, j’avoue, et le moment où j’ai montré ma main a été un grand moment. Des « OOhh », Ahhh!, Noonn ! » se faisaient entendre aux quatre coins de la table. Enfin, je sais plus si cette table avait des coins. Enfin, on s’en fout ! Je monte à 80K. Enfin, mon tapis décolle, s’envole un peu. Je suis seulement dominé par Choubdia en terme de jetons à la table.

Blindes 300/600/Antes 25 – Stack 80K

Malheureusement, j’essuie le contre-coup de mon agressivité peu de temps après. Avec l’apparition des antes, je sais qu’il faut gagner des pots et je cherche à en remporter qui ne me sont assurément pas destinés. Alors que Choubdia vient de perdre un gros coup et semble un peu en tilt, je me lance dans une bataille de blindes contre lui. Ne croyant pas sa mise à 1700 de SB, je le 3-bet à 5000 avec et voilà qu’il s’énerve et me répond par un « 25 000 » en avançant ce jeton dont personne ne se sert pour l’instant, marron et rouge genre sorti des flammes de l’enfer. Je me couche, piteusement, regrettant déjà d’avoir choisi un mauvais spot avec cette main, profitant d’une éventuelle tilt equity qui m’a finalement coûté pas mal. Mes relances, peut-être trop régulières, ne sont plus trop respectées et je me prends plusieurs 3-bet dans la gueule. Je ne veux pas spew mon beau stack donc je passe sagement, tout en me remettant au travail la main d’après. Un jour, j’aurai une main, je me dis pour me rassurer.

PAUSE

Blindes 400/800/Antes 50 – Stack 70K

Nous voilà de retour. Il va falloir en découdre. Les alternates s’impatientent encore. On a assisté à très peu d’éliminations, essentiellement grâce à la belle structure du début de tournoi (qui va cependant devenir rapidement très violente). Je reçois à nouveau une main à problème : . Au Hi-Jack, je mise 2000 et suis relancé à 5500 par Xmoon au bouton. Décidément, il continue à m’emmerder et à me chercher. Pas décidé à lâcher cette main, je décide de payer, non pas pour setminer, mais parce que cette fois, c’en est trop, il peut pas avoir des overpaires à chaque fois que je relance. Sur le flop , je checke et il checke derrière. Sur le turn , je décide de prendre les devants et de better 5000. Je me vois aussitôt relancé à 12000 et décide de payer assez rapidement, bien emmerdé, mais persuadé de faire face à un move de sa part. La river fait rentrer la flush et est plutôt une bonne carte pour moi, car elle va dans beaucoup de cas me permettre de voir un showdown pour pas cher. Je check, décidé à payer une mise pas trop chère, mais finalement, Xmoon décide d’arrêter les frais en checkant à son tour. Je gagne avec mes neufs. Il avait  et ce 8 à la river m’a finalement bien aidé, puisqu’il a dû estimer avoir un peu de showdown value avec cette paire trouvée à la river et a donc préféré checker. Enfin, je gagne un pot contre Xmoon ! On ne va pas me marcher dessus comme ça ! A nouveau, je vais jouer contre Xmoon. UTG+1, il relance à 2000. Je découvre . Je suis tenté par une relance mais vu la profondeur de son stack, je peux me permettre de jouer un coup post-flop, et c’est finalement à ce moment-là que j’estime avoir un petit edge et pouvoir en profiter. Le flop est superbe pour main : . Je décide de checker, sachant qu’il va c-bet 90% du temps sur ce flop. Ca ne rate pas et, après sa mise de 2500, je raise à 7500 qu’il calle après une petite hésitation. La turn n’est pas la plus belle carte du paquet mais je décide d’attaquer à 5000. Il paye à nouveau. Je sais qu’il ne peut pas avoir QT, je le situe à ce moment là sur un as et je me sens donc bien avec deux paires. La river apporte une doublette du et je décide de checker, conscient de peut-être rater un peu de value. Il checke behind et je gagne avec mes deux paires. Il m’avouera avoir et regretter de ne pas avoir relancé à la turn avec son gros draw. De toute façon, je pense que j’aurais été loin avec cette main, surtout contre lui.

Blindes 500/1000/Antes 100 – Stack 102K

Un niveau à oublier. Je ne reçois quasiment que des poubelles injouables sur des spots pas vraiment favorables. La seule main que je joue, je la joue complètement à l’envers contre Dathuy, dont je respecte pourtant vraiment le jeu. Mais, avec en main, je me contente de payer sa relance du bouton à 2500. Première erreur, vu qu’il avait 25K de stack, j’aurais sans doute dû le relancer, l’obligeant à prendre une décision pour tout son tournoi. Après deux checks sur le flop, il attaque à 4000 sur un board et je décide de payer comme un fish. Deuxième erreur. Qu’est-ce que je fais encore avec cette main sur ce coup alors que Dathuy a un tout petit tapis et va forcément miser à la river ? J’en sais rien. Sur la river , je suis obligé de folder sur une mise de 12500 de sa part. J’ai l’impression d’avoir retrouvé pas mal de mes défauts sur ce genre de coup. Mais ça va, je reste zen, ça restait tout de même un petit coup.

Blindes 600/1200/Antes 100 – Stack 100K

Cette fois, je trouve en BB lorsque Dathuy relance à nouveau du bouton à 2700. C’en est trop. Je lui fais bien comprendre que s’il veut jouer ce coup, ce sera tout son tapis de 25K. D’une manière un peu arrogante, j’avance donc un jeton de 25K pour le pousser à prendre une décision difficile. Il réfléchit assez longtemps et finit logiquement par folder. Le coup suivant, de SB, je met également la pression à Zappa, de BB, qui possède également un tout petit tapis de 18K en poussant all in sur sa blinde avec . Il préfère conserver son maigre stack de 20K pour une meilleure occasion et décide de coucher sa main. Je passe pour un gros voleur avec ces deux mains consécutives et je me pense alors qu’il faut un peu que je me calme, sinon, je vais finir par dilapider mon stack sur des coups borderline.

Blindes 800/1600/Antes 150 – Stack 105K

Je me retrouve à nouveau impliqué dans un coup avec Xmoon, qui décidément m’aura posé pas mal de problèmes. Je relance du c-off à 3800 avec et il me paye en BB. Jamais il ne lâche sa blinde, de toute façon ! Le flop se dévoile : et je c-bet à 5000. Comme je m’y attendais, il me surrelance à 12500, mais j’ai un plan : je vais le surrelancer à mon tour et sortir mon arme secrète le jeton de 25K. Il passe alors après une longue réflexion ce qu’il m’avoue être , main jouée assez bizarrement. Je montre un 8, histoire de montrer que je suis super confiant avec un 8 sur ce genre de coup. Je ne sais pas pourquoi je fais ça à ce moment, peut-être pour jeter le trouble dans la tête de mes adversaires. J’en sais rien, en fait.

Blindes 1000/2000/Antes 200 – Stack 110K

Je joue à nouveau un coup contre Sam qui tient absolument à gagner un coup contre moi depuis la quinte que j’ai trouvé à la river contre lui. Je relance au c-off à 4000 avec et suis payé par Sam de BB. Sur le flop , je tente de représenter l’as en misant 5000. Il me paye assez rapidement. Je ne sais pas très bien où le situer, mais me dit qu’il peut très bien avoir touché une dame ou être sur les trèfles. La turn est checkée par nous deux. La river également, et il constate avec dépit que je le bat sur la river en touchant mon roi, battant sa dame ainsi que le tirage trèfle. Il avait une main énorme sur le flop mais, en décidant de sous-jouer le coup, il m’a laissé toucher ma carte et prendre le pot. Pour la énième fois, Dathuy relance ma BB en misant 4650. Mais cette fois, j’ai . Je le 3-bet à 12500 et, sans doute énervé parce que je lui ai déjà ce type de move plusieurs fois, il shove 25K que j’insta-call avec les as. Il montre et me livre donc son tapis après un board sans encombres.

Blindes 1500/3000/Antes 300 – Stack 135K

Après une nouvelle pause, je suis changé de table et atterrit sur une grande table en bois où je discerne pas très bien la hauteur des tapis de mes adversaires. Je ne connais quasiment aucun joueur à la table, hormis Zied et Verdojos que j’ai déjà croisé plusieurs fois. J’arrive chipleader de la table, mais c’est bien la dernière fois où je le serais. Très vite, je reçois ma première main jouable  au bouton et décide de relancer à 8000. Zied défend sa blinde et checke le flop . Je c-bet à 10K, et me fais check-raise à tapis par Zied. Il y a 40K de plus à mettre, autrement dire, j’ai une vraie décision. Je n’arrive pas vraiment à croire qu’il a l’as, mais me demande si je peux décemment perdre la moitié de mon stack sur un mauvais read de ma part. Curieusement, je ne pense pas au tirage couleur, sans doute à cause du fait qu’il y ait deux as au board. Je décide finalement de passer, à regrets. Il me dira deux mains plus tard avoir mais deux heures plus tard détenir . Qui croire ? Le Zied du présent ? Le Zied du futur ? Quoiqu’il en soit, c’est le premier gros coup que je perds, il me plombe un peu, d’autant que je suis complètement card dead à cette table et ne parvient pas à m’imposer.

Blindes 2000/4000/Antes 300 – Stack 125K

Les antes commencent à agresser tous les petits tapis et on entend beaucoup de « all-in – payé » dans la salle où il ne reste plus à présent qu’une vingtaine de joueurs. Il y aura dix personnes qui rentreront dans l’argent. Il va falloir s’accrocher, car mon avantage à l’arrivée à cette tables s’estompe complètement. Sur une relance de l’UTG+1, un maniac qui relance énormément et a eu pas mal de chances dans ses confrontations preflop, je décide de simplement payer les 10000 avec au bouton. C’est alors que Verdojos place un squeeze all-in à 65K. Le maniac folde et je folde à mon tour, persuadé de pouvoir attendre encore un peu pour entamer ce genre de coin flip obligatoire. J’estimais être à peu près à égalité par rapport à son range de main, mais la taille de son tapis m’a clairement fait peur et j’ai un peu sous-estimé la forte montée des blindes à ce moment-là.

Blindes 3000/6000/Antes 500 – Stack 95K

Comme un paquet de croustilles, je me fais grignoter. Je retourne dans mes travers de ne pas oser, d’attendre les mains. Faut dire que je reçois quantité de poubelles, mais je n’ose pas prendre les devants et voler les blindes comme je pourrais le faire online. En live, c’est plus compliqué tout de même. On se trahit, on est pas crédible. Online, on se pose pas la question, au bouton, sur un pot pas ouvert, avec 10 blindes, on shove. Là, à Moissy et entouré de bons joueurs, on regarde 92 au bouton, et on se dit « Bon, je vais peut-être attendre mieux ». Et puis, on attend longtemps. J’hésite plusieurs fois payer des tapis, avec des mains marginales comme KJ ou A6, parce que perdre ces coups-là m’auraient crippled.

Blindes 4000/8000/Antes 500 – Stack 75K

Je suis descendu à moins de dix blindes quand je reçois une main que j’aurais presque envie de jeter mais que je suis bien obligé de push. Après un raise à 20000 UTG par le maniac de la table, je découvre donc et fais tapis pour 70K. Il me paye et c’est un coin flip contre que je gagne après quelques sueurs froides. Je remonte à 150K et retrouve un peu le moral, sachant qu’on n’est plus que 13 ou 14 joueurs en course. La bulle est pas loin, et si je joue sérieusement, il n’y a pas de raison que je ne fasse pas la table finale !

Blindes 5000/10000/Antes 1000 – Stack 170K

La structure devient vraiment injouable. La moyenne est en dessous des 20BB et il reste quelques petits tapis. L’un d’entre eux pousse son tapis de 40000 sur ma blinde à 10000. Je colle sans hésiter avec pour la cote et aussi parce que la perte de ce coup ne serait pas très grave. Je gagne le 60/40 en ma faveur et passe pour la première fois à 200 000 jetons. La table finale s’approche, on est plus que 12.

Blindes 6000/12000/Antes 1000 – Stack 200K

En premier de parole, je reçois et place une mise à 30000. La grosse blinde, Christophe, mousquetaire joueur d’échecs aux tendances un peu livetardesque, pousse son tapis de 110K. Je ne suis pas scared money sur ce tournoi et c’est infoldable dans cette situation donc je paye, espérant pourquoi pas mieux qu’un coin flip. Il dévoile , c’est donc un coin flip, celui qu’il faut passer pour bien se placer en TF. Malheureusement, cette fois, la pièce tombe du côté de mon adversaire (que j’avais sorti en TF de Moissy la dernière fois) et je tombe à 95K, parmi les plus petits tapis alors qu’on est tombé à 11 left. Je me vois bien finir à la bulle, comme trop souvent et je me dis que le Poker, c’est quand même beaucoup de frustration. Un tournoi où j’ai l’impression de bien joué et où mon sort est décidé sur un vulgaire coin flip. Les tournois multitables, difficiles pour le moral ! Faut être solide pour encaisser la variance ! La main suivante, le petit tapis de la table, que je couvre légèrement, pousse son tapis de 80K et est payé par Christophe. J’ouvre au bouton. Sur un gros tournoi online, je pense que j’aurais folder, préférant attendre de voir le joueur faire la bulle pour bouger ensuite, mais là, la situation méritait réflexion. En effet, je couvre le premier joueur, qui peut pousser son tapis avec n’importe quoi. Si je saute mais qu’il saute aussi, je fais quand même l’argent. A la vitesse où Christophe a payé, je me dis que lui aussi est sans doute devant la range du premier relanceur preflop. Et surtout, vu la structure de paiements du Deep Stack Moissy, la situation est clairement ev+ pour viser la gagne. Si je gagne ce coup, et je peux vraiment avoir la meilleure main dans ce spot, je fais plus que tripler mon maigre tapis. En gros, je me donne une chance d’aller loin dans le tournoi. Cette main a suscité pas mal de discussions, notamment avec Tawpaipai qui me reprochera de m’être engagé dans ce coup borderline, sachant que le tapis du short stack avait déjà été payé. Je suis vraiment persuadé que ma décision était bonne, et j’ai tant de fois regretter des weak folds comme ça sur des tournois online. Pour en revenir à la main, un quatrième larron s’est invité à la fête, pour la cote, et a mis tout le monde d’accord en trouvant un full avec en main. Le premier relanceur avait et Christophe, dont le fait de juste caller était une énorme erreur, a dit avoir les jacks, ce qui m’étonnerait beaucoup pour ma part. Enfin, on ne saura jamais !

Conclusion

Je finis 10ème en rentrant quand même dans l’argent. Je suis plutôt très content de mon tournoi même si ma deuxième table a été très difficile et que j’ai été un peu attentiste et card dead. Globalement, c’était une très bonne expérience de tenter de jouer plus loose que d’habitude. C’est une manière de jouer que je ne maîtrise pas encore à la perfection, mais qui permet d’aller très loin dans les tournois et surtout de monter de gros tapis. Demandez à Bao !! Pendant que la TF se déroulait, les gambleurs fous de la Newteam ont organisé un petit blackjack histoire de plumer les fishs comme moi, et comme d’habitude, Bao a chatté ! C’était vraiment sympa en tout cas cette ambiance de fin de tournoi à Moissy. Merci une nouvelle fois à la Newteam pour avoir mis l’ambiance tout au long de la soirée. On a terminé vers quatre heures du mat en jouant un petit Cash Game en dealer’s choice avec des joueurs très sympathiques que je connaissais pas, spécial dédicace à Buloboss qui est sorti du tournoi au bout d’une heure les rois contre les as et qui est quand même resté jusqu’au bout de la nuit pour découvrir de nouvelles variantes (qui a dit Poker Addict ?). J’ai eu l’occasion de gagner un énorme pot contre Elie avec full contre full et me suis ainsi bien vengé du sale bluff qu’il m’a passé dans l’après-midi. Merci beaucoup à l’organisateur, Gégé, et à JP de nous avoir accueilli dans sa demeure pour gambler jusqu’à cinq heures du mat’. Les tartes étaient très bonnes. Un grand bravo aussi à Tounsi qui joue vraiment très bien et à Zied pour son acharnement à tirer le maximum de ses jeux max. A bientôt pour le prochain deepstack. Il paraît qu’on aura 80 000 jetons. Enfin, je dis ça, je dis rien !!

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Freestyle

20 avril 2010 at 15:21 (Compte-Rendus)

Finalement, j’ai craqué. J’ai rejoué quelques tournois online car le jeu me manquait trop. Deux petites perfs sympathiques m’ont permis de me remettre d’un spew ridicule en Cash Game. C’est donc avec beaucoup d’envie que je me suis rendu pour la première fois au Freestyle Poker de Willy, un tournoi sympa organisé à Bagneux par un reg de ClubPoker. Mon premier tournoi sur deux jours. 15K jetons, 60 joueurs, 6 payés. Je joue la deuxième vague, celle des surfeurs qui se lèvent tôt (même s’ils n’ont pas beaucoup dormi, comme Piepieff ou Bao). On est 20 sur la ligne de départ, en ce samedi matin d’avril. Quelques jetons Monte-Carlo entre les mains, prêts à être poussés au milieu. Je swappe 20% avec mon pote Elie et nous voilà tous les deux prêts à affronter un field qui s’annonce plutôt relevé avec la présence de Bastos, Emro et Baolino à notre table. Le shuffle up and deal résonne et le tournoi peut commencer.

DAY 1

Blindes 25/50 – Stack 15K

Nous ne sommes encore que quatre à table quand je reçois ma première main au cut-off. Déjà trop impatient, je mise alors que ce n’est même pas à moi de parler. Max, en position UTG, me le fait bien remarquer et relance donc avant moi à 150. Pas trop envie de 3-bet dès le début, alors je paye juste cette relance au cut-off, ne connaissant pas encore ce joueur. Le flop tombe et après son check, je décide de miser 125, provoquant un call de sa part. Ne sachant pas trop où le situer, je décide de prendre la carte gratuite qu’il me laisse à la turn, le , avant de tenter un bluff ridicule à la river  en misant 700, autrement dit un overbet. Max me paye sans sourciller avec . Je me suis un peu enflammé en essayant de bluffer ce coup, alors que je ne savais rien de ce joueur. Pendant ce premier niveau, je reçois pas mal de mains moyennes-fortes que je relance ou limpe sans grand succès. Je descends pas mal à force de rater les flops. Sur des blindes si petites, je ne cherche pas trop à m’aventurer dans des coups trop élaborés sans jeu. Je laisse passer l’orage, et finis le niveau à 13,5K.

Blindes 50/100 – Stack 13,5K

Je laisse passer quelques coups et tente d’observer un peu les forces en présence à la table. Comme d’habitude, Elie joue pas mal de coups, monte ses jetons aussi vite qu’il les distribue, mais parvient à gagner de beaux coups grâce à de bonnes décisions. Je constate que Bao est toujours aussi tricky et que j’ai intérêt à éviter les coups borderline contre lui. Je suis témoin de la première élimination avec une belle livraison à Dathuy où un joueur paye son 4-bet all-in avec AK sur 955. Incompréhensible quand on connaît le jeu de Dathuy qui était donc armé avec KK en main. Je joue aucun coup sur ce niveau. J’ai déjà dilapidé trop de jetons à tenter de voir des flops avec des jeux moyens, je resserre un peu, fidèle à mon côté tight agressif habituel.

Blindes 75/150 – Stack 12,8K

Arrive assez rapidement ma première paire. Je reçois  au cut-off. Elie relance UTG comme un coup sur trois à 425. Bastos paye en MP. Je décide de juste payer également, dans le but de setminer. Emro, un bon joueur avec qui j’avais déjà joué à Moissy s’invite également à la fête. Le flop se dévoile  et tout le monde checke. La turn est le  et pousse Bastos à miser 500. je paye assez vite cette mise à cause de la doublette du roi et d’un petit tirage couleur. Et aussi car je joue contre Bastos, qui est capable de ne rien avoir là. La river est le et après le check de Bastos, j’estime, sans doute à tort, que je ne peux pas bluffer ce pot contre lui. Il révèle et gagne le pot. J’aurais pu tenter un bluff ici mais, connaissant l’animal, j’estimais ne pas pouvoir le faire passer. J’aurais sans doute un meilleur spot pour lui prendre des jetons par la suite. Enfin, je l’espérais.

Blindes 100/200 – Stack 11,3K

Rien d’alarmant pour l’instant, mais une chose est sûre, je n’ai gagné aucun coup jusque là. J’ai remarqué que certains joueurs semblaient plus faibles que d’autres, mais cela ne m’a jusque là rapporter aucun jeton. En MP, je reçois alors que je décide de relancer à 500. Seul Besseb me paye au bouton. Le flop tombe  et je place alors un c-bet à 700 qu’il décide de payer visiblement à contre-coeur. Je ne le situe pas vraiment sur une main à ce moment-là mais décide de poursuivre mon agression sur la turn  en misant 1000. Une relance qui le pousse à folder, un peu contrarié par la faible taille de son tapis à ce moment, ayant perdu plusieurs coups de manière assez similaire. Je remonte donc un peu et prend un peu plus d’assurance. Après une mise de 650 de Bastos payée par Bao, je découvre en SB et décide de placer un squeeze à 2500. Comme mon image est plutôt bonne à ce moment-là, j’obtiens deux folds et prend le pot preflop. Ayant beaucoup limpé ou payé des relances en tout début de tournoi, j’ai décidé de changer un peu de stratégie et d’être un peu plus agressif, pour ne pas me faire dévorer par les petits requins du ClubPoker.

Blindes 150/300 – Stack 14,5K

Je repars au combat gonflé à bloc en étant revenu quasiment au stack de départ. Peu d’éliminations pour l’instant, personne n’a vraiment pris le large et on a encore largement moyen de jouer un poker solide. Je joue quelques coups de manière un peu agressive pour arracher quelques petits pots mais globalement, je reste stable aux alentours de 14/15K, tout en essayant au mieux de contrer Bao dans sa tentative de marcher sur la table, ce qu’il parvient à faire grâce à quelques coups heureux (notamment deux quintes un peu improbables touchées à la river)

Blindes 150/300 Antes 25 – Stack 14K

Avec l’apparition des antes, je sais qu’il va falloir desserrer un peu le jeu, se montrer plus actif pour ne pas voir son tapis fondre comme neige au soleil. Pourtant, ma première relance ne sera pas respectée. Avec une nouvelle fois, je décide d’attaquer au cut-off à 900, espérant prendre les blindes tranquillement. Emro ne l’avait pas entendu de cette oreille et me place un petit 3-bet des familles à 2700. Assez pour me faire folder ma petite paire, autant le dire, Emro a pour l’instant une image de serrure complète, à tel point que chacune de ses relances fait un peu peur. Mais les cartes ont décidé d’arriver avec les antes, heureusement pour moi. La main d’après, je reçois au Hi-Jack, et je décide de surrelancer à 2500 la mise de 850 de Bastos UTG+2. bastos ne s’en laisse pas compter et paye mon 3-bet assez rapidement. Le flop ne me rassure pas des masses, mais après le check de Bastos, je me sens obligé de miser. J’avance à nouveau 2500 et Bastos insta-fold sur cette mise. Ouf ! Je le voyais bien me mettre dans une situation difficile en poussant son tapis ici. Quelques mains plus tard, je découvre à nouveau et répond à la mise d’Elie de 900 et au call de Bastos par un nouveau 3-bet à 3000. Si Elie passe, il n’en est pas de même pour Bastos qui pousse son tapis de 7800 non sans avoir demandé à Willyboy combien de temps durait la pause. Même si j’avais pris la décision de payer avant d’entendre cette phrase, vu la taille du tapis de Bastos et le fait que j’avais déjà mis 3000, il était évident que cette phrase voulait dire « Let’s gamble » de la part de Bastos. Ca n’a pas manqué puisque Bastos a dévoilé . Après un board sans encombres, me voilà enfin pour la première fois au-dessus de la moyenne, avec à peu près 25K. Sans rancune Bastos, tu m’as sorti à Moissy, il fallait bien que tu me rendes un peu de mes jetons !!

Blindes 200/400 Antes 50 – Stack 25K

Porté par mon stack et par la volonté de spew quelques jetons, je décidais de me frotter à Bao, tout en sachant que j’allais sans doute le regretter. Au cut-off, le voilà qui raise à 1600. Je décide de juste payer avec la position et avec en main. Sur le flop , Bao place un c-bet à 1800 que je me décide à relancer à 5000, ne voulant pas me faire marcher dessus par ce membre de la Newteam. Malheureusement pour moi, Bao, me place alors un 4-bet imparable à 12500. Il me dira plus tard avoir la même main que moi. Peut-être, en tout cas, bien joué ! J’aurais pu éviter de tenter ce move, mais je pensais, sans doute à tort, qu’il passerait très souvent sur ce flop. Sans doute un peu poussé par mon stack en ascension, j’ai un peu dilapidé les jetons de Bastos sur ce coup.

Blindes 250/500 Antes 50 – Stack 16K

Sur ce niveau, j’ai pas mal profité de la weakitude de certains adversaires, en prenant plusieurs coups contre Max et contre Seb, deux fois sur des c-bets au flop, et une fois sur une défense de blinde contre Max, où je défend avec et attaque la turn sur un board . Il folde en pestant, comme la plupart des coups où il a foldé, se laissant littéralement engloutir par la montée des blindes.

Blindes 300/600 Antes 75 – Stack 22K

Après deux limpeurs, je décide de compléter ma SB avec . Le flop est magique . La question est maintenant : comment extraire le plus de jetons possibles de cette main ? Je décide de checker le flop, mais ne provoque aucune mise de mes adversaires. Sur la turn , j’opte pour une petite mise à 1000 mais n’obtiens pour réponse qu’un fold collégial. Dommage, mais il me semblait plus prudent de placer une mise à la turn, au moins pour faire payer un éventuel tirage flush. Survient alors un coup important que je joue contre Elie. Il n’est jamais facile de jouer contre ses amis, on a toujours envie de faire des moves un peu bizarres, et je sais très bien que Elie en est capable. Au bouton, il relance à 1400. Je découvre alors  en BB. Je suis un temps attiré par l’idée de le 3-better préflop, mais me dit qu’il est bien capable de me 4-bet en se disant que je ne paierais qu’avec les as ou les rois. je décide donc de prudemment payer.  Le flop se dévoile et j’opte pour un check-raise lorsqu’il place une toute petite mise de 1300. je décide de faire un min-raise à 2600. Il me connaît et devrait interpréter ce move comme « il est armé ». Malheureusement, après quelques secondes de réflexion, il place un 4-bet à 5600. Pris encore une fois la main dans le sac, je suis obligé de folder ma main, et il me montre les as. Heureusement que je n’ai rien tenté de suicidaire en le poussant à tapis. J’y ai pensé, parce que c’était lui en face, mais me suis dit que je n’avais pas non plus investi tant que ça dans ce coup et que donc, il valait mieux préserver mon maigre tapis.

Blindes 400/800 Antes 100 – Stack 15,3K

Les blindes et antes commencent à faire mal. J’ai navigué entre 10 et 25K toute la journée, sans jamais vraiment décoller. Je suis revenu au tapis initial, et suis donc obligé de bouger pour pouvoir récupérer quelques blindes et antes. Puis, je tente un nouveau vol du bouton et me fait flasher par la patrouille. J’ai la mauvaise idée de tenter de voler la blinde de l’homme à la casquette verte qui a pourtant un tapis de 8500. Autant dire qu’il allait souvent pousser son tapis sur ma relance. Peu importe ma main, Q4 en l’occurrence, c’était pas vraiment lui dont j’aurais dû essayer de voler la blinde. Ce coup me fait tomber en dessous des 15K alors que la réunification des deux tables a lieu. En full ring, on va peut-être un peu pouvoir souffler et attendre les bons spots.

Blindes 500/1000 Antes 100 – Stack 14,8K

Avec mes quinze blindes, je sais que ça va être dur d’arriver en deuxième journée. Je m’accroche cependant. Certains ont encore de très petits tapis, et on est plusieurs à postuler pour sauter à la bulle du deuxième jour. Je décide de relancer  en MP à 2500 sur la blinde de Bao qui me paye, bien évidemment, bien pourvu avec son stack de 70K. Le flop  me paralyse un peu. J’ai pas vraiment envie de sauter sur cette main, même si je sais qu’il ne me reste plus grand chose. Après un check de Bao, je décide de checker aussi. J’aurais sans doute dû miser, mais je me voyais mal payer une éventuelle relance. La turn est une brique et Bao checke encore. Là, je suis encore plus dans le flou et je checke également, fermement décidé à payer la mise que Bao ne va pas manquer de mettre à la river . Bao mise un peu cher, 4100 et sûr de moi, je paye donc, suivant mon plan. Il mucke directement ses cartes et j’empoche le pot, un peu soulagé. Je pousse également mon tapis de 18K au bouton sur Elie. Un peu cher d’open-shove pour 18 blindes avec AJ mais je préférais m’éviter le mal de crâne qui aurait suivi son 3-bet qu’il m’aurait probablement envoyé en pleine tête.

Blindes 600/1200 Antes 100 – Stack 23K

Je joue alors une bataille de blindes contre Sam, sans doute le joueur le plus faible de cette dernière table. Il se contente de limper en SB et je décide de relancer à 3500 avec . Curieusement, il paye ma mise. Sur le flop , je décide de c-bet à 4000, et suis payé. Pas très heureux par ce call, je décide de checker la turn et la river . Heureusement pour moi, il ne tente aucun bluff et je remporte le coup contre une hauteur as. Je respire un peu et passe pour la première fois au dessus des 30K. Je vole deux ou trois fois les blindes avec des mains légitimes, dont une paire d’as qui à mon regret ne m’apportera aucune action, et constate avec plaisir l’élimination soudaine de trois joueurs (dont mon pote Elie en 8ème place) pendant les premières minutes du niveau suivant, 800/1600 antes 200. Willy nous apprend que les blindes reprendront à 500/1000 le lendemain. Grande nouvelle pour les tapis shorts et moyens dont je fais partie. Je finis la journée à 36,3K, en dessous de la moyenne, mais l’important est qu’il reste encore de quoi jouer. J’aurais plus de trente blindes au départ le lendemain, tout est encore possible.

DAY 2

Blindes 500/1000 Antes 100 – Stack 36,3K

Le dimanche à 13h commence le Day 2. Parmi les « demi-finalistes », Bilara, l’homme en forme du moment paraît-il, possède le plus gros tapis, un peu plus de 100K. Heureusement, j’hérite d’une table avec des tapis moyens et évite en ce début de journée Bao et Aly. Il va de toute façon pas falloir tarder à bouger si on veut espérer une place dans les 6 payés du tournoi. Se montrant plutôt actif en ce début de journée, GoodCharly relance une nouvelle fois en UTG. Je découvre une belle main et me décide à le 3-bet à 10K, espérant qu’il ait une belle main à cette position. Malheureusement, il ne prend pas beaucoup de temps pour folder sa main, et je prend un pot que j’aurais aimé voir grossir un peu. J’ai sans doute fait un peu cher, à cause de la taille de son tapis de 60K en ce début de journée.

Blindes 600/1200 Antes 100 – Stack 34K

Un peu frustré de ne pas voir beaucoup de jeu, je tente un vol au cut-off avec sur la BB de Keuss qui possède pourtant un petit tapis. Le vol tourne mal puisque l’apparition de deux valets au flop et d’une dame à la river m’effraient assez pour concéder le pot sur une grosse mise de Keuss à la river. Je sais que je dois agresser si je veux survivre dans ce tournoi. Rentrer avec de petites mains ne me fait peur, je suis bien conscient que je dois prendre des risques, même si je n’aime pas trop ça. Mon stack descend rapidement dans les 20K à cause de plusieurs abandons au flop et je me retrouve dans une zone un peu critique en possession de 20K quand je reçois  UTG+2. Je décide de pousser directement mes 15 BB au milieu pour éviter de devoir prendre une décision difficile sur un flop contenant des overcards. Je suis rapidement payé par Keuss à qui il reste environ 40K. Il dévoile sa main et je dispute donc mon premier coin flip du tournoi, sur lequel se joue ma survie. heureusement, le board n’est composé que de petites cartes et je parviens à doubler à plus de 40K.

Blindes 800/1600 Antes 200 – Stack 43K

Je suis toujours dans le rouge avec la montée des blindes. Je ne parviens pas à décoller. La table n’est pas forcément très difficile mais un petit jeune talentueux fait des ravages avec un jeu hautement agressif. Croupier à l’ACF dans le civil, il relance une nouvelle fois à 3700 en MP et je décide de le 3-bet avec à 15K. Je fais encore un peu cher, j’éprouve quelques difficultés à trouver les bons montants à miser en live. Globalement, je fais souvent trop cher. Il folde en me montrant sa main , quelque part pour légitimer sa relance. Ca ne l’empêche pas de continuer ses agressions et d’amasser encore quelques jetons pendant ce niveau, en montrant un bon niveau de Poker.

Blindes 1000/2000 Antes 200 – Stack 50K

Mon stack stagne un peu. Je vole deux ou trois coups et constate les éliminations des short stacks à ma table. Je reste patient, et sait que sans erreur grossière de ma part ou sans setup, je peux me permettre d’attendre le regroupement à une table. Je décide pourtant de relancer la BB de Ludo pour ce qui va s’avérer être le coup charnière de ce Day2 pour moi. J’ai en MP et je relance à 5000. C’est payé. Sur le flop , je place un c-bet à 7500 et me fais quasiment instantanément payé. Je ne vois pas trop ce qu’il représente mais me dit qu’il peut clairement essayer de m’outplay en comprenant que je n’ai rien touché sur ce flop. Heureusement, la turn est le , je me vois alors devant lui et après son check, je décide de checker à mon tour pour pot control. Sur la river , il place une mise de 16k que j’insta-call, persuadé à 100% d’être devant. Il mucke aussitôt, disant qu’il a hauteur as. Clairement, à sa tête, il avait compris que j’avais le roi et s’en voulait d’avoir tenté ce bluff à la river. Ce coup le mettra en tilt complet et il sortira dès la main suivante contre Thierry, la serrure de la table, un joueur limite autiste qui était passé plutôt inaperçu jusque là, ne dévoilant jamais un jeu. Il attrapera Ludo avec un brelan de 7, craquant la paire d’as qu’il muckera directement sans attendre la turn et la river. Tilt ? Pas de regrets éternels cependant puisqu’aucune carte ne serait venue le sauver à la river.

Blindes 1500/3000 Antes 300 – Stack 80K

La table finale est prête et je suis à mon apogée niveau stack. Rien d’extraordinaire cependant vu que Bilara a déjà plus de 250K. Je joue très prudemment en ce début de table finale, sachant que je suis à 4 éliminations de l’argent et qu’il reste plusieurs petits tapis. C’est GoodCharly qui nous quitte le premier. Je ne sais plus qui l’élimine. Je serre le jeu pour me maintenir aux alentours des 80K pendant que le 9ème se fait sortir à son tour.

Blindes 2000/4000 Antes 400 – Stack 75K

Je me décide à jouer un coup contre Bao en combat de blindes. J’ai  et je relance sa BB à 10K. Comme à son habitude, il me paye, et on découvre un flop . Je c-bet sereinement 12K mais est rapidement terrifié à l’idée d’une relance de Bao. Je sais qu’il est capable de me mettre la pression à l’approche de la bulle, en usant de son gros tapis, surtout s’il a tirage couleur sur ce flop. Heureusement, il folde et je respire un peu. Le 8ème sort peu après, et après une longue discussion entre Willy et Bilara, l’actuel énorme chipleader, on décide de rembourser le futur sortant, le futur bubble-boy. Je suis déjà soulagé d’être remboursé. Maintenant, il faut viser les trois premières places. Et c’est là que recommence pour moi le syndrome de la table finale et la pression des augmentations des paiements. Je n’ose plus jouer, rate deux ou trois spots pour envoyer mon tapis, et ne fais que descendre. Je parviens seulement une ou deux fois à voler les blindes et antes en envoyant mon tapis ridicule avec des mains décentes mais je rate beaucoup trop d’occasions. Attendant les sorties des autres stacks, je m’interdis d’espérer la gagne en jouant archi-tight et en refusant de m’engager. Je m’en veux un peu de cet attentisme idiot qui m’a empêché de rivaliser avec les bons joueurs restants. Quoiqu’il en soit, après la sortie de Keuss et Piepieff, mon tapis est devenu tellement ridicule que je shove mes 6BB restants avec et suis payé par Leo avec . Nice call ! Ca tient et je sors donc 5ème, prends 230 euros, content de mon tournoi mais regrettant comme souvent en MTT Online d’avoir préféré attendre et augmenter dans l’échelle des prix plutôt que de jouer la gagne.

Leo sortira peu de temps après, sur un coup un peu malchanceux contre Bao, toujours le roi des petites mains qui deviennent énormes sur le board par on ne sait quelle magie. Le trio de tête, composé de Bilara, Bao et du surprenant Thierry se livrera une bataille acharnée grâce aux cartes distribuées par Viet, avec qui j’aurais pas mal discuté stratégie pendant ces coups. Merci Viet pour ta bonne humeur, ta capacité à faire rire tout le monde avec tes « C’est l’as qui gagne » et surtout pour avoir animé cette fin de tournoi un peu longue. Un grand bravo à tous les joueurs, spécialement Aly et Bao, et un grand merci à Willy et Caty pour l’organisation remarquable du tournoi, belle répétition avant la grande bataille de Moissy le week-end prochain.

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FKPT 13 Mars : la wiiiiiiiin !

14 mars 2010 at 22:35 (Compte-Rendus)

Quoi de mieux en période de manque qu’une petite partie de Poker entre amis ? Pour la troisième fois, j’allais disputer le FKPT, un tournoi organisé par notre parrain à tous, FK, et son acolyte Cremolol, scénariste en herbe et serrurier de profession. J’avais réussi à traîner mon pote Elie, lui faisant lâcher son rêve de X-Series l’espace d’un petit tournoi live sympathique.
Comme à chaque fois ici, l’accueil fut vraiment chaleureux, l’ambiance conviviale, les cosmopolitans délicieux et les hot-dogs … moutardés. Pour un 13 mars, on était 13 joueurs à s’affronter. Comme c’était la journée de toutes les superstitions, j’avais enfilé mon t-shirt « Tilt » pour bien montrer à tout le monde que j’étais dans une phase de spew intensif et qu’il fallait juste attendre sagement pour prendre mes chips.

Le tournoi pouvait commencer. On avait chacun 6000 jetons au départ, avec possibilité de recaver pendant 4 niveaux. Les blindes commençaient à 25-25 et les niveaux duraient 20 minutes. Je n’avais pas hérité de la meilleure place à la table, vu que Elie se trouvait juste à ma gauche, et allait sans doute surrelancer mes ouvertures juste pour m’emmerder. Après avoir foldé quasiment toutes mes mains lors du premier niveau, je joue enfin une main quand je raise du Cut-off à 150 avec , payé juste par Elie au Bouton. Le flop arrive . Je c-bet à 200, payé par Elie que je vois à ce moment-là sur deux grosses cartes. C’est bien le genre à tenter un floating en espérant m’outplay à la turn. La turn est une carte pas mal pour moi, puisque le m’ouvre également le tirage max à pique. Je décide de continuer mon agression à la turn, en misant 400, mais provoque un fold d’Elie. Je ne sais pas vraiment si je dois être heureux de cette main, peut-être aurais-je du me montrer un peu plus créatif à la turn, pour gagner un peu plus ?

Quoiqu’il en soit, mon tournoi est lancé. J’adopte une stratégie assez conservatrice, plutôt tight comme à mon habitude et préfère voir des flops pour pas cher. Je me retrouve dans un pot limpé à trois joueurs avec en position de SB et découvre un flop plutôt sympathique. Là, Medhi attaque le flop à 200. Ne connaissant pas du tout ce joueur, je décide de juste payer car je n’aime pas trop engager beaucoup de jetons sur ce genre de tirage contre un joueur imprévisible. La turn est magique, puisqu’elle me donne la couleur max. Je checke en espérant qu’il envoie une deuxième cartouche, mais malheureusement, il checke également. La river me pousse à tenter un value bet à 600 qui ne se fait pas payer. Dommage ! Après plusieurs coups où je continue d’adopter un style très tight, pendant le niveau 50-100, je décide de relancer du bouton à 250 avec . Je suis aussitôt surrelancé à 600 par Elie en SB. Là, j’hésite pas mal parce que c’est lui et que je sais qu’il peut vouloir m’embêter en me 3-bettant à chaque main décente. Je finis par folder, sans doute un peu weak, mais il me montre les as. J’ai l’information que je voulais. La prochaine, je 4-bet !!

Je perds quelques petits coups sur des c-bet qui ne passent pas, une fois avec AQ sur un flop J88 où je folde sur une relance. Je passe un bluff sympa sur Nicolas avec AK sur un baby flop puis je me retrouve une nouvelle fois contre Elie dans un pot que je vais très mal jouer. Sur des blindes 75-150, je relance du bouton avec à 300 payé par Elie en SB. Le flop tombe . Un flop pas si mal pour tenter un bet mais je décide de checker. Elie checke également. Sur la turn , je décide d’attaquer le coup à 500, pensant que je peux représenter l’as assez logiquement et maintenant fort d’un double-tirage quinte. Elie insta-call. Je ne suis pas très rassuré et espère vraiment toucher à la river. Le tombe à la river. Très mauvaise carte pour bluffer. Je regarde à nouveau mes cartes et découvre , remarquant donc que je venais de faire une erreur de débutant en lisant mal ma main. Je m’en veux à mort et tente un bluff désespéré à 600 qui ne passe pas, car je suis payé par . Je me refais le coup dans ma tête, et il est clair à ce moment-là que je le joue très différemment si je sais que j’ai deux cartes suitées. J’attaque forcément le flop avec cette main et évite ainsi de perdre beaucoup dans cette confrontation. Je prends un petit coup au moral, me dit que ça reflète un peu mon état d’esprit par rapport au Poker en ce moment. Lassitude, manque d’envie… du coup, l’imprécision domine et les erreurs s’accumulent.

Alors que la période de recave se termine, ces petits coups perdus ainsi que le mauvais coup contre Elie m’ont fait descendre à 3700. Je prends l’addon et me retrouve avec un stack un peu ridicule de 6700, très petit par rapport à certains qui sont déjà à 15000. Et encore, il semble que sur l’autre table, des gros stacks se soient également constitués.

Après une petite pause salvatrice agrémentée de cocktails et de macarons, nous prenons place pour la suite de la partie. Maintenant, plus le choix, il va falloir faire bouger les jetons et surtout essayer de gagner des pots. Je joue un coup assez intéressant contre Nicolas où j’effectue un call un peu difficile sur la river avec sur un board . Il se trouve que je joue contre et gagne un petit pot sympathique. Elie quant à lui continue de monter des jetons, élimine Soiliho et commence à prendre le pouvoir sur la table. Je me fais tout petit, attendant mon heure, pas très aidé par les cartes depuis le début du tournoi. Puis, je lui prends successivement deux pots, un où je calle de BB avec une agression de sa part à 750 UTG sur des blindes 150-300. Le flop tombe . Je checke, décidé à payer le continuation bet. Oh surprise, il checke également, ce qui me pousse à attaquer la turn, une doublette du 3. Il folde après une longue réflexion.

Bon, je ne gagne aucun gros coup, et continue à stagner aux alentours des 7000 quand je reçois en SB sur des blindes déjà énormes de 200-400. J’ai déjà moins de quinze blindes mais décide de compléter à 400 dans un pot à trois joueurs. Sur un flop , je décide de donk-bet à 500, espérant prendre le coup tout de suite. Elie semble embêté et call simplement. La turn arrive et me pousse à checker mon brelan de 5. Comme prévu, Elie mise alors, 850, que je décide de check-raiser à 2500, m’impliquant désormais complètement dans le coup puisqu’il ne me reste que 3200 derrière. Il paye. La river fait rentrer la couleur et également la quinte avec 68. Assurément pas une bonne carte. J’hésite vraiment à pousser mon tapis mais j’ai l’impression que je ne serais payé que par mieux. Surtout, j’éprouve de grandes difficultés à placer Elie sur une main. Du coup, d’une manière un peu curieuse, je checke, décidé tout de même à payer s’il push. Il checke également et abat . Je regrette forcément de ne pas avoir osé pousser mon tapis à la river, mais il m’avouera après qu’il aurait peut-être folder. J’avoue que je suis sceptique et je pense vraiment que j’ai perdu beaucoup de value en décidant de checker à la river.

Malheureusement, je reperds quasiment tous les jetons gagnés sur ce coup dès la main suivante que je joue contre Nico. Un coup un peu étrange, où je tente de voler les blindes avec A5, où je trouve un tirage flush qui ne rentre pas, un coup qui me fait perdre quasiment 3000. Faut dire qu’on était en short-handed et qu’il fallait absolument que je gagne quelques coups pour me maintenir à flots.

Nous ne sommes alors plus que 8 joueurs, après les éliminations successives de Nicolas le gambleur et de Medhi, nous nous retrouvons donc sur la grande table. C’est donc la table finale et je suis officiellement, et de loin, le short stack de la table avec 8000 alors que les blindes sont passées à 300/600. Pas beaucoup plus que 10 blindes, il va falloir s’engager ! Après avoir passé une orbite à folder toutes mes poubelles, je reçois finalement une main jouable en BB avec . Fred relance UTG à 2000 sur des blindes 400-800, payé uniquement par Claude au Cut-off. Je prends pas plus de cinq secondes pour envoyer mon tapis de 7500. Très longue réflexion de Fred qui finit par folder , sans doute persuadé que j’étais sur une paire plus grosse. Claude folde également et je prends plus de 5000 sur le coup. Un grand bol d’air pour mon tapis !

Arrive alors un coup déterminant. Une orbite plus tard, je suis à nouveau en BB et je reçois . Nico relance à 2000 sur des blindes 500-1000, payé à nouveau par Claude. J’hésite à envoyer mon tapis, mais estime que j’ai juste ce qu’il faut dans mon tapis pour setminer et opte donc pour un call. Et là, le flop apparaît : . Bingo ! Je dois absolument doubler sur ce coup. Il ne s’agit pas de prendre un petit pot, je veux tout ! Je décide de checker, sûr à 99% qu’un des deux joueurs va miser. Nico mise 3000, Claude folde et je décide de faire un move assez étrange en check-raisant à 7000, me laissant juste 1400 derrière. En gros, je fais ce move pour l’inciter à tout mettre, sachant que ce n’est pas un joueur très expérimenté et qu’il ne va pas analyser ce play comme une information « j’ai le brelan ». Mon piège marche exactement comme prévu et il me met à tapis avant d’abattre . Ma main tient et Nico se retrouve juste avec quelques jetons devant lui. One chip and a chair ! Il réussira pourtant à sauver sa peau à de maintes reprises et finira par atteindre les places payées, après plusieurs beaux coups de chance.

Je passe donc à plus de 20K grâce à ce coup, pas vraiment confortable par rapport à la taille des blindes, mais tout de même parmi les plus gros tapis à 6 joueurs restants. J’essaie de mettre un peu la pression en relançant successivement plusieurs mains avec succès puis me heurte une nouvelle fois à Elie sur un coup où je relance UTG à 3500 sur des blindes 800-1600 avec . Elie réfléchit et pousse son tapis de 30K. J’ai encore 20K et décide de passer. C’était une décision un peu difficile mais il y avait tellement de mains qui me dominent que je n’ai pu me décider à payer son tapis. Il m’avouera avoir , me rassurant complètement sur ma décision de folder.

On est encore six en jeu après la sortie de Florence et de Frédéric. Les blindes deviennent énormes (1500-3000) et mon tapis a pas mal fondu notamment après un coup mal joué de ma part contre Guillaume avec QJ sur un flop A66. Tombé à 4 blindes après ce coup, je découvre au bouton. Après un limp UTG et un min-raise de l’autre Nicolas, joueur pas très expérimenté, je décide de gambler avec ma pocket paire et de pousser mon tapis de 12000. A ma grande surprise, tout le monde folde, même Nicolas alors qu’il a engagé la moitié de son tapis. Je n’en reviens pas et accepte la livraison qui me fait à nouveau revenir dans la course. Les éliminations se succèdent alors, avec d’abord la sortie de Claude, puis celle de Guillaume après un call osé d’Elie, puis c’est au tour de Nicolas de buster après s’être laissé manger par les blindes.

Nous sommes alors ITM et je vais faire mon premier suckout du tournoi. On dit bien qu’il faut chatter pour gagner un tournoi ! On ne peut pas dire que Nico n’avait pas eu sa dose de chatte jusqu’à maintenant, passant très proche de l’élimination, notamment sur un coup all-in preflop où il a 55 et joue contre 66 et AK. Il trouve finalement une quinte et triple son tapis. Donc, sur des blindes 2000-4000, alors que je n’ai plus que 20000, Nico limp UTG et je décide de shove avec . Je suis payé par et trouve un 9 au flop. Je mets un gros coup à son tapis et il finit par buster 2ème, éliminé par Elie avec KK.

On se retrouve donc en heads up avec Elie, on se met d’accord sur un petit deal, pour atténuer l’écart de prix. Je suis pas très chaud pour disputer un coin flip à 80 euros, et même si les joueurs présents ont du mal à accepter cette décision, parce qu’ils voulaient « du sang ! », je pense que c’est plutôt logique avec des blindes aussi élevées qu’on essaie de lisser un peu le prize-pool. Après plusieurs coups sans grand intérêt, je relance à 12K avec , et Elie pousse son tapis. Je paye debout sur la table et suis bien devant son . Ma main tient et Elie à tombe à 1500 sur des blindes maintenant à 3000/6000 alors que pour ma part, j’ai dépassé les 80K. Par je ne sais quel miracle, Elie va doubler 4 fois de suite, et parvenir à revenir quasiment à égalité avec moi. Rien n’est jamais fini au Poker, et les double-up avec des blindes aussi élevées peuvent vite changer une situation idéale en cauchemar.

La main finale se déroulera aux blindes 3000-6000. je décide de min-raise avec , espérant attirer un Elie plutôt agressif dans le piège. Il décide de juste payer. On découvre un flop qui ne me réjouit pas des masses et qui me pousse à checker après le check d’Elie. Je n’ai aucune idée de la main qu’il peut avoir à ce moment-là. Aussi, quand il fait tapis sur la turn , je ne sais plus vraiment quoi faire. Mais je ne peux décemment pas folder. Sa mise n’a pas vraiment de sens avec un as et je sais qu’il peut se sentir fort avec une paire car on est en tête à tête. Ma main me semble quand même alors très forte et je décide donc de call. Good call puisqu’il montre un tirage flush avec en main. La river est une brique et je remporte donc ce tournoi.

Je suis très heureux de cette victoire qui a été acquise dans la douleur. Je n’ai pas très bien joué le début du tournoi, pas vraiment osé prendre de risques, ni tenté de moves ou de coups un peu tricky, mais j’ai eu le mérite de m’accrocher avec mon tapis oscillant entre 10 et 20 blindes jusqu’à la table finale où, vu la hauteur des blindes, tout était encore possible. Je tiens à féliciter Elie pour sa belle deuxième place et à remercier tout le monde pour cette belle partie très sympathique. Et encore un grand merci à Fred de nous accueillir aussi chaleureusement chez lui pour ces parties de poker endiablées.

Pour ceux qui ont eu le courage de lire ce compte-rendu, non, je ne vais pas replonger dans le Poker Online après cette belle victoire ! Je suis à nouveau déterminé à vivre de l’écriture, et si je parviens à éviter les bad beats, qui sait, j’arriverais peut-être à réaliser mon film sur le Poker…

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Deep Stack Moi Aussi

1 mars 2010 at 22:18 (Compte-Rendus)

En ce beau jour de février, la journée s’annonce longue : je dispute mon premier tournoi Deep Stack à Moissy. Tendu et excité par l’événement tant « médiatisé » sur ClubPoker, je pars donc direction la banlieue lointaine en compagnie de Williboy, Trogloelie et BastosWeb. Arrivé 40 minutes plus tard sur les lieux du crime, d’innocents joueurs évoquent déjà les derniers bad beats qu’ils ont reçu la veille sur Internet. Je ne connais pas grand monde hormis Elie avec qui je swap 20% (ça permettra au moins de sauver une partie du buy-in si l’un de nous deux perfe). Les autres sont pour l’instant des mystères. Dans la grande pièce où on nous accueille, des cartes de visite avec nos pseudos ont été posé à nos places respectives. Je cherche ma place et reconnais des noms connus du ClubPoker. En fait, je connais beaucoup d’entre eux d’après leurs posts sur le forum. Je mets petit à petit un visage sur ces pseudos mystérieux « Piepieff », « Rirou », « JayNissa »…  Je paye mon entrée et fait connaissance avec Gégé, l’organisateur, personnage sympathique qui respire l’amour du Poker.  Les cinq tables sont couvertes de tapis à l’effigie du tournoi et agrémentées par les caves de séduisants jetons également fabriqués exclusivement pour l’occasion. La structure du tournoi est vraiment très belle. 45K jetons pour commencer, Blindes 25-25 et augmentation toutes les 30 minutes. Un rêve de structure, bien loin des habituels tournois en cercle pour ce genre de buy-in. Normalement, on va pouvoir jouer et ne pas prendre des risques démesurés dès les premiers niveaux, et ça c’est plutôt une bonne nouvelle que de ne pas être condamné à jouer des coin flips pour survivre.

A 12H30, le tournoi commence et notre table se remplit au compte-goutte avec l’arrivée des retardataires. Je connais quelques pseudos des joueurs de ma table, mais ne sais pas du tout comment ils jouent. Il ne me faudra que quelques mains pour profiler mes adversaires. Clairement, le niveau de cette table est plus que correct, avec notamment deux membres de la Newteam, une jeune équipe composée de joueurs d’origine asiatique très talentueux fans inconditionnels d’Olive et Tom. On trouve également deux ou trois joueurs assez tight, (dont PoKR1, que je connais déjà),  une méga-serrure qui a vite été repérée comme telle, un gambleur un peu imprévisible (Piepieff), un joueur de live exclusivement (Juliano), un joueur dangereux (Rirou) situé juste à ma gauche. Je décide de participer au Last Longer proposé par Xmoon. Après tout, un surplus de motivation ne pouvait pas faire de mal, et puis, c’était la première fois que je participais à ce genre de « pari sur la performance ». Je sortais mon petit carnet pour noter les mains, mon petit porte-bonheur protège-cartes, mon Iphon en cas d’ennui à table. J’étais prêt. Le tournoi pouvait commencer.

Blindes 25/25 – Stack 45000 – Olive et Tom

Autant le dire, sur des blindes si petites, on peut se permettre de voir des flops. Ne connaissant pas encore les joueurs, je décide d’adopter une stratégie assez conservatrice, développant un jeu tight-agressif que je maîtrise maintenant. Je ne souhaite pas spécialement recevoir des grosses cartes dans les premiers niveaux, mais c’est pourtant le cas.

Dès la deuxième main, je reçois en MP. Deux limpeurs essaient de voir le flop gratuitement, Juliano à ma droite relance à 150. Fermement décidé à ne pas jouer passivement, je décide de surrelancer à 500 pour éviter également d’attirer d’autres joueurs dans le coup.  Il me paye. Sur un flop , il attaque directement à 1500. Je call juste espérant lui prendre un deuxième barrel. Turn Il checke. Je checke également, comme pour lui faire croire que le roi m’embête plus qu’autre chose. River . Il checke encore. Je tente un value-bet à 2200 qui ne passe pas. Il m’annoncera plus tard avoir Possible. En tout cas, je prends un petit pot sympathique pour commencer.

Quelques mains plus tard, je relance UTG+1 à 100 avec . Piepieff, en SB me raise à 350. Là, je me tâte longtemps avant de 4-bet à 1500. Je sais que je peux le perdre, mais en quelques mains, il m’a déjà prouvé qu’il était capable de faire des erreurs coûteuses. Je veux donc lui prendre le plus possible sur le coup, mais j’ai également un peu peur qu’il vienne chercher un flop avantageux pour pas cher. Quoiqu’il en soit, ce 4-bet le fait fuir, et je le regrette quelques secondes plus tard, me disant que j’aurais peut-être du risquer de jouer le coup post-flop. C’est sans doute une de mes leaks que je n’ai pas encore réussi à améliorer en cash game, prendre des risques avec les as peut rapporter beaucoup, je le sais bien, mais j’ai du mal à essayer cette manière de les jouer.

Un peu plus tard, intervient un coup contre Baolino, un des membres de la Newteam, un bon joueur qui aimerait bien pouvoir gagner tous les coups et qui rentre dans énormément de pots. Je décide de suivre une de ses relances à 125 en position avec . Le flop se dévoile. . Il c-bet à 225. Je décide de just caller, fidèle à ma stratégie small-ball de début de tournoi. La turn est le et il place un deuxième barrel à 525. Je le vois encore sur deux cartes hautes et décide de juste payer à nouveau. Je peux relancer mais j’estime qu’il est probable qu’il continue encore son bluff à la river. River . Une carte assez dangereuse qui le fait tapoter la table. J’estime qu’il n’y a pas de value à prendre et check behind. Ma paire de valets gagne, il était effectivement en bluff.

Je vole également quelques blindes, en misant ou surrelançant les limpers, sans jamais montrer mon jeu, et commence à me forger une image de joueur un peu foufou, ce qui est bien loin de l’image de nit que je véhicule habituellement.

Blindes 25-50 – Stack 48000 – Piepieff le Marseillais

Je continue à recevoir des mains, peut-être trop pour mes adversaires qui commencent à me soupçonner de jouer loose (quelle injure pour une serrure comme moi !). Je reçois UTG+2 et décide de relancer à 150,  payé uniquement par Baolino au bouton. Le flop tombe . Un beau flop pour faire un continuation bet à 225. Call de Bao qui ne me croît pas. Turn , et j’envoie une deuxième cartouche à 625, le faisant folder après pas mal d’acting. Passablement énervé par quelques coups perdus, il essayait de voir le plus de flops possibles pour « se refaire » et ne tardera pas à disputer un pot intéressant contre Piepieff. A la suite d’une série de relance et surrelance, Piepeff réclame son tapis alors que Bao avait 4-bet à 3500. Très longue réflexion de Bao qui finit par folder face up . Beau fold puisque Piepieff montre !!  En soi, ce fold est presque logique, vu la profondeur des tapis mais il disputait ce coup contre le seul joueur de la table pouvant tenter un « gros move » comme ça.

Je gagne encore quelques coups sans showdown, avec des mains décentes. JT, AK, 89, soit preflop soit sur des c-bets. La table est en mode tight. Viet, un joueur qui a l’air de savoir ce qu’il fait, remarque que je gagne beaucoup de coups sans showdown et aimerait bien en disputer un contre moi, juste pour savoir avec quoi je joue et glaner quelques infos. Si tu passes par là, Viet, tu les auras, tes infos !!

Blindes 50-100 – Stack 50000 – Viet la prudence

Arrive enfin le coup tant attendu contre Viet. Bao relance comme une fois sur deux à 400. Viet le surrelance à 2000. Je suis en SB et découvre . Je suis dans une situation que j’aime pas beaucoup. Parfois, ça m’arrive même de fold dans ces cas-là, tellement j’aime pas être hors position avec AK lors de gros pots. J’ai décidé de ne pas être tight-weak aujourd’hui, et si je ne joue pas avec AK, avec quoi je vais pousser les jetons ? Choisissant l’opposé, je décide de 4-bet à 6000, représentant beaucoup de force, même si mon image n’est pas vraiment celle d’une serrure. Bao folde et Viet réfléchit assez longuement, c’est sûr il a une main mais il est bien emmerdé avec mon 4-bet. Il décide finalement de folder face up . Je ne montre pas, parce que ce n’est pas dans mes habitudes et je préfère que mes cartes restent un mystère à ce moment.

Je gagne plusieurs coups contre Viet et Bao, dont un avec sur un flop où je profite de leur faiblesse pour arracher le coup en position au flop. Ce coup me vaut pas mal de commentaires de la part de Viet qui se retenait de tenter des moves élaborés contre moi, ne sachant pas vraiment où me situer, hésitant entre le fish et le bon joueur, et qui du coup attendait de toucher pour m’affronter.

Blindes 100-200 – Stack 55000 – Emro le danger

Ce niveau commence très fort dès que je soulève mes deux cartes. J’ai et j’en reviens pas encore de toucher autant de jeu. Même si je préfère toucher de belles mains à la fin du tournoi, ces cow-boys m’apparaissent bien séduisants, surtout au flop où, après une relance au Hi-Jack payée deux fois, je découvre . Persuadé qu’un des payeurs était sur l’as, et surtout conscient de l’image que j’ai à ce moment-là, je suis certain qu’une mise va entraîner une relance. Malheureusement, les deux joueurs foldent sur ma mise de continuation de 1000. Tant pis, je prends quand même ce pot pour continuer à monter mon stack avec régularité.

Arrive alors un coup un peu bizarre contre Emro, un joueur qui m’a semblé très tight jusqu’à maintenant. Il limpe UTG+1 à 200. Deux autres limpeurs et je retourne , je décide de relancer à 1000 comme j’ai fait plusieurs fois avant pour « punir » les limpeurs. Et là, pour la première fois, je me fais revenir dessus à 4000. Les limpeurs foldent, et je ne sais vraiment pas quoi faire. J’hésite entre deux choses : soit il pense que je vole parce que j’ai fait ça plusieurs fois auparavant, soit il a les as. Pas vraiment décidé à voir un flop, et conscient du danger si je touche seulement une paire, je décide de folder à regrets ma main.

Une autre main étrange intervient peu après. Je suis de SB et décide de compléter avec . On est six à voir le flop . Je checke, espérant qu’un des six a trouvé quelque chose et mise. Mais tout le monde checke et la turn annihile tous mes espoirs. Le rend possible la quinte avec juste le valet, autant dire que sur six joueurs, c’est fort probable. Je checke et encore une fois tout le monde checke. Un peu désarçonné, mais convaincu de ne gagner que si un magique 9 ou 10 tombe à la river, je checke encore quand sort le . Et là, finalement, deux joueurs vont partager avec la quinte dont Piepieff avec . Je n’ai pas trop compris sa manière de joueur la main, et je me demande encore ce que j’aurais du faire au flop, s’il existait une manière de gagner le coup. Mais avec les valets et un tirage open-ended, c’est évident qu’il aurait suivi toute mise. Je m’en sors pas si mal sur le coup, ayant préservé mon tapis à force de précautions.

Blindes 200-400 – Stack 53500 – PoKR1 in love with Anna Kournikova

Après une relance de Piepeff UTG+2 à 1200, je trouve au Hi-Jack et décide de surrelancer une nouvelle fois à 5000, continuant de ne pas slowplayer mes grosses mains. Il me paye. Il checke le flop . Je suis sûr qu’il n’a pas touché et, après son check, je décide de cbet ce flop à 1/2 pot pour ne pas le laisser toucher un A ou un K probable dans sa range, et espérant qu’il me relance avec une petite paire. Malheureusement, il folde après une longue réflexion. Je ne sais pas trop ce qu’il couche là, peut-être une paire de 5 ou de 6. Ce coup gonfle mon stack et me donne le plein de confiance.

Sans avoir une réelle avance, je fais partie des gros tapis de la table, ce qui me fait commettre une erreur tout de suite après. Après 4 limpeurs, je décide de payer au bouton avec , sans doute un peu frustré de voir plusieurs flops favorables alors que j’avais couché mes mains et également confiant sur mon jeu post-flop. Ce flop se dévoile. . PoKR1 situé UTG, attaque ce flop à 1100. Ca folde jusqu’à moi. Bon, là, en tant que limpeur, il peut avoir n’importe quoi. Il a limpé UTG, et je décide de juste payer avec mon tirage coeur. Je le sais un peu en tilt après avoir perdu plusieurs gros coups avec des mains décentes (dont un coup bizarre où il 4-bet/fold avec AK). Je décide donc de juste payer car il possède un petit tapis de 20000 et je ne veux pas qu’il m’envoie la boîte. La turn est une belle carte pour ma main, le  qui me donne cette fois double tirage quinte également. Là, il place une deuxième cartouche à 3500. Je peux relancer, mais je ne vois aucune fold equity dans mon move, sachant qu’il a déjà probablement brelan ou deux paires. Je vois également la possibilité qu’il ait AK, même si le limp UTG me semble étrange avec cette main. Quoiqu’il en soit, je paye, bien décidé à trouver un de mes 15 outs à la river.  Malheureusement, c’est le  qui arrive. Après un temps de réflexion, je me dis que je ne peux pas check/fold et que je dois tenter de m’emparer de ce pot. Il lui reste 15K et la meilleure option me semble être de placer une mise qui ressemble à un value bet cherchant à se faire payer. Je mise donc 6350 et provoque chez Erwan une intense réflexion qui me fait comprendre qu’il a AK. C’est juste le genre de mains que je peux à mon avis faire folder. Malheureusement, sans doute frustré par tous les coups précédents perdus et lucide sur ma line, il effectue un bon call et retourne en effet . J’estime avoir joué le coup qu’il fallait pour tenter de gagner ce pot à la river, même si j’aurais pu balancer aussi tapis en overbet, ce qui m’a effleuré l’esprit mais semblait bien moins approprié. Bravo à PoKR1 pour ce call. La bonne nouvelle c’est que j’ai muck ma main et que personne n’a vu que j’étais rentré avec T6. La mauvaise, c’est que je viens de perdre plus de 10K sur ce coup. Il va falloir repartir au combat !!

Blindes 300-600 – Stack 42000 – Tapis fondant

Ce coup contre PoKR1 me fait pas mal gamberger même si mon tapis reste plus que confortable. Les antes n’ont pas encore pointé le bout de leur nez et j’essaie de continuer à jouer plutôt tight. Je ne vois pas grand chose pendant ce niveau si ce n’est une paire de 77 que je joue contre mon voisin de gauche Rirou. Je perds 4500 sur ce coup en essayant de voler le pot sur Q95. Il me paye et donk la turn 5. Je folde sans hésitation, parce qu’il a vraiment un profil de joueur serré.  Je commence à perdre pas mal de coups, investis quelques jetons en limpant, mais ne parvient pas à prendre un coup pendant le niveau.

Blindes 300-600 Antes 50 – Stack 36000 – Borderline Rirou

Alors que les antes font leur apparition, je décide de relancer au cut-off à 2000 avec . Rirou me paye au bouton. Le flop arrive . Un bon flop pour faire un continuation bet, mais bien sûr, je ne le fais pas parce que la confiance est au plus bas et que je ne souhaite pas perdre encore un coût couteux. Je checke et il checke derrière. La turn arrive. Un autre . J’attaque alors la turn à 3000 me disant que je vais lui faire folder toutes ses petites paires et sans doute KQ, peut-être également ses Ax. A mon grand étonnement, il call ma mise. je ne sais pas vraiment où le situer, peut-être le 9. Sur la river, le , à priori une brique, je checke, décidé à payer si Rirou tente de me bluffer. Et là, il met 1500, dans un pot qui avoisine les 10K, soit un blocking bet avec un 9 soit un bluff de fish. Je ne comprends rien à cette mise et décide de payer, fidèle à ma décision prise à la turn d’être devant. Je call et il abat pour un full touché à la river. Je n’en reviens pas de ce coup, m’étonne vraiment de la line adoptée par Rirou, je suis vraiment dégoûté qu’il touche sa carte miraculeuse à la river et surtout j’ai du mal à comprendre sa stratégie sur cette main. Si tu passes par là, Rirou, explique moi un peu ton raisonnement. Quoiqu’il en soit, ce coup me mine vraiment le moral. Je vois également mon pote Trogloelie buster avec full vs carré, et commence à traverser un véritable désert de cartes, lui demandant presque de m’attendre pour que je ne rentre pas tout seul vers Paris, la queue entre les jambes comme un malheureux.

Blindes 400-800 Antes 50 – Stack 23000 – Card Dead Like Me

Le désert. Pas d’oasis à l’horizon. Je ne vois plus aucune main, sans doute puni d’avoir touché autant de gros jeux dans les premiers niveaux. J’aurais bien aimé inverser cette tendance, recevoir à ce moment-là des paires servies ou autres big slick, mais rien, le néant. J’essaie néanmoins de voir quelques flops, mais je vois mon stack diminuer comme peau de chagrin. Je descends sous les 20K et commence à me dire pour la première fois que je vais push à la moindre occasion, un peu en tilt et ne prenant plus spécialement de plaisir à jouer. J’adopte une stratégie inhabituelle pour moi afin de me calmer, la musique, préférant m’isoler et ne pas écouter les commentaires des autres joueurs. La musique commence et je décide alors de m’accrocher. Je ne suis pas là pour abandonner. Même si je suis entouré de bons joueurs, je connais mon niveau et je n’ai pas à angoisser sur mes capacités.

Blindes 500-1000 Antes 100 – Stack 18500 – Le retour des flèches d’argent

La main juste avant que notre table casse, je suis engagé dans le coup qui va soudainement me remonter le moral. Je découvre une nouvelle fois et vérifie bien deux fois ma main. Mon iPhone me crie de gagner ce coup. Ma chanson du moment me pousse à trouver la meilleure méthode pour doubler mon tapis avec cette main. The Xx sifflent à mon oreille leur complainte épurée, le rythme m’accompagne pour effectuer ma relance à 3000, payée uniquement par la serrure de la table. Je suis plutôt en confiance. Il ne joue que des mains qui seront bien désavantagées par rapport à mes as. Le flop arrive. !! Divin ! Je remarque un tell chez lui me montrant que ce flop lui plaît au moins autant qu’à moi. S’il savait !! Je mise petit : 3000, espérant le voir relancer. Ca ne manque pas, il met 15000, me poussant à tapis. Je paye debout sur la table. Il abat rapidement, persuadé d’avoir la main gagnante. J’abat rapidement mes flèches, et double à 40K, sans souffrir. Je me remobilise. Le tournoi n’est pas fini. Je suis de retour.

Blindes 600-1200 Antes 100 – Stack 40000 – Table de Oufs !!

Je rejoins donc une nouvelle table, où je ne connais que Bastos et Verdojos. Cette table est très différente de la précédente, beaucoup plus loose, avec notamment Bastos qui met l’ambiance à base de all ins récurrents. A ce moment, je me dis vraiment qu’il ne va pas tenir longtemps. Il fait des moves vraiment borderline mais a une sorte d’ange gardien qui l’accompagne, l’ange de Moissy qui le suit paraît-il depuis très longtemps. Je ne dispute pas vraiment de coups importants à cette table, hormis un petit coup joué avec que je gagne sur un baby flop en effectuant un continuation bet respecté. J’assiste à plusieurs coin flips et commence à comprendre que je vais bientôt devoir pousser mes jetons au milieu et prier pour que les coin flips passent.

Blindes 1200-2400 Antes 200 – Stack 50000 – Dathuy le respectable

Pas le temps d’apprécier cette table, je suis à nouveau déplacé pour rejoindre une table en compagnie de Tounsi et Dathuy qui ont tous deux des gros tapis et qui me semblent très forts. Je vais disputer quasiment tous mes coups à cette table contre Dathuy. J’en espérais pas tant, le considérant comme l’un des plus dangereux. Mais, successivement, j’ai joué de nombreux coups contre mes voisins de gauche, et je constate d’ailleurs que j’ai perdu pas mal de coups en combat de blindes, d’abord contre Rirou, puis contre Dathuy et enfin contre Bastos en table finale. Mais revenons à cette table. Le premier coup que je joue contre Dathuy, je suis de SB avec . Je décide de tenter de voler sa blinde. Ne connaissant pas trop le jeu avec antes (à l’époque où je jouais des MTTs sur Ongame, les antes n’étaient pas encore là et Guignol se faisait constamment chambrer à ce sujet !), j’estime qu’il me faut gagner un coup par orbite. Je constate également l’étendue des dégâts sur mon stack provoqués par ces maudites antes. Comprenant mon manège, Dathuy ne se laisse pas faire et paie ma relance à 5000. Le flop se dévoile et même si je pense qu’il a pas mal touché la range de Dathuy, je décide d’effectuer un c-bet à 7000. Dathuy ne se démonte pas et m’envoie 20000. Avec mon tapis ridicule, je n’ai quasiment aucune chance de le faire folder et ce serait du suicide que de m’aventurer dans un 4-bet donc je folde, bien dégoûté d’avoir investi autant avec cette poubelle. J’aurais dû m’en souvenir, je ferais la même erreur un peu plus tard.

Blindes 1500-3000 Antes 300 – Stack 25000 – Zone Rouge

Bien amoindri par ce coup perdu et par un nouveau désert de cartes synonymes de grignotages de tapis par les antes, je décide de me replonger dans la musique. Je ne suis pas superstitieux, mais je remets le même groupe, et sur la même chanson, « Crystalised » de The Xx, je prends mon courage à deux mains et décide de pousser mes 7BB restantes avec au cut-off. Je suis payé dans la seconde par Dathuy qui abat . Curieusement, je suis plutôt calme et surtout heureux d’être tombé contre cette main. Finalement, j’ai deux cartes vivantes, je n’en demandait pas tant ! L’apparition du  au flop me rassure, l’ à la turn ne m’émeut pas plus que ça. Je ne sais pas pourquoi, je suis étrangement calme, persuadé que je ne peux pas sortir sur cette main. La river m’amène le libérateur qui m’était promis et je double à 50K. Pas de quoi jubiler, mais tout est encore possible !

Blindes 2000-4000 Antes 500 – Stack 45000 – Combat de Flushs

C’est alors que je dispute sans doute le coup le plus intéressant de mon tournoi, encore une fois contre Dathuy. Je suis de BB à 4000. Il limpe UTG et tout le monde folde, sans doute effrayés par cette mise inhabituelle de Dathuy. Je suis relativement content de découvrir un flop gratuitement. Ca devient rare avec la taille actuelle des blindes. J’ai . Le flop arrive . Un beau flop que je décide de checker, bien décidé à check-raiser fort Dathuy avec mon tirage carreau. Il checke behind. La turn est belle pour moi car elle me donne maintenant la quinte en plus de mon flush draw presque max. J’attaque alors à 7000. Dathuy me paye un peu à reculons, embêté par ma mise et cherchant probablement sa couleur. La river tombe, le . Et là, considérant la taille de mon tapis, je me demande vraiment quoi faire. Je veux le pousser à me bluffer puisque je suis persuadé qu’il ne va pas abandonner le coup, mais je me méfie cependant de l’as de carreau. Et là, il avance 15000 au milieu, serein. je l’observe pendant de longues minutes, jusqu’à ce qu’un joueur demande le time. J’essaie de questionner Dathuy qui reste de marbre. Je fais mon Daniel Negreanu en cherchant à savoir s’il a limpé les as. En fait, à ce moment, je suis vraiment sûr à 90% qu’il a les as avec l’. Il adopte vraiment une belle Poker Face et j’opte finalement pour un call, pourtant sûr de moi mais ne pouvant me résigner à passer la deuxième flush. Comme convenu, il abat la flush max avec les as, je mucke en lui annonçant que je mucke la deuxième flush et perds un très gros pot par rapport à mon tapis. Cependant, même si j’ai peut-être mal joué le coup, je ne suis pas anéanti par ce mauvais coup. Je deviens très short stack avec juste 4 blindes que j’engage avec sur un raise du bouton, un joueur assez large qui ne choisit pas très bien ses spots. Il me paye avec et je double mon tapis pour repasser à un peu moins de 50K, toujours pas sorti de la zone dangereuse, mais avec encore un peu d’espoir en mes chances, d’autant qu’on n’est plus que 19 restants.

Blindes 4000-8000 Antes 1000 – Stack 42000 – Push or Fold ?

Je rejoins donc une nouvelle table et passe quelques mains à folder par manque de munitions. J’apprends alors que je fais partie des trois restants du last longer et accepte un deal où l’on partage les gains. J’ai d’ores et déjà remboursé mon inscription. Un peu soulagé par cette nouvelle, je décide qu’il est grand temps de s’activer et de voler des blindes et antes pour se constituer un tapis pour la table finale. Je vole pas mal de coups preflop en adoptant une stratégie basique de SnG, push or fold. J’ouvre à tapis avec des mains légitimes comme AT, KQ ou JT. Après un tapis en MP avec 55 qui passe, je reçois et décide de shove encore une fois. Visiblement énervé et décidé à tenter un coin flip, je suis payé par (par un joueur dont je ne connais pas le pseudo). La cote semble attirer Dou Geger  mais heureusement il folde son A9. Mes valets tiennent et me voilà pour la première fois au-dessus de la barre des 100K.

Blindes 5000-10000 Antes 1500 – Stack 110000 – Bubble Time

La table finale se rapproche. Les éliminations se succèdent. Courageusement, je décide d’agresser cette bulle. Je n’ai pas forcément les jetons pour, mais je profite de situations idéales pour voler blindes et antes pendant que l’autre table se vide de ses joueurs. Avec des mains très moyennes comme K2, T7 ou 22, je prends quelques coups pour me maintenir à flots. Je ne souffre pas de la bulle puisque le main par main ne dure pas très longtemps. Seb73 se charge d’être le bubble boy. Il racontera peut-être sa sortie dans une prochaine vidéo pour le CP, allez savoir ! En tout cas, il sort avec KT face à AA, en combat de blindes, un coup inévitable à ce moment du tournoi.

Blindes 6000-12000 Antes 1500 – Stack 160000 – Table Finale One Time !

Bienvenue à la table finale. Je suis super heureux de faire partie des heureux élus de la table finale pour mon premier Moissy. Je n’ai pas forcément beaucoup chatté, je me suis accroché du mieux que j’ai pu. J’ai été solide et patient, j’ai sans doute mal joué quelques coups, mais j’espère ne pas avoir été trop weak, ce qui est tout de même mon principal défaut en tournoi multitables. Le jeu se resserre en ce début de table finale. Personne ne souhaite sortir. Hormis la première main de la TF, où je prends blindes et antes avec , je suis card dead et ne peut qu’observer les joueurs. On trouve dans l’ordre des positions à la table JPP, Bastosweb, Tawpaipai, Rirou, Tounsi, Dathuy, Catlover, Toto, Davidm et moi. En terme de stack, il est clair que Bastos est loin devant, on compte quelques gros tapis et deux ou trois short stack, dont je fais partie, d’autant que je me fais méchamment manger par les antes.

Blindes 8000-16000 Antes 2000 – Stack 120000 – Sorry Tawpaipai

Après la sortie de JPP, je me retrouve officiellement short stack de la table et décide de push mes 120K en MP avec . J’ai moins de 10BB et il y a déjà plus de 40K au milieu que je suis obligé de tenter de prendre. Malheureusement, je suis payé par Tawpaipai qui est loin devant avec. Comme je suis un gros chattard, je fais quinte après avoir bien eu peur de sortir en voyant le comme première carte du flop. Ce coup me propulse à 300K, précisément à la moyenne. Peut-on aller loin dans un tournoi sans être chanceux sur un coup ? Peut-être, mais que celui qui n’a jamais mis de suckout me jette la première pierre ! Quoiqu’il en soit, ce coup chanceux me permet d’attendre et de voir venir. Un peu d’air dans cette fin de tournoi difficile où, malgré la beauté de la structure, cela devenait dur de résister à l’acharnement des antes. Au lieu de me calmer, ce niveau m’a vu spew mes chips contre Bastos, encore une fois en bataille de blindes. Je m’étais pourtant juré de jouer armé contre lui, le considérant vraiment comme dangereux et surtout imprévisible. Je perds quasiment 150K en deux coups contre lui et me retrouve donc à nouveau short alors que les blindes vont une nouvelle fois augmenter.

Blindes 10000-20000 Antes 2000 – Stack 135000 – Le Push de trop contre Bastos

Après la sortie de Tawpaipai, mais également de Dathuy, victime de l’inévitable Bastos, je réussis à voler un ou deux coups pour me maintenir à flots, puis je décide d’envoyer mes 6BB à la moindre main décente. UTG, je reçois et décide que c’est un push automatique. C’est le genre de main où on y va à reculons, mais où si on n’y va pas, on regrettera toujours de ne pas avoir osé après avoir été dévoré par la structure. J’entends instantanément tapis derrière moi et comprends très vite qu’il va me falloir chatter. Et devinez qui a trouvé une grosse main ? Bastos, évidemment !! Il dévoile , et après un flop sans trop de suspense, je sors 7ème, un peu déçu mais très heureux d’avoir été aussi loin. La suite de la TF verra la domination écrasante de Bastos, considérablement aidé par son monstrueux tapis, qui sortira un à un quasiment tous les joueurs restants.
Je tiens à féliciter tous les joueurs de la Table Finale, et également ceux que j’ai pu croiser aux tables (notamment les petits gars de la Newteam !), mais surtout un grand merci à Gégé pour l’organisation et à JP pour l’accueil, les petits fours et le dessert glacé, et un spécial big-up à Catlover pour la visite de l’A86 en compagnie du vainqueur.

Ce fut un tournoi magnifique, mené de main de maître, avec une structure vraiment incroyable et des joueurs de très bon niveau. J’espère ne pas vous avoir trop saoulé avec ce compte-rendu qui je l’espère n’est pas trop indigeste. Je vous assure que la prochaine fois, si je suis encore le bienvenu, j’essaierais de perdre plus vite et vous épargnerais donc le détails de tous mes coups de Poker. Si des joueurs ont envie de commenter certaines de mes actions, n’hésitez pas. Je sais que Viet le fera, et j’attends avec impatience son analyse sur les premières mains du tournoi. A bientôt et GL aux tables, qu’elles soient online ou live.

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Cash Live at Buvard

23 février 2010 at 15:36 (Compte-Rendus)

De retour dans ma ville natale, j’en profite pour revoir un vieux pote à moi, avec qui je jouais au tennis pendant mon enfance. Et rien de tel qu’une table de Poker pour des retrouvailles ! Je me retrouve donc dans la vieille ville dans laquelle je venais frapper la petite balle jaune quand j’avais 15 ans pour y disputer une partie de cash game endiablée en NL20 dans un petit bar. Ce n’est que ma troisième expérience de cash game live. Je ne sais pas trop comment aborder cette « session ». En soi, 20 euros ne représente pas grand chose pour ma bankroll mais les perdre me semblerait honteux, d’autant que mon pote m’a prévenu du niveau extrêmement faible de la partie.

Je m’aperçois très vite qu’il ne m’a pas trompé sur la marchandise. Le bar devrait changer de nom lors de ces parties de Poker en après-midi pour s’appeler l’aquarium tant l’endroit regorge de fishs. Je me rends compte avec étonnement que beaucoup de gens jouent uniquement pour le plaisir, voire pour le plaisir de perdre. J’avoue ne pas vraiment comprendre mais bon, ça me va. La difficulté de ce type de parties est de trouver la stratégie à adopter contre ce type de joueurs. Connaissent-ils les standards de relance du net ? Vont-ils caller quelque soit le montant ? Doit-on les pousser à tapis avec des mains borderline ?

La première main que je reçois me fait déjà trembler. Je raise 3BB et n’obtiens que deux payeurs. Ouf ! Je m’attendais à voir toute la table participer, mais peut-être ne veulent-ils pas trop s’engager sur la première main de la partie ? Quoiqu’il en soit, je découvre un superbe flop et effectue mon c-bet. Fold fold. Bon, ok, je prends.

Quelques mains plus tard, alors que j’ai déjà vu des coups étranges, je reçois en BB. Trois limpeurs rentrent dans le coup et j’en profite pour checker. Flop . Bingo. Je me dis qu’il faut que je tire beaucoup de value de ma main et qu’avec ces joueurs, ce sera facile. Je donk-bet à 1. C’est payé. Turn . Dommage pour ma main, mais je peux tout de même continuer à value. Je mets 3,5. Encore payé. Bon, il a peut-être la quinte, mais je dois continuer à value car ce joueur ne mise jamais tout seul. River brique et je met 10 euros. Il paye. On partage, il avait et a également fait la quinte, mais à la turn. Un peu déçu, je repars au combat.

Arrive alors mon premier coup malheureux, que je joue contre celui que mon pote m’a présenté comme le super fish, celui qu’on attend en vain sur toutes nos tables, qui va caller jusqu’au bout avec bottom pair, tenter tous ses tirages, envoyer du très lourd avec les nuts. Mais je mets fin au suspense tout de suite. Je vais perdre le coup. Un mec en MP raise à 0,4 payé par SuperFish au cut-off et donc par moi au bouton avec . Flop . Flop pas si mal mais avec quatre joueurs dans le coup, je vais jouer la prudence, d’autant que le MP bet 2. SuperFish call 2, et c’est là, où je fais peut-être une erreur en callant juste. En fait, je me vois pas si bien avec cette dame, notamment par rapport au raiseur initial, qui semble assez décidé à aller jusqu’au bout. Donc, je call juste, préférant aviser sur la turn. Turn magique, le . Le raiseur initial bet 5, et là ça se corse car notre SuperFish raise à 15. Autant dire que je joue mon tapis là. Le raiseur initial montre des signes d’énervement, j’en conclus qu’il va probablement se coucher, et même si l’espace d’un moment, je pense à la quinte, je pense que je ne peux pas folder cette Double Paire contre lui. Donc, je fais tapis pour 16 et des brouettes et il me paye avec un grand sourire en demandant combien il va gagner sur le coup. J’en conclus qu’il a la quinte et m’avoue vaincu, bien dégoûté. Pas de full miraculeux à la river et me voilà donc en train de recaver. Ok, je suis le requin de la table, enfin, je le crois, et me voilà soulagé de 20 euros. Ca commence mal.

Je reçois alors quelques mains plus tard UTG+1. UTG call, je relance à 1,20. Nemangly (un fish anglais venu craquer ses 100 euros sans comprendre pourquoi) me suit. Seul caller. Flop . J’attaque à 3. Call. Of course, sir. Turn Je bet 10 il folde. J’aurais du le laisser bluffer je pense, il a montré tellement de jeux faibles que je me suis dit qu’il suivrait n’importe quelle relance. Il devait vraisemblablement avoir une poubelle là.

Un peu plus tard, je reçois et décide de le jouer après deux ou trois limpers. j’opte également pour un limp ne souhaitant pas faire grossir le pot contre des fous furieux. Flop . Hors position, je fais 0,6 dans 1. Call par un joueur qui sait à peu près ce qu’il fait. Turn , je bet 1, 20, il call. River . Ne sachant plus trop quoi faire, je checke. Mauvaise idée puisqu’il bet 5. J’hésite longtemps, me demandant ce que je bat, et comme c’est un joueur plutôt sérieux, j’en viens à la conclusion que je suis battu. Je folde, un peu à regrets.

S’ensuit un coup un peu étrange contre le même joueur. Quatre limpeurs puis la BB décide de calmer tout le monde en mettant 1,20. Les quatre payent, et moi également avec . Flop . Pas si mal, mais encore un coup dur à jouer à mon avis. La BB checke, le bon joueur met 2. Je paye, ne sachant pas du tout sur quoi le mettre. Turn . Là, il bet 5, et comme il n’a pas beaucoup plus, je décide de le mettre à tapis, me voyant largement devant tout de même. Il me paye, presque mourant, avec (slowroll ?). Je montre piteusement ma main, et prie pour un split, qui arrive heureusement avec le à la river. Je m’excuse mais bon, c’est le digne retour du premier coup avec la quinte floppée qui se transforme en split.

J’essaie de rentrer dans quelques coups pas cher, mais j’ai du mal joué avec ces joueurs qui font un peu n’importe quoi. Ca s’envoie en l’air avec bottom pair ou gutshot. Assez flippant, je tente de voir un flop avec mais est tout de suite stoppé par mon pote qui met 2,5. Trois payeurs, et je fold. Flop . Turn . Et bien sûr, ça s’emballe avec des jeux ridicules jusqu’à atteindre un pot de 100 euros !! J’ai appris depuis bien longtemps à ne pas regretter de fold preflop, mais là, je suis un peu dégoûté par la tournure de la main. La décision aurait été difficile au flop, parce qu’un mec a bet 8 euros avec tirage flush. Qu’aurais-je fait ? Call avec 25 derrière ? Moyen. Shove ? Bien risqué. Bon, je me suis épargné un sacré mal de tête.

Le dernier coup que j’ai joué sera sans doute celui où je me pose le plus de questions quand à ma manière de m’adapter au jeu de mes adversaires. J’ai joué cette main comme je l’aurais joué en NL100 sur le net, mais après coup, j’aurais du reconsidérer la situation. J’ai au cut-off et raise à 0,8. Payé par Nemangly en BB. Flop .  Il donk-bet 1,5. Je me contente de payer. Turn . Il checke, je bet 2,5. Il me paye. River , et là, il reprend les commandes en misant 5. Là, la vraie question, c’est est-ce que je peux raise ? Clairement j’ai du mal à évaluer la main de ce joueur, parce qu’il peut très bien avoir un 7 mais également la quinte. Donc, je décide de juste call avec mon brelan. Il abat pour un bluff bien pourri. Bon, je n’aurais sans doute pas pu extraire de l’argent en plus, mais je regrettais quand même bien de ne pas avoir oser m’engager.

Globalement, cette partie de cash game où je repars avec 40, donc, juste remboursé, me laisse un goût amer. Je n’ai pas vraiment fait d’erreurs énormes, hormis peut-être avec mon QJ sur J54J, mais j’ai surtout eu du mal à remettre en question mon jeu tight-agressif du net et à adopter une stratégie gagnante à Fishland.

Le poker est pourtant un jeu où il faut savoir s’adapter, un peu comme le cinéma, finalement.

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FKPT 5 février

7 février 2010 at 20:07 (Compte-Rendus)

Previously on FKPT

Quinze jours plus tôt, Nicolas gagnait son deuxième tournoi de suite, en écrasant totalement la partie. Sa vie n’a pas changé pour autant, même s’il a pu « vivre du poker » pendant le reste du mois. Mais aujourd’hui, un peu fauché, il a besoin d’une nouvelle victoire. Seulement, de sérieux concurrents n’ont pas accepté cette nette domination et sont aujourd’hui fermement décidés à mettre fin à ce rush improbable !

Episode 10 : la revanche de Guillaume

Il y a seulement quinze jours, Frédéric nous accueillait pour jouer jusqu’au bout de la nuit. Notre hôte allait-il cette fois remporter une première victoire ? Guillaume allait-il enfin élargir son jeu ? Victor allait-il encore infligé un bad beat à un célèbre joueur de badminton ? Axelle pouvait-elle rééditer son exploit ? Tyler allait-il nous gratifier d’un de ses fameux tours de magie ? Nicolas pouvait-il rééditer l’exploit ?

Pour ma deuxième par