I am an addict …

22 mars 2010 at 19:33 (News)

Bonjour, je m’appelle Vic… euh… Tapis_volant et je suis un addict.

J’ai arrêté le Poker Online depuis deux semaines, suite à une prise de conscience officielle et déterminée. Cependant, le sentiment de manque s’amplifie de jour en jour. Les premiers moments sont supportables. Je compense ce manque de jeu par un retour naturel vers les salles obscures et par une indigestion d’épisodes de séries. Puis je ressens un tel manque que mes journées sont occupées à vivre et penser Poker. J’écris des projets sur le Poker en ce moment. Bien sûr, je me suis donc « remis à l’écriture » mais c’est aussi pour mieux parler de ce monde obscur que je connais bien maintenant. Pour aller à des rendez-vous avec des producteurs qui sont aussi d’anciens joueurs de Poker ou qui aspirent à l’être parce que leur boîte se porte mal, une seule émission dans les oreilles : Club Poker Radio. Quoi de pire pour un joueur en manque que d’entendre les jeux de mots de FpC et le 100% technique de Pedro ? J’entends des joueurs qui me ressemblent, ou plutôt qui ressemble à tapis volant, des joueurs de MTT comme AnthoBB, qui jouent tous les MTTs middle stakes qui se présentent sur les divers réseaux.

J’ai le blues du MTT, de cette sensation unique que vous procure l’adrénaline du tournoi. La compétition a en quelque sorte disparu de ma vie. Sans Poker, plus vraiment envie de gagner, donc nécessairement l’impression d’être un loser. Alors, pour briser cette décision irrévocable, je m’autorise une petite partie live entre potes, pour avoir ma dose pour la semaine. Oh malheur, je gagne le tournoi et je me rend compte à nouveau que j’aime ça, que j’aime la compétition, le plaisir de défier l’adversaire, de le lire, de comprendre ses bettings patterns.

Comment résister ? J’ai vidé tous mes comptes, plus de bankroll mais dois-je me faire bannir des sites ? Ne trouverais-je pas un moyen de m’inscrire ailleurs ? Il existe plus de cent sites sur lesquels on peut jouer. J’ai un travail qui ne permet pas de ne penser à rien. L’écriture, activité solitaire et dépressive par essence, distille méchamment du vide entre ses pages, pousse à la déconcentration au moindre manque d’inspiration. La souris bouge toute seule, je la surveille de loin pourtant, mais rien à faire, en une micro-seconde, la page de Firefox s’ouvre et voilà Club Poker ouvert. Entre les discussions-blagues entre posteurs compulsifs et les analyses stratégiques trop souvent intéressantes, les sujets ne manquent pas pour m’inciter à passer une trentaine de minutes devant cet espace communautaire. Et puis, ma conscience se réveille et me ramène derrière ma feuille blanche. L’espace de quelques lignes, histoire d’effacer un peu cette blancheur immaculée. Et puis, sans m’en apercevoir, je suis à nouveau sur ClubPoker, cherchant à voir si quelqu’un a répondu au post que j’ai écrit.

Le manque, je ne l’ai jamais connu auparavant. Ni alcoolique ni fumeur, je ne me suis jamais retrouvé dans une réunion d’anonymes en me présentant aux autres. Il y a deux ans, alors que j’avais également décidé d’arrêter en vue de la réalisation d’un court-métrage, j’avais cherché à contacter Addictel pour connaître les divers moyens de me détourner du jeu. J’ai été plutôt déçu par leur manque de soutien, n’étant pas un « cas grave » parce que je ne perdais pas d’argent à cause de mon addiction. Je ne perdais que du temps ! On dit pourtant que « le temps, c’est de l’argent ». Ce qui m’a surtout déplu dans l’idée d’être devenu un joueur « professionnel », c’est l’idée de considérer ce jeu comme un travail. Après tout, le plaisir du joueur est surtout occasionnel, procuré par l’idée d’affronter d’autres personnes, mais ce plaisir ne peut pas être quotidien, en tout cas plus pour moi.

J’espère juste que je saurais (re)trouver dans le cinéma et l’écriture l’adrénaline que m’a procuré le Poker pendant ces quatre dernières années. Rien de mieux que le cinéma pour dévoiler son jeu et trouver son flop !!

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Flashback #2 – Real Money (mai 2006)

17 mars 2010 at 18:55 (Flashback)

Je joue sur Pokerroom depuis quelques heures maintenant en Play Money, pourquoi ne pas continuer, mais cette fois en Real Money ? Le temps de taper mon numéro de carte bancaire, et voilà mon compte de joueur crédité en dollars. Première bonne surprise, je dépose 20 euros, et je me retrouve avec quasiment 30 dollars dans le caissier du site. Vive le taux de change ! A ce moment, je ne pense pas aux transferts dans l’autre sens, qui je l’espère arriveront en temps et en heure.

Quelques heures avant, j’avais découvert les joies du poker de tournoi comme je l’avais vu à la télé, mais avec de l’argent fictif. Lors d’un tournoi de Poker, il ne peut en rester qu’un. J’ai toujours aimé la compétition, l’adrénaline que procure la victoire. C’est tout naturellement qu’en naviguant dans le lobby du site, je remarque la présence de tournois à plus de 300 joueurs. Attiré par l’enjeu, je regarde sur quel tournoi je peux m’inscrire. L’offre est assez vertigineuse, un nouveau tournoi commence toutes les deux minutes environ, pour tous les budgets. Mon oeil est attiré par un tournoi appelé le « Lucky Dollar ». Comme son nom l’indique, il vous permet de transformer un dollar en un gros paquet de dollars. En effet, en regardant de plus près, je découvre que le premier gagnera plus de 100 dollars.

A ma grande surprise, je découvre également comment le site de Poker gagne de l’argent. 10 cents par inscription reviennent au site. Une bouchée de pain, pas vraiment, puisque pour tous les buy-ins, le site gagne environ 10% du montant des inscriptions, imaginez ce qu’un tournoi à 100 dollars avec 500 participants peut rapporter ! Les fees, on appelle ça comme ça, le rake pour le cash game. Notre but à tous est de combattre ce rake, gagner plus que ce que le site nous vole à chaque tournoi.

Le tournoi va commencer, je sais déjà que les blindes augmentent toutes les 12 minutes et que je peux me permettre d’attendre un peu pour voir du jeu. Mais de toute façon, je vais forcément gagner. Si je me mets à jouer au Poker, ce n’est assurément pas pour devenir un loser. La table apparaît sur l’écran de mon eMac. Elle remplit quasiment toute la surface de mon 17″. Je suis dans les starting-blocks, la compétition s’annonce. 417 joueurs au départ, et il ne doit en rester qu’un.  Et j’avoue que je pense déjà que je serais celui-là. En cliquant sur le lobby, on peut déjà découvrir qui profitera de l’argent des vainqueurs. Le premier touchera tout de même 200$. Pour une mise de 1,10 dollar, ça fait tout de même un sacré retour sur investissement. Les quarante premiers joueurs rentreront dans leur frais. Le 41ème repartira avec rien, et le 40ème avec 2,12 dollars. J’observe les joueurs de la tables, ces avatars me sont maintenant familiers, et maintenant, je me familiarise avec les pseudos des joueurs. Certains optent pour l’option joueur gagnant assumé, en choisissant des pseudos de tueurs « CardsKiller », « NapalmAA ». D’autres assument leurs faiblesses, ou le font croire, en tout cas, en optant pour des « LuckyFish67 » ou « NeverFold ». Et puis, y a ceux qui choisissent leurs prénoms, leur surnoms ou un pseudo qu’ils ont cherché pendant plusieurs heures.

Dès les premiers tours de carte, j’observe des comportements assez curieux. Je m’attendais à ce que le jeu change en passant de play money à real money, mais décidément, certains joueurs ne semblent avoir rien compris. Je ne m’estime pas forcément meilleur qu’eux à ce moment-là, seulement j’essaie de faire plus attention. J’observe, j’essaie de repérer les bons joueurs en me basant sur ce qu’ils montrent comme cartes. Puis arrive la première main intéressante que je vais jouer. Je reçois , et alors que cinq joueurs payent la grosse blinde de 30 jetons, je décide de relancer à 250. Je me dis que c’est sans doute trop, mais ça n’effraie personne on dirait ce type de relance. Ca se vérifie d’ailleurs, puisque pas moins de 4 joueurs payent ma relance. Le pot est déjà à 1150, soit plus que ce qu’il me reste dans mon tapis. le flop se dévoile. . Le premier joueur à parler fait directement tapis avec ces 2500 jetons. Un joueur se couche, un autre paye avec son maigre tapis puis vient mon tour de parler. J’ai une paire supérieure au tableau. Je me sens plutôt en confiance. Je sais que je n’ai pas un jeu imbattable, mais sachant que j’ai déjà vu pas mal de coups étranges à cette table, je décide de me laisser tenter et de payer. Mon adversaire révèle . Le petit tapis avait quant à lui. Je suis fier de moi, j’ai pris la bonne décision. je vais sans doute passer à 4000 jetons. Mais il reste deux cartes à venir. La première est le mais la river est un , qui fait très mal. Je m’en remets pas, je finis le tournoi à la 367ème place, bien déçu. Mon tournoi a duré 15 minutes. Je m’en veux, mais en même temps, je me dis que j’ai pris la bonne décision. Peut-être aurais-je dû attendre une situation plus profitable, moins risquée ? J’ai regardé les pourcentages. Au moment où l’argent est parti au milieu, j’étais devant, je devais gagner, mais j’ai perdu. Peut-être est-ce cette phrase que se disent tous les perdants, mais moi, c’était la stricte vérité, j’en étais convaincu.

Frustré par ce tournoi si rapide, je regarde s’il n’y en a pas d’autres. Les sites savent vous inciter à jouer. Je découvre qu’un autre tournoi commence dans deux minutes. A 2 Dollars, cette fois. Après tout, c’est un peu plus cher, mais bon, je suis prêt à perdre pour apprendre. Le tournoi s’apprête à commencer et cette fois, ma détermination est à son apogée. J’en veux vraiment aux autres adversaires et je suis prêt à les battre. Petit à petit, je fais grossir mon tapis, grâce à des joueurs qui me donnent littéralement leurs jetons. Ce tournoi étant moins fréquenté, je m’approche des places payées. Je ralentis la cadence. J’ai vraiment envie de rentrer dans les places payées, faire ITM (In The Money). Je découvre ce moment où tous les joueurs s’arrêtent presque de jouer, protègent leurs jetons, ne prennent pas de risques et espèrent tous qu’un joueur de plus va sauter et leur permettre à tous de rentrer dans l’argent. Sur ce tournoi de 180 joueurs, seuls 25 joueurs toucheront un peu d’argent et on est en encore 26.  Mon tapis s’élève à 5000 jetons alors que les blindes sont à 400-800. Seulement, j’étais à 8000 il n’y a pas si longtemps. Mon tapis fond comme neige au soleil, mais sur Internet, on peut épier les autres tables, discrètement. Deux joueurs n’avaient plus que 1000 jetons, soit à peine plus d’une blinde. En toute logique, ils ne vont pas tarder à sauter, victime de la violente pression des blindes. je folde la plupart de mes gros jeux, effrayés de faire la connerie de trop, qui me priverait de ma première place payée. Et enfin, sur l’autre table, je découvre avec grand plaisir que le 26ème vient d’être terrassé, victime d’un rassemblement de joueurs qui se sont ligués contre lui pour le sortir. C’est un grand bonheur pour moi, ma première place payée. Je suis désormais certain de gagner au moins 4,60 dollars. Et il y a 180$ pour le premier. Malheureusement, je ne tarderais pas à sauter du tournoi, 21ème lorsque ma top paire se heurtera à la suite de mon adversaire qui possédait déjà 30000 jetons. Peu importe, je vole, je me sens capable de gagner. Après tout, j’ai toujours démontré une certaine habileté aux cartes, pourquoi le Poker ne serait-il pas un jeu pour moi ?

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FKPT 13 Mars : la wiiiiiiiin !

14 mars 2010 at 22:35 (Compte-Rendus)

Quoi de mieux en période de manque qu’une petite partie de Poker entre amis ? Pour la troisième fois, j’allais disputer le FKPT, un tournoi organisé par notre parrain à tous, FK, et son acolyte Cremolol, scénariste en herbe et serrurier de profession. J’avais réussi à traîner mon pote Elie, lui faisant lâcher son rêve de X-Series l’espace d’un petit tournoi live sympathique.
Comme à chaque fois ici, l’accueil fut vraiment chaleureux, l’ambiance conviviale, les cosmopolitans délicieux et les hot-dogs … moutardés. Pour un 13 mars, on était 13 joueurs à s’affronter. Comme c’était la journée de toutes les superstitions, j’avais enfilé mon t-shirt « Tilt » pour bien montrer à tout le monde que j’étais dans une phase de spew intensif et qu’il fallait juste attendre sagement pour prendre mes chips.

Le tournoi pouvait commencer. On avait chacun 6000 jetons au départ, avec possibilité de recaver pendant 4 niveaux. Les blindes commençaient à 25-25 et les niveaux duraient 20 minutes. Je n’avais pas hérité de la meilleure place à la table, vu que Elie se trouvait juste à ma gauche, et allait sans doute surrelancer mes ouvertures juste pour m’emmerder. Après avoir foldé quasiment toutes mes mains lors du premier niveau, je joue enfin une main quand je raise du Cut-off à 150 avec , payé juste par Elie au Bouton. Le flop arrive . Je c-bet à 200, payé par Elie que je vois à ce moment-là sur deux grosses cartes. C’est bien le genre à tenter un floating en espérant m’outplay à la turn. La turn est une carte pas mal pour moi, puisque le m’ouvre également le tirage max à pique. Je décide de continuer mon agression à la turn, en misant 400, mais provoque un fold d’Elie. Je ne sais pas vraiment si je dois être heureux de cette main, peut-être aurais-je du me montrer un peu plus créatif à la turn, pour gagner un peu plus ?

Quoiqu’il en soit, mon tournoi est lancé. J’adopte une stratégie assez conservatrice, plutôt tight comme à mon habitude et préfère voir des flops pour pas cher. Je me retrouve dans un pot limpé à trois joueurs avec en position de SB et découvre un flop plutôt sympathique. Là, Medhi attaque le flop à 200. Ne connaissant pas du tout ce joueur, je décide de juste payer car je n’aime pas trop engager beaucoup de jetons sur ce genre de tirage contre un joueur imprévisible. La turn est magique, puisqu’elle me donne la couleur max. Je checke en espérant qu’il envoie une deuxième cartouche, mais malheureusement, il checke également. La river me pousse à tenter un value bet à 600 qui ne se fait pas payer. Dommage ! Après plusieurs coups où je continue d’adopter un style très tight, pendant le niveau 50-100, je décide de relancer du bouton à 250 avec . Je suis aussitôt surrelancé à 600 par Elie en SB. Là, j’hésite pas mal parce que c’est lui et que je sais qu’il peut vouloir m’embêter en me 3-bettant à chaque main décente. Je finis par folder, sans doute un peu weak, mais il me montre les as. J’ai l’information que je voulais. La prochaine, je 4-bet !!

Je perds quelques petits coups sur des c-bet qui ne passent pas, une fois avec AQ sur un flop J88 où je folde sur une relance. Je passe un bluff sympa sur Nicolas avec AK sur un baby flop puis je me retrouve une nouvelle fois contre Elie dans un pot que je vais très mal jouer. Sur des blindes 75-150, je relance du bouton avec à 300 payé par Elie en SB. Le flop tombe . Un flop pas si mal pour tenter un bet mais je décide de checker. Elie checke également. Sur la turn , je décide d’attaquer le coup à 500, pensant que je peux représenter l’as assez logiquement et maintenant fort d’un double-tirage quinte. Elie insta-call. Je ne suis pas très rassuré et espère vraiment toucher à la river. Le tombe à la river. Très mauvaise carte pour bluffer. Je regarde à nouveau mes cartes et découvre , remarquant donc que je venais de faire une erreur de débutant en lisant mal ma main. Je m’en veux à mort et tente un bluff désespéré à 600 qui ne passe pas, car je suis payé par . Je me refais le coup dans ma tête, et il est clair à ce moment-là que je le joue très différemment si je sais que j’ai deux cartes suitées. J’attaque forcément le flop avec cette main et évite ainsi de perdre beaucoup dans cette confrontation. Je prends un petit coup au moral, me dit que ça reflète un peu mon état d’esprit par rapport au Poker en ce moment. Lassitude, manque d’envie… du coup, l’imprécision domine et les erreurs s’accumulent.

Alors que la période de recave se termine, ces petits coups perdus ainsi que le mauvais coup contre Elie m’ont fait descendre à 3700. Je prends l’addon et me retrouve avec un stack un peu ridicule de 6700, très petit par rapport à certains qui sont déjà à 15000. Et encore, il semble que sur l’autre table, des gros stacks se soient également constitués.

Après une petite pause salvatrice agrémentée de cocktails et de macarons, nous prenons place pour la suite de la partie. Maintenant, plus le choix, il va falloir faire bouger les jetons et surtout essayer de gagner des pots. Je joue un coup assez intéressant contre Nicolas où j’effectue un call un peu difficile sur la river avec sur un board . Il se trouve que je joue contre et gagne un petit pot sympathique. Elie quant à lui continue de monter des jetons, élimine Soiliho et commence à prendre le pouvoir sur la table. Je me fais tout petit, attendant mon heure, pas très aidé par les cartes depuis le début du tournoi. Puis, je lui prends successivement deux pots, un où je calle de BB avec une agression de sa part à 750 UTG sur des blindes 150-300. Le flop tombe . Je checke, décidé à payer le continuation bet. Oh surprise, il checke également, ce qui me pousse à attaquer la turn, une doublette du 3. Il folde après une longue réflexion.

Bon, je ne gagne aucun gros coup, et continue à stagner aux alentours des 7000 quand je reçois en SB sur des blindes déjà énormes de 200-400. J’ai déjà moins de quinze blindes mais décide de compléter à 400 dans un pot à trois joueurs. Sur un flop , je décide de donk-bet à 500, espérant prendre le coup tout de suite. Elie semble embêté et call simplement. La turn arrive et me pousse à checker mon brelan de 5. Comme prévu, Elie mise alors, 850, que je décide de check-raiser à 2500, m’impliquant désormais complètement dans le coup puisqu’il ne me reste que 3200 derrière. Il paye. La river fait rentrer la couleur et également la quinte avec 68. Assurément pas une bonne carte. J’hésite vraiment à pousser mon tapis mais j’ai l’impression que je ne serais payé que par mieux. Surtout, j’éprouve de grandes difficultés à placer Elie sur une main. Du coup, d’une manière un peu curieuse, je checke, décidé tout de même à payer s’il push. Il checke également et abat . Je regrette forcément de ne pas avoir osé pousser mon tapis à la river, mais il m’avouera après qu’il aurait peut-être folder. J’avoue que je suis sceptique et je pense vraiment que j’ai perdu beaucoup de value en décidant de checker à la river.

Malheureusement, je reperds quasiment tous les jetons gagnés sur ce coup dès la main suivante que je joue contre Nico. Un coup un peu étrange, où je tente de voler les blindes avec A5, où je trouve un tirage flush qui ne rentre pas, un coup qui me fait perdre quasiment 3000. Faut dire qu’on était en short-handed et qu’il fallait absolument que je gagne quelques coups pour me maintenir à flots.

Nous ne sommes alors plus que 8 joueurs, après les éliminations successives de Nicolas le gambleur et de Medhi, nous nous retrouvons donc sur la grande table. C’est donc la table finale et je suis officiellement, et de loin, le short stack de la table avec 8000 alors que les blindes sont passées à 300/600. Pas beaucoup plus que 10 blindes, il va falloir s’engager ! Après avoir passé une orbite à folder toutes mes poubelles, je reçois finalement une main jouable en BB avec . Fred relance UTG à 2000 sur des blindes 400-800, payé uniquement par Claude au Cut-off. Je prends pas plus de cinq secondes pour envoyer mon tapis de 7500. Très longue réflexion de Fred qui finit par folder , sans doute persuadé que j’étais sur une paire plus grosse. Claude folde également et je prends plus de 5000 sur le coup. Un grand bol d’air pour mon tapis !

Arrive alors un coup déterminant. Une orbite plus tard, je suis à nouveau en BB et je reçois . Nico relance à 2000 sur des blindes 500-1000, payé à nouveau par Claude. J’hésite à envoyer mon tapis, mais estime que j’ai juste ce qu’il faut dans mon tapis pour setminer et opte donc pour un call. Et là, le flop apparaît : . Bingo ! Je dois absolument doubler sur ce coup. Il ne s’agit pas de prendre un petit pot, je veux tout ! Je décide de checker, sûr à 99% qu’un des deux joueurs va miser. Nico mise 3000, Claude folde et je décide de faire un move assez étrange en check-raisant à 7000, me laissant juste 1400 derrière. En gros, je fais ce move pour l’inciter à tout mettre, sachant que ce n’est pas un joueur très expérimenté et qu’il ne va pas analyser ce play comme une information « j’ai le brelan ». Mon piège marche exactement comme prévu et il me met à tapis avant d’abattre . Ma main tient et Nico se retrouve juste avec quelques jetons devant lui. One chip and a chair ! Il réussira pourtant à sauver sa peau à de maintes reprises et finira par atteindre les places payées, après plusieurs beaux coups de chance.

Je passe donc à plus de 20K grâce à ce coup, pas vraiment confortable par rapport à la taille des blindes, mais tout de même parmi les plus gros tapis à 6 joueurs restants. J’essaie de mettre un peu la pression en relançant successivement plusieurs mains avec succès puis me heurte une nouvelle fois à Elie sur un coup où je relance UTG à 3500 sur des blindes 800-1600 avec . Elie réfléchit et pousse son tapis de 30K. J’ai encore 20K et décide de passer. C’était une décision un peu difficile mais il y avait tellement de mains qui me dominent que je n’ai pu me décider à payer son tapis. Il m’avouera avoir , me rassurant complètement sur ma décision de folder.

On est encore six en jeu après la sortie de Florence et de Frédéric. Les blindes deviennent énormes (1500-3000) et mon tapis a pas mal fondu notamment après un coup mal joué de ma part contre Guillaume avec QJ sur un flop A66. Tombé à 4 blindes après ce coup, je découvre au bouton. Après un limp UTG et un min-raise de l’autre Nicolas, joueur pas très expérimenté, je décide de gambler avec ma pocket paire et de pousser mon tapis de 12000. A ma grande surprise, tout le monde folde, même Nicolas alors qu’il a engagé la moitié de son tapis. Je n’en reviens pas et accepte la livraison qui me fait à nouveau revenir dans la course. Les éliminations se succèdent alors, avec d’abord la sortie de Claude, puis celle de Guillaume après un call osé d’Elie, puis c’est au tour de Nicolas de buster après s’être laissé manger par les blindes.

Nous sommes alors ITM et je vais faire mon premier suckout du tournoi. On dit bien qu’il faut chatter pour gagner un tournoi ! On ne peut pas dire que Nico n’avait pas eu sa dose de chatte jusqu’à maintenant, passant très proche de l’élimination, notamment sur un coup all-in preflop où il a 55 et joue contre 66 et AK. Il trouve finalement une quinte et triple son tapis. Donc, sur des blindes 2000-4000, alors que je n’ai plus que 20000, Nico limp UTG et je décide de shove avec . Je suis payé par et trouve un 9 au flop. Je mets un gros coup à son tapis et il finit par buster 2ème, éliminé par Elie avec KK.

On se retrouve donc en heads up avec Elie, on se met d’accord sur un petit deal, pour atténuer l’écart de prix. Je suis pas très chaud pour disputer un coin flip à 80 euros, et même si les joueurs présents ont du mal à accepter cette décision, parce qu’ils voulaient « du sang ! », je pense que c’est plutôt logique avec des blindes aussi élevées qu’on essaie de lisser un peu le prize-pool. Après plusieurs coups sans grand intérêt, je relance à 12K avec , et Elie pousse son tapis. Je paye debout sur la table et suis bien devant son . Ma main tient et Elie à tombe à 1500 sur des blindes maintenant à 3000/6000 alors que pour ma part, j’ai dépassé les 80K. Par je ne sais quel miracle, Elie va doubler 4 fois de suite, et parvenir à revenir quasiment à égalité avec moi. Rien n’est jamais fini au Poker, et les double-up avec des blindes aussi élevées peuvent vite changer une situation idéale en cauchemar.

La main finale se déroulera aux blindes 3000-6000. je décide de min-raise avec , espérant attirer un Elie plutôt agressif dans le piège. Il décide de juste payer. On découvre un flop qui ne me réjouit pas des masses et qui me pousse à checker après le check d’Elie. Je n’ai aucune idée de la main qu’il peut avoir à ce moment-là. Aussi, quand il fait tapis sur la turn , je ne sais plus vraiment quoi faire. Mais je ne peux décemment pas folder. Sa mise n’a pas vraiment de sens avec un as et je sais qu’il peut se sentir fort avec une paire car on est en tête à tête. Ma main me semble quand même alors très forte et je décide donc de call. Good call puisqu’il montre un tirage flush avec en main. La river est une brique et je remporte donc ce tournoi.

Je suis très heureux de cette victoire qui a été acquise dans la douleur. Je n’ai pas très bien joué le début du tournoi, pas vraiment osé prendre de risques, ni tenté de moves ou de coups un peu tricky, mais j’ai eu le mérite de m’accrocher avec mon tapis oscillant entre 10 et 20 blindes jusqu’à la table finale où, vu la hauteur des blindes, tout était encore possible. Je tiens à féliciter Elie pour sa belle deuxième place et à remercier tout le monde pour cette belle partie très sympathique. Et encore un grand merci à Fred de nous accueillir aussi chaleureusement chez lui pour ces parties de poker endiablées.

Pour ceux qui ont eu le courage de lire ce compte-rendu, non, je ne vais pas replonger dans le Poker Online après cette belle victoire ! Je suis à nouveau déterminé à vivre de l’écriture, et si je parviens à éviter les bad beats, qui sait, j’arriverais peut-être à réaliser mon film sur le Poker…

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Cinéma 3 – 1 Poker

9 mars 2010 at 19:58 (Le Match)

Cela va sans doute avoir un goût de redite pour les anciens lecteurs de ce blog, mais je vous annonce que j’ai à nouveau décidé d’arrêter le Poker.

Je ne dis pas que c’est forcément définitif, mais le Poker Online ne m’apporte plus de plaisir, et je n’ai plus la force de jouer dans l’unique but de gagner de l’argent. Je rêve de cinéma depuis toujours, ce n’est pas un jeu de cartes qui va m’empêcher de faire des films et de réaliser mes rêves. Depuis trois mois, je ne suis que légèrement gagnant sur les tables, essentiellement grâce au rakeback, et je connais précisément les raisons de cette stagnation voire régression de mon jeu : la perte de désir. Désir de joueur, désir de combattre, désir de gagner.

Alors, en ce mardi 9 mars, venant de comprendre ce qu’était le tilt au cours d’une nuit à -10 caves, je prends la (sage?) décision d’arrêter les frais et surtout de me remettre ardemment au travail, le vrai, celui qui m’accompagne depuis tant d’années, l’écriture et la réalisation de films.

Alors, j’entends déjà les mauvaises langues qui savent déjà que je vais replonger. Oui, je vais replonger, parce que j’ai le Poker dans le sang et qu’on n’a pas encore inventé les patchs anti-Poker. Mais laissez-moi un peu rêver à une vie sans addiction, mais derrière une caméra ! Alimentaire, mon cher tapis volant ! Et oui, bon, si je reviens au Poker un jour, c’est que mes activités cinématographiques ne me permettent même pas de manger. Alors, je repartirais à l’assaut des tables. Mais pour l’instant, j’ai bien envie de me redonner une petite chance de réussir dans le cinéma. Et pour ça, il faut y être dévoué corps et âme.

Alors, les comptes vides, les poches pleines et l’esprit libre, je me remobilise enfin sur l’écriture et suis prêt pour de nouvelles aventures cinématographiques …

A suivre.

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Deep Stack Moi Aussi

1 mars 2010 at 22:18 (Compte-Rendus)

En ce beau jour de février, la journée s’annonce longue : je dispute mon premier tournoi Deep Stack à Moissy. Tendu et excité par l’événement tant « médiatisé » sur ClubPoker, je pars donc direction la banlieue lointaine en compagnie de Williboy, Trogloelie et BastosWeb. Arrivé 40 minutes plus tard sur les lieux du crime, d’innocents joueurs évoquent déjà les derniers bad beats qu’ils ont reçu la veille sur Internet. Je ne connais pas grand monde hormis Elie avec qui je swap 20% (ça permettra au moins de sauver une partie du buy-in si l’un de nous deux perfe). Les autres sont pour l’instant des mystères. Dans la grande pièce où on nous accueille, des cartes de visite avec nos pseudos ont été posé à nos places respectives. Je cherche ma place et reconnais des noms connus du ClubPoker. En fait, je connais beaucoup d’entre eux d’après leurs posts sur le forum. Je mets petit à petit un visage sur ces pseudos mystérieux « Piepieff », « Rirou », « JayNissa »…  Je paye mon entrée et fait connaissance avec Gégé, l’organisateur, personnage sympathique qui respire l’amour du Poker.  Les cinq tables sont couvertes de tapis à l’effigie du tournoi et agrémentées par les caves de séduisants jetons également fabriqués exclusivement pour l’occasion. La structure du tournoi est vraiment très belle. 45K jetons pour commencer, Blindes 25-25 et augmentation toutes les 30 minutes. Un rêve de structure, bien loin des habituels tournois en cercle pour ce genre de buy-in. Normalement, on va pouvoir jouer et ne pas prendre des risques démesurés dès les premiers niveaux, et ça c’est plutôt une bonne nouvelle que de ne pas être condamné à jouer des coin flips pour survivre.

A 12H30, le tournoi commence et notre table se remplit au compte-goutte avec l’arrivée des retardataires. Je connais quelques pseudos des joueurs de ma table, mais ne sais pas du tout comment ils jouent. Il ne me faudra que quelques mains pour profiler mes adversaires. Clairement, le niveau de cette table est plus que correct, avec notamment deux membres de la Newteam, une jeune équipe composée de joueurs d’origine asiatique très talentueux fans inconditionnels d’Olive et Tom. On trouve également deux ou trois joueurs assez tight, (dont PoKR1, que je connais déjà),  une méga-serrure qui a vite été repérée comme telle, un gambleur un peu imprévisible (Piepieff), un joueur de live exclusivement (Juliano), un joueur dangereux (Rirou) situé juste à ma gauche. Je décide de participer au Last Longer proposé par Xmoon. Après tout, un surplus de motivation ne pouvait pas faire de mal, et puis, c’était la première fois que je participais à ce genre de « pari sur la performance ». Je sortais mon petit carnet pour noter les mains, mon petit porte-bonheur protège-cartes, mon Iphon en cas d’ennui à table. J’étais prêt. Le tournoi pouvait commencer.

Blindes 25/25 – Stack 45000 – Olive et Tom

Autant le dire, sur des blindes si petites, on peut se permettre de voir des flops. Ne connaissant pas encore les joueurs, je décide d’adopter une stratégie assez conservatrice, développant un jeu tight-agressif que je maîtrise maintenant. Je ne souhaite pas spécialement recevoir des grosses cartes dans les premiers niveaux, mais c’est pourtant le cas.

Dès la deuxième main, je reçois en MP. Deux limpeurs essaient de voir le flop gratuitement, Juliano à ma droite relance à 150. Fermement décidé à ne pas jouer passivement, je décide de surrelancer à 500 pour éviter également d’attirer d’autres joueurs dans le coup.  Il me paye. Sur un flop , il attaque directement à 1500. Je call juste espérant lui prendre un deuxième barrel. Turn Il checke. Je checke également, comme pour lui faire croire que le roi m’embête plus qu’autre chose. River . Il checke encore. Je tente un value-bet à 2200 qui ne passe pas. Il m’annoncera plus tard avoir Possible. En tout cas, je prends un petit pot sympathique pour commencer.

Quelques mains plus tard, je relance UTG+1 à 100 avec . Piepieff, en SB me raise à 350. Là, je me tâte longtemps avant de 4-bet à 1500. Je sais que je peux le perdre, mais en quelques mains, il m’a déjà prouvé qu’il était capable de faire des erreurs coûteuses. Je veux donc lui prendre le plus possible sur le coup, mais j’ai également un peu peur qu’il vienne chercher un flop avantageux pour pas cher. Quoiqu’il en soit, ce 4-bet le fait fuir, et je le regrette quelques secondes plus tard, me disant que j’aurais peut-être du risquer de jouer le coup post-flop. C’est sans doute une de mes leaks que je n’ai pas encore réussi à améliorer en cash game, prendre des risques avec les as peut rapporter beaucoup, je le sais bien, mais j’ai du mal à essayer cette manière de les jouer.

Un peu plus tard, intervient un coup contre Baolino, un des membres de la Newteam, un bon joueur qui aimerait bien pouvoir gagner tous les coups et qui rentre dans énormément de pots. Je décide de suivre une de ses relances à 125 en position avec . Le flop se dévoile. . Il c-bet à 225. Je décide de just caller, fidèle à ma stratégie small-ball de début de tournoi. La turn est le et il place un deuxième barrel à 525. Je le vois encore sur deux cartes hautes et décide de juste payer à nouveau. Je peux relancer mais j’estime qu’il est probable qu’il continue encore son bluff à la river. River . Une carte assez dangereuse qui le fait tapoter la table. J’estime qu’il n’y a pas de value à prendre et check behind. Ma paire de valets gagne, il était effectivement en bluff.

Je vole également quelques blindes, en misant ou surrelançant les limpers, sans jamais montrer mon jeu, et commence à me forger une image de joueur un peu foufou, ce qui est bien loin de l’image de nit que je véhicule habituellement.

Blindes 25-50 – Stack 48000 – Piepieff le Marseillais

Je continue à recevoir des mains, peut-être trop pour mes adversaires qui commencent à me soupçonner de jouer loose (quelle injure pour une serrure comme moi !). Je reçois UTG+2 et décide de relancer à 150,  payé uniquement par Baolino au bouton. Le flop tombe . Un beau flop pour faire un continuation bet à 225. Call de Bao qui ne me croît pas. Turn , et j’envoie une deuxième cartouche à 625, le faisant folder après pas mal d’acting. Passablement énervé par quelques coups perdus, il essayait de voir le plus de flops possibles pour « se refaire » et ne tardera pas à disputer un pot intéressant contre Piepieff. A la suite d’une série de relance et surrelance, Piepeff réclame son tapis alors que Bao avait 4-bet à 3500. Très longue réflexion de Bao qui finit par folder face up . Beau fold puisque Piepieff montre !!  En soi, ce fold est presque logique, vu la profondeur des tapis mais il disputait ce coup contre le seul joueur de la table pouvant tenter un « gros move » comme ça.

Je gagne encore quelques coups sans showdown, avec des mains décentes. JT, AK, 89, soit preflop soit sur des c-bets. La table est en mode tight. Viet, un joueur qui a l’air de savoir ce qu’il fait, remarque que je gagne beaucoup de coups sans showdown et aimerait bien en disputer un contre moi, juste pour savoir avec quoi je joue et glaner quelques infos. Si tu passes par là, Viet, tu les auras, tes infos !!

Blindes 50-100 – Stack 50000 – Viet la prudence

Arrive enfin le coup tant attendu contre Viet. Bao relance comme une fois sur deux à 400. Viet le surrelance à 2000. Je suis en SB et découvre . Je suis dans une situation que j’aime pas beaucoup. Parfois, ça m’arrive même de fold dans ces cas-là, tellement j’aime pas être hors position avec AK lors de gros pots. J’ai décidé de ne pas être tight-weak aujourd’hui, et si je ne joue pas avec AK, avec quoi je vais pousser les jetons ? Choisissant l’opposé, je décide de 4-bet à 6000, représentant beaucoup de force, même si mon image n’est pas vraiment celle d’une serrure. Bao folde et Viet réfléchit assez longuement, c’est sûr il a une main mais il est bien emmerdé avec mon 4-bet. Il décide finalement de folder face up . Je ne montre pas, parce que ce n’est pas dans mes habitudes et je préfère que mes cartes restent un mystère à ce moment.

Je gagne plusieurs coups contre Viet et Bao, dont un avec sur un flop où je profite de leur faiblesse pour arracher le coup en position au flop. Ce coup me vaut pas mal de commentaires de la part de Viet qui se retenait de tenter des moves élaborés contre moi, ne sachant pas vraiment où me situer, hésitant entre le fish et le bon joueur, et qui du coup attendait de toucher pour m’affronter.

Blindes 100-200 – Stack 55000 – Emro le danger

Ce niveau commence très fort dès que je soulève mes deux cartes. J’ai et j’en reviens pas encore de toucher autant de jeu. Même si je préfère toucher de belles mains à la fin du tournoi, ces cow-boys m’apparaissent bien séduisants, surtout au flop où, après une relance au Hi-Jack payée deux fois, je découvre . Persuadé qu’un des payeurs était sur l’as, et surtout conscient de l’image que j’ai à ce moment-là, je suis certain qu’une mise va entraîner une relance. Malheureusement, les deux joueurs foldent sur ma mise de continuation de 1000. Tant pis, je prends quand même ce pot pour continuer à monter mon stack avec régularité.

Arrive alors un coup un peu bizarre contre Emro, un joueur qui m’a semblé très tight jusqu’à maintenant. Il limpe UTG+1 à 200. Deux autres limpeurs et je retourne , je décide de relancer à 1000 comme j’ai fait plusieurs fois avant pour « punir » les limpeurs. Et là, pour la première fois, je me fais revenir dessus à 4000. Les limpeurs foldent, et je ne sais vraiment pas quoi faire. J’hésite entre deux choses : soit il pense que je vole parce que j’ai fait ça plusieurs fois auparavant, soit il a les as. Pas vraiment décidé à voir un flop, et conscient du danger si je touche seulement une paire, je décide de folder à regrets ma main.

Une autre main étrange intervient peu après. Je suis de SB et décide de compléter avec . On est six à voir le flop . Je checke, espérant qu’un des six a trouvé quelque chose et mise. Mais tout le monde checke et la turn annihile tous mes espoirs. Le rend possible la quinte avec juste le valet, autant dire que sur six joueurs, c’est fort probable. Je checke et encore une fois tout le monde checke. Un peu désarçonné, mais convaincu de ne gagner que si un magique 9 ou 10 tombe à la river, je checke encore quand sort le . Et là, finalement, deux joueurs vont partager avec la quinte dont Piepieff avec . Je n’ai pas trop compris sa manière de joueur la main, et je me demande encore ce que j’aurais du faire au flop, s’il existait une manière de gagner le coup. Mais avec les valets et un tirage open-ended, c’est évident qu’il aurait suivi toute mise. Je m’en sors pas si mal sur le coup, ayant préservé mon tapis à force de précautions.

Blindes 200-400 – Stack 53500 – PoKR1 in love with Anna Kournikova

Après une relance de Piepeff UTG+2 à 1200, je trouve au Hi-Jack et décide de surrelancer une nouvelle fois à 5000, continuant de ne pas slowplayer mes grosses mains. Il me paye. Il checke le flop . Je suis sûr qu’il n’a pas touché et, après son check, je décide de cbet ce flop à 1/2 pot pour ne pas le laisser toucher un A ou un K probable dans sa range, et espérant qu’il me relance avec une petite paire. Malheureusement, il folde après une longue réflexion. Je ne sais pas trop ce qu’il couche là, peut-être une paire de 5 ou de 6. Ce coup gonfle mon stack et me donne le plein de confiance.

Sans avoir une réelle avance, je fais partie des gros tapis de la table, ce qui me fait commettre une erreur tout de suite après. Après 4 limpeurs, je décide de payer au bouton avec , sans doute un peu frustré de voir plusieurs flops favorables alors que j’avais couché mes mains et également confiant sur mon jeu post-flop. Ce flop se dévoile. . PoKR1 situé UTG, attaque ce flop à 1100. Ca folde jusqu’à moi. Bon, là, en tant que limpeur, il peut avoir n’importe quoi. Il a limpé UTG, et je décide de juste payer avec mon tirage coeur. Je le sais un peu en tilt après avoir perdu plusieurs gros coups avec des mains décentes (dont un coup bizarre où il 4-bet/fold avec AK). Je décide donc de juste payer car il possède un petit tapis de 20000 et je ne veux pas qu’il m’envoie la boîte. La turn est une belle carte pour ma main, le  qui me donne cette fois double tirage quinte également. Là, il place une deuxième cartouche à 3500. Je peux relancer, mais je ne vois aucune fold equity dans mon move, sachant qu’il a déjà probablement brelan ou deux paires. Je vois également la possibilité qu’il ait AK, même si le limp UTG me semble étrange avec cette main. Quoiqu’il en soit, je paye, bien décidé à trouver un de mes 15 outs à la river.  Malheureusement, c’est le  qui arrive. Après un temps de réflexion, je me dis que je ne peux pas check/fold et que je dois tenter de m’emparer de ce pot. Il lui reste 15K et la meilleure option me semble être de placer une mise qui ressemble à un value bet cherchant à se faire payer. Je mise donc 6350 et provoque chez Erwan une intense réflexion qui me fait comprendre qu’il a AK. C’est juste le genre de mains que je peux à mon avis faire folder. Malheureusement, sans doute frustré par tous les coups précédents perdus et lucide sur ma line, il effectue un bon call et retourne en effet . J’estime avoir joué le coup qu’il fallait pour tenter de gagner ce pot à la river, même si j’aurais pu balancer aussi tapis en overbet, ce qui m’a effleuré l’esprit mais semblait bien moins approprié. Bravo à PoKR1 pour ce call. La bonne nouvelle c’est que j’ai muck ma main et que personne n’a vu que j’étais rentré avec T6. La mauvaise, c’est que je viens de perdre plus de 10K sur ce coup. Il va falloir repartir au combat !!

Blindes 300-600 – Stack 42000 – Tapis fondant

Ce coup contre PoKR1 me fait pas mal gamberger même si mon tapis reste plus que confortable. Les antes n’ont pas encore pointé le bout de leur nez et j’essaie de continuer à jouer plutôt tight. Je ne vois pas grand chose pendant ce niveau si ce n’est une paire de 77 que je joue contre mon voisin de gauche Rirou. Je perds 4500 sur ce coup en essayant de voler le pot sur Q95. Il me paye et donk la turn 5. Je folde sans hésitation, parce qu’il a vraiment un profil de joueur serré.  Je commence à perdre pas mal de coups, investis quelques jetons en limpant, mais ne parvient pas à prendre un coup pendant le niveau.

Blindes 300-600 Antes 50 – Stack 36000 – Borderline Rirou

Alors que les antes font leur apparition, je décide de relancer au cut-off à 2000 avec . Rirou me paye au bouton. Le flop arrive . Un bon flop pour faire un continuation bet, mais bien sûr, je ne le fais pas parce que la confiance est au plus bas et que je ne souhaite pas perdre encore un coût couteux. Je checke et il checke derrière. La turn arrive. Un autre . J’attaque alors la turn à 3000 me disant que je vais lui faire folder toutes ses petites paires et sans doute KQ, peut-être également ses Ax. A mon grand étonnement, il call ma mise. je ne sais pas vraiment où le situer, peut-être le 9. Sur la river, le , à priori une brique, je checke, décidé à payer si Rirou tente de me bluffer. Et là, il met 1500, dans un pot qui avoisine les 10K, soit un blocking bet avec un 9 soit un bluff de fish. Je ne comprends rien à cette mise et décide de payer, fidèle à ma décision prise à la turn d’être devant. Je call et il abat pour un full touché à la river. Je n’en reviens pas de ce coup, m’étonne vraiment de la line adoptée par Rirou, je suis vraiment dégoûté qu’il touche sa carte miraculeuse à la river et surtout j’ai du mal à comprendre sa stratégie sur cette main. Si tu passes par là, Rirou, explique moi un peu ton raisonnement. Quoiqu’il en soit, ce coup me mine vraiment le moral. Je vois également mon pote Trogloelie buster avec full vs carré, et commence à traverser un véritable désert de cartes, lui demandant presque de m’attendre pour que je ne rentre pas tout seul vers Paris, la queue entre les jambes comme un malheureux.

Blindes 400-800 Antes 50 – Stack 23000 – Card Dead Like Me

Le désert. Pas d’oasis à l’horizon. Je ne vois plus aucune main, sans doute puni d’avoir touché autant de gros jeux dans les premiers niveaux. J’aurais bien aimé inverser cette tendance, recevoir à ce moment-là des paires servies ou autres big slick, mais rien, le néant. J’essaie néanmoins de voir quelques flops, mais je vois mon stack diminuer comme peau de chagrin. Je descends sous les 20K et commence à me dire pour la première fois que je vais push à la moindre occasion, un peu en tilt et ne prenant plus spécialement de plaisir à jouer. J’adopte une stratégie inhabituelle pour moi afin de me calmer, la musique, préférant m’isoler et ne pas écouter les commentaires des autres joueurs. La musique commence et je décide alors de m’accrocher. Je ne suis pas là pour abandonner. Même si je suis entouré de bons joueurs, je connais mon niveau et je n’ai pas à angoisser sur mes capacités.

Blindes 500-1000 Antes 100 – Stack 18500 – Le retour des flèches d’argent

La main juste avant que notre table casse, je suis engagé dans le coup qui va soudainement me remonter le moral. Je découvre une nouvelle fois et vérifie bien deux fois ma main. Mon iPhone me crie de gagner ce coup. Ma chanson du moment me pousse à trouver la meilleure méthode pour doubler mon tapis avec cette main. The Xx sifflent à mon oreille leur complainte épurée, le rythme m’accompagne pour effectuer ma relance à 3000, payée uniquement par la serrure de la table. Je suis plutôt en confiance. Il ne joue que des mains qui seront bien désavantagées par rapport à mes as. Le flop arrive. !! Divin ! Je remarque un tell chez lui me montrant que ce flop lui plaît au moins autant qu’à moi. S’il savait !! Je mise petit : 3000, espérant le voir relancer. Ca ne manque pas, il met 15000, me poussant à tapis. Je paye debout sur la table. Il abat rapidement, persuadé d’avoir la main gagnante. J’abat rapidement mes flèches, et double à 40K, sans souffrir. Je me remobilise. Le tournoi n’est pas fini. Je suis de retour.

Blindes 600-1200 Antes 100 – Stack 40000 – Table de Oufs !!

Je rejoins donc une nouvelle table, où je ne connais que Bastos et Verdojos. Cette table est très différente de la précédente, beaucoup plus loose, avec notamment Bastos qui met l’ambiance à base de all ins récurrents. A ce moment, je me dis vraiment qu’il ne va pas tenir longtemps. Il fait des moves vraiment borderline mais a une sorte d’ange gardien qui l’accompagne, l’ange de Moissy qui le suit paraît-il depuis très longtemps. Je ne dispute pas vraiment de coups importants à cette table, hormis un petit coup joué avec que je gagne sur un baby flop en effectuant un continuation bet respecté. J’assiste à plusieurs coin flips et commence à comprendre que je vais bientôt devoir pousser mes jetons au milieu et prier pour que les coin flips passent.

Blindes 1200-2400 Antes 200 – Stack 50000 – Dathuy le respectable

Pas le temps d’apprécier cette table, je suis à nouveau déplacé pour rejoindre une table en compagnie de Tounsi et Dathuy qui ont tous deux des gros tapis et qui me semblent très forts. Je vais disputer quasiment tous mes coups à cette table contre Dathuy. J’en espérais pas tant, le considérant comme l’un des plus dangereux. Mais, successivement, j’ai joué de nombreux coups contre mes voisins de gauche, et je constate d’ailleurs que j’ai perdu pas mal de coups en combat de blindes, d’abord contre Rirou, puis contre Dathuy et enfin contre Bastos en table finale. Mais revenons à cette table. Le premier coup que je joue contre Dathuy, je suis de SB avec . Je décide de tenter de voler sa blinde. Ne connaissant pas trop le jeu avec antes (à l’époque où je jouais des MTTs sur Ongame, les antes n’étaient pas encore là et Guignol se faisait constamment chambrer à ce sujet !), j’estime qu’il me faut gagner un coup par orbite. Je constate également l’étendue des dégâts sur mon stack provoqués par ces maudites antes. Comprenant mon manège, Dathuy ne se laisse pas faire et paie ma relance à 5000. Le flop se dévoile et même si je pense qu’il a pas mal touché la range de Dathuy, je décide d’effectuer un c-bet à 7000. Dathuy ne se démonte pas et m’envoie 20000. Avec mon tapis ridicule, je n’ai quasiment aucune chance de le faire folder et ce serait du suicide que de m’aventurer dans un 4-bet donc je folde, bien dégoûté d’avoir investi autant avec cette poubelle. J’aurais dû m’en souvenir, je ferais la même erreur un peu plus tard.

Blindes 1500-3000 Antes 300 – Stack 25000 – Zone Rouge

Bien amoindri par ce coup perdu et par un nouveau désert de cartes synonymes de grignotages de tapis par les antes, je décide de me replonger dans la musique. Je ne suis pas superstitieux, mais je remets le même groupe, et sur la même chanson, « Crystalised » de The Xx, je prends mon courage à deux mains et décide de pousser mes 7BB restantes avec au cut-off. Je suis payé dans la seconde par Dathuy qui abat . Curieusement, je suis plutôt calme et surtout heureux d’être tombé contre cette main. Finalement, j’ai deux cartes vivantes, je n’en demandait pas tant ! L’apparition du  au flop me rassure, l’ à la turn ne m’émeut pas plus que ça. Je ne sais pas pourquoi, je suis étrangement calme, persuadé que je ne peux pas sortir sur cette main. La river m’amène le libérateur qui m’était promis et je double à 50K. Pas de quoi jubiler, mais tout est encore possible !

Blindes 2000-4000 Antes 500 – Stack 45000 – Combat de Flushs

C’est alors que je dispute sans doute le coup le plus intéressant de mon tournoi, encore une fois contre Dathuy. Je suis de BB à 4000. Il limpe UTG et tout le monde folde, sans doute effrayés par cette mise inhabituelle de Dathuy. Je suis relativement content de découvrir un flop gratuitement. Ca devient rare avec la taille actuelle des blindes. J’ai . Le flop arrive . Un beau flop que je décide de checker, bien décidé à check-raiser fort Dathuy avec mon tirage carreau. Il checke behind. La turn est belle pour moi car elle me donne maintenant la quinte en plus de mon flush draw presque max. J’attaque alors à 7000. Dathuy me paye un peu à reculons, embêté par ma mise et cherchant probablement sa couleur. La river tombe, le . Et là, considérant la taille de mon tapis, je me demande vraiment quoi faire. Je veux le pousser à me bluffer puisque je suis persuadé qu’il ne va pas abandonner le coup, mais je me méfie cependant de l’as de carreau. Et là, il avance 15000 au milieu, serein. je l’observe pendant de longues minutes, jusqu’à ce qu’un joueur demande le time. J’essaie de questionner Dathuy qui reste de marbre. Je fais mon Daniel Negreanu en cherchant à savoir s’il a limpé les as. En fait, à ce moment, je suis vraiment sûr à 90% qu’il a les as avec l’. Il adopte vraiment une belle Poker Face et j’opte finalement pour un call, pourtant sûr de moi mais ne pouvant me résigner à passer la deuxième flush. Comme convenu, il abat la flush max avec les as, je mucke en lui annonçant que je mucke la deuxième flush et perds un très gros pot par rapport à mon tapis. Cependant, même si j’ai peut-être mal joué le coup, je ne suis pas anéanti par ce mauvais coup. Je deviens très short stack avec juste 4 blindes que j’engage avec sur un raise du bouton, un joueur assez large qui ne choisit pas très bien ses spots. Il me paye avec et je double mon tapis pour repasser à un peu moins de 50K, toujours pas sorti de la zone dangereuse, mais avec encore un peu d’espoir en mes chances, d’autant qu’on n’est plus que 19 restants.

Blindes 4000-8000 Antes 1000 – Stack 42000 – Push or Fold ?

Je rejoins donc une nouvelle table et passe quelques mains à folder par manque de munitions. J’apprends alors que je fais partie des trois restants du last longer et accepte un deal où l’on partage les gains. J’ai d’ores et déjà remboursé mon inscription. Un peu soulagé par cette nouvelle, je décide qu’il est grand temps de s’activer et de voler des blindes et antes pour se constituer un tapis pour la table finale. Je vole pas mal de coups preflop en adoptant une stratégie basique de SnG, push or fold. J’ouvre à tapis avec des mains légitimes comme AT, KQ ou JT. Après un tapis en MP avec 55 qui passe, je reçois et décide de shove encore une fois. Visiblement énervé et décidé à tenter un coin flip, je suis payé par (par un joueur dont je ne connais pas le pseudo). La cote semble attirer Dou Geger  mais heureusement il folde son A9. Mes valets tiennent et me voilà pour la première fois au-dessus de la barre des 100K.

Blindes 5000-10000 Antes 1500 – Stack 110000 – Bubble Time

La table finale se rapproche. Les éliminations se succèdent. Courageusement, je décide d’agresser cette bulle. Je n’ai pas forcément les jetons pour, mais je profite de situations idéales pour voler blindes et antes pendant que l’autre table se vide de ses joueurs. Avec des mains très moyennes comme K2, T7 ou 22, je prends quelques coups pour me maintenir à flots. Je ne souffre pas de la bulle puisque le main par main ne dure pas très longtemps. Seb73 se charge d’être le bubble boy. Il racontera peut-être sa sortie dans une prochaine vidéo pour le CP, allez savoir ! En tout cas, il sort avec KT face à AA, en combat de blindes, un coup inévitable à ce moment du tournoi.

Blindes 6000-12000 Antes 1500 – Stack 160000 – Table Finale One Time !

Bienvenue à la table finale. Je suis super heureux de faire partie des heureux élus de la table finale pour mon premier Moissy. Je n’ai pas forcément beaucoup chatté, je me suis accroché du mieux que j’ai pu. J’ai été solide et patient, j’ai sans doute mal joué quelques coups, mais j’espère ne pas avoir été trop weak, ce qui est tout de même mon principal défaut en tournoi multitables. Le jeu se resserre en ce début de table finale. Personne ne souhaite sortir. Hormis la première main de la TF, où je prends blindes et antes avec , je suis card dead et ne peut qu’observer les joueurs. On trouve dans l’ordre des positions à la table JPP, Bastosweb, Tawpaipai, Rirou, Tounsi, Dathuy, Catlover, Toto, Davidm et moi. En terme de stack, il est clair que Bastos est loin devant, on compte quelques gros tapis et deux ou trois short stack, dont je fais partie, d’autant que je me fais méchamment manger par les antes.

Blindes 8000-16000 Antes 2000 – Stack 120000 – Sorry Tawpaipai

Après la sortie de JPP, je me retrouve officiellement short stack de la table et décide de push mes 120K en MP avec . J’ai moins de 10BB et il y a déjà plus de 40K au milieu que je suis obligé de tenter de prendre. Malheureusement, je suis payé par Tawpaipai qui est loin devant avec. Comme je suis un gros chattard, je fais quinte après avoir bien eu peur de sortir en voyant le comme première carte du flop. Ce coup me propulse à 300K, précisément à la moyenne. Peut-on aller loin dans un tournoi sans être chanceux sur un coup ? Peut-être, mais que celui qui n’a jamais mis de suckout me jette la première pierre ! Quoiqu’il en soit, ce coup chanceux me permet d’attendre et de voir venir. Un peu d’air dans cette fin de tournoi difficile où, malgré la beauté de la structure, cela devenait dur de résister à l’acharnement des antes. Au lieu de me calmer, ce niveau m’a vu spew mes chips contre Bastos, encore une fois en bataille de blindes. Je m’étais pourtant juré de jouer armé contre lui, le considérant vraiment comme dangereux et surtout imprévisible. Je perds quasiment 150K en deux coups contre lui et me retrouve donc à nouveau short alors que les blindes vont une nouvelle fois augmenter.

Blindes 10000-20000 Antes 2000 – Stack 135000 – Le Push de trop contre Bastos

Après la sortie de Tawpaipai, mais également de Dathuy, victime de l’inévitable Bastos, je réussis à voler un ou deux coups pour me maintenir à flots, puis je décide d’envoyer mes 6BB à la moindre main décente. UTG, je reçois et décide que c’est un push automatique. C’est le genre de main où on y va à reculons, mais où si on n’y va pas, on regrettera toujours de ne pas avoir osé après avoir été dévoré par la structure. J’entends instantanément tapis derrière moi et comprends très vite qu’il va me falloir chatter. Et devinez qui a trouvé une grosse main ? Bastos, évidemment !! Il dévoile , et après un flop sans trop de suspense, je sors 7ème, un peu déçu mais très heureux d’avoir été aussi loin. La suite de la TF verra la domination écrasante de Bastos, considérablement aidé par son monstrueux tapis, qui sortira un à un quasiment tous les joueurs restants.
Je tiens à féliciter tous les joueurs de la Table Finale, et également ceux que j’ai pu croiser aux tables (notamment les petits gars de la Newteam !), mais surtout un grand merci à Gégé pour l’organisation et à JP pour l’accueil, les petits fours et le dessert glacé, et un spécial big-up à Catlover pour la visite de l’A86 en compagnie du vainqueur.

Ce fut un tournoi magnifique, mené de main de maître, avec une structure vraiment incroyable et des joueurs de très bon niveau. J’espère ne pas vous avoir trop saoulé avec ce compte-rendu qui je l’espère n’est pas trop indigeste. Je vous assure que la prochaine fois, si je suis encore le bienvenu, j’essaierais de perdre plus vite et vous épargnerais donc le détails de tous mes coups de Poker. Si des joueurs ont envie de commenter certaines de mes actions, n’hésitez pas. Je sais que Viet le fera, et j’attends avec impatience son analyse sur les premières mains du tournoi. A bientôt et GL aux tables, qu’elles soient online ou live.

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Flashback #1 – La découverte (avril 2006)

26 février 2010 at 21:20 (Flashback)

Au mois d’avril 2006, alors que mes ambitions de réalisateur se heurtent à la bulle des commissions d’attributions d’aides, cette étape où l’on passe si près du premier tour de manivelle qu’on a du mal à s’en remettre, j’emménage dans mon nouvel appartement, sortant enfin de mon 9m2 pour m’installer avec ma copine. Les cartons pas encore ouverts, je commence une nouvelle vie, une vie à deux, que j’appréhende avec délice depuis quelques mois. Le lit n’étant pas encore là, j’y habite tout seul. Le seul objet déballé, c’est mon ordinateur, un petit eMac que j’avais acheté trois ans plus tôt pour faire du montage. J’avais également sorti la télé, que j’allume machinalement pour tromper l’ennui. A ma grande surprise, je découvre que nous sommes reliés au câble. Bonne surprise, notre immeuble nous offre une dizaine de chaînes supplémentaires.

En zappant, affalé dans mon canapé de fortune, je tombe par hasard sur une émission curieuse sur Eurosport. On nous montre des gens qui jouent aux cartes. Deux cartes s’affichent à l’écran, des pourcentages, des logos de sites… Les joueurs portent des lunettes de soleil, n’ont pas l’air de crever de faim et s’échangent des fortunes. Le programme s’appelle EUROPEAN POKER TOUR. Je découvre bouche bée ce spectacle surprenant. Je connais ce jeu. Brelan, Quinte, Full, on dirait du Poker mais avec des règles différentes. Les joueurs de poker sont donc devenus des sportifs ? Je vérifie, je suis bien sur EUROSPORT. En écoutant les commentaires, je me rend compte assez vite que je suis passé à côté de ce jeu qui commence à émerger en France, assez pour qu’on tourne des émissions de télé.

Souhaitant combler mon retard et l’ordinateur n’étant pas très loin, je tape « Poker » sur Google et tombe vite sur le site de Yahoo « Jeux » où on propose de jouer en ligne. Je ne suis pas réellement un adepte du jeu en ligne. A vrai dire, j’ai jamais joué en ligne contre quelqu’un malgré le fait que je sois déjà un joueur invétéré. Quoiqu’il en soit, je crée mon compte Yahoo et me voilà assis à une table virtuelle à miser contre d’autres joueurs. Curieusement, la partie ne semble pas la même qu’à la télévision. On ressentait une sorte d’adrénaline dans les « All-ins » des joueurs, mais là, rien de tel. On trouve bien un bouton relancer, mais seulement pour doubler la mise précédente. Je joue quelques minutes pendant lesquelles je trouve le jeu ennuyeux. Cette variante du Poker, jouée en limite fixe, ne semble pas induire beaucoup d’action. Mais je retrouve des automatismes de joueur.

Car, dans ma jeunesse, j’ai été joueur de Poker. Enfin, le temps d’un voyage scolaire en Allemagne où les allemands m’ont appris que ce jeu n’existait pas sans argent. On misait alors des Pfennings (les centimes allemands) et jouait au Poker fermé à cinq cartes. J’avais sans doute un don pour les cartes, étant déjà féru de belote et de tarot, et je suis revenu de ce voyage scolaire avec plus d’argent qu’à l’aller, à la grande surprise de mes parents à qui je ramenais des cadeaux du pays. Je n’ai pas trop évoqué la raison de cet enrichissement soudain. Sans doute ont-ils pensé que j’avais volé la tirelire des parents de mon correspondant. Dans ma famille, on n’est pas forcément très joueur. Le jeu est toujours associé au danger, on m’a d’ailleurs bien mis en garde à ce moment-là, avec l’évocation terrorisante du film « Et au milieu coule une rivière », où Brad Pitt se fait assassiner à cause d’une dette de jeu. Après tout, tant pis, je ne suis pas dans un tripot de la Nouvelle-Orléans, je suis à Montreuil, bien au chaud derrière mon ordinateur, et je découvre pour la première fois le plaisir du Poker Online.

En cherchant un peu plus, je découvre que certains sites sont totalement dédiés au Poker et je décide de m’y inscrire. Ce sera Pokerroom, le seul qui fonctionne sur Mac. Je découvre avec surprise le nombre de joueurs connectés, tous ces gens qui jouent simultanément à un jeu dont je ne soupçonnais même pas l’existence quelques heures plus tôt. Je crée donc un compte, où l’on m’assure que je jouerais de toutes façons sans argent. Ma carte bancaire bien au chaud, je sais que je ne risque rien, seulement d’aimer follement ça. Il suffit de trouver un pseudo et je pourrais ouvrir une table pour jouer mes 1000 dollars d’argent fictif, de « play money ». J’en choisis un. Ce sera « Invisibleue », du nom de mon dernier court-métrage. Pas un pseudo qui fait frémir d’avance, mais bon, pas le temps de chercher le nom idéal, je veux jouer !!

Même si je ne suis pas instantanément attiré par les tables de Real Money, je les remarque très vite, ne serait-ce que pour ne pas me tromper de table. J’arrive à une table 5/10 No Limit Hold’em où je mets mes 1000$ fictifs. J’ai la position du gros au cigare sur la table, un vague air de famille avec Tony Soprano, dont je suis les aventures depuis quelques années déjà. La table n’est pas spécialement classe mais elle donne envie de jouer. Mes adversaires, puisqu’il s’agit bien de cela, sont représentés par des avatars tous plus ridicules les uns que les autres. Une grand-mère qui tient fermement son sac à main plein de billes, le jeune qui porte son sweat-shirt à capuche (tiens, lui je l’ai vu sur Eurosport !), la blonde bien foutue qui use de son charme pour gagner.

Je reçois mes premières cartes. J’appréhende un peu, j’ai mal au ventre comme s’il s’agissait d’une partie risquée. J’ai le stress qui monte, presque déjà besoin de ma drogue quotidienne, le Spasfon. . En fait, je n’ai rien lu sur le jeu. Je me dis, ça doit pas être si mal, après tout. Bien sûr, ça doit être mieux de posséder une paire en main, mais je sais que la suite et la couleur rapportent beaucoup. Je clique sur call, puisque l’on me précise que je mets la mise qu’on demande, à savoir 10$. La plupart des autres joueurs paient aussi la mise, mais deux d’entre eux déclinent l’invitation. Naïvement, je me  demande pourquoi. « Ils sont bêtes, pourquoi ils ne payent pas les 10$ qu’on leur demande. Après tout, on a que deux cartes pour l’instant, on en aura 7 au final » trois cartes apparaissent au milieu de la table. . J’espérais voir apparaître des clones de mes cartes, on peut dire que c’était raté mais je remarquais vite qu’une dame me permettrait d’obtenir une suite. Un joueur checke, le suivant mise 200 et un autre joueur relance à tapis. C’est à moi de jouer. De décider. Pas vraiment le temps d’analyser, la barre de temps défile, je n’ai que 20 secondes de réflexion. Après tout, c’est de l’argent virtuel. Si je perds, je devrais pouvoir recommencer. Et puis, si la dame vient, je suis sûr de gagner. Je décide de tenter le tout pour le tout et je paye. On est quatre à tapis. La arrive sur la cinquième carte, je pousse un petit  cri de joie avant de découvrir que les jetons se dirigent vers la belle blonde. Elle possédait et a donc fait une suite meilleure que moi. Bon, je suis un peu nul, j’avoue.

Je ne sais même pas si j’ai le droit de reprendre de l’argent fictif. Je pense que oui, tout de même. Ce serait un peu dommage, sinon. Je constate qu’on peut recharger son argent une nouvelle fois, mais désormais, je suis fermement décidé à ne plus perdre. J’ai toujours été un gagneur. J’aimais répéter à mes grands-parents que certes je suis mauvais perdant mais bon gagnant. Je prends place à nouveau sur une table de cash game en argent fictif, mais cette fois décidé à gagner. En même temps, je n’ai aucune méthode. Je me dis seulement que je dois estimer mes chances de victoire en découvrant les trois cartes au milieu. Lorsque je me suis retrouvé all-in, j’ai vu que les pourcentages de victoire s’étaient affichés. Je ne connais rien de ces pourcentages, mais ils m’ont clairement indiqué que je n’étais pas favori pour gagner le coup. Désormais, je vais essayer de mettre mon argent en étant le favori.

J’arrive à la table, maintenant, je suis un black. J’observe un peu les autres joueurs, je découvre le bouton Fold, lorsque j’estime que mes cartes sont pas terribles. Après tout, faut quand même mettre beaucoup de jetons pour suivre certaines relances. Je cherche des cartes au-dessus du 10 et des paires. Ca me réussit plutôt mieux. En deux ou trois coups, je passe à 4500. Je me sens tout puissant. Après tout, je viens de transformer 1000$ en 4500. C’est fictif, et alors ? Je joue encore quelques minutes, ce jeu commence à me plaire, je m’amuse à deviner ce que les autres peuvent avoir. Cette variante du poker que je découvre me semble éminemment plus passionnante que le poker de papa auquel je jouais étant jeune.

Par le petite fenêtre du chat, j’exerce mon anglais pour découvrir si les autres joueurs ont déjà joué de l’argent. Après tout, l’image que tout le monde a du poker est que c’est un jeu d’argent. Globalement, je n’y ai même jamais joué sans argent. Mais alors, qu’est-ce que je fais alors là à miser, relancer, faire tapis, si aucun euro n’est en jeu ? Comment peut-on s’amuser sans réels enjeux ? Je suis conscient des risques. Après tout, on n’a jamais cessé de me mettre en garde, mais les sites de jeu en ligne sont forts pour vous inciter à faire votre premier dépôt. Je me tâte environ une minute trente avant de sortir ma carte bancaire et de déposer sur le site. C’était très simple de déposer. je me doutais que ça devait être plus compliqué dans l’autre sens. Mais pour l’instant, je voulais juste jouer de l’argent. En perdre, en gagner, c’était une autre histoire, qui commençait à peine, mais j’étais bien décidé à partir au combat !

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Cash Live at Buvard

23 février 2010 at 15:36 (Compte-Rendus)

De retour dans ma ville natale, j’en profite pour revoir un vieux pote à moi, avec qui je jouais au tennis pendant mon enfance. Et rien de tel qu’une table de Poker pour des retrouvailles ! Je me retrouve donc dans la vieille ville dans laquelle je venais frapper la petite balle jaune quand j’avais 15 ans pour y disputer une partie de cash game endiablée en NL20 dans un petit bar. Ce n’est que ma troisième expérience de cash game live. Je ne sais pas trop comment aborder cette « session ». En soi, 20 euros ne représente pas grand chose pour ma bankroll mais les perdre me semblerait honteux, d’autant que mon pote m’a prévenu du niveau extrêmement faible de la partie.

Je m’aperçois très vite qu’il ne m’a pas trompé sur la marchandise. Le bar devrait changer de nom lors de ces parties de Poker en après-midi pour s’appeler l’aquarium tant l’endroit regorge de fishs. Je me rends compte avec étonnement que beaucoup de gens jouent uniquement pour le plaisir, voire pour le plaisir de perdre. J’avoue ne pas vraiment comprendre mais bon, ça me va. La difficulté de ce type de parties est de trouver la stratégie à adopter contre ce type de joueurs. Connaissent-ils les standards de relance du net ? Vont-ils caller quelque soit le montant ? Doit-on les pousser à tapis avec des mains borderline ?

La première main que je reçois me fait déjà trembler. Je raise 3BB et n’obtiens que deux payeurs. Ouf ! Je m’attendais à voir toute la table participer, mais peut-être ne veulent-ils pas trop s’engager sur la première main de la partie ? Quoiqu’il en soit, je découvre un superbe flop et effectue mon c-bet. Fold fold. Bon, ok, je prends.

Quelques mains plus tard, alors que j’ai déjà vu des coups étranges, je reçois en BB. Trois limpeurs rentrent dans le coup et j’en profite pour checker. Flop . Bingo. Je me dis qu’il faut que je tire beaucoup de value de ma main et qu’avec ces joueurs, ce sera facile. Je donk-bet à 1. C’est payé. Turn . Dommage pour ma main, mais je peux tout de même continuer à value. Je mets 3,5. Encore payé. Bon, il a peut-être la quinte, mais je dois continuer à value car ce joueur ne mise jamais tout seul. River brique et je met 10 euros. Il paye. On partage, il avait et a également fait la quinte, mais à la turn. Un peu déçu, je repars au combat.

Arrive alors mon premier coup malheureux, que je joue contre celui que mon pote m’a présenté comme le super fish, celui qu’on attend en vain sur toutes nos tables, qui va caller jusqu’au bout avec bottom pair, tenter tous ses tirages, envoyer du très lourd avec les nuts. Mais je mets fin au suspense tout de suite. Je vais perdre le coup. Un mec en MP raise à 0,4 payé par SuperFish au cut-off et donc par moi au bouton avec . Flop . Flop pas si mal mais avec quatre joueurs dans le coup, je vais jouer la prudence, d’autant que le MP bet 2. SuperFish call 2, et c’est là, où je fais peut-être une erreur en callant juste. En fait, je me vois pas si bien avec cette dame, notamment par rapport au raiseur initial, qui semble assez décidé à aller jusqu’au bout. Donc, je call juste, préférant aviser sur la turn. Turn magique, le . Le raiseur initial bet 5, et là ça se corse car notre SuperFish raise à 15. Autant dire que je joue mon tapis là. Le raiseur initial montre des signes d’énervement, j’en conclus qu’il va probablement se coucher, et même si l’espace d’un moment, je pense à la quinte, je pense que je ne peux pas folder cette Double Paire contre lui. Donc, je fais tapis pour 16 et des brouettes et il me paye avec un grand sourire en demandant combien il va gagner sur le coup. J’en conclus qu’il a la quinte et m’avoue vaincu, bien dégoûté. Pas de full miraculeux à la river et me voilà donc en train de recaver. Ok, je suis le requin de la table, enfin, je le crois, et me voilà soulagé de 20 euros. Ca commence mal.

Je reçois alors quelques mains plus tard UTG+1. UTG call, je relance à 1,20. Nemangly (un fish anglais venu craquer ses 100 euros sans comprendre pourquoi) me suit. Seul caller. Flop . J’attaque à 3. Call. Of course, sir. Turn Je bet 10 il folde. J’aurais du le laisser bluffer je pense, il a montré tellement de jeux faibles que je me suis dit qu’il suivrait n’importe quelle relance. Il devait vraisemblablement avoir une poubelle là.

Un peu plus tard, je reçois et décide de le jouer après deux ou trois limpers. j’opte également pour un limp ne souhaitant pas faire grossir le pot contre des fous furieux. Flop . Hors position, je fais 0,6 dans 1. Call par un joueur qui sait à peu près ce qu’il fait. Turn , je bet 1, 20, il call. River . Ne sachant plus trop quoi faire, je checke. Mauvaise idée puisqu’il bet 5. J’hésite longtemps, me demandant ce que je bat, et comme c’est un joueur plutôt sérieux, j’en viens à la conclusion que je suis battu. Je folde, un peu à regrets.

S’ensuit un coup un peu étrange contre le même joueur. Quatre limpeurs puis la BB décide de calmer tout le monde en mettant 1,20. Les quatre payent, et moi également avec . Flop . Pas si mal, mais encore un coup dur à jouer à mon avis. La BB checke, le bon joueur met 2. Je paye, ne sachant pas du tout sur quoi le mettre. Turn . Là, il bet 5, et comme il n’a pas beaucoup plus, je décide de le mettre à tapis, me voyant largement devant tout de même. Il me paye, presque mourant, avec (slowroll ?). Je montre piteusement ma main, et prie pour un split, qui arrive heureusement avec le à la river. Je m’excuse mais bon, c’est le digne retour du premier coup avec la quinte floppée qui se transforme en split.

J’essaie de rentrer dans quelques coups pas cher, mais j’ai du mal joué avec ces joueurs qui font un peu n’importe quoi. Ca s’envoie en l’air avec bottom pair ou gutshot. Assez flippant, je tente de voir un flop avec mais est tout de suite stoppé par mon pote qui met 2,5. Trois payeurs, et je fold. Flop . Turn . Et bien sûr, ça s’emballe avec des jeux ridicules jusqu’à atteindre un pot de 100 euros !! J’ai appris depuis bien longtemps à ne pas regretter de fold preflop, mais là, je suis un peu dégoûté par la tournure de la main. La décision aurait été difficile au flop, parce qu’un mec a bet 8 euros avec tirage flush. Qu’aurais-je fait ? Call avec 25 derrière ? Moyen. Shove ? Bien risqué. Bon, je me suis épargné un sacré mal de tête.

Le dernier coup que j’ai joué sera sans doute celui où je me pose le plus de questions quand à ma manière de m’adapter au jeu de mes adversaires. J’ai joué cette main comme je l’aurais joué en NL100 sur le net, mais après coup, j’aurais du reconsidérer la situation. J’ai au cut-off et raise à 0,8. Payé par Nemangly en BB. Flop .  Il donk-bet 1,5. Je me contente de payer. Turn . Il checke, je bet 2,5. Il me paye. River , et là, il reprend les commandes en misant 5. Là, la vraie question, c’est est-ce que je peux raise ? Clairement j’ai du mal à évaluer la main de ce joueur, parce qu’il peut très bien avoir un 7 mais également la quinte. Donc, je décide de juste call avec mon brelan. Il abat pour un bluff bien pourri. Bon, je n’aurais sans doute pas pu extraire de l’argent en plus, mais je regrettais quand même bien de ne pas avoir oser m’engager.

Globalement, cette partie de cash game où je repars avec 40, donc, juste remboursé, me laisse un goût amer. Je n’ai pas vraiment fait d’erreurs énormes, hormis peut-être avec mon QJ sur J54J, mais j’ai surtout eu du mal à remettre en question mon jeu tight-agressif du net et à adopter une stratégie gagnante à Fishland.

Le poker est pourtant un jeu où il faut savoir s’adapter, un peu comme le cinéma, finalement.

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Cinéma 2 – 1 Poker

18 février 2010 at 15:29 (Le Match)

Et voici le retour du match !!

Après une très longue mi-temps qui m’a vu réaliser un film – bon juste un court-métrage, mais une mi-temps laisse rarement le temps de faire un long, à part peut-être pendant le superbowl – me voici donc à une période charnière où il semblerait que le Cinéma prenne l’avantage. Les projets se multiplient, sous diverses formes, mon court-métrage « En bas de l’échelle » est en cours de mixage, et en attente d’une éventuelle aide à la post-production. Un nouveau projet de court-métrage sur le feu, dont le tournage est prévu en mai, une série qui est en réécriture avec une boite de prod, et last but not least un projet sur le Poker.
Enfin, le Cinéma et le Poker vont se rejoindre l’espace d’un instant. A l’ordre du jour, un projet de vidéos sur le Poker, que je vais sans doute réaliser avec mon pote Elie très bientôt. En attendant le grand projet Cinéma sur le Poker qui viendra bien un jour.

Pour l’instant, depuis ce début d’année, concernant le Poker, c’est le gros bad run. Je n’arrive plus à gagner, plus à faire des sessions largement gagnantes. par contre, j’arrive bien à perdre deux ou trois caves, et même à tilter de façon incompréhensible (ce qui ne m’arrive pourtant pas d’habitude). En essayant d’analyser les raisons de cet insuccès aux tables online, je constate d’abord que mon jeu s’est affaibli, que je prend souvent des mauvaises décisions, et même si le facteur mal(chance) est important, il ne saurait expliquer cette courbe qui ne fait que descendre. Janvier avait été l’avertissement, avec un mois gagnant mais tout juste (1,5bb/100), heureusement compensé par le rakeback, le mois de février confirme ma mauvaise forme. Je pense que je joue trop sans en avoir l’envie. Il est clair que j’ai perdu la motivation pendant ce mois. Il me semblait que je battais largement cette limite de NL100 mais je suis trop peureux pour me lancer vraiment en NL200 (bien que j’en ai la bankroll) alors je joue pour générer du rakeback, je joue pour rester à l’équilibre, et plus vraiment pour gagner. Et surtout, je ne prends plus de plaisir en jouant. Je crois que ça coïncide avec mon retour au travail, à l’écriture, à la préparation de projets, à l’espoir de réaliser.

Le Poker et le Cinéma sont incompatibles, parfois.

Et si je devais, comme Ewan McGregor dans Trainspotting, choisir ?

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La Main de la Semaine #1

9 février 2010 at 14:47 (Main de la Semaine)

Bonjour à tous.

Je ne suis pas vraiment un « posteur de mains », mais je vais essayer d’en poster quelques-unes sur lesquelles je m’interroge, ou qui peuvent présenter un quelconque intérêt. Celle-ci s’est déroulée pendant une session qui se passait plutôt bien, j’avais d’ailleurs 4 fois la cave de départ sur cette table. C’est d’ailleurs pour ça que la situation m’a semblé compliqué. Etant à la base un joueur de tournoi, j’ai gardé l’habitude de protéger mon stack. Peut-être est-cela qui m’a empêché de bien jouer ce coup et accessoirement de doubler mon tapis !!

***** History for hand  *****
Start hand: Fri Feb 5 02:08:21 GMT+0100 2010
Table: Bo [22512393] (NO_LIMIT TEXAS_HOLDEM $0.50/$1, Real money)
User: Hero
Button: seat 5
Players in round: 5
Seat 6: Schnuedel_05 ($98.50)
Seat 8: OMGHansLanda ($112.65)
Seat 1: Hero ($407.55)
Seat 3: stonedgolem ($203.10)
Seat 5: rolanudin ($369.95)
Schnuedel_05 posts small blind ($0.50)
OMGHansLanda posts big blind ($1)

Dealing pocket cards
Dealing to Hero :
Hero raises $3 to $3
stonedgolem calls $3
rolanudin calls $3
Schnuedel_05 calls $2.50
OMGHansLanda calls $2
— Dealing flop
Schnuedel_05 checks
OMGHansLanda bets $10
Hero calls $10
stonedgolem folds
rolanudin calls $10
Schnuedel_05 folds
— Dealing turn
OMGHansLanda bets $30
Hero calls $30
rolanudin raises $100 to $100
OMGHansLanda calls $69.65 [all in]
Hero folds
— Dealing river
Summary:
Main pot: $274.30 won by rolanudin ($271.30)
Seat 6: Schnuedel_05 ($95.50), net: -$3
Seat 8: OMGHansLanda ($0), net: -$112.65, [Qd, 9d] (FLUSH QUEEN)
Seat 1: Hero ($364.55), net: -$43
Seat 3: stonedgolem ($200.10), net: -$3
Seat 5: rolanudin ($528.60), net: +$158.65, [7d, Ad] (FLUSH ACE)
***** End of hand R5-22512393-512 *****

N’hésitez pas à me laisser vos commentaires sur cette main. Je suis bien conscient d’avoir commis plusieurs erreurs, mais j’ai des circonstances atténuantes. Enfin, j’espère !!

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FKPT 5 février

7 février 2010 at 20:07 (Compte-Rendus)

Previously on FKPT

Quinze jours plus tôt, Nicolas gagnait son deuxième tournoi de suite, en écrasant totalement la partie. Sa vie n’a pas changé pour autant, même s’il a pu « vivre du poker » pendant le reste du mois. Mais aujourd’hui, un peu fauché, il a besoin d’une nouvelle victoire. Seulement, de sérieux concurrents n’ont pas accepté cette nette domination et sont aujourd’hui fermement décidés à mettre fin à ce rush improbable !

Episode 10 : la revanche de Guillaume

Il y a seulement quinze jours, Frédéric nous accueillait pour jouer jusqu’au bout de la nuit. Notre hôte allait-il cette fois remporter une première victoire ? Guillaume allait-il enfin élargir son jeu ? Victor allait-il encore infligé un bad beat à un célèbre joueur de badminton ? Axelle pouvait-elle rééditer son exploit ? Tyler allait-il nous gratifier d’un de ses fameux tours de magie ? Nicolas pouvait-il rééditer l’exploit ?

Pour ma deuxième participation à tournoi très bien organisé et vraiment sympathique, je suis déterminé à ne pas sauter à la bulle. Quoi de plus frustrant que de terminer aux portes des places payées après plus de cinq heures de jeu ? C’est pourtant une sensation que je connais bien, vu que pendant ma grosse période de MTT online, ça m’arrivait malheureusement souvent.
J’arrive à l’heure au tournoi, et aide un peu Guillaume à faire les caves. J’aurais bien aimé qu’on rediscute un peu la structure, parce que sachant que d’habitude je dispute des tournois deepstack, c’est assez frustrant de devoir bouger très vite lorsque l’on joue en live entre amis. 3000 jetons, round de 20 minutes, Rebuy/Add-on, blindes 25/25 pour commencer. Disons qu’on a intérêt à voir des cartes dans les trois premiers niveaux.

Malheureusement pour moi, les cartes étaient absentes, je devais me contenter de mains moyennes, genre Q8, KT, A2. Je rentre dans quelques coups preflop mais abandonne à chaque fois sur des flops pas très favorables. Je descends vite à 4800 (après avoir repris une recave dès le début) et arrive le premier vrai coup que je joue. Je suis au BTN avec KJs en main. je relance 450 sur 75/150. Seule Axelle paye en BB. Je me suis déjà pas mal frotté à elle la dernière fois, je sais que ce n’est pas facile de lui faire folder une main. J’espère toucher, clairement. Le flop arrive : A83 avec un trèfle, et elle donk-bet 150 dans un pot de 975. J’hésite à relancer, mais je ne veux pas spécialement m’engager dans ce coup borderline. Je paye, espérant un petit peu d’aide ou un trèfle qui ferait rentrer un flush draw. La turn est le 5 de carreau. Axelle checke. Là, encore j’hésite à attaquer et me ravise. Je pense qu’elle va me payer avec tous ses as, toutes les paires donc je serais quasiment obligé d’engager mon tapis à la river si je veux espérer arracher le coup. Considérant posséder un edge sur cette table, je me dis qu’il y aura sans doute d’autres opportunités de prendre des pots. Je checke également. La river est un J et Axelle pousse instantanément son tapis. Action hyper étrange. Je crois que je paierais contre n’importe qui mais là, j’hésite vraiment, j’ai touché mon J, mais je ne suis vraiment pas rassuré. Cet overbet énorme indique une seule chose pour moi, elle est énorme. Je la mets précisément sur une seule main : JJ. Je finis par folder, convaincu que de toute façon, je bats pas non plus un as. Axelle me révèlera avoir cette main, confirmant mon read. Un peu soulagé mais avec un tapis bien amputé, j’aborde la deuxième partie du tournoi, qui se joue maintenant en freezout. En reconsidérant la situation quelques minutes plus tard, je pense que j’aurais du payer, car c’était un tournoi avec recave, mais bon, j’ai voulu économiser un peu.

Après avoir pris un add-on plus que nécessaire, je me retrouve donc encore en difficulté car les blindes augmentent maintenant violemment. Je passe quelques mains puis voit ma meilleur main depuis un bout de temps, QJ suited. Je relance à 750 sur les blindes 150/300. Payé uniquement par la BB, Nico, alias Zikos35, qui a rapidement monté un gros tapis grâce à de belles livraisons. Flop A35. Il checke, je c-bet à 1000.  (mon stack est à 8K à peu près). Il hésite une plombe puis finit par caller. J’arrive vraiment pas à lire avec quoi il fait ça. Turn 4. Là, j’avance 2500, mais je me rends pas compte que ce n’était pas à moi de parler. Je reprends mes 2500 et c’est à lui de parler. Là, clairement, s’il bet, il a du lourd. En tout cas, c’est la réflexion que je me fais là. S’il checke, je suis fermement décidé à bluffer le coup jusqu’au bout. Heureusement pour moi, il bet 4000 ce qui me donne une réelle information sur sa main (soit un as soit le 2 pour la quinte, ou même A2s) et de toute façon qui ne me laisse aucune marge de manoeuvre pour tenter un éventuel bluff. Je folde. Encore un coup dur pour mon tapis, qui oscille dans les 6K.

Je vole plusieurs blindes, toujours sur Eric, alias Cowboy Eric, qui se laisse faire en rechignant à chaque fois. Mais rassure toi Eric, j’avais quand même des mains, K9, JTs et Q9. J’étais obligé de shove, vu la taille de mon stack. Puis arrive mon dernier coup, je suis BB à 800 et découvre ATh. « Action Dan » raise ma blinde à 2K au BTN, j’ai 7K et je shove, le voyant en plein vol, même si j’ai un léger doute parce qu’il a joué tout de même très tight. Enfin, mon move est logique, j’avais moins de 10 blindes. Il me paye avec AA et c’en est fini pour moi.

La suite voit le regroupement des deux tables pour constituer la table finale à neuf joueurs. Encore en course, le maître de maison, trônant avec un tapis confortable. Sa fille, Flora. Guillaume la serrure, Action Dan, Cécile très short stack, Zikos35 encore plus short stack, Axelle, Dexter David, un petit jeune issu du net, et Cowboy Eric, disposant d’un tapis confortable (après avoir doublé avec AA contre KQ chez Florence).
Et devinez quoi ? Aucune trace de « Nico la flambe » à la TF ! Il semble qu’il ait été victime de son agressivité légendaire en se faisant contrer par des adversaires qui l’attendaient au tournant, bien embusqués.
Le rythme de la TF est dicté par les rencontres inévitables de fin de tournoi. TT vs AK, AJ vs 88 … La structure est ainsi faite qu’elle laisse peu de place au jeu post-flop. La moyenne devait être à 10BB à ce moment-là, alors on a bientôt vu les sorties de tous les survivors. Zikos35 et Cécile, puis ce fut le tour de Action Dan, perdant avec AK contre TT chez Guillaume. Et puis, ce fut une affaire de famille, avec la sortie de Frédéric, victime d’Axelle, sur un coup un peu étrange. J6 vs QJ sur un flop J55 où Fred pushe son tapis à la river mais Axelle ne se démonte pas et call avec sa top pair. Puis, c’est Flora qui nous quitte, ayant dépassé depuis longtemps la permission de minuit à force de bonnes décisions et de maîtrise du jeu (une future Jennifer Harman, peut-être !).

Puis arrive le moment tant redouté de la bulle, l’instant où tout bascule, où tu rentres bredouille ou non. Et cette fois, après de multiples renversements de situations, et de bad beats successifs, c’est finalement Cowboy Eric qui rend les armes avec A9 et laisse les trois heureux survivants rêver du titre du FKPT !
Axelle éprouve quelques difficultés à s’adapter au jeu à trois, sensiblement moins expérimentée que ses deux compagnons de jeu, adeptes du jeu Online depuis déjà pas mal de temps, Guillaume la serrure et Dexter David ! Elle finit par payer le tapis de Guillaume et sort 3ème.

Le HU peut alors commencer, entre un gros chipleader et un short stack. La bataille va durer une trentaine de mains, dealées de main de maître par le MC de la soirée. Guillaume se fait petit à petit dominer par un adversaire agressif qui sait profiter de l’attitude (trop) tight de Guillaume. Après plusieurs coin flips, dont une confrontation mythique 33 vs A6, David sortira vainqueur de ce duel, laissant sans doute à Guillaume un léger sentiment d’amertume.

Bravo à tous pour ce tournoi, mention spécial à David, que je retrouverais sans doute bientôt sur les tables de Winamax (si bien sûr il arrive à croire que ce n’est pas truqué, et que les bad beats sont pour tout le monde !!)

et un grand merci à Fred de nous avoir accueilli chez lui pour gambler comme des fous dans une bonne ambiance toute la nuit. Le vin était bon, les cocktails encore plus, le tiramisu aussi… Le tournoi fut court, mais la soirée fut belle.

A bientôt pour un prochain épisode du FKPT !!

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