Cinéma 3 – 1 Poker

9 mars 2010 at 19:58 (Le Match)

Cela va sans doute avoir un goût de redite pour les anciens lecteurs de ce blog, mais je vous annonce que j’ai à nouveau décidé d’arrêter le Poker.

Je ne dis pas que c’est forcément définitif, mais le Poker Online ne m’apporte plus de plaisir, et je n’ai plus la force de jouer dans l’unique but de gagner de l’argent. Je rêve de cinéma depuis toujours, ce n’est pas un jeu de cartes qui va m’empêcher de faire des films et de réaliser mes rêves. Depuis trois mois, je ne suis que légèrement gagnant sur les tables, essentiellement grâce au rakeback, et je connais précisément les raisons de cette stagnation voire régression de mon jeu : la perte de désir. Désir de joueur, désir de combattre, désir de gagner.

Alors, en ce mardi 9 mars, venant de comprendre ce qu’était le tilt au cours d’une nuit à -10 caves, je prends la (sage?) décision d’arrêter les frais et surtout de me remettre ardemment au travail, le vrai, celui qui m’accompagne depuis tant d’années, l’écriture et la réalisation de films.

Alors, j’entends déjà les mauvaises langues qui savent déjà que je vais replonger. Oui, je vais replonger, parce que j’ai le Poker dans le sang et qu’on n’a pas encore inventé les patchs anti-Poker. Mais laissez-moi un peu rêver à une vie sans addiction, mais derrière une caméra ! Alimentaire, mon cher tapis volant ! Et oui, bon, si je reviens au Poker un jour, c’est que mes activités cinématographiques ne me permettent même pas de manger. Alors, je repartirais à l’assaut des tables. Mais pour l’instant, j’ai bien envie de me redonner une petite chance de réussir dans le cinéma. Et pour ça, il faut y être dévoué corps et âme.

Alors, les comptes vides, les poches pleines et l’esprit libre, je me remobilise enfin sur l’écriture et suis prêt pour de nouvelles aventures cinématographiques …

A suivre.

Permalien 5 commentaires

Cinéma 2 – 1 Poker

18 février 2010 at 15:29 (Le Match)

Et voici le retour du match !!

Après une très longue mi-temps qui m’a vu réaliser un film – bon juste un court-métrage, mais une mi-temps laisse rarement le temps de faire un long, à part peut-être pendant le superbowl – me voici donc à une période charnière où il semblerait que le Cinéma prenne l’avantage. Les projets se multiplient, sous diverses formes, mon court-métrage « En bas de l’échelle » est en cours de mixage, et en attente d’une éventuelle aide à la post-production. Un nouveau projet de court-métrage sur le feu, dont le tournage est prévu en mai, une série qui est en réécriture avec une boite de prod, et last but not least un projet sur le Poker.
Enfin, le Cinéma et le Poker vont se rejoindre l’espace d’un instant. A l’ordre du jour, un projet de vidéos sur le Poker, que je vais sans doute réaliser avec mon pote Elie très bientôt. En attendant le grand projet Cinéma sur le Poker qui viendra bien un jour.

Pour l’instant, depuis ce début d’année, concernant le Poker, c’est le gros bad run. Je n’arrive plus à gagner, plus à faire des sessions largement gagnantes. par contre, j’arrive bien à perdre deux ou trois caves, et même à tilter de façon incompréhensible (ce qui ne m’arrive pourtant pas d’habitude). En essayant d’analyser les raisons de cet insuccès aux tables online, je constate d’abord que mon jeu s’est affaibli, que je prend souvent des mauvaises décisions, et même si le facteur mal(chance) est important, il ne saurait expliquer cette courbe qui ne fait que descendre. Janvier avait été l’avertissement, avec un mois gagnant mais tout juste (1,5bb/100), heureusement compensé par le rakeback, le mois de février confirme ma mauvaise forme. Je pense que je joue trop sans en avoir l’envie. Il est clair que j’ai perdu la motivation pendant ce mois. Il me semblait que je battais largement cette limite de NL100 mais je suis trop peureux pour me lancer vraiment en NL200 (bien que j’en ai la bankroll) alors je joue pour générer du rakeback, je joue pour rester à l’équilibre, et plus vraiment pour gagner. Et surtout, je ne prends plus de plaisir en jouant. Je crois que ça coïncide avec mon retour au travail, à l’écriture, à la préparation de projets, à l’espoir de réaliser.

Le Poker et le Cinéma sont incompatibles, parfois.

Et si je devais, comme Ewan McGregor dans Trainspotting, choisir ?

Permalien 3 commentaires

Cinéma 1 – 1 Poker

3 janvier 2009 at 18:36 (Le Match)

Bonne année 2009 à tous, joueurs de Poker ou cinéphiles !!

Je reprends ce blog car 2009 sera sans doute une année particulière pour moi. L’année 2008 s’est terminée d’une manière étrange. Suite à de nombreuses désillusions, j’ai perdu mon statut d’intermittent qui me faisait vivre correctement tout en me laissant du temps pour jouer au Poker. Ayant stoppé ma carrière de joueur en devenir en mai dernier à cause d’un trop plein de bad beats et surtout d’une remise en question sur le temps que je passais à jouer au lieu de créer, je me suis pourtant  remis à jouer fin septembre, mais d’une autre manière : pour gagner ma croûte. Enfin, il ne s’agit pas ici de dire que je suis devenu pro, mais plutôt d’expliquer que je me suis fixé des objectifs, à savoir dégager l’argent nécessaire pour « survivre » grâce au Poker et ainsi continuer à espérer faire carrière comme réalisateur de cinéma. J’ai résolu mon problème d’ « addiction temporelle » en m’imposant des temps de jeu limités par mois. Certes, j’ai parfois du mal à résister aux sirènes du jeu, mais j’arrive plus ou moins bien à m’arrêter à temps, une fois l’objectif atteint.

Cependant, je ne sais pas si j’ai vraiment fait le bon choix. Le statut d’intermittent, même s’il est amené à disparaître à notre grand regret, m’apportait une certaine sécurité financière et me laissait pas mal de temps libre. Cette sécurité, difficile de la retrouver au Poker même si on est un joueur gagnant. Lorsque j’annonce ce genre de décision à des proches, tous rigolent et s’étonnent. « Mais si tu perds ? » Il suffit parfois de leur parler de gestion de Bankroll pour leur faire comprendre que les risques sont tout de même limités.

Le début de l’année me dira si ma tentative de concilier mes deux passions (l’une finançant l’autre) peut fonctionner. Normalement, cette année sera l’année de mon retour derrière la caméra. J’attends des réponses de commission avant de lancer la prépa de mon nouveau projet de court-métrage « En bas de l’échelle ». Et j’espère bien que, sur le tournage prévu pour le mois de juin, les électros apporteront leur malette de jetons pour défier les machinos !!

Bonne année à tous.

Permalien 3 commentaires

Cinéma 1 – Poker 0

20 mai 2008 at 18:39 (Le Match)

Il arrive un jour où il devient nécessaire de faire des choix. Depuis tout petit, je rêve de faire du cinéma, de filmer des acteurs, d’installer des travellings, de fouler les marches de Cannes…
Je n’ai jamais rêvé d’aller à Vegas même si j’ai toujours ete fasciné par le monde du jeu.

Après avoir eu 26 ans il y a quelques jours, il est temps de faire un point : j’étais tellement persuadé que je réaliserais mon premier long-métrage avant mes 25 ans que je ne l’ai pas fait ! Mon rêve de rivaliser avec Leos Carax en terme de précocité est définitivement perdu J’étais pourtant pas si mal parti. Doublant rapidement mon tapis (avec une poubelle !!) en réalisant mon premier court-métrage à 15 ans grâce à une aide de la ville de Poitiers, je pouvais enfin présenter mon film Jusqu’où ? à quelques spectateurs lors de festivals. Puis, les projets se sont enchaînés, tournés pour la plupart en VSH-C (Youpi !). Des petits projets, bien sûr, mais qui m’ont au moins conforté dans ma vocation de devenir réalisateur. A 18 ans, l’entrée au BTS et la rencontre (enfin!!) avec des gens qui avaient les mêmes passions que moi m’ont permis de réaliser trois films en trois ans :  L’épreuve de mon existence, De l’Air, et finalement Invisibleue l’année suivant le BTS.
Et puis, Invisibleue fut pour moi un choc, dont je commence à peine à me remettre. Ce film que j’aime pourtant beaucoup m’a permis d’apprendre énormément mais a également pas mal perturbé le jeune adulte que j’étais alors. Après ce film boudé par les festivals, j’ai eu beaucoup de mal à retrouver la motivation qui m’accompagnait lorsque je me lançais à corps perdus dans mes projets. J’aurais pu faire la Femis, c’est vrai … J’ai quelques regrets. Peut-être est-ce qu’un passage dans cette école m’aurait permis de « m’accrocher », de continuer à tourner, surtout. Car, depuis Invisibleue, hormis deux clips et un beau projet pour la Patate Chôde, c’est le vide. J’ai tout de même développé quelques projets mais aucun n’a pu voir le jour. Voici quelques titres de film qui auraient pu exister si ….

L’empreinte de la lune
Les yeux rouges
Accord perdu
Feu ! (qui se fera un jour, espérons !!!)

Mais voilà, les commissions, les décideurs en ont décidé autrement, et après Invisibleue, je n’étais plus capable de foncer tête baissée pour réaliser ces projets sans aucune aide financière et surtout sans boîte de prod. Dans ces moments de crise existentielle et de panne d’inspiration, j’ai (re)découvert le Poker et le plaisir de la victoire. En effet, j’ai toujours été un gagneur, et ca a un côté rassurant. Je n’abandonnerais jamais le Cinéma car je suis persuadé que je pourrais un jour gagner le droit de faire les films dont j’ai envie. Et maintenant, je vais me battre pour ça. Avec détermination et acharnement.

Le Poker est arrivé l’année où je vivais la douloureuse expérience de croire fermement que j’allais me lancer dans mon premier long-métrage Feu ! . Ce jeu m’a permis d’oublier mes échecs (sans jeu de mot !!), d’intégrer un monde où on me jugeait pas, où le bad beat n’était finalement pas si douloureux. Recevoir une énième réponse négative du CNC fait vraiment plus mal que perdre avec deux As. Après deux ans à jouer -beaucoup trop-, j’en tire quelques conclusions. J’aime ce jeu, mais je culpabilise beaucoup  de jouer autant. Je suis largement gagnant, mais certainement pas assez pour en être satisfait et pour envisager d’en faire une source de revenus réguliers. Je sais que j’ai beaucoup progressé, mais je ne vois plus trop mon intérêt à persister à jouer des tournois à 20 ou 50$. Après tout, je pourrais toujours y revenir si je vois que le cinéma n’est pas un monde pour moi. Alors, je vivrais à fond pour ce jeu. Je lirais tout, je travaillerais et serais capable d’éviter de perdre à la bulle !! Mais aujourd’hui, je me redirige vers mes premiers amours, je mets entre parenthèse ce jeu (sans pour autant arrêter définitivement !) pour redevenir un créateur, car ma vie n’a pas de sens si je ne regarde plus de films de Robert Bresson, si je ne filme pas des acteurs qui s’embrassent, si je n’écris plus d’histoires à l’eau de rose ou à base de peinture bleue. Bien sûr, j’écrirais sans doute quelque chose sur le Poker, mais pas un manuel, un court-métrage, pourquoi pas, qui serait sans doute une vraie thérapie. Arrêter le Poker, ce sera sans doute dur, j’ai jamais fumé ni pris de drogue, je ne connais que l’addiction au Jeu. J’espère que je m’en sortirais. Si vous avez des conseils, n’hésitez pas !

Je remercie également Marion, ma productrice, pour avoir cru en moi à un moment où même moi je n’y croyais plus. Avec toi, je suis sûr que je pourrais enfin réaliser ce beau projet de court-métrage dans le Limousin dans de bonnes conditions. Je tournerais bientôt En bas de l’échelle, un projet qui me permettra peut-être de gravir quelques marches sur l’échelle de la création et pourquoi pas de devenir enfin un vrai cinéaste.

Permalien 5 commentaires