Se faire un film ?

4 février 2010 at 01:47 (Compte-Rendus)

PREFLOP

Vendredi dernier, je reçois un texto d’un ami. On me propose un Poker live le lendemain à 15h. C’est un pote à moi qui me le propose. Il y a eu un désistement. On peut participer tous les deux. Pas trop d’info sur le tournoi, la structure, le tarif, mais je suis déjà allé dans cet endroit disputer une partie il y a quelques mois donc je n’ai pas trop d’inquiétudes. Pourtant, j’aurais peut-être dû me méfier. Le dernier tournoi organisé là-bas a lancé un débat houleux sur le forum ClubPoker par rapport aux manières discutables de l’organisateur, dont je tairais le nom (car je ne suis pas là pour le salir !)

J’arrive en avance, comme d’habitude, boissons et gâteaux sous le bras pour passer un bon moment chez quelqu’un qui, fièrement, dit qu’il « ne prend pas de rake ». Il me reçoit amicalement. Je suis le premier. C’est la deuxième fois que je viens. On joue dans une petite salle au sous-sol, pas très rassurant de prime abord, mais ça va, je ne serais pas seul. Les jetons sont prêts. Deepstack. Ca fait plaisir, on va pouvoir jouer, pas besoin de s’envoyer en l’air avec une poubelle tout de suite. Je suis assez confiant, même si aujourd’hui, je joue surtout en cash game, je pense que ces 4 mois de découvertes du jeu post-flop, turn et river m’ont permis d’améliorer mon jeu de tournois (surtout deepstack). Mais quid de l’adversité ? On va bien voir.

FLOP

La partie démarre très vite, chacun prend sa place, sauf le malheureux 9ème joueur, qui s’est désisté et s’attire les foudres de l’organisateur « Il reviendra jamais, lui ! Fini ! » Ok, si tu veux.

On s’acquitte du buy-in. 50 euros. Beaucoup pour une partie entre potes, mais en même temps, sommes-nous des potes ? Je les connais pas ces fishs, hormis mon pote de cinéma qui va sans doute me faire des misères. Donc, je suis là pour prendre les sous, et pour me faire plaisir !!
J’adopte un style de jeu très tight dès le début de la partie. 15000 jetons. Blindes 25-50 pour des rounds de 30′. On a la temps. Ne pas s’enflammer, surtout !
Comme je le pressentais, mon premier gros coup va être joué contre mon pote. Je raise 150 avec 99 au HJ. BOBBY (c’est pas son vrai non, vous m’aurez compris !) me paye au BTN. Les blindes foldent. Le flop tombe, Q92 avec deux coeurs. Pas si mal, hehe !! Je c-bet 300 dans un pot de 375, il me raise aussitôt à 900. Merde, à ce moment-là, je me dis juste que je veux pas sortir mon pote, ça me ferait chier, cinq minutes après le début de la partie. Je raise à 2700, histoire de bien lui faire comprendre que je suis armé (j’aurais peut-être just call contre n’importe qui d’autre). Malheureusement pour moi, ou heureusement finalement, il me paye. Bon, là j’avoue je suis pas rassuré si un coeur sort. Turn Q. Une belle carte pour moi. je checke, espérant un petit bet de sa part, mais il check behind. River brique qui ne fait pas rentrer la couleur. Là, je me dis que je vais avoir du mal à me faire payer. Je tente un value bet à 5000, un peu gros, sachant qu’il est sans doute sur un tirage raté. Il folde assez vite, et me révèlera plus tard avoir eu AJ (à coeur).
Le tournoi commence bien pour moi. Je ne vais jouer que des petits pots en me servant souvent de mon image de grosse serrure, pour me maintenir à flot entre 15K et 20K.

Bientôt, on tient un premier sortant, et pas des moindres puisque c’est l’organisateur himself ! Là, je me dis dans ma tête, il va nous virer de chez lui, dégoûté. Pour le plaisir, le coup tel que je m’en souviens. Un joueur qui est entré dans pas mal de coup relance à 300. ORGA relance en SB à 1250. Et là, tout s’emballe. le relanceur initial 4-bet à 5000. Confiant, l’ORGA avance son tapis (environ 13K), payé après une petite hésitation par AQ !!!! Le call est borderline, sans nul doute mais que dire de ce move de donkey après 30 minutes de tournoi, puisque la main avec laquelle il shove all-in n’est autre que … A9 !

Enfin, l’organisateur out, je m’attends au pire. Vu la réputation du mec, il va peut-être nous proposer de passer tout de suite aux blindes 300-600. A mon grand étonnement, il va finalement dealer pour nous (souvenez-vous de ça !). « Bonne idée », je me dis à ce moment-là ! « On pourra se concentrer sur le jeu ».

La suite du tournoi me permet un peu de cerner les personnalités en présence. On trouve au moins deux joueurs très faibles, typiquement des joueurs de live, qui rentrent dans beaucoup de coups en callant juste la blinde puis foldent très facilement sur une relance, un joueur honnête, sosie de Antoine Saout qui sautera sur un move discutable mais exécuté sur le LUCKY player du tournoi (celui qui a gagné le coup contre l’Organisateur) qui cette fois avait les cowboys en main. A 6 left, LUCKY dispose de quasiment la moitié des jetons. Mais il a travaillé chez Fedex avant, donc ça devrait aller !!

TURN

Arrive alors le coup qui va me propulser à sa hauteur. Sur des blindes à 200-400, je relance à 1300, payé une fois. Au tour de LUCKY de parler. Sûr de lui, il fait 8000. Je regarde à nouveau mes cartes. Cette fois, c’est moi qui ai KK en main. Ni une ni deux, je pousse mon tapis. Après tout, il va sans doute me payer avec AQ ou TT. Ca ne rate pas, il paye assez vite avec AQ et je gagne le coup pour passer à plus de 40K. Je passe chipleader et je sens que mon adversaire principal (en terme de jetons) va bientôt spew tout son stack.

Un des loose-passif meurt sur un coin-flip et on se retrouve bientôt à 4. Mon pote est toujours là, mais est officiellement le short stack de la table. Le seul joueur dont je n’ai pas parlé est l’un des meilleurs joueurs, à priori le seul qui comprenne le jeu, qui sait folder ses mains quand il faut, qui joue la position, et a plutôt des bons reads. Un adversaire dangereux, en somme. C’est finalement mon pote qui sort 4ème, sur un classique coin flip JJ vs AQ de LUCKY, qui a passé toute sa soirée à chatter, comme on dit.

Et c’est là que tournoi devient passionnant, ou désolant, attendez la suite …
Maintenant on est trois, deux gros tapis, et un shortstack. La première chose qui arrive sur le tapis (et non, ce ne sont pas les cartes ou les jetons !), c’est le Deal. En effet, affecté par la bulle de mon dernier tournoi live, j’accepte qu’on rembourse la troisième place. C’est toujours ça d’assuré, même si maintenant, je serais tout de même bien déçu de finir 3ème. Donc, la répartition des prix. 1er : 200€, 2ème : 150€, 3ème : 50€.
Les blindes sont encore raisonnables, 300-600 ou 400-800 je suis plus trop sûr. La route est encore longue pour gagner ce tournoi, enfin, c’est ce que je pense à ce moment-là.

RIVER
La main suivant le deal, ORGA distribue les cartes, lentement, fixant bien les cartes qu’il a distribuées et guettant la réaction des joueurs. Je suis BB, je retourne mes cartes, vérifie bien une deuxième fois. Oui, j’ai bien KK, une nouvelle fois. Le bon joueur relance à 2500 (il lui reste 15K derrière), et là, LUCKY fait tapis pour 50K. je ne réfléchis pas longtemps avant de dire CALL. On a des tapis équivalents. Donc, le bon joueur peut sortir du coup et espérer la deuxième place. Et là, l’organisateur, bouillonnant, demande à voir mes cartes, pour la première fois de la partie « je peux voir, vas-y montre ! » Moi, à ce moment, un petit éclair de lucidité me dit que j’aurais pas dû payer. Pourtant, contre ce type de joueur, c’est un CALL évident, j’en suis conscient, mais j’ai un mauvais feeling. Le BON JOUEUR finit par folder, trop content de gagner 100 euros sur ce coup.
Et là, je découvre la seule main que je ne voulais pas voir (et surtout que j’étais persuadé de ne pas voir) : AA !

Bien sûr, je m’en suis pris plein des confrontations comme celle-là sur le net, mais là, je sais pas trop l’expliquer, ça me fait vraiment mal. J’ai envie de vomir. Et là, le bon joueur retourne ses cartes, tout content de lui, et un peu surpris du coup, il avait QQ !!
Je me répète dans ma tête que je ne pouvais pas folder. J’encaisse le coup, dignement, mais je n’encaisse pas d’argent, je récupère juste mon petit billet de 50. Et tandis que les autres se marrent en disant que ça n’arrive que dans 0,1% des cas, et se gaussent sur l’énormité de la chose, je me dis au bout de quelques secondes que je viens de me faire arnaquer en beauté. Je n’accuse pas mais je me permet de douter sur cette dernière main. L’Organisateur voulait en finir, c’est clair maintenant, il disputait un autre tournoi juste après et devait être bien frustré d’avoir sauté si tôt. Il aurait pu trafiquer le jeu super facilement, en plus ils étaient deux à dealer, c’est encore plus facile avec un complice. Son attitude, l’envie d’en finir, sa réputation sur les forums, associées au fait que mon pote a pensé la même chose de cette dernière main « louche », me laisse un goût amer.

Je suis intimement persuadé qu’il a triché et voulu ainsi écourter le jeu, je ne dis pas qu’il a fait ça pour faire gagner untel ou untel, mais juste pour que ça finisse, en distribuant dans l’ordre (c’est plus facile à faire !) AA, KK et QQ.

Quoi de plus frustrant que de terminer de cette façon lorsque l’on a l’impression de jouer son meilleur Poker et d’avoir la structure pour développer son jeu. On m’y reprendra pas. Amusez-vous tous seuls avec vos Paulsons !

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Cinéma 1 – 1 Poker

3 janvier 2009 at 18:36 (Le Match)

Bonne année 2009 à tous, joueurs de Poker ou cinéphiles !!

Je reprends ce blog car 2009 sera sans doute une année particulière pour moi. L’année 2008 s’est terminée d’une manière étrange. Suite à de nombreuses désillusions, j’ai perdu mon statut d’intermittent qui me faisait vivre correctement tout en me laissant du temps pour jouer au Poker. Ayant stoppé ma carrière de joueur en devenir en mai dernier à cause d’un trop plein de bad beats et surtout d’une remise en question sur le temps que je passais à jouer au lieu de créer, je me suis pourtant  remis à jouer fin septembre, mais d’une autre manière : pour gagner ma croûte. Enfin, il ne s’agit pas ici de dire que je suis devenu pro, mais plutôt d’expliquer que je me suis fixé des objectifs, à savoir dégager l’argent nécessaire pour « survivre » grâce au Poker et ainsi continuer à espérer faire carrière comme réalisateur de cinéma. J’ai résolu mon problème d’ « addiction temporelle » en m’imposant des temps de jeu limités par mois. Certes, j’ai parfois du mal à résister aux sirènes du jeu, mais j’arrive plus ou moins bien à m’arrêter à temps, une fois l’objectif atteint.

Cependant, je ne sais pas si j’ai vraiment fait le bon choix. Le statut d’intermittent, même s’il est amené à disparaître à notre grand regret, m’apportait une certaine sécurité financière et me laissait pas mal de temps libre. Cette sécurité, difficile de la retrouver au Poker même si on est un joueur gagnant. Lorsque j’annonce ce genre de décision à des proches, tous rigolent et s’étonnent. « Mais si tu perds ? » Il suffit parfois de leur parler de gestion de Bankroll pour leur faire comprendre que les risques sont tout de même limités.

Le début de l’année me dira si ma tentative de concilier mes deux passions (l’une finançant l’autre) peut fonctionner. Normalement, cette année sera l’année de mon retour derrière la caméra. J’attends des réponses de commission avant de lancer la prépa de mon nouveau projet de court-métrage « En bas de l’échelle ». Et j’espère bien que, sur le tournage prévu pour le mois de juin, les électros apporteront leur malette de jetons pour défier les machinos !!

Bonne année à tous.

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Cinéma 1 – Poker 0

20 mai 2008 at 18:39 (Le Match)

Il arrive un jour où il devient nécessaire de faire des choix. Depuis tout petit, je rêve de faire du cinéma, de filmer des acteurs, d’installer des travellings, de fouler les marches de Cannes…
Je n’ai jamais rêvé d’aller à Vegas même si j’ai toujours ete fasciné par le monde du jeu.

Après avoir eu 26 ans il y a quelques jours, il est temps de faire un point : j’étais tellement persuadé que je réaliserais mon premier long-métrage avant mes 25 ans que je ne l’ai pas fait ! Mon rêve de rivaliser avec Leos Carax en terme de précocité est définitivement perdu J’étais pourtant pas si mal parti. Doublant rapidement mon tapis (avec une poubelle !!) en réalisant mon premier court-métrage à 15 ans grâce à une aide de la ville de Poitiers, je pouvais enfin présenter mon film Jusqu’où ? à quelques spectateurs lors de festivals. Puis, les projets se sont enchaînés, tournés pour la plupart en VSH-C (Youpi !). Des petits projets, bien sûr, mais qui m’ont au moins conforté dans ma vocation de devenir réalisateur. A 18 ans, l’entrée au BTS et la rencontre (enfin!!) avec des gens qui avaient les mêmes passions que moi m’ont permis de réaliser trois films en trois ans :  L’épreuve de mon existence, De l’Air, et finalement Invisibleue l’année suivant le BTS.
Et puis, Invisibleue fut pour moi un choc, dont je commence à peine à me remettre. Ce film que j’aime pourtant beaucoup m’a permis d’apprendre énormément mais a également pas mal perturbé le jeune adulte que j’étais alors. Après ce film boudé par les festivals, j’ai eu beaucoup de mal à retrouver la motivation qui m’accompagnait lorsque je me lançais à corps perdus dans mes projets. J’aurais pu faire la Femis, c’est vrai … J’ai quelques regrets. Peut-être est-ce qu’un passage dans cette école m’aurait permis de « m’accrocher », de continuer à tourner, surtout. Car, depuis Invisibleue, hormis deux clips et un beau projet pour la Patate Chôde, c’est le vide. J’ai tout de même développé quelques projets mais aucun n’a pu voir le jour. Voici quelques titres de film qui auraient pu exister si ….

L’empreinte de la lune
Les yeux rouges
Accord perdu
Feu ! (qui se fera un jour, espérons !!!)

Mais voilà, les commissions, les décideurs en ont décidé autrement, et après Invisibleue, je n’étais plus capable de foncer tête baissée pour réaliser ces projets sans aucune aide financière et surtout sans boîte de prod. Dans ces moments de crise existentielle et de panne d’inspiration, j’ai (re)découvert le Poker et le plaisir de la victoire. En effet, j’ai toujours été un gagneur, et ca a un côté rassurant. Je n’abandonnerais jamais le Cinéma car je suis persuadé que je pourrais un jour gagner le droit de faire les films dont j’ai envie. Et maintenant, je vais me battre pour ça. Avec détermination et acharnement.

Le Poker est arrivé l’année où je vivais la douloureuse expérience de croire fermement que j’allais me lancer dans mon premier long-métrage Feu ! . Ce jeu m’a permis d’oublier mes échecs (sans jeu de mot !!), d’intégrer un monde où on me jugeait pas, où le bad beat n’était finalement pas si douloureux. Recevoir une énième réponse négative du CNC fait vraiment plus mal que perdre avec deux As. Après deux ans à jouer -beaucoup trop-, j’en tire quelques conclusions. J’aime ce jeu, mais je culpabilise beaucoup  de jouer autant. Je suis largement gagnant, mais certainement pas assez pour en être satisfait et pour envisager d’en faire une source de revenus réguliers. Je sais que j’ai beaucoup progressé, mais je ne vois plus trop mon intérêt à persister à jouer des tournois à 20 ou 50$. Après tout, je pourrais toujours y revenir si je vois que le cinéma n’est pas un monde pour moi. Alors, je vivrais à fond pour ce jeu. Je lirais tout, je travaillerais et serais capable d’éviter de perdre à la bulle !! Mais aujourd’hui, je me redirige vers mes premiers amours, je mets entre parenthèse ce jeu (sans pour autant arrêter définitivement !) pour redevenir un créateur, car ma vie n’a pas de sens si je ne regarde plus de films de Robert Bresson, si je ne filme pas des acteurs qui s’embrassent, si je n’écris plus d’histoires à l’eau de rose ou à base de peinture bleue. Bien sûr, j’écrirais sans doute quelque chose sur le Poker, mais pas un manuel, un court-métrage, pourquoi pas, qui serait sans doute une vraie thérapie. Arrêter le Poker, ce sera sans doute dur, j’ai jamais fumé ni pris de drogue, je ne connais que l’addiction au Jeu. J’espère que je m’en sortirais. Si vous avez des conseils, n’hésitez pas !

Je remercie également Marion, ma productrice, pour avoir cru en moi à un moment où même moi je n’y croyais plus. Avec toi, je suis sûr que je pourrais enfin réaliser ce beau projet de court-métrage dans le Limousin dans de bonnes conditions. Je tournerais bientôt En bas de l’échelle, un projet qui me permettra peut-être de gravir quelques marches sur l’échelle de la création et pourquoi pas de devenir enfin un vrai cinéaste.

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L’expérience « Bankroll in Film »

9 mai 2008 at 16:18 (Cinéma)

Contrairement à pas mal de joueurs que je rencontre, je ne suis pas devenu un joueur de Poker pour me faire de l’argent. Je suis avant tout intéressé par la compétition et donc le Poker de tournoi. C’est sans doute aussi pour ça que les cash game ne me plaisent pas du tout (peut-être changerais-je d’avis un jour ?). Depuis tout petit, j’ai toujours considéré que l’argent gagné en jouant ou en travaillant devait me servir à progresser dans le cinéma et surtout à monter des projets de films. Vous imaginez si l’on me payait pour filmer ? Que ferais-je de cet argent ? Peut-être des films expérimentaux, après tout. Des films expérimentaux avec le budget des films de Mathew Barney !

C’est  pourquoi j’entreprends une expérience qui j’espère vous séduira. Le Poker m’a parfois empêché de me démener plus intensément pour monter des projets, alors autant qu’il serve à quelque chose pour ma carrière de cinéaste. Je me donne un an pour amasser une belle bankroll qui me permettrait de réaliser un court-métrage sur le Poker. En quelque sorte, cela pourrait constituer une sorte d’adieu au Poker et un retour au Cinéma. mais comme le cinéma rime en ce moment pour moi avec projets avortés, je dois me battre tout seul si je veux continuer à réaliser des films. L’idée est donc d’utiliser toute ma bankroll pour réaliser un film en toute indépendance. Donc, je fais appel à vous. Si vous me croisez sur les tables, n’hésitez pas à me laisser votre tapis, c’est pour la bonne cause, pour permettre à un film de se faire. Vous contribuerez en quelque sorte à la réalisation d’un court-métrage, alors n’hésitez pas à me suivre avec 72 ou K3 (mais ne me mettez pas de bad beats s’il vous plaît !).

Je commence à plancher également sur un bouquin sur le Poker dont je ne peux vous dévoiler l’intitulé, tout en  retravaillant ardemment sur mon projet de court-métrage qui s’annonce. D’ailleurs, je vous parlerais bientôt de ce projet qui se rapproche de plus en plus, grâce à une petite région chère à mon coeur qui commence enfin à reconnaître l’un des siens.

Mois par mois, j’essaierais de vous faire suivre cette expérience d’augmentation de bankroll qui permettra peut-être la réalisation d’un film. En ce qui concerne du contenu du film, je suis ouvert à toutes propositions. Sans doute certains d’entre vous ont déjà pensé écrire un film sur le poker ou ont vécu des situations de poker qui auraient pu alimenter un film. N’hésitez pas à m’en parler. Je suis très intéressé également par tous les problèmes liés à l’addiction au jeu et sans doute que ce projet reflètera ce phénomène de société. Espérons seulement que cette bankroll sera assez conséquente pour ne pas tourner en Hi8 !!

A bientôt sur la toile ou sur les tables !

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Pour quelques mots de plus…

27 avril 2008 at 13:11 (News)

Désolé pour mon silence.

Une grande nouvelle a ralenti mon rythme d’écriture ces derniers temps. Un éditeur m’a contacté pour écrire sur le Poker, et notamment sur le rapport entre le Poker et le Cinéma. J’ai donc passé pas mal de temps à réfléchir sur ce que j’allais bien pouvoir raconter tout au long d’un bouquin sur le Poker.
Je continuerais néanmoins d’alimenter ce blog pour vous tenir au courant des avancées de ce projet parallèle.
Bientôt, vous pourrez ainsi retrouver de nouvelles mains de Poker VS Cinéma, de nouvelles anecdotes de jeu (puisqu’il va falloir que je m’y remette sérieusement pour alimenter des pages entières d’analyses précises de coups). N’hésitez pas à me dire ce que vous souhaiteriez voir dans ce projet de livre, que vous soyez cinéphiles ou joueurs de poker.

De plus, j’ai commencé la semaine dernière les premiers repérages pour un tournage que je vais faire au printemps 2009 (si tout se déroule bien d’ici là). Découvrir les lieux de son film apporte toujours cette dose de motivation que l’on ne peut trouver que là : on commence à imaginer, on rêve de son équipe au travail, on pense à la manière dont on dirigera ses comédiens. On commence à tourner…
J’essaierais d’écrire un peu plus dans un prochain post, histoire de vous présenter plus précisément ce projet de livre, né en grande partie grâce à ce blog.

A bientôt sur les tables ou sur la toile.

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Les mains de PvsC (QT)

16 avril 2008 at 21:17 (Hands PvsC)

Poursuivons avec entrain ce catalogue très personnel des mains de Poker par une main très dangereuse.

Il s’agit d’une main qui a été très profitable pour le vainqueur du Main Event 2002 des WSOP (World Series of Poker)

Dans le milieu du Poker, on l’appelle désormais « Robert Varkonyi », du nom de cet amateur ultra chanceux qui a gagné à l’époque 2 millions de dollars pour sa victoire.

Cette main peut être séduisante pour les possibilités de suite qu’elle offre, mais elle est cependant très facilement dominée par une multitude de mains, à savoir QQ, AQ, KQ, AT, KT, TT

Les cinéphiles la surnomment :

Quentin Tarantino

Dire que Tarantino serait un cinéaste dangereux serait un peu exagéré, même si son influence sur la jeune génération de cinéastes n’a pas toujours conduit à des chefs-d’oeuvre. Le cinéma de Tarantino m’a également donné envie de faire du cinéma. Réservoir Dogs fut une vraie révélation, grâce à la narration originale imaginée par Tarantino (bien qu’un peu pompée sur l’Ultime Razzia de Kubrick. Puis l’extase scénaristique est arrivée avec Pulp Fiction, petit bijou de construction dramaturgique Là où de possibles comparaisons peuvent apparaître avec cette main de Poker, c’est par la dangerosité d’une mauvaise digestion du style de Tarantino. On ne compte plus les courts-métrages déstructurés, ou avec des dialogues « tarantiniens », dont les réalisateurs n’ont pour la plupart pas compris la démarche de cet auteur. Tarantino ne vole pas les autres grands cinéastes, mais s’approprie leur style pour mieux le détourner et ainsi créer son oeuvre (voir Kill Bill ou Boulevard de la Mort). Ne partez pas dominé si vous vous décidez à jouer cette main qui appartient en quelque sorte à la série B des mains. Soyez créatifs et peut-être que cette main vous permettra de créer des accidents et de gagner de gros pots, qui vous permettront peut-être un jour de rêver de monter les marches de Cannes. Je serais là.

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La Flying Team

12 avril 2008 at 19:38 (Compte-Rendus)

Qui a dit que le Poker était une activité solitaire ? Le Club Poker avait organisé du 9 au 11 avril une belle compétition par équipes réunissant treize teams, parmi lesquelles on pouvait trouver « La Flying Team » composée du grand Stingerben, de Wapadu « le roi du stud », de Benoux75 « Omaha boy », de Fredmccoino « le petit prince du Hu sans adversaire » et de votre serviteur « Fish du Hold’em ». Pendant trois jours, nous participions chacun à un tournoi dans une variante différente du Poker. Ce fut une très belle expérience, qui révèle le potentiel collectif de ce jeu. En effet, la convivialité était bien présente, grâce à Skype ou Msn, et l’esprit d’équipe faisait plaisir à voir.

Je tiens à féliciter tous mes coéquipiers qui ont permis à la Team d’obtenir une honorable 6ème place (synonyme de qualification pour le Play-offs – si play-offs il y a -) Mes performances sur ce tournoi furent loin d’être satisfaisantes. J’ai pas vu beaucoup de cartes et j’ai visiblement ressenti la pression inhérente au sport d’équipe (peur de ne pas être à la hauteur, de ne pas montrer le bon exemple…) Heureusement, l’équipe était soudée, et on se soutenait les uns les autres.

J’ai vraiment apprécié cette série de tournois car elle m’a rappelé un peu ce qu’est une équipe de cinéma (ce que j’ai tendance à oublier en ce moment, à cause de tous ces projets qui ne restent « que des projets ») C’est vrai, je pense que j’aime animer une équipe, soutenir mes techniciens, vivre une belle expérience avec eux et construire ensemble le plus beau film possible.

Dire que j’ai retrouvé ce plaisir de la mise en scène dans cette expérience pokéristique serait un peu exagéré mais on est tout de même pas si loin. J’espère juste que cette compétition me boostera un peu pour retrouver ma motivation de réalisateur et que je serais à nouveau capable de mener une équipe de cinéma, cette fois.

Pour l’instant, merci à tous les membres de la Flying Team et à bientôt sur les tables.

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Invisiblues

12 avril 2008 at 19:17 (News)

Depuis plusieurs semaines, j’ai commencé ce blog. Quelques bribes de réponses se profilent déjà, bien que ma recherche intime et existentielle n’en est qu’à ses premiers balbutiements. Pour l’instant, voici quelques réponses :

Pourquoi je ne fais plus de Cinéma ?
– Parce que je joue trop au Poker.

Pourquoi je ne gagne pas assez au Poker ?
– Parce que j’essaie de faire du Cinéma.

Mais le dilemme est toujours omniprésent. Il me semble possible, avec un peu d’exercice et de lectures, de gagner de quoi vivre (ou survivre !) en jouant au poker, le poker deviendrait alors une sorte de nouveau travail alimentaire, pas pire que ces journées de montage passées sur des projets peu stimulants.

Mais évidemment, l’envie de repasser derrière une caméra me démange autant qu’elle dérange certains. Mon projet de court-métrage ne se fera pas tout seul et je remercie vivement ici ma productrice d’être encore la seule (avec ma famille) à croire en mes capacités  de réalisateur. Mais ce projet n’est pas encore pour demain, sachant que l’on doit passer par tout un tas de commissions. Y a de quoi se décourager ou pousser des coups de gueule. Je n’ai jamais été le chouchou des commissions. Beaucoup d’échecs au pied du podium m’ont d’abord endurci, puis découragé. J’espère retrouver grâce à ce projet l’enthousiasme et la détermination qui m’animait à chaque nouveau projet lorsque j’étais plus jeune. Mais ai-je encore en moi cette féroce volonté qui me faisait gravir des montagnes. Aujourd’hui, j’ai le blues du cinéma, ce que j’appelle  » l’Invisiblues  » (ceux qui ont vu mon court-métrage Invisibleue comprendront).  Pourtant, je sais bien que c’est ceux qui s’accrochent qui réussiront un jour, mais dois-je encore m’accrocher désespérément ? Certains me conseillent de tenter l’aventure du poker, au moins pour un temps, d’autres de continuer à ramer sur l’océan des réponses négatives et de la frustration. De quel côté êtes-vous ?

Je crois être atteint du  » Syndrome de la Bulle  » (le « Bubble Syndrom »). Au Poker, c’est le moment juste avant les places payées d’un tournoi, où vous êtes tenté de ralentir votre action pour rentrer dans l’argent, quitte à  perdre l’avantage qui aurait pu vous conduire beaucoup plus loin dans le tournoi. Pour clarifier, avoir peur de sauter à la bulle, c’est jouer la sécurité et viser les petits profits. Mais ne doit-on pas voir plus grand ? Faut-il attendre les réponses de commissions qui vont vous donner de quoi tourner un film de 20 minutes, ou prendre les devants et se lancer tête baissée dans la production d’un long-métrage à petit budget ? J’en ai marre d’attendre, et d’entendre, des « non », des « peut-être », des « on verra ». Ma principale qualité au Poker reste la patience, attendre des cartes pendant des heures, ne pas tilter, savoir choisir ses moments. Au cinéma, c’est l’inverse, j’ai toujours été impatient, fonceur, voulant réaliser tout de suite, je me suis vite brûler les ailes en faisant souffler un personnage dans un ballon gonflé à l’hélium. Je ne crois pas encore au scénario parfait, et aimerait commencer un tournage avec des scénarios imparfaits comme Mathieu Amalric l’a dit un jour dans une interview. J’ai changé, je crois que la meilleure solution est de tourner quoiqu’il arrive, avec un scénario maladroit ou des dialogues pas aboutis. Tant pis, le principal est de raconter des histoires et d’émouvoir ses spectateurs.

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Les mains de Poker vs Cinema (AK)

9 avril 2008 at 19:17 (Hands PvsC)

Pour poursuivre cette partie maintenant célèbre de ce blog, voici une nouvelle main de Poker destiné aux amateurs de cinéma.Voici donc cette main que tous les joueurs de Poker aiment découvrir en soulevant leurs cartes.

Dans le milieu du Poker, on l’appelle parfois Big Slick mais surtout Anna Kournikova

Anna Kournikova, parce que, pour les joueurs de Poker, « c’est beau mais ça ne gagne jamais » :
il est vrai que Anna Kournikova, malgré sa plastique irréprochable, n’a jamais remporté le moindre tournoi sur le circuit professionnel, bien qu’elle fût pourtant l’un des plus grands espoirs du tennis mondial.

Pour les cinéphiles, c’est :

Akira Kurosawa

La plupart des débutants au Poker tombent amoureux de cette main. Et pourtant, si le flop n’apporte que des petites cartes, on peut dire que vous êtes déjà presque mort. Je ne donnerais pas de conseil magique pour jouer cette main. En tout cas, n’hésitez pas à vous engager avec preflop, mais si vous êtes suivi et que le flop s’avère anodin, ne vous entêtez pas, vous êtes sûrement déjà battu. AK, c’est d’abord le nom du documentaire que Chris Marker a consacré à Akira Kurosawa, le cinéaste qui a le plus influencé les cinéastes américains des années 70 (les Scorsese, Coppola, Spielberg et autres…) Donc avant de folder AK, n’oubliez pas tout ce que Kurosawa a appris à la jeune génération, et regardez à nouveau Rashômon, Les Sept Samouraïs ou Ran pour vous en convaincre.

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J’ai toujours rêvé d’être …

7 avril 2008 at 21:15 (News)

… un joueur.

Passer ma vie à jouer, serait-ce un rêve ? Je crois que j’ai toujours voulu être un joueur plutôt qu’un gangster. Parce que j’ai cette farouche envie de gagner, d’être le meilleur. Devenir un professionnel, c’est encore autre chose. C’est peut-être perdre sa vie à essayer de la gagner. Se renfermer, se replier sur soi. J’aime le jeu, défier les autres, prendre du plaisir, avancer ses pions, miser, gratter, gagner, perdre parfois… J’aime voir des cartes, les toucher, les distribuer, les jeter… Je me suis retenu pendant longtemps de jouer trop. Aujourd’hui, j’ai trouvé dans le Poker un jeu qui me fait vibrer, m’excite, me comble de joie, et de tristesse. Suis-je assez talentueux pour être un vrai gagnant ? Assez chanceux pour gagner mes coin-flips ? Si seulement j’étais très mauvais, je n’aurais pas d’hésitations sur mes choix. Et vous ne liriez pas ce blog en ce moment. Mais heureusement …

… un réalisateur.

J’ai depuis plus longtemps encore rencontré le monde du cinéma. Ce monde merveilleux qui ne laisse que peu de place aux jeunes auteurs. Mais l’émotion que j’ai ressenti devant les films de Kusturica, de Chaplin, de Bresson me rappelle ce désir que j’ai eu un jour de faire à mon tour des films. Pour rendre au moins 1% du plaisir que j’ai pu recevoir en regardant ces films. Un jour dans un festival de courts-métrages, on me demandait pourquoi je voulais faire des films, je me souviens avoir répondu naïvement : « J’ai souvent été ému devant certains films, j’aimerais beaucoup que des spectateurs le soient en voyant mes films »  Aujourd’hui, je ne fais pas de films, j’essaie d’en faire. Bientôt, peut-être, je repasserais derrière une caméra, et ce jour-là, je saurais si je veux passer le reste de ma vie derrière une caméra, exposant mes angoisses ou mes bonheurs au monde entier, ou derrière une table de jeu, à l’abri.

Poker vs Cinéma.

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