Mon PPD Lyon aux couleurs de My Poker Squad

14 février 2012 at 19:54 (Compte-Rendus, News)

@My Poker Squad

Ce week-end, grâce à une opération de My Poker Squad, j’ai eu la chance de me rendre au Partouche Poker Deepstack de Lyon non pas pour couvrir le tournoi mais pour le jouer. En effet, le célèbre site de staking avait permis à huit couvreurs d’intégrer le site au sein de la Team Press Pro, dans le but de trouver des stakeurs pour participer à des petits tournois live.

Comme des grands, on a donc rempli nos fiches joueurs, envoyer des photos, menti sur nos gains en carrière (juste pour le FISC, hein !) et nous voilà comme des petits imposteurs épinglés sur le site, Julien « Kinshu » Bochereau, Kevin « Harper » Noblat, Julien « Jooles » Gaignard, Steven « Veunstyle » Liardeaux, Mathieu « Mama913 » Sustrac, Tommy Mandel, Pierre « Vintuitt » Barnasson et moi, en quête de staking.

La nouvelle se propage comme une traînée de poudre sur facebook. Huit couvreurs broke cherchent du staking pour aller pousser les jetons à Lyon. Premier brag, j’ai vendu toutes mes parts en moins de quinze minutes, grâce à un joueur qui a « tout mis », vous comprendrez aisément de qui je parle.

Bref, le joueur que j’ai le plus charrié sur le circuit live a décidé de me staker pour mon premier tournoi live de l’année 2012. Sur quels critères ? Pour que j’arrête de dire qu’il multi-account ? Pour que je parle de lui sur les coverages ? Parce qu’il pense que je suis ev+ sur ce field ? Parce que finalement, il m’aime bien ?

De toute façon, parier sur un couvreur, c’est toujours une riche idée.

Mes collègues parviendront également tous à vendre leurs parts avec plus ou moins de difficultés et nous voilà tous en partance pour Lyon afin de jouer le « tournoi d’une vie ».

Après une petite soirée sympa dans l’antre des grinders lyonnais Jaybee et Kangoo, nous voilà au départ du Main Event du PPD Lyon. 50 000 jetons, des rounds d’une heure pour des blinds qui commencent à 50/100, une structure de rêve offerte par le groupe Partouche pour cette série de tournois lancée l’an dernier. Vu que j’avais déjà eu la chance d’en couvrir plusieurs étapes, je savais que ce tournoi allait être un vrai marathon. En gros, 14 heures/jour à la table, c’est pas facile de tenir le rythme.

Pour l’occasion, j’arborais les couleurs de My Poker Squad et un petit logo Club Poker (quand même, on n’oublie pas d’où on vient !). Nous étions d’ailleurs suivi pendant le tournoi par Alex et Cyril (qui couvraient pour MPS) ainsi que par Npyu-System (qui couvrait pour CP), sensation d’ailleurs un peu étrange de devoir raconter ses coups. On se rend compte ainsi que c’est pas toujours facile de se souvenir avec précision des sizings, des positions … ce qu’on reproche en général aux joueurs qui nous racontent des conneries sur leurs coups.

Sur ce tournoi qui affichait complet, à tel point que le groupe Partouche a annoncé dès le vendredi l’organisation d’un autre PPD au Lyon Vert en mars prochain, je retrouvais quelques habitués du circuit, comme Pierre « Sharkl0 » Drochon, Quentin « 2balla2lose » Lecomte, Flavien « Gerard Mendujeu » Guenan, Alexis « Lesuperpanda » Bouchiouane ou encore Jimmy « Thiness » Guerrero. Curieusement, ça me faisait plaisir d’être de leurs côtés pour une fois, même si je n’aspire pas spécialement à une carrière de joueur. Passer de l’autre côté de la barrière l’espace d’un tournoi, ça fait quand même plaisir. Pouvoir raconter ses coups, avoir des avis de joueurs compétents, pouvoir comprendre un peu mieux les émotions ressenties par les joueurs aux tables, c’est assez chouette.

Jour 1

@My Poker Squad

Mon Jour 1 a été assez compliqué. Pourtant, j’avais au départ hérité d’une table assez facile, si l’on excepte la présence de Stan, un jeune grinder de cash-game 2/4 , 3/6, juste à ma droite. Y avait également Grégory « Juda92 » Ravise mais en mode « Je ne fais que perdre des jetons ». Le reste de la table, c’était des calling stations assez exploitables. Malheureusement, mon jeune voisin un peu éméché saisissait tous les spots et j’éprouvais quelques difficultés à monter des jetons dans les premiers niveaux.

J’ai perdu quelques jetons assez vite dans les premiers niveaux après avoir voulu jouer un peu plus loose que d’habitude, descendant à 42k à la fin du premier niveau. Heureusement, j’ai ensuite réussi à revenir un peu en 3-bettant et en trouvant un flop magique pour revenir au stack de départ.

Ensuite, peu de temps avant de quitter la table, j’ai eu un spot assez intéressant. Sur les blinds 200/400, le joueur UTG limpe à 400, un joueur en MP fait 1200, payé par « Juda92 » en middle et Stan en SB. Je découvre en BB, demande à Grég combien il joue (environ 12k) et opte pour un squeeze à 4,2k (décide à payer un shove du short-stack). Seul le relanceur initial paye mon squeeze. Sur le flop , j’envoie un c-bet à 5,6k et je suis à nouveau payé. On checke tous les deux sur la turn . Sur la river , même si je pense que mon adversaire peut avoir simplement un gros coeur, je me dis que j’ai un peu de value sur les mains type 88, 99, TT et tente une petite mise à 5,1k. Mon adversaire folde assez rapidement ce qui devait donc être un draw et je passe à 72k après ce coup.

Tandis que j’apprécie particulièrement cette table, on vient me dire que le jeu est fini, je dois changer de table.

J’atterris à la table de Florian « Karadonk1 » Bourlet, joueur que j’avais suivi l’an dernier sur ce même PPD, redoutable joueur de cash online qui a cette année gagner le FCOOP HU. Cette table semble d’emblée beaucoup plus difficile que la précédente et je me dis que je vais devoir élargir mon panel de mains et tenter des moves un peu tricky. En guise d’entrée en matière, je perds un petit 99 vs 97s pour un pot à 6k qui me fait chuter à 67k.

Alors que j’ai pour l’instant une image plutôt tight, je relance en milieu de parole pour 1 300 (sur les blinds 300/600/75 et suis uniquement payé par la petite blind, un joueur que j’ai identifié comme assez faible.

Je trouve un flop parfait pour c-bet à 1 600. C’est payé. Deuxième barrel à 2 300 sur la turn qui m’apporte la flush.

Sur la river , je décide d’augmenter les enchères, en faisant 7 600, persuadé que mon adversaire va se level sur un possible « arrachage ». Ca marche plutôt pas mal puisque mon adversaire me paye en me disant qu’il ne me voit pas sur l’as. En effet, j’avais pas l’as mais j’encaisse les jetons pour passer à 82k, en confiance alors que la moyenne avoisine les 65k.

Ensuite, c’est la lente descente aux enfers à base de 3-barrels bluff qui ne passent pas et autres setminings foirés. J’ai clairement pas su changer de vitesse et ouvert souvent trop light contre des joueurs plutôt compétents. Chose assez amusante, Anthony « Panisson » Giangrasso est venu s’asseoir à ma droite et est resté à notre table en mode short-stack pendant un peu moins de deux heures, nous gratifiant de quelques moves hors norme dont il a le secret.

C’est à peu près à ce moment-là que deux coups perdus de suite ont entamé mon moral :

Premier coup : Je relance K6o en middle (lol@tapis_volant est un nit) et suis payé uniquement par Arnaud Durif en position. Je c-bet le flop T9x, puis check-check sur la turn 6. Sur la river 9, je me convaincs que Arnaud a miss un draw et paye avec ma main moisie. Il me montre J9s. Oups.

Deuxième coup : Je relance 2500 en MP sur 600/1200/100 avec  (On a pas le temps de folder dame-dix quand même !) payé par Karadonk au bouton et la BB. Je 2-barrels sur , à 2 750 et 4 100. Et pof, Karadonk me raise à 16k. Il doit me rester 42k derrière imo. Je me dis qu’il est en plein move, mais j’ai pas les couilles et je fold ma top paire pourrie (il me dira avoir )

Je setmine alors comme le vrai spécialiste que je suis, mais ça marche pas très bien, étonnamment. A ce moment-là, je le vois gros comme une maison, je vais finir la journée à 49k, en bon gros nit, alors que Thiness et 2balla2lose sont déjà énormes, comme d’hab.

Puis, comme dirait Marion Nedellec, c’est l’embellie. Je découvre la première premium de la journée et vais parvenir à doubler avec.

Sur les blindes 700/1400/200, je fais 2 900 en MP avec . Karadonk 3-bet à 7250 en SB et je shove 45k-ish. Là, gros tank de sa part, il sait plus où il en est de son plan. « Je suis en train de changer de plan ! ». Alors que je me dis que son plan devait être de 3bet/call puis a opté pour un 3bet/fold un peu dégueu, il me surprend en payant avec . Je tremble un peu surtout que trois carreaux se pointent sur la turn mais je parviens à éviter les balles pour monter à quasi 100k.

Enfin, sur l’avant-dernière main de la journée marathon, Raise UTG à 3200 de Karaye du CP, je fais 7 200 avec QQ et il shove assez vite pour 30k avec AQ. Snaaaaaaaaap ! Ca tient et je passe à 130k pour finir cette journée.

@Npyu_System (Club Poker)

Je mets des jetons dans un sac. Quel plaisir ! Immortalisé par Npyu_System sur son coverage, j’ai l’air d’un gamin qui compte ses jouets. J’avoue, je suis ravi, je vais pouvoir jouer demain, j’ai plus de 70 blinds à l’entame du Jour 2.

Je constate que nous ne sommes plus que trois représentants de My Poker Squad encore en lice dans ce PPD, Veunstyle, Jooles et moi et surtout que certains cpistes (ou wameurs) sont déjà énormes. Thiness a 300k, Karadonk 200k, 2balla2lose 220k.  Tant pis, de toute façon, on ne gagne pas un PPD un Jour 1. C’est surtout le Jour 2 qui compte.

Jour 2

Veunstyle, Tapis_volant, Jooles

Le lendemain, j’atterris à une table avec seulement « Diabolo » que je connais, un pote wameur de Quentin, avant que Alex « Akoos » Coussy (finaliste du PPT cette année) ne vienne s’asseoir à ma gauche !!

J’ai d’ailleurs eu assez vite un coup intéressant contre « Diabolo » :

Sur 800/1600/200, Diabolo ouvre UTG à 3 600, payé par un nit au bouton. Je découvre en SB et décide de flat. La grosse blind paye également.

Je découvre un flop magique. Je pense à donk-bet mais me dis que Diabolo va c-bet quasi toute sa range ici. Du coup, je checke. Diabolo c-bet à 7 500, payé par le nit. Je paye également, me disant à ce moment-là que je vais faire fold beaucoup de mains si je check/raise flop.

La turn est un qui ouvre un flush draw et Diabolo 2-barrels à 16k. Le nit folde assez vite et j’opte pour un check-raise à 35k, persuadé qu’il peut se level et tout mettre avec overpaire.

Il tanke assez longtemps et finit par folder ce qu’il me dira être plus tard . Dommage, mais je monte à 160k, plutôt un bon début.

Je prends encore pas mal de pions en payant le tapis de 30k d’un short avec AK quand il détient AT. Pas d’horreurs, et je passe à 200k aux blinds 1k/2k/300. Wow, j’ai cent blinds dans un tournoi, ça ne m’était pas arrivé depuis 1974 !

Après un passage éclair à la table 2balla2lose/Masterjoghurt où je n’ai pas fait grand chose d’autre que relancer des merguez et me faire 3-bet, je me retrouve à une table vraiment folle où le niveau est digne d’un 5€ sur Winamax quand arrive le fameux coup sur lequel je bust du tournoi :

J’ai 170k aux blinds 2000/4000/50.

Un joueur qui l’orbite d’avant a raise/fold JJ contre un short qui avait 12bb (alors que le mec avait 90bb) relance UTG à 9k (avec 300k de stack. Je découvre au bouton, j’hésite à flat mais je me dis qu’il y a une tonne de value à prendre contre ce type de joueur. Je fais 21k. Il paye assez vite.

Sur le flop , je me sens plutôt nutsé et je veux le faire payer tous ses Ax (AQ/AJ/AT), je fais 21k, un peu moins de la moitié du pot, sachant que ce genre de sizing égal au sizing preflop a tendance à induire les livetards à faire des erreurs.

Bref, il annonce « call » très vite. La turn est un , carte inoffensive s’il en est vu que les A9/A2/A6 sont « à priori » à exclure de sa range.

Il y a quelques temps, j’aurais peut-être check-back pour payer anybet river et contrôler la taille du pot, mais bon, y a mass-value ici contre ce profil très CS. Je fais un deuxième barrel à 35k et il annonce « tapis » assez rapidement.

Je presque-snap sachant que les deux mains dont j’ai peur, honnêtement, sont AA (même s’il m’aurait sans doute 4-bet hyper cher vu le profil) et 99.

Je retourne ma main plutôt rassuré mais je découvre son fabuleux .

Je vois la river tomber et je sais que je viens de quitter le tournoi contre un mec qui va probablement tout dégueuler dans dix minutes. Un peu amer, j’avoue, après avoir grindé sans showdown quasi sur ce Jour 2, je lui lâche un petit « bien joué » qui veut tout dire et je me casse, dégoûté et complètement vidé de sortir maintenant alors que je me sentais en totale confiance.

@ My Poker Squad

Je retrouve rapidement mes esprits en me disant que c’est pas si grave de buster d’un tournoi de poker mais bon, vu que je n’en fais pas tous les quatre matins, ça fait quand même un peu mal de sortir de cette manière.

Après une petite vodka redbull avec les deux blondes de la Team Partouche Margaux Ponnelle et Ondine Monnanteuil histoire de se requinquer (non, non, Margaux ne me déteste pas à cause de ma chronique !!), je décide de prendre ma revanche et de m’inscrire sur le Side à 300€ qui commence le samedi soir au lieu d’aller faire la fête avec les potes lyonnais. C’est tellement peu souvent que je joue en live qu’il serait quand même dommage ne pas prendre part à cette petite sauterie à 15k jetons qui s’annonce, d’autant qu’un stakeur m’a gentiment pris 50% (Merci à toi qui te reconnaîtra).

Bon, je ne vais pas épiloguer sur ce tournoi, en gros, j’ai monté un gros stack lors du Jour 1 en jouant un peu comme un degen (ce qui m’arrive plutôt rarement mais les tables étaient tellement belles …) pour finir à 50k puis j’ai tout dilapidé le lendemain dès les premiers niveaux pour conclure en beauté sur un flip perdu à une trentaine de places de la bulle.

Encore une fois, la sensation frustrante d’avoir accompli un beau tournoi mais d’avoir deep run pour rien.

Me restait plus qu’à soutenir Steven « Veunstyle » Liardeaux, le dernier couvreur en course dans le Side (qui finira ITM pour quelques euros) et le gamin Quentin « 2balla2lose » Lecomte sur le Main Event (12ème pour 2 600€) avec lequel j’avais eu la bonne idée de swapper en début de Jour 2.

Merci à My Poker Squad pour cette belle expérience et à mes stakeurs (plus particulièrement l’aventurier qui a mis toute sa bankroll – ou presque – pour m’aider à jouer ce tournoi). Un grand merci également à tout le staff Partouche (Maxime, Jean-Jacques, Zaton, Benoît, Aurélien…) pour l’accueil sur ce PPD. Même si les couvreurs n’ont pas vraiment brillé, ils reviendront plus fort sur un nouvel event … très bientôt.

Le coverage de My Poker Squad, par Alex et Cyril

Le coverage de Club Poker, par Npyu-System

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2011 : Une année de coverages

10 janvier 2012 at 16:49 (News)

Euh ... comment ça j'ai un double joueur de Poker ?

Bonne année à tous !

J’avoue que comme d’habitude, je ne suis pas hyper actif sur ce blog. Ca tombe bien, je ne suis pas quelqu’un d’hyper-actif en règle générale. Cependant, on peut dire que cette année 2011 a été riche niveau Poker. Devenu le couvreur n°1 de Club Poker après le départ de Kinshu vers Pokerstars/Poker-Actu, j’ai pris mes responsabilités en parcourant le monde pour effectuer des coverages d’événements internationaux. Comme je n’ai pas le courage de recopier ici le post que j’ai fait sur Club Poker, je vous invite à lire la rétrospective de l’année 2011 où vous pourrez découvrir tous les tournois que j’ai eu la chance de couvrir cette année : Vegas, Cannes, Berlin, Deauville, Mazagan … et j’en passe.

La rétrospective de l’année coverage 2011 sur CP

Sinon, 2011 a également été l’année où j’ai officiellement terminé mon court-métrage « En bas de l’échelle » qui commence tout juste sa vie sur les festivals de court-métrage après plusieurs projections officielles sur la région parisienne et dans le Limousin, où le film a été tourné. Ce projet en appelle d’autres, bien évidemment, et j’ai bien l’intention de rebondir cette année et de me remettre au travail pour réaliser à nouveau.

Le combat entre Poker et Cinéma continue en 2012 …

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Mon premier Event WSOP

24 août 2011 at 20:37 (Compte-Rendus)

Même si cela remonte à près de deux mois maintenant, voici le compte-rendu du premier event WSOP que j’ai eu l’occasion de disputer à Vegas début juillet, juste avant de travailler sur le Coverage du Main Event pour Club Poker. N’hésitez pas à commenter cette belle expérience du côté des « joueurs ».

Event #56 des WSOP

A Vegas depuis quelques jours, j’ai déjà pris un malin plaisir à tâter du jeton en attendant l’événement Main Event. Faut bien profiter d’être à Vegas pour gambler un peu. Après deux ou trois bonnes sessions de cash game, je décide de m’inscrire sur un petit side à 235$ où je sauterais tout simplement à la bulle, QQ < K8o. Bien dégoûté d’avoir joué plus de huit heures pour rien sur un Deepstack où il y avait tout de même 45k à la gagne, je décidais de participer à l’Event #56 des World Series of Poker, un 1,5k NLH, ma dernière chance de participer à une épreuve prestigieuse.

Ne croyez pas que je suis devenu un balla à Vegas, j’étais stacké par plusieurs amis qui ont jugé bon de mettre un petit billet sur un gros nit comme moi. Bref, j’étais à la fois ravi de prendre part à ce tournoi et de me mêler à la faune des joueurs de poker en manque d’adrénaline pré-main, mais surtout terrorisé. Curieusement, j’ai plutôt bien dormi avant ce Jour 1 et j’ai même évité le jetlag depuis mon arrivée à Vegas. Run good, sans doute.

Mardi 11h55 heure locale, je m’assois à la table 159 de la Pavillon Room. Je découvre petit à petit les joueurs avec qui je vais partager ce petit bout de rêve. Espérons que cela ne se transforme pas en cauchemar trop vite ! Lorsque je parlais de mon éventuelle participation à ce tournoi, des collègues couvreurs m’incitaient à aller plutôt jouer des Deepstack, sachant que ces petits tournois des WSOP sont des boucheries. Finalement, la structure n’est pas si dégueulasse. Certes, on n’a que 4 500 jetons de départ, mais les niveaux durent une heure et on joue tous les paliers. Bref, à part si on perd un ou deux gros coups d’entrée, c’est clairement jouable.

Tandis que je vois mes futurs adversaires s’asseoir à la table, je découvre Tom Dwan qui erre à quelques mètres. Je commence à avoir une petite angoisse : celle de le voir s’asseoir à la table. En fait, à ce moment-là, je sais pas si je serai content de jouer avec lui ou juste horrifié. Je ne le saurais jamais puisqu’il prend finalement place sur la table juste derrière la mienne.

Le tournament director annonce en anglais le début du tournoi. On y est, plus possible de reculer. Je suis sur un event des WSOP avec plus de 700k à la gagne et 3 389 joueurs et je me retiens de trembler en retournant mes premières cartes. :6d :7h. Ouf, en bon nit, j’espérais presque ne pas tomber sur une main jouable. Ca tombe bien, je fold.

Blindes 25/25 – 4 500

Je joue ensuite les deux mains suivantes, avec   et   où j’abandonne sur des flops que je ne touche pas, dans des multiways. Puis, je reçois   la quatrième main lors que je suis de petite blinde. Un joueur dont je ne sais pour l’instant rien relance à 125 (cinq blindes, quand même). Je fais 325 avec mes cowboys et il paye assez vite. Sur le flop   , je c-bet à 450 et il me relance quasi-instantanément à 900. Ok, je suis déjà dans la merde, avec une décision difficile. Je me demande déjà si je vais être le premier joueur à sauter en revérifiant mes cartes. J’ai pas le roi de carreau. Me sentant déjà probablement battu, je décide tout de même de payer, au cas où l’action ralentirait sur la turn. J’avoue que j’hésite vraiment à go broke sur ce flop, mais ça me semble plutôt spewy à ce niveau du tournoi et avec tout de même 180 blindes devant moi. La turn est un  qui complète la flush. Je checke et il me fait 1 500. Bon, beh là, on y est, si je shove, je serai toujours payé et je peux bust là-dessus. Je préfère préserver mes jetons pour un meilleur spot et folde donc ma main.

Là, ça se bouscule dans ma tête. « Tu te fais marcher dessus ! », « Pourquoi t’as fait ce tournoi ? »,  « Pourquoi tu continues pas plutôt à jouer tes 50€ sur Winamax ? ». Bref, je connais une sorte de crise de confiance et me sens pas trop à l’aise. Je tombe à 3k après ce coup, j’ai donc perdu un tiers de mon stack en dix minutes. Bon début !

Quinze minutes plus tard, alors que j’ai perdu encore quelques pions en payant des relances et en ratant des flops, je décide de call avec   au cut-off après une relance à 100 en early, payée une fois. Là, la grosse blinde, un jeune joueur que je considérais déjà comme le meilleur joueur à table (après moi, obv ! non, je déconne), squeeze à 375. Les deux premiers joueurs passent et je décide de compléter, tout en sachant que c’est un peu close pour setminer.

Parfois, quand on fait de légères erreurs, on est récompensé. C’est comme ça que j’ai vu le flop   se retourner sous mes yeux. Moment magique où je suis persuadé que je vais doubler. Le squeezeur c-bet alors à 600. Avec 2 400 de stack, j’hésite à seulement payer mais, le sentant très fort, j’opte finalement pour un min-raise à 1 200, histoire de l’inciter à tout mettre au milieu. Le plan marche à merveille puisqu’il pousse alors son tapis. Je snap évidemment avec mon brelan et il retourne  . Je passe donc à 5 600 après ce coup et retrouve soudainement une réelle envie de jouer. Je suis clairement heureux d’être là, j’ai de nouveaux de quoi jouer et j’envisage l’avenir du tournoi sereinement.

Blindes 25/50 – 5 600

Au hi-jack, je découvre   et décide de relancer à 125 sur 25/50. Je suis payé par le bon joueur sur lequel j’ai doublé au bouton ainsi que par la petite blinde, un joueur avec un bob sur la tête, à qui j’ai déjà mis une pastille verte sur la tête (bref, vous devez voir à quoi cela correspond). Je trouve un flop   somme toute correcte. Je c-bet petit, à 175 et suis payé uniquement par le fish en petite blinde. Il check-call à nouveau sur la turn  pour 325 cette fois. La river  n’est pas vraiment la carte que j’espérais voir tomber, d’autant que mon adversaire décide alors d’insta-donk-bet à 1k. Je tanke un peu, je sais plus très bien ce que je bats mais me level tout seul en me disant qu’il peut faire ça avec un petit as ou un valet. Bref, j’envoie mon jeton jaune de 1k au milieu et il retourne   pour full trouvé à la turn. Je descends à 3 800 après ce coup, rien de dramatique mais la confiance en prend un coup, d’autant que je regrette un peu ce call un peu borderline.

Deux ou trois mains plus tard, je relance  en milieu de parole et me fait payer par le même joueur. J’espère bien trouver un nouveau set, en bon roi du brelan que je suis en cash game. Le flop    me fait plus que rêver, même si je me demande clairement comment extraire de la value de cette main. Je décide de checker, sachant que ce n’est clairement pas le genre de joueur qui va me float avec deux overcards. Je préfère qu’il touche un petit quelque chose pour l’amener à mettre des jetons au milieu. Bon, il checke aussi. Carte magique sur la turn, le , dont je n’avais pas vraiment besoin, mais bon, je mise tout petit, en espérant qu’il va tenter quelque chose mais ça passe. Un carré pas très bien rentabilisé en tout cas, mais de bonne augure pour la suite. Si on run good comme ça, y a peut-être une chance de monter quelques pions !

Blindes 50/100 – 4 000

De retour du premier break, j’ai quarante blindes devant moi. Le temps d’écouter l’hymne américain pour célébrer le bracelet de la veille et c’est reparti pour un nouveau level d’une heure. La table s’écrème petit à petit. Malheureusement, ce sont surtout des fishs qui nous quittent, remplacés par quelques joueurs décents. Après deux ou trois petits pots perdus, je relance under the gun avec   à 250. Un jeune joueur américain qui ressemble à Ziigmund paye en petite blinde. Sur le flop   , je c-bet à 325 et il me check-raise à 750. Pas nécessairement convaincu qu’il a touché son as, je décide néanmoins de sagement folder et tombe à 3,1k, me disant dans ma tête « T’es bien weak mon tapis ! ».

Ensuite, un jeune allemand qui porte un sweat à capuche, et qui s’avèrera être Pius Heinz (futur November Nine), relance UTG+1 à 325. Je découvre en milieu de parole, hésite à 3-bet shove puis prend l’option call, en me disant que j’ai trop pour tout pousser au milieu. Je folde sur le c-bet de l’allemand sur le flop et tombe à 2,7k.

Pius Heinz (futur November Nine)

Pour parler un peu de ce joueur allemand que j’ai retrouvé à partir du Jour 5 sur le coverage du Main Event, il m’a fait clairement une bonne impression à la table, mais je ne vous cache pas que le voir faire partie des neuf élus de Main a été une sacrée surprise pour moi. Bon, j’ai pas l’impression d’avoir joué avec une star non plus, mais c’est assez jouissif de se dire qu’on a partagé une table avec un des futurs November Nine. Bref, revenons à nos jetons !

Blindes 75/150 – 2 600

A nouveau, je suis en perte totale de confiance. J’ai moins de vingt blindes et je pressens la fin toute proche. Je passe en mode autiste en plaçant mon super casque Beats sur mes oreilles (bon, ok, juste des pauvres écouteurs iPhone !). D’habitude, j’écoute tout le temps la même chanson quand j’ai besoin de me reconcentrer, une chanson de The Xx mais là, bad beat ultime, je l’ai plus sur mon iPhone, je me contente d’une chanson des Kills censée me donner un peu de punch pour m’accrocher à mon petit tapis.

C’est alors que je découvre à nouveau , cette fois under the gun après avoir perdu quelques pions la main d’avant.

Je relance à 350 et me fait payer uniquement par un joueur que j’estime assez mauvais en grosse blinde. Sur le flop , j’envoie un gros c-bet à 600 que mon adversaire décide de payer assez rapidement. Sur la turn , j’envisage de check-back mais pousse finalement mon tapis de 1 300, estimant que ce joueur très calling station pourrait bien me payer avec un 9 ou une middle paire. Finalement, il folde et je me contente de ce pot qui me fait passer à 3,3k.

Peu de temps après, contre le même joueur, je 3-bet KK de petite blinde suite à une relance de sa part au bouton. Je c-bet pas cher sur un flop 44J et il folde, me faisant grimper à 4,3k au deuxième break du tournoi.

Bon, premier bilan, c’est pas terrible vu que j’ai commencé avec 4 500 jetons mais je suis déjà content d’être toujours en vie, d’avoir su rester patient et ne pas craquer. Maintenant, il va falloir monter des jetons !

Blindes 100/200 – 4 300

A la reprise, va se produire une main que je ne suis pas prêt d’oublier. C’est le sosie de Jason Mercier qui va me dealer cette main magique. Tout commence par un limp du joueur UTG, je vois deux gars limper derrière lui et regarde discrètement ma main avant mon tour de parole. Je suis de grosse blinde et possède . Et là, je commence à me dire que ce serait pas mal de pouvoir découvrir un flop magique gratuitement. Curieusement, ça doit être une des premières fois que personne ne relance depuis le début de la partie et je peux donc voir Jason Mercier retourner un flop gratuit. Et là, c’est l’érection instantanée, il retourne le flop inespéré . Je mets deux ou trois secondes à croire à ce qui m’arrive. Je viens juste de flopper quinte flush. Bon, maintenant, je ne sais pas comment je vais pouvoir rentabiliser cette main. Après avoir hésité à bet, je prends l’option slowplay en checkant. Malheureusement, personne n’a l’air intéressé par ce flop et tout le monde checke. Sur le à la turn, je fais une nouvelle tentative de slowplay en me disant qu’il y a bien un gars qui va miser sur l’as. Encore raté ! Décidément, je vais gagner la palme du joueur qui rentabilise le plus mal sa quinte flush ! La river apporte un et je me décide enfin à miser. Je fais assez petit, 525 dans un pot de 1 000. Je suis payé uniquement par mon voisin de gauche, un joueur handicapé que j’avais plutôt catalogué dans les bons joueurs de cette table. Il révèle :5d :5h pour quinte trouvée à la river et découvre avec le sourire ma main, s’en voulant d’avoir mal joué le coup. Il n’est pas le seul. J’ai probablement raté pas mal de value contre lui mais j’avoue que je ne savais pas trop quelle était la meilleur line pour extraire de l’argent de cette quinte flush. Quoiqu’il en soit, je remonte à 5,4k.

Quelques mains plus tard, je paye une relance à 500 de Ziigmund en milieu de parole avec . Sur le flop , il propose 600. Je relance à 1 600 et il me réclame quasiment instantanément mon tapis (3 300 de plus). Je snap et il retourne . Je double après que le croupier ait retourné une turn et une river inoffensives.

Je ne vous cache pas que pour la première fois à tapis dans ce tournoi, j’ai bien tremblé au moment de la turn et de la river, pas vraiment prêt à subir un suckout. J’étais plutôt soulagé d’en sortir vivant.

Un petit squeeze plus tard, et j’aborde la période des antes avec un stack de 11,5k, enfin confiant dans ce tournoi. Je dis pas que je commence à penser au bracelet, mais presque !

Blindes 100/200/25 – 11 500

Vers la fin du niveau, alors que je me suis montré très tight, le même joueur contre lequel j’ai doublé avec les valets relance à 525 au Hi-jack. je découvre de petite blinde et 3-bet à 1 325. Assez confiant, il place alors un 4-bet à 3 325. Là, dans ma tête, je me dis que je vais quand même pas faire mon tapis_volant et 3bet/fold AK, d’autant que j’ai affaire à un joueur assez aggro. Je pousse alors logiquement mon tapis pour un peu plus de 10k et il snap fold en soupirant. J’aurais aimé lui montrer un 2 mais bon, peut-être la prochaine fois ?

On dirait bien que j’ai atteint le dinner-break. Je compte mes jetons avant de me rendre à la délicieuse (sick !) Poker Kitchen. J’ai 13k à la pause.

Dinner-Break

Ca fait tout bizarre de se retrouver à la pause-dîner du côté des joueurs. Je mange avec quelques joueurs du clan français, Lynch, Proscoo, Choop, Remy Biechel et  Renaud123 pour ne pas les citer. Certains ont déjà busté, d’autres sont encore en course dans l’event. Evidemment, on ne parle pas de legos techniques ou de pelote basque, mais la discussion tourne autour des différents coups joués. Je suis tout content de pouvoir enfin saouler les autres avec des histoires de coups que l’on raconte 68 fois dans la journée. Je parle du fait que j’ai que 13k alors que j’ai touché carré et quinte flush.

Ils ont tous l’air étonnés de me voir encore là. Oh les méchants, je suis sûr qu’ils voulaient que je bust premier niveau AA vs KK ! Bon, je suis sûr que vous vous demandez ce que j’ai pris comme repas équilibré dans cette Kitchen. Beh, une salade ! On choisit ses ingrédients pour composer une salade à la carte. Mais les américains sont très forts, ils arrivent à te faire manger une salade qui te donne l’impression d’avoir pris trois kilos instantanément. Bon, revenons au Poker. Maintenant que j’ai atteint le dinner-break, et si j’essayais d’atteindre la fin de journée ? Nouvel objectif.

Blindes 150/300/50 – 13 000

Sans doute en raison de la digestion, je ne joue quasiment pas un coup au cours de ce niveau. Card dead, aucun spot. Bref, un vrai désert pendant une heure sur lequel je ne trouve aucune main à raconter dans mes notes.

Blindes 200/400/50 – 10 000

Mon voisin de droite saute assez vite et qui vient le remplacer : Damien « Lynch » Rony ! Pas la meilleure nouvelle de la journée, même si ça a le mérite de nous faire marrer tous les deux. Quelle est la probabilité de se retrouver côte à côte dans ce tournoi, alors qu’il reste environ 800 joueurs en course ?

Bon, ça aura été un passage éclair pour Damien puisqu’il shove au bouton pour 11 blindes sur la première main qu’il joue à la table. Je prie pour ne pas trouver une main pour le payer. Je folde une bonne grosse poubelle mais la grosse blinde se réveille avec JJ. Damien retourne KQ et ne parvient pas, pour la première fois de sa vie, à gagner le flip. Il bust donc sur sa première main jouée à ma table.

Je perds alors pas mal de pions contre mon voisin handicapé en bataille de blindes. J’attaque sa blinde à 1k avec et c-bet à 1,2k sur un flop . Il me relance à 3k et je laisse tomber, bien conscient que je n’ai plus trop la place pour ce genre de pertes sèches en jetons. Je passe à 7,4k, à nouveau sous les vingt blindes.

Je regagne quelques jetons contre un débile qui s’est contenté de limper. Avec J8 de grosse blinde, je découvre un flop J high et empoche quelques jetons après avoir misé sur un nouveau J sur la turn.

De petite blinde, je découvre l’orbite d’après avec 22 blindes devant moi. Là, je ne sais pas trop quoi faire. Je me rappelle de discussions que j’ai eu avec quelques représentants de la jeune generation de grinders qui conseillent souvent de shove ici, ce que je vais probablement faire sur un tournoi lambda sur le net (bien que j’en joue très peu, depuis que j’ai découvert le cash game) mais que je n’ose pas faire ici. Scared money, possible ? Bref, je relance à 900 et me fais 3-bet très cher à 3 600 par mon voisin de gauche, l’handicapé. Avec 8 800 au depart de ce coup, je n’ai clairement pas la place pour 4-bet shove ici avec de la fold equity et je me dis que s’il se commit, il a très probablement mieux que moi dans ce spot. Il peut aussi avoir une paire et je serai sur un coin flip, mais bon, la possibilité d’être face un as supérieur me terrorise à tel point que je finis par lâcher la meilleure main que j’ai eu depuis maintenant un bon moment.

Je descends à nouveau sous les vingt blindes et c’est le moment que l’organisation choisit pour casser ma table.

Blindes 300/600/75 – 7500

Alors que je me réjouis de quitter mon sympathique voisin, j’ai la surprise de le retrouver à ma nouvelle table. Sur cette nouvelle table, pas mal de gros stacks. Je salue Claire Renaut qui est assise deux crans à ma droite et possède plus de 30k jetons à ce moment-là.

Face à moi, un joueur qui a l’air complètement bourré éprouve de sérieuses difficultés à prendre ses décisions et à regarder ses cartes quand c’est à son tour de jouer. Claire m’explique qu’il fait n’importe quoi et enchaîne bières sur bières depuis qu’il est à la table.

Prenant le temps d’analyser les forces en présence et ne voyant que des poubelles, mon tapis fond comme neige au soleil. Même si, sur le net, j’ai une fâcheuse tendance à trop attendre avant de tenter de doubler mon tapis, je me suis juré que je ne tomberais pas sous les dix blindes avant de risquer mon tapis pour remonter. Je retourne mes deux cartes cachées avec angoisse en espérant ne pas voir 22 ou 33, les mains que j’ai le plus de mal à “pousser” dans cette zone des 10/15 blindes. Heureusement pour moi, je ne trouve que des mains dégueulasses qui ne me laissent pas trop de regrets au moment de les jeter.

Le premier spot que je trouve intervient lorsque je suis tombé à 11 blindes et découvre  under the gun. Je réfléchis pour la forme mais me decide à metre “tout dedans” avec cette main. Et là, le seul joueur qui semble intéressé se trouve être … l’alcoolique. Je ne sais pas pourquoi mais s’il y a bien un joueur, outre Claire Renaut, dont je n’aimerai pas être la “victime”, c’est bien lui. Il pousse son tapis avec toutes les difficultés du monde et je prie secrètement pour qu’il ne retourne pas une overpaire. Me couvrant de quelques jetons, il dévoile et je vais donc jouer mon premier coin flip du tournoi.

Devant Steven “Gloub” Moreau et Romain “Elpadre” Mahot, venus railbirder (ou se foutre de ma gueule !), je gagne le flip qui me remet en selle puisque je possède désormais 15k et commence à croire que j’ai une petite chance d’atteindre l’ITM. On n’est plus que 650 joueurs pour 342 places payees. On pourrait croire qu’on est loin de l’ITM mais à la vitesse où ça saute, il est certain que l’éclatement de la bulle interviendra dès le premier ou deuxième niveau du jour d’après. Le jour d’après, et oui, j’y pense déjà, j’ai presque envie de me mettre sitout tellement j’aimerais y accéder. Je découvre une nouvelle fois 77 en milieu de parole mais un short-stack avec 10k de stack a poussé son tapis UTG+2. J’envisage la situation mais me résous à folder, pas prêt pour un nouveau coin flip cinq minutes après avoir tremblé comme une feuille pendant l’étalement du board il y a quelques minutes.

Je commence à perdre lentement mais sûrement des jetons à cause des antes de 75 et du passage des blindes quand je vois Claire Renaut ouvrir à 2K UTG. Je retourne mes cartes UTG+2 et décide rapidement de pousser mon stack de 13k avec  , sans doute parce qu’à ce moment-là, je me suis dit que la compagne de “Fabsoul” allait folder quasiment toute sa range. J’avoue que j’ai push sans réellement réfléchir plus que ça. Je me suis dit t’es short-stack, tu peux pas folder AQ ici et ce serait spewy de call. J’aurais sans doute dû prendre plus de temps pour étudier la situation, recompter combien j’avais exactement, envisager que Claire pouvait avoir une range d’open UTG ultra tight, mais bon, j’ai tout mis (comme Clément!).

Si tout le monde a foldé, ce n’est pas le cas de Claire qui s’est fendu d’un petit “désolé” avant de payer avec . Pas au mieux, je n’avais curieusement pas pensé à ce scenario dans ma tête (je devais peut-être penser qu’elle folderait meme les rois, vu que j’étais un couvreur sympa et broke qui a bien besoin d’un itm) Bref, il fallait chatter. Et c’est ce que je fis sur le flop qui fit pousser un petit gémissement à Claire. Whineuse pro, elle devait être bien dégoûtée de me céder un tiers de son stack en perdant ce 70/30 mais, comme si le croupier l’avait entendue, il retourna le sur la river, la faisant se rasseoir un sourire gêné sur le visage, et m’envoyant bouler hors du tournoi.

J’avais du mal à encaisser. Se voir à 30k au moment du flop, étant bien conscient d’avoir chatté comme il fallait et se retrouver out sur la river est une des pires sensations que j’ai vécu lors d’un tournoi. C’était fini, le rêve s’achevait ainsi et, comble de l’ironie, je devais désormais aller à la party organisée en l’honneur de … Fabrice Soulier. Je ne vous cache pas que j’avais pas trop envie d’y aller tant la déception était immense. Je finis aux environs de la 600ème place alors qu’il y avait 342 joueurs payés.

Finalement, puisqu’il fallait bien “boire pour oublier”, je suis quand même allé retrouver le petit monde du poker français réunis dans une villa louée pour fêter les trois bracelets français de Fabrice Soulier, Bertrand Grospellier et Elie Payan. J’y ai retrouvé avec tristesse Claire Renaut qui avait donc atteint le Jour 2 et j’ai pu demander un avis sur la main finale à une trentaine d’invités de la soirée. C’était à mon tour de whiner et de raconter une main à tous les joueurs qui habituellement passent leur vie à me confier leurs coups pendant les coverages.

En fait, je m’en voulais beaucoup de ce move, étant habitué à prendre peu de risques pendant les tournois. J’envisageais tous les scénarios qui auraient pu me permettre de “survivre” et d’accéder au Jour 2 si… Fold, évidemment. Call, j’aurais vu un as et Claire serait partie au flop en whinant sur le fait qu’il y a toujours un as quand elle a les rois. J’étais déçu pour moi, et pour mes stackeurs, l’impression amère d’avoir laissé passer ma chance, d’avoir échoué. Bon, pour me rassurer, la plupart de mes stackeurs, qui étaient présents lors de cette soirée, me disaient globalement tous qu’ils auraient fait pareil. Je savais pas trop si c’était pour être gentil mais bon, ça aidait un peu à faire passer la pilule.

Même si je ne suis pas un fanatique des tournois live, jouer cet event des WSOP a été pour moi une expérience assez incroyable. Je ne regrette pas une seconde d’avoir choisi de m’aligner dans cet event, même si financièrement, c’était probablement ev-, je remercie d’ailleurs tous ceux qui ont eu confiance en moi et m’ont permis d’accéder à ce tournoi (Je ne les cite pas, mais ils se reconnaîtront) Faire partie du monde des joueurs, découvrir ce qu’ils ressentent lors d’un event WSOP, c’était une sensation unique qui, je l’espère, ne sera pas qu’un « one time » !

Tapis_volant (© Steven Moreau)

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Hand Challenge : I, Robot

16 août 2011 at 22:18 (Compte-Rendus)

J’avoue que je n’ai pas un volume de dingue sur ce blog, mais il m’est apparu intéressant de parler un peu d’un challenge que je viens de disputer sur Winamax – peut-être parce que sur ce challenge, au moins, j’ai atteint ce volume de dingue que je devrais essayer de mettre en pratique sur ce blog ! Rassurez-vous, je n’ai pas tenté un challenge 10€ to 100€ en un mois, il y en a déjà trop qui parle de ce genre de défis sur le forum Club Poker, mais j’ai pris part, sans le vouloir au départ, à un challenge qui est proposé par le site pour les joueurs qui disputent le plus de mains en une semaine, le Hand challenge.

Apéritif

Alors, le début de l’histoire, c’est d’abord une belle session à +8 caves chez mon ami Kinshu en NL100. Cela faisait un mois que je n’avais plus joué online, notamment parce qu’il y a eu l’épisode « Coverage du Main Event » pendant cette période. Comme ça, après deux ou trois belles sessions à Cadet où j’avais pris goût au jeu live en cercle, je me suis laissé tenter par une soirée grind entre couvreurs-gamblers, et ça m’a donc plutôt réussi. Six tables de NL100 pendant quatre heures de jeu, et un profit non négligeable de 800€. Plutôt intéressant comme retour au jeu online.

Je vous jure que je l'ai ouvert !

Le lendemain, je pars chez mes parents en province, dans le but de réécriture mon long-métrage. Vieux projet dont la première version a été écrite en 2006, « Feu ! » se trouve être dans la veine de mon court-métrage « En bas de l’échelle » et mon agent m’a encouragé à m’y remettre pour pouvoir présenter un « package » court+long à d’éventuels producteurs. Donc, j’étais prêt à gratter du papier, ou plutôt à pianoter des lignes de dialogues avec mes deux doigts. J’étais prêt à travailler comme un forcené, revoir complètement mon film, éliminer des personnages, trouver des tonnes d’idées, redonner de la force au récit, renforcer les personnages importants … Le premier jour, je commence à noter quelques idées, relire la version 2010 du projet (intitulé désormais « Les mains dans le cambouis ») et coller des post-its au mur pour visualiser le récit dans son ensemble.

Puis vient le soir … et l’appel du jeu. La tentation est trop forte et je m’accorde une pause bienvenue dans mon travail de scénariste esseulé en lançant une petite session sur Winamax. Et là, c’est le drame. On est mercredi soir, je fais une session catastrophique où je perds quasi l’intégralité de ce que j’avais gagné chez Kinshu, soit 750€. Je joue 4 ou 5 heures sur six tables et enchaîne les mauvaises rencontres. Mon jeu se dégrade, je tilte comme à mon habitude, pense remonter la pente à plusieurs reprises puis finit par m’écrouler et connaître l’une des pires sessions de ma vie. Je me couche en culpabilisant un max. J’étais venu pour jouer et voilà que je fixe le cashier de Winamax à 4h52 du matin, les yeux vides, alors que je m’étais juré de m’atteler très tôt le lendemain à mon scénario. Pari déjà perdu, je serai probablement incapable de me lever à 9h pour m’y mettre de bonne heure.

Le jeudi, pas de miracle, je me lève à 12h comme une merde, jette un petit coup d’oeil à mon scénario affiché sur le mur de ma chambre d’enfant, suis découragé d’avance, je mange un bout et j’arrive quand même à me motiver pour me mettre à l’ouvrage à partir de 15 heures. Je passe alors les quatre heures les plus improductives de ma jeune vie de scénariste. Je ne sais pas comment m’y prendre avec cette envie de tout bousculer mon projet, d’éliminer le premier rôle féminin, de tout repenser d’une nouvelle manière. Bref, je m’enlise.

Comble de l’ironie, je repense beaucoup à cette nuit de poker perdante où je sais que j’ai tilté pour arriver à perdre autant. Et les deux responsables de ce tilt sont deux regs de Winamax dont le jeu m’a poussé à tenter des trucs un peu débiles. Le premier, c’est « Stackoff », joueur hyper-aggro que j’avais déjà rencontré sur un Partouche Poker Deepstack (à Forges, il me semble), et qui me 3-bettait quasiment 100%. Au bout d’un moment, je me suis décidé à faire ce que « Artplay » s’escrime à me faire faire depuis longtemps : 4-bet light. C’était devenu nécessaire, il m’a semblé. Sauf que je me suis pris pas mal de 5-bet shove dans la gueule. Et vu sa fréquence de 5-bet, c’était une évidence qu’il ne faisait pas ça qu’avec des premiums ! Je me suis donc mis à call des 5-bet shove avec A7, KQ et autres. Bref, c’était plus le même tapis_volant. Bon, en gros, j’ai lâché pas mal d’euros dans l’affaire. L’autre joueur qui m’a mis bien en tilt ce soir-là, c’est un joueur que je n’avais jamais vu en cash sur Wina mais qui est un reg de MTTs, à savoir Manu13k. Il m’a bien pourri la vie ce soir-là également et m’a poussé à faire des erreurs bien tiltantes comme payer un 5-bet shove avec Q9dd (par dépit) alors qu’il était light avec K2dd. Bref, ces deux joueurs m’ont pris deux ou trois caves chacun ce soir-là et m’ont surtout conduit à tilter gravement. Je développerais cela un peu plus au cours de ce billet, mais il est certain que le tilt est probablement mon leak le plus dangereux en cash game.

Le challenge commence sur six tables

Jour 1

Bon, Victor, arrête de penser à cette nuit de grinder tilté, écris, sois créatif. J’essaie diverses choses, écouter de la musique des années 90, relire les versions précédentes de mon scénario, mais rien ne m’aide. J’abandonne et décide de regarder un film pour me changer les idées sans toucher aux cartes. Puis, après la séance cinéma, l’appel du grind est trop fort, je m’assois devant mon ordi, bien décidé à « me refaire » et effacer les pertes de la veille. Y a pas de raison, on va reprendre le jeu tight que je maîtrise pour essayer de profiter des faiblesses des mauvais joueurs et gagner de l’argent en attendant les situations profitables. Autant que faire se peut, je vais essayer de ne pas me level contre les regs.

Une fois le chef-d’oeuvre du soir avalé, je m’installe pour une nuit de grind. Enfin, je commence rarement une session en me disant que je vais y passer la nuit, mais curieusement, c’est pourtant souvent cela qui arrive. Je joue très tight en ce début de session, quelque chose comme 17/14/5 et cela se passe tout de suite mieux que la veille. Je déstacke rapidement deux ou trois fishs qui s’aventurent à tout envoyer avec middle paire en se disant probablement que ça pourrait suffire. Puis c’est le retour du fameux « Stackoff », mon meilleur ennemi de la veille. Et là, je décide de ne plus me laisser marcher les pieds et de revoir ma range de « go broke » contre lui.

La veille, j’avais perdu des tonnes en payant un ou deux barrels puis en abandonnant sur le troisième. Aujourd’hui, une top paire suffira pour tout mettre au milieu contre lui. Et les résultats furent plutôt convaincants puisque j’ai du lui prendre cinq caves pendant cette soirée (dont une en chattant une petite ventrale tout de même). A cela s’ajoute quelques beaux setups contre des regs, une confiance décuplée et je finis ma nuit à +13 caves après un petit AA vs KK 200bb deep. Je suis heureux comme un gamin en allant me coucher, comme si je venais de réaliser quelque chose de formidable, alors que bien sûr, j’ai juste dû chatter comme un porc, comme en témoigne cette main sur laquelle je termine cette magnifique session :

Jour 2

Le lendemain, un peu par hasard, je jette un coup d’oeil au nombre de mains que j’ai jouées pendant cette nuit, histoire de. Et je découvre surtout que je suis en tête du challenge CG avec +13 caves, loin devant le deuxième. Tout content de cette soirée de grind particulièrement réussie qui m’a vue jouer environ 3,5k mains, je poste la petite tof de ma première place au challenge sur CP, dans le but de brag un peu – et surtout parce que je sais, et je l’annonce, que cela ne va pas durer. Vive l’optimisme !

La nuit suivante, délaissant à nouveau mon scénario, je repars vers les contrées lointaines de Winamax et retrouve mes meilleurs amis de la nuit pour un peu de gamble. Je prends rapidement 6 caves en jouant un Poker appliqué et me sens alors inarrêtable, bien dans mon élément et prêt pour le mois à 10k. Le rêve tourne court puisque je vais finalement finir ma session even après avoir joué … 9k mains. Petite explication : pour la première fois, et sans doute attiré par l’idée de me positionner dans le Hand Challenge, j’ai choisi de multitabler neuf tables de NL100 SH, tutoyant ainsi les 1k mains /heure. Pas forcément une bonne idée puisque mon jeu s’est considérablement dégradé, notamment à cause de la fatigue et du fait que j’étais timeout souvent sur certaines tables de mon portable.

J’ai limité les dégâts pour terminer où j’avais commencé neuf heures plus tôt. La seule bonne nouvelle, c’est que j’occupe désormais la première place du Hand Challenge : le classement du joueur qui joue le plus de mains pendant une semaine. A la clef, des prix en cash sont distribués aux 20 premiers de cette race, avec 600€ au numéro un (qui aura probablement raké au moins quatre fois plus pendant sa semaine !). Vu mon avance confortable au classement, je me dis qu’en continuant ainsi, j’ai une bonne chance d’accéder au podium de ce challenge, vu que j’ai déjà 5k mains d’avance sur le deuxième.

Jour 3

J’ai toujours eu l’esprit de compétition et l’envie de gagner ce challenge devient alors une obsession. A tel point que je commet l’irréparable : me mettre à jouer en journée. Je dis irréparable par rapport à mon objectif d’antan qui était d’écrire un scénario. Je joue quelques heures, sans parvenir à gagner réellement, m’accorde une petite pause pour manger puis me remet à jouer sur six tables dans la soirée. Je suis quand même conscient d’avoir perdu pas mal d’edge la veille en m’obstinant sur neuf tables et retrouve donc mes habitudes avec seulement six tables.

Ce sont surtout mes habitudes de tilteur fou que je retrouve. Suite à quelques setups en ma défaveur, mon jeu se dérègle, je pars en mode call 100% des 3-bet et perds pas mal de gros coups contre de bons joueurs réguliers du site, « Amessra » notamment (dont on se demande pourquoi il ne va pas faire un petit tour en NL200, au lieu de nous faire chier en NL100 !). Dans cette session un peu catastrophique, je perds notamment un gros coup que j’avais posté sur Club Poker et qui m’a bien plombé ma session. Bon, encore une fois, le cold-call du 3-bet de petite blinde est pas terrible, mais bon, la suite est assez moche et m’a bien mise en tilt !

Bref, histoire de continuer à swinguer pas mal, je perds cette fois 5 caves et ne deviens plus qu’une ombre dans le classement des plus gros gagnants de la semaine. Côté hand challenge, je suis toujours bien en tête, seuls « Obitwo » et « BaRenka » semblent décidés à tenter de me rejoindre.

Jour 4

Lors de la quatrième journée du challenge, ou plutôt ce que l’on pourrait appeler la quatrième nuit, je vais encore swinguer comme pas permis. Je débute super mal ma session car, au bout de trois mains jouées, je perds déjà mon premier gros coup, dont voici la vidéo, puis je perds dans la foulée une cave AK contre AA.

Dieu sait que je n’ai pas un jeu « high variance », mais en gros, je passe lors de cette session de 10 heures de -8 caves à even pour finalement terminer à -5 caves une nouvelle fois. Même si c’est toujours difficile d’arrêter une session bien négatif, je me résous à rejoindre les bras de Morphée quand je me rends compte que mes parents se lèvent alors pour travailler alors que je vais prendre le chemin inverse. Un peu honteux, et encore plus parce que je suis perdant sur la session, je m’endors en maudissant ce challenge et ce rythme que je me suis imposé.

Comme l’écrira Pshico sur mon mur Facebook, « 32k hands en 4 jours, non mais ça va pas ! » C’est clair que j’ai comme l’impression de devenir un robot à jouer comme ça. Je ne pense même plus qu’à ça. Mon scénario n’est déjà plus qu’un lointain souvenir. Je suis en manque quand je ne clique pas sur raise ou sur call, je deviens un espèce d’addict pressé de retrouver son petit monde virtuel dans lequel je suis en passe de « Gagner ». Oui, mais … ce challenge tourne quand même au vinaigre. Certes, je suis bien placé pour gagner le hand challenge de la semaine, mais niveau profit, pour l’instant, je suis à +3 caves. Toujours positif, mais de très peu et je suis encore forcé de jouer trois jours si je veux ship cette compétition.

Je vois déjà le moment où je vais gagner ce challenge en ayant perdu plus des 600€ de la première place. Bref, tout ça pour ça ! Je passe alors l’une des pires nuits de joueur de poker. Je me retourne pendant deux heures dans mon lit en visualisant toutes les premiums possibles et les flops distribués par un ordinateur devenu géant. Curieusement, je touche tous mes flops, brelans à chaque main, voire quintes floppées, flushs, fulls. Ouh là, vivement que ça se termine, je vois des cartes partout, ça en devient malsain.

Jour 5

Même si l’envie est moins forte, je m’oblige à jouer tous les jours pour maintenir mon avance au classement, c’est ainsi que je passe ma dernière soirée dans le Limousin à jouer encore … et encore. Alors, pour la première fois, ma session sera assez courte, même si j’ai du quand même jouer 3 ou 4k mains pour -3 caves. J’ai pas beaucoup fluctué pendant cette session, juste perdu lentement mais sûrement des petits pots. Comme une lente agonie, je me retrouve au point de départ. Je regarde mon cashier qui indique le même montant (à quelques euros près) qu’il y a une semaine. Blasé, je me dis pour me rassurer que je n’ai plus que la soirée de mercredi soir à passer sans encombres pour gagner tout de même 600€ plus le rakeback gagné sur cette période de grind intensif.

Jour 6

Become a robot ou l'art du 12-tabling

De retour à Paris, je fais comprendre à ma copine que j’ai un petit challenge à relever (sans me lancer dans des explications plus précises) et lance alors ma dernière session de ce hand challenge. En fait, je sais depuis le début que je ne pourrais pas jouer le jeudi, parce que j’enterre la vie de garçon d’un pote. Si je veux gagner le challenge, je suis condamné à prendre de l’avance, d’autant plus que Obitwo, sick robot grinder qui se rapproche dangereusement me menace au classement. Une longue nuit m’attend donc, et je suis déjà apeuré à l’idée de passer la pire session ever.

Retrouvant mon bel iMac 24″, je décide de tenter l’aventure du 12-tabling, sachant qu’il me faut assurer une avance confortable si je veux décrocher le trophée de celui qui a le plus joué en moyenne limite pendant une semaine sur Winamax. Je m’habitue assez rapidement à ce nouveau format pour moi. La taille de l’écran me permet de ne pas être timeout trop souvent et j’arrive globalement à gérer ces 12 tables en pratiquant un poker assez tight (18/14/6). Même si le début de la session me fera redouter le pire puisque je perds très vite deux caves, je parviens à faire l’une des meilleures sessions de la semaine en terminant à +6,5 caves après avoir notamment pris beaucoup à « Flo76102 », un reg qui a dû me maudire pendant cette nuit. Sur plusieurs tables, j’ai eu pas mal de setups en ma faveur contre lui et il a dû se demander si j’étais pas une machine à paire d’as. Je finis ma session vers 4h30 du matin après avoir joué pas loin de 7k mains, tout en guettant du coin de l’oeil les progrès d’Obitwo, le seul qui puisse à priori me rattraper au classement du challenge.

Jour 7

Au réveil, alors que je me prépare pour l’après-midi paintball qui m’attend, je constate que j’ai 7,5k mains d’avance sur Obitwo et plus de 11k sur le troisième. Bref, à moins d’une grosse journée de mon poursuivant et sachant que le décompte s’arrête à minuit, il est fort probable que je décroche la coupe du robot multitableur de la semaine. Je vivrais cette journée d’une manière un peu curieuse. Comme un compétiteur qui aurait quitté son terrain de jeu avant la fin de compétition, je surveillerais tout de même de loin les progrès de mon poursuivant au classement, guettant via mon iPhone si « Obitwo » sera assez fou pour me battre sur le fil. Vers minuit, en le voyant au classement avec plus de 6k mains de retard, je savais que j’avais gagné, je pouvais (presque) mourir.

Bilan

Ceci n'est pas un brag !

Bon, maintenant, il est temps de faire un petit bilan chiffré de ce challenge :

43 677 mains et 650€ de profit pour un winrate dégueulasse à 1,49bb/100

40h de jeu

600€ pour la win du Hand Challenge

700€ de Rakeback via les bonus cash

soit un profit de 1 950 € .

Et pour ceux qui aiment les courbes …

Oh la courbe qui aurait pu être belle !

C’est pas forcément celle que j’aurais aimé vous montrer mais bon, faut être réaliste. J’ai pas vraiment super bien joué pendant ce challenge. Faire du volume comme ça et devenir par la force des choses une espèce de robot, c’est certain que ça a altéré mon jeu.

Pour le temps passé, ce n’est pas forcément un score terrible mais ça a le mérite d’être une récompense honorable pour un joueur qui s’est donné corps et âme à ce challenge de grind intensif. Je ne suis pas prêt à recommencer à grinder autant en si peu de temps, sachant qu’habituellement, je fais moins de 30k mains/mois.

L’expérience était intéressante, parce que je suis passé par des phases très différentes qui reflètent bien il me semble la vie d’un joueur de poker. De l’euphorie à la déprime, de la lassitude à l’excitation, de la joie à la tristesse.

Le poker est un jeu qui vous bouffe la vie, mais parfois, on doit accepter qu’on aime ce jeu par-dessus tout et lancer quelques tables (bon, peut-être pas 12 !)  A bientôt pour un nouveau challenge, et n’hésitez pas à m’en proposer si vous avez des idées. Je suis déjà en manque de compétition mais promis, cette fois, je vais me remettre à écrire. La flamme du cinéma continue de brûler …

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Couvreur : un beau métier

27 décembre 2010 at 19:37 (News)

Amis gamblers, whiners ou braggers, bonne année 2011 !

Après avoir délaissé ce blog, pour de bonnes raisons je vous rassure, je reprends la plume pour revenir sur cette année 2010 riche en émotions.

Je vais tenter de vous raconter un peu le parcours que j’ai effectué ces six derniers mois dans le monde du « coverage ». Après avoir longtemps écrit pour le cinéma (ou essayé en tout cas), cela fait désormais six mois que j’écris … pour du Poker.

Préface : La Newteam

Ma première expérience d’écrits sur le Poker s’est faite à l’ombre des parties de Poker Amateur. Ce qui m’a conduit plus tard vers les coverages est mon experience acquise auprès de la « Newteam ». En effet, cette jeune équipe de joueurs de Poker amateur d’origine asiatiques composée de Bao, Viet, Nam et Dathuy, m’a permis de m’exercer à la retranscription de tournois. Je les ai suivis sur quelques petits tournois organisés dans la région parisienne, des tournois à petit buy-in que j’avais également la chance de pouvoir jouer. Alors que je faisais déjà des compte-rendus assez détaillés de mes tournois, Viet (ou Oliviet Atton) m’avait demandé si ça m’intéresserait d’écrire pour eux. Je ne savais pas trop si je devais accepter la proposition, même si j’étais plutôt tenté. Etant fan d’Olive et Tom et éprouvant pas mal de sympathie pour ces quatre joueurs talentueux, j’ai eu l’idée, un soir où je m’ennuyais, de faire une espèce de parodie du dessin animé Olive et Tom, en intégrant les joueurs de Poker dans la Newteam, utilisant mes compétences de monteur vidéo pour créer un petit film qui m’amusait. Pour le fun, je vous ai mis la première vidéo (y en a quatre autres, pas difficiles à trouver, si vous voulez).

Le blog de la Newteam

Ensuite, j’ai également conçu un blog pour cette sympathique équipe, dans laquelle se mélangeait compte-rendus de tournois et épisode vidéo de la Newteam. Cette belle expérience était vraiment chouette, j’en ai tiré un surnom, Roberto (le nom de l’entraîneur d’Olivier dans Olive et Tom) ainsi que de très belles rencontres humaines. Pour moi, c’était comme un petit apprentissage du métier, même si je ne savais pas encore que ça allait me conduire chez Club Poker.

Les débuts : Qu’est qu’on se marre à Kech !

Alice : « Sur quels critères tu me photographies à chaque tournoi ? »

J’ai commencé à travailler pour le forum Club Poker en mai dernier. Lors d’un séjour à Marrakech où j’ai accompagné mon ami Elie pour faire un documentaire sur un jeune joueur de Poker, Steven « Gloub » Moreau, j’ai eu l’occasion de faire mes premiers pas – non officiels – dans le monde du coverage. L’idée du projet d’Elie était de développer un concept appelé « Cartes sur Table » qui regrouperait des documentaires courts sous forme de portraits de jeunes joueurs de Poker prometteurs. Sur ce projet de documentaire, je tenais en quelque sorte le rôle d’assistant d’Elie sur ce projet auto-financé, j’étais sensé aider le réalisateur et prendre le son quand il en avait besoin. Elie était souvent posté avec son 5d face à Steven, attendant que se produisent des coups dignes d’être filmés. Cela me laissait donc du temps et, comme je l’avais prévu avant de prendre l’avion, je me suis dit que ce serait sympa de faire un coverage artisanal du tournoi, sachant que j’avais une accréditation presse et que Club Poker n’avait envoyé personne pour couvrir l’événement.

Pour ceux qui ne connaissent pas ce mot « coverage », cela consiste à couvrir un événement poker sur un site internet. On y raconte les coups, le déroulement du tournoi, on parle des joueurs, un métier de reporter très récent dont le précurseur en France est le célèbre Benjo qui, après ses débuts sur le CP, travaille actuellement pour Winamax, en binôme avec Harper. Depuis longtemps, je prenais un plaisir immense à lire les coverages, suivre les tournois à travers l’oeil du reporter m’a toujours particulièrement plu. Je suivais notamment les coverages de Kinshu sur ClubPoker ainsi que de Harper et Benjo sur Winamax. J’avais donc ma petite idée sur comment raconter les événements mais surtout, je voulais essayer d’y mettre un petit peu de fantaisie, histoire d’apporter un petit peu ma « patte » personelle sur le forum. Cet exercice m’a beaucoup plu, je le confesse. Ce coverage était certes très léger en terme de contenu et de qualité mais m’a permis de faire mes premiers pas de couvreur amateur. Allez, juste pour le plaisir, mon premier post de couvreur amateur.

Nori : « Vous les collectionnez, les jeux de mots à base de (no)riz ? »

Bienvenue au Club (Poker)

Ensuite, l’un des membres de Club Poker qui était tombé sur le thread par hasard, FPC pour ne pas le nommer, m’a permis de rencontrer ceux que l’on appelle les W’s dans la communauté Club Poker, à savoir Webmaster et Webdesigner. Bien que j’avais annoncé à Laurent le webmaster via MP que j’allais tenter un petit coverage du tournoi de Marrakech, il ne m’avait pas répondu. Par contre, il avait depuis vu/lu mon travail et cela avait suscité un intérêt certain chez lui, à une période où les tournois se multipliaient partout en France et dans le Monde entier. Kinshu, le reporter officiel du forum, avait besoin d’aide pour mener à bien ses coverages, il ne pouvait pas assumer tous les tournois qui se déroulaient à longueur d’année. On m’a donc donné ma chance, et le Poker a envahi encore un peu plus ma vie.

DeepStack Wagram : Am Stram Wa-Gram

le coverage du tournoi

Ma première destination n’était pas très glamour, à savoir qu’il fallait couvrir un tournoi de Poker à 2k€ le buy-in au Cercle Wagram, une sorte de mise à l’épreuve en somme. Pas beaucoup de stars présentes, beaucoup de joueurs dont je n’avais jamais entendu parler, et surtout aucune information sur comment procéder pour faire un bon coverage, à part « T’amènes un ordinateur et un appareil photo ». Me voilà donc dans le grand bain du reportage Poker, au cercle Wagram, au mois de juin 2010.

Nlegend : « C'est toi, Kinshu ? C'est toi, Jooles ? Beh t'es qui alors ? »

Je prends mes repères timidement, essaie d’être discret tout en faisant des va-et-vient entre les tables et la minuscule salle aménagée pour les journalistes. Je fais face à la plus grande difficulté du couvreur, à savoir (re)connaître les joueurs dont on va parler. Dans ce tournoi où l’on trouve plein de ce qu’on appelle les « randoms », pas facile de mettre un nom sur les visages. Alors, pour parler d’eux, c’est pas si simple. Le joueur chauve, le gros, le livetard, le random, l’homme à la place 2… Je trouve néanmoins quelques joueurs dont le visage me dit quelque chose, Jean-Paul Pasqualini, Nicolas Dervaux, Nicolas Langlois et puis rencontre quelques joueurs dont j’entendrais bientôt parler, Franck Kalfon entre autres… La grande difficulté également, dans cet exercice, c’est de vaincre ma timidité maladive. Comme je n’aime pas trop déranger les joueurs, je me place plus en tant qu’observateur et peine à trouver des coups intéressants à raconter. Finalement, j’essaie de faire de mon mieux et engrange de l’expérience en apprenant de mes erreurs (mauvaises photos, erreurs de timings…).

Je suis plutôt content de l’expérience, c’est une première qui me donne envie de recommencer. Finalement, relater des coups de Poker, cela pourrait bien être une passion logique pour un type qui aime jouer aux cartes mais aussi raconter des histoires !

Partouche Poker Tour St-Amand : un ticket, svp ?

le coverage du tournoi

Filles : « C'est où le bureau de tapis_volant ? Patrick Partouche lui offre du pop-corn ! »

Comme mes compétences de couvreur ont été validé par maître Kinshu himself, on m’envoie bientôt à St-Amand pour couvrir un super-satellite pour le Partouche Poker Tour de Cannes.

Je découvre les joies du voyage pour aller bosser. Un week-end à St Amand-les-Eaux, y a plus exotique comme destination mais je m’en contente car je trouve un bonheur indescriptible à découvrir de nouveux horizons. Parmi les joueurs qui participent à l’événement, citons notamment Sébastien « SebCBien » Sergent, Steven « Gloub94 » Moreau, Nicolas « Nlegend » Langlois, Frédéric « Polenord » Schott, Kevin « PNK60 » Douchin, Sébastien « Sebton » Le Carpentier. Sur ce tournoi, j’ai pour la première fois l’occasion d’utiliser un appareil canon 7d pour les photos. Je trouve que les photos, c’est souvent le point noir de la majorité des coverages et, comme je suis très sensible à l’image, j’essaie d’améliorer coverage après coverage mes prises de vues. J’expérimente également de faire quelques vidéos pendant l’événement mais me rend vite compte que ce n’est pas très gérable en terme de temps.

Gloub94 : « Tu me le prêtes, ton sweat-shirt à rayures, tapis_volant ? »

Ce tournoi voit la qualification de deux petits jeunes que je considère un peu comme des amis depuis : Nicolas « Nlegend » Langlois et Steven « Gloub94 » Moreau. Je me rend compte qu’à force de suivre des joueurs qui sont issus de Club Poker, on apprend à les connaître et à les apprécier. Le coverage en devient forcément subjectif puisque l’on préfère parler des gens qu’on aime et que parfois, on va négliger des bons joueurs car, pour nous, ce sont des « randoms ». Je garde un beau souvenir de ce PPT St Amand, l’impression d’être à ma place derrière un ordinateur à raconter des coups, pas de sentiment de jalousie par rapport aux joueurs qui se mettent en danger en tentant ce genre de satellite. Je profite de la chance qui m’est donnée de cotoyer des joueurs dont le rêve est de claquer LA perf. Pourquoi pas à Cannes, puisqu’ils ont désormais leur ticket en poche ?

Projet Vidéo : Cartes sur Table

S’ensuit alors un long moment sans tournois, dû au fait que c’est la fin de saison et que c’est de toute façon Kinshu qui a la priorité à Club Poker, car étant un CDI avec eux. Pendant cette période de disette, je vois donc de loin Kinshu et Gab-X passer le Main Event à Vegas. Je commence à rêver d’avoir pourquoi pas un jour la chance d’aller à Vegas. Dans ma petite carrière de joueur, j’ai échoué à de nombreuses reprises tout près des tickets pour Vegas et j’avoue que cette destination me fait un peu rêver. Enfant, je rêvais de Vegas et Hollywood. Je n’ai pour l’instant réalisé aucun de ses deux rêves. Peut-être l’année prochaine ? Pour l’instant, j’utilise mes anciennes compétences de monteur vidéo pour terminer le montage du film d’Elie sur Steven « Gloub94 » Moreau. Le portrait de Steven sera donc l’épisode pilote d’une série que nous aimerions beaucoup poursuivre avec d’autres joueurs. Voici le lien de la vidéo, pour ceux qui auraient raté ce petit documentaire sur notre « Gloub » national.

BPT Dinard – AssurancetouriX chez les bretons

le coverage du tournoi

Gamin : « Génial, mes parents jouent aux cartes ! »

Après cet été où je me souviens juste avoir grindé sur le .fr, fait du montage et cherché en vain à terminer mon court-métrage, je refais mon apparition sur la scène des coverages pour le Barrière Poker Tour de Dinard, où je fais la connaissance avec pas mal de joueurs, comme les sympathiques membres de la Team Barrière Guillaume Cescut, Pedro Canali, Arnaud Esquevin ou Rémi Biechel ainsi que Nicolas « Nicbab » Babel ou encore le brillant vainqueur Victor « AssurancetouriX » Delmas. Je croiserai également la route de pas mal de jeunes joueurs sympathiques, comme « KingkongHEP » ou « Freestyle234 ». Je fais aussi la connaissance de Laure « Toun » Tran, véritable illumination dinardaise qui me laissera de précieux souvenirs ainsi qu’un petit message à notre Kinshu national. Pedro et Guillaume me trouvent alors un surnom (tapis_violent), qui découle sans doute du fait que je « casse » pas mal dans mes coverages. On peut dire que ce petit coverage est un apéritif avant le grand tournoi sur lequel on m’envoie : La finale du Partouche Poker Tour à Cannes. Conscient du fait que je dois encore faire mes preuves sur ce petit tournoi de Dinard, j’essaie de m’appliquer et de proposer un coverage de qualité de l’événement.

Toun : « Sympa la technique pour pousser Kinshu à lire ton coverage ! »

Partouche Poker Tour de Cannes : Tout durrrr !

Le coverage du PPT On/Off (avec Kinshu et Jaybee)

Ivey : « Je le connais ce gars qui me photographie, c'est pas un pote de Tekintamgak ? »

Début septembre, arrive alors l’événement tant attendu : la grande finale du PPT à Cannes. 8500€ de buy-in, des stars par dizaines, une salle de tournoi immense, et je me retrouve donc dans la salle de presse en compagnie de Kinshu, au milieu de journalistes de tous les pays. Je fais la connaissance de Benjo et Harper et partage de nombreux moments sympas avec Gab-X, responsable vidéo et Stéphane, responsable logistique. A Cannes, j’apprendrais surtout que, pour l’instant, je ne connais personne dans ce milieu et que ce n’est pas forcément facile de s’intégrer parmi les joueurs. Je partagerai tout de même une soirée mémorable dans la villa de Tristan Clémençon où, bourré comme 99% du field, j’en profiterai pour faire la connaissance de quelques têtes connues du circuit.

Locsta : « Parfois, j'aime pas trop jouer au Poker égyptien ! »

L’événement le plus marquant de ce PPT sera pour moi l’éclatement de la bulle du Main Event. Jamais je n’avais vu autant de tension dramatique que pendant ce moment où Marc « Locsta » Inizan était à tapis, jouant son tournoi devant un parterre de journalistes, de joueurs, d’officiels, sur un coup qui pouvait faire de lui le chipleader du tournoi ou anéantir ses espoirs de victoire à la pire place. J’avais fait partie des chanceux qui avaient assisté au début du coup et n’étais donc pas condamné à suivre le drame de loin. Je voyais « Locsta » perdu au milieu de cette foule de journalistes avides de sensationnel et de joueurs en attente de la délivrance, à savoir l’éclatement de la bulle. Marc jouait son tournoi avec deux dames contre un tirage carreau+deux overcards chez son adversaire, le fantasque Ibrahim Raouf. La river fut un carreau, déclenchant une immense tristesse chez le joueur breton, qui s’était montré très impressionnant jusque-là sur ce tournoi. Ce sont ses moments qui vous font aimer le métier. On se sent proche des joueurs, on cherche à les comprendre, on les soutient du mieux qu’on peut.

Cannes nous aura apporté beaucoup de belles histoires, la domination de Vanessa Selbst, le fabuleux parcours de Raphaël Kroll, le sauvetage de contrat de sponsoring par un Nori back in business, mais également l’affaire Tekintamgak, que je développerais par la suite. Ce tournoi laissera tout de même un goût d’inachevé, car j’allais sans doute suivre la table finale de loin, à la télé, vu que la TF avait été déplacé au mois de novembre, histoire d’alimenter le buzz. Quoiqu’il en soit, le tournoi s’était très bien passé avec Kinshu. Aucune prise de tête, il m’a semblé qu’on était plutôt complémentaires, et jamais vraiment en concurrence. J’espérais déjà que notre « duo de couvreurs » CP se reformerait bientôt pour couvrir de beaux événements.

Stéphane : « Je vous présente Moquette_flottante et Kinchoucroute ! »

Barrière Poker Tour de Bordeaux : Nantes à l’eau

Le coverage du tournoi

Toun : « J'aime bien être la bubble-girl »

Histoire de redescendre un peu sur terre à la rentrée, on m’envoyait une nouvelle fois sur un événement Barrière, à savoir le BPT de Bordeaux. Après avoir expérimenté un bar sympathique et sa chambre froide, j’étais donc tout seul pour couvrir cette nouvelle étape BPT et retrouvais pour l’occasion toute la team Barrière. Après les stars de Cannes et sa quantité de posts « gratuits », c’était nettement plus difficile de trouver des joueurs sur qui poster à Bordeaux. Je ne connaissais que très peu de participants dans cette belle brochette de randoms. On ne pouvait pas croiser ici Dwan, Ivey ou Mizrachi, il fallait que je me fasse un peu aider pour trouver des joueurs intéressants à suivre. Je découvrais cependant au fil du tournoi quelques figures sympathiques de l’univers online, à savoir les nantais « Timus », « Mill » ou encore Jérôme « Jayjay » Jacq, qui gagnera finalement le BPT. Je n’ai pas des masses de souvenirs de ce tournoi, hormis que la table finale n’était pas très excitante à suivre et que la moyenne devait tourner autour de 10bb.

Timus : « Ah, vous saviez pas que les nantais savaient jouer au Poker ! »

Deepstack Club Poker – Rirouflush

le coverage du Jour 1a

le coverage du Jour 1b

le coverage du Jour 2

le coverage du Jour 3

Croupier : « Dites pas que je suis inscrit sur Wam, hein ! »

J’enchaînais ensuite avec le coverage du DeepStack Club Poker, un tournoi connu pour rassembler tous les jeunes grinders du CP qui n’ont pas encore la bankroll pour disputer des tournois à 4 chiffres de Buy-in. Direction l’ACF que je découvre plus ou moins (j’y ai été joué une seule fois, deux ans auparavant, pour un sat WPT) et une table minuscule en guise de salle de presse. J’avoue que j’ai bien apprécié de couvrir cet événement, notamment grâce à l’intéractivité qui naît entre le couvreur et les membres du forum, contents de suivre les exploits de personnes qu’ils aiment. Leur pote, frangin, ami, dispute le tournoi et ils veulent avoir de leurs nouvelles, vivre avec eux l’événement, et faire plaisir aux lecteurs est tout de même la base de ce métier tout récent de couvreur. Pour la première fois, j’ai un peu l’impression de suivre des potes (Rirou, Roro, Gloub et autres…) et de raconter leurs exploits, et j’avoue que c’est bien plus excitant que de parler de livetards que personne ne connaît. Cet événement organisé par l’ACF et le CP reste incontournable sur la scène des tournois deepstack à moindre coût.

Hold’em Series à l’ACF – Are you talking Thumy ?

le coverage du tournoi

Gastounet73 : « Certains disent que je run good ? Je trouve pas, moi ! »

Comme si cela ne suffisait pas, un autre événement Poker m’entraîne une nouvelle fois à l’ACF, le Hold’em Series à 3k€, où l’on retrouve toute la fine fleur du Poker héxagonal, avec notamment, Arnaud Mattern, Antony Lellouche, Tristan Clémençon, Eric Haïk, Eric Sagne, Roger Hairabedian … et même Estelle Denis, en mode 100% chatte. Je découvre également pas mal de jeunes stars du online qui commencent à se faire un nom sur la scène des circuits live, et notamment la Team Eurosportbet avec Hugo « HHHUGO » Lemaire, Clément « clem2511 » Thumy et Basile « Basou » Yaïche ainsi que Léo « Gastounet73 » Laslandes, véritable terreur des tables en .fr. Parmi les jeunes joueurs plein d’espoir, on trouve également Ronan « Roroflush » Monfort qui passera un tournoi très difficile après avoir raté un bluff dès le premier niveau contre le fish de sa table, l’amputant de la moitié de son stack.

Roroflush : « Je fais la course avec Glouby aux 24 heures de la Hendon Mob »

La victoire reviendra à un talentueux joueur Local Hero Winamax, Paul « Proscoo » Pirès-Trigo, énigmatique et brillant joueur de tournois qui aura fait preuve d’une grande maîtrise tout au long du tournoi. J’ai beaucoup apprécié de couvrir ce beau tournoi (et pas seulement parce que j’ai découvert Elaine Yougmoneymaker lors de cet événement !) avec un field particulièrement riche, et voir de nombreux joueurs online de ma génération en table finale n’était pas pour me déplaire.

Elaine : « Je fais semblant de travailler mais je pose quand même »

BPT d’Enghien-les-Bains – Un collet en diamants

le coverage du tournoi

Ronando : « Si tu parles de mes 5-bet light, je te stacke ! »

Tandis que Kinshu a préféré couvrir le France Poker Series de Lyon, on me confie ensuite le coverage de la finale BPT d’Enghien-les-Bains. J’avoue que je suis un peu stressé, je commence déjà à angoisser devant l’ampleur de l’événement. Même si j’étais déjà à Cannes, là, je me retrouve tout seul à couvrir cette finale qui va rassembler la crème de la crème des joueurs français. Heureusement, je retrouve pas mal de jeunes têtes connues comme Steven « Gloub94 » Moreau, Nicolas « Nlegend » Langlois et autres. Ce tournoi sur trois jours rassemblera 325 joueurs et verra la victoire de l’ex-footballeur Vikash Dhorasoo. Pour moi, c’était également l’occasion de partager un peu ma nouvelle vie de couvreur avec Elie « trogloelie » Girard qui, pour cette fois, allait m’accompagner pour la vidéo. C’est clair que la vidéo peut apporter beaucoup aux coverages dans un avenir très proche. Après, reste à savoir comment utiliser ce formidable média pour raconter autre chose que des bad beats à répétition.

Clovis : « Comment ça je peux pas concourir pour le Barrière Poker Player 2024 ? »

La principale difficulté à Enghien était de couvrir l’événement dans sa globalité. J’avais mis un point d’honneur à raconter également ce qui se passait hors Main Event, à savoir les sides events ainsi que le casting barrière Poker Player 2011 qui verra l’intégration du jeune Adrien Allain dans la Team Barrière. Ces trois jours furent intenses, mais il me semble que c’est le coverage où j’ai donné le meilleur de moi-même, et pas seulement pour impressionner la charmante Elaine et la troublante Alice ! Après une soirée mémorable en compagnie de Tristan Clémençon, Ilan Boujenah, Marc Inizan, Ronan Collet ou encore Steven Moreau et après avoir vu « Locsta » faire une formidable imitation bourrée de Pascal Perrault racontant son mythique bluff, je pouvais revenir à Paris, lessivé. J’avoue que les coverages, c’est plutôt usant, demandez à Benjo. Il a une jambe en bois, plusieurs prothèses et je ne sais pas si son coeur est d’origine !

Table finale du PPT – Mrs.Selbst vs Mr.Kroll

le coverage de la table finale

Kroll : « Passer à la télé, bof, jouer avec Vanessa, yeah ! »

Tandis que Kinshu était envoyé au WPT Amnéville, je me retrouvais avec Webmaster à Cannes pour assister à la finale du Partouche Poker Tour. Le casting était alléchant et la finale promettait beaucoup. A la demande de Laurent, je m’étais plongé dans les biographies des forces en présence avant d’aller à Cannes pour assister à cet événement désormais incontournable du poker français. J’avais également réalisé des interviews des trois joueurs français. Peu habitué à ce genre de travail, je retrouvais pourtant mes premiers amours de journaliste sportif, ce que je voulais faire quand j’avais dix ans, en interviewant ces grands joueurs de Poker.

Benjo : « Je vous jure, je regarde pas les cartes des joueurs ! »

Rendant limite terne l’autre finale qui se déroulait à Vegas (celle des WSOP), la finale cannoise a permis à Vanessa Selbst d’accomplir une superbe performance et surtout a donné l’occasion de découvrir le talent éclatant d’un jeune français, Raphaël Kroll, le tout en léger différé sur le net, avec un spectacle à faire pâlir Cecil B. De Mille ! Signalons également la belle troisième place de Fabrice Soulier et le 7ème place du limpers Cyril André.

Vanessa : « Ils sont fous ces américains ! »

Cette finale avait fait couler beaucoup d’encre avant même de démarrer. En effet, un joueur avait tout simplement été viré de cette TF pour soupçons de triche. L’affaire Tekintamgak nous a tous fait peur. En effet, cette histoire, en tant que jeune reporter Poker, avait de quoi effrayer. Comment allons-nous être perçus ? Comment continuer à travaller dans de bonnes conditions ? Pourrons-nous continuer à scruter les tables en attendant les coups ? Autant de questions que l’on se posait tous après cette affaire de triche. Ensuite, même si les organisateurs de tournois semblent faire plus attention depuis, on ne nous a pas encore empêché de faire notre travail. Normal, nous sommes indispensables ! Qui irait raconter des bad beats si on n’était pas là !

DeepStack Club Poker – Un bot aux commandes

le coverage du jour 1a

le coverage du jour 1b

le coverage du jour 2

le coverage du jour 3

Laurent, le webmaster de CP, a décidé d’organiser une véritable expédition à Marrakech, histoire de marquer le coup. Pour ce rendez-vous du World Poker Tour, nous serons donc quinze personnes du forum pour raconter l’événement, certains pour le coverage (Kinshu et moi + Jaybee pour le off), d’autres pour la vidéo (Gab-X, Clovis), certains pour la radio (FCP, ArtPlay, Comanche), d’autres pour les vacances ou le travail, on ne sait pas trop (Webmaster, Piercy, Supercaddy, Stéphane…). Mais avant ce grand rendez-vous qui va me ramener sur la terre de mon premier jeu de mot pour le Poker (à savoir « Qu’est-ce qu’on se marre à Kech ! »), direction l’ACF pour un nouveau Deepstack ClubPoker.

Ce tournoi sera très étrange pour moi, notamment parce que j’ai décidé de le jouer également. Pendant que je le joue, je suis suppléé au coverage par Mathieu « Mama913 » Sustrac, journaliste chez MIP, 20 minutes.fr et parfois couvreur sur certains événements suivis par ClubPoker. Peut-être déjà plongé dans les dunes marocaines, je n’ai pas plus que ça apprécié ce tournoi à couvrir. Peu de têtes connues, sachant que beaucoup étaient déjà partis pour le DSO à Marrakech. Il restait quand même quelques joueurs sympathiques à suivre, « Tilou », « Totof », « RafK » pour n’en citer que quelques-uns. Par contre, ce qui était assez chouette, c’est de voir mon pote Elie faire un deep-run sur ce tournoi, pas seulement parce que j’avais des parts sur lui, mais surtout parce que c’est toujours sympa de parler des gens que l’on aime bien.

Elie : « Quand est-ce qu'on le fait, l'épisode 2, alors ? »

Je serai également le témoin de la pire fin de tournoi de l’année, à savoir un deal qui conclue la finale et l’arrête à trois joueurs left, sans une quelconque somme laissée à la gagne. C’est JB Bot qui s’imposera finalement dans ce Deepstack Club Poker 4ème édition de l’année. Même s’il fait un beau vainqueur, voir un tournoi s’arrêter comme ça, tandis que les joueurs ne se battent même pas pour rattraper le chipleader, c’est toujours particulièrement frustrant.

WPT Marrakech – le séminaire Club Poker

le coverage du jour 1a (avec Kinshu)

le coverage du jour 1b (avec Kinshu)

le coverage du jour 2 (avec Kinshu)

le coverage du jour 3 – table finale (avec Kinshu)

le coverage off de Jaybee

Nicolas : « Difficile la vie de joueur pro ! »

Et nous voilà donc quelques jours plus tard dans l’avion pour Marrakech. Kinshu est déjà là-bas car il a couvert le DSO où « Harper » et « Roroflush » se sont illustrés. On va passer quelques jours en mode vacances, puis commencer le coverage du WPT Marrakech sous une tente, qui ne tardera pas à s’envoler avec la tempête. On se retrouve donc sur des tables de Poker, à installer nos ordis dans cette nouvelle salle de presse aménagée du coup au plus près de l’action. C’est pas pour nous déplaire finalement. Ce tournoi sera particulièrement étrange, pour plusieurs raisons. D’abord, la faible affluence fera ressembler le Jour 1b de ce WPT à un grand sit and go, explicable à cause du succès du WPT Amnéville. A defaut de gros field, on pouvait se consoler par la qualité du casting. En effet, tout le petit monde du Poker Pro s’était donné rendez-vous au Maroc, pour n’en citer que quelques-uns, ElkY, Arnaud Mattern, Bruno Launais, Julien « Nori » Labussière, Nicolas Levi ou Marc Inizan ou encore les petits nouveaux « Roroflush » ou « Inho ».

Guillaume : « C'est cute de finir runner-up. Après, c'est la cuite ! »

Ce WPT sera également le théâtre de la plus belle performance de la carrière de Guillaume Cescut, clairement un des joueurs avec qui j’ai le plus échangé sur le circuit. Il termine runner-up de ce tournoi, juste derrière le brillant allemand Sebastian Homann, et remporte plus de 100K€ pour son exploit.

Harper : « Tu disais quoi sur carpette_flottante, Nico ? »

Cet événement Poker, c’est également pour moi le moment où j’ai commencé à être accepté par le monde des couvreurs. Même si Benjo n’était pas présent, j’ai beaucoup apprécié de faire partie d’une équipe, guidé par Kinshu, et entouré par des reporters brillants comme Steven, Jooles ou Harper. Les soirées furent assez mémorables et, même si je parais bien vieux par rapport au fougueux Harper, j’ai bien profité de la nuit marocaine. C’est lors d’une de ses soirées que j’apprends par Kinshu qu’il serait ravi de partager un coverage EPT avec moi. Même s’il est bien imbibé à ce moment-là, cette discussion me réchauffe le coeur, balayant d’un coup toute la gêne que je pouvais avoir d’être un « concurrent » pour lui. Je découvrais qu’il appréciait mon travail et qu’il était même content à l’idée qu’on retravaille ensemble sur un tournoi d’envergure. Evidemment, on m’avait déjà parlé de l’EPT Prague, et on m’en parlera encore plus par la suite, mais ce serait comme une consécration d’aller là-bas en cette fin d’année. En même temps, Webmaster n’était pas encore très chaud pour qu’on y aille. Peu importe, si Club Poker se décidait, je serai sûrement de la partie, et j’en étais ravi.

Sebastian : Un deal ? Jamais, de toute façon, c'est toujours l'Allemagne qui gagne à la fin »

Tandis que l’on galère pour récupérer nos valises en transit entre Marrakech et la France, j’apprends la bonne nouvelle : Kinshu et moi irons à Prague pour couvrir l’EPT. J’avoue que je suis super excité à l’idée d’assister à mon premier European Poker Tour en tant que couvreur. Depuis que je m’intéresse au Poker, ce sont sans aucun doute les tournois que j’ai le plus suivi à travers les coverages de Winamax ou de Club Poker, j’ai regardé la plupart des tables finales commentées par Benjo et ces tournois m’ont toujours semblés être « les nuts ».

DeepStack Open de Paris – Flip ou Kalfon ?

Le coverage du jour 1a

Le coverage du jour 1b par Mama

Le coverage du jour 2

Le coverage du jour 3

Le coverage de la table finale par Mama

Mais, avant le départ pour la république tchèque, il faut bien couvrir les tournois qui se déroulent dans la capitale française. Je me retrouve donc en charge du coverage du DSO Paris. Enfin, grâce à de sympathiques stackers, j’ai également eu la chance de jouer le tournoi, sans doute poussé par le fait que c’était le rendez-vous officiel des couvreurs en manque d’adrénaline. Le tournoi indispensable à faire, avec une belle structure et un buy-in relativement peu cher. Harper, Kinshu, Steven, Mama, Lecorback et bien sûr Roroflush (désormais joueur pro) sont dans les starting-blocks pour disputer ce bel événement à l’Aviation Club de France, cercle de jeu qui devient un peu ma deuxième maison en cet automne. Je couvre donc le Jour 1A, puis joue le Jour 1B. Si je passe le jour 1, ce sera Mama au coverage. J’avoue que j’ai trouvé l’expérience un peu embarassante. Déjà, auprès des floors de l’ACF, qui m’avaient dit ne pas forcément apprécier ce roulement des reporters qui jouent également, puis concernant mon jeu globalement. Le fait de jouer et de couvrir un tournoi en même temps n’est clairement pas une bonne idée pour donner son maximum dans chacune des deux activités.

Gloub : « Un jour, je serai couvreur et j'aurai une Hendon Mob comme Harper et Kinshu »

Quoiqu’il en soit, après m’être fait buster d’une manière assez sick en tentant le seul bluff de ma journée contre un livetard qui avait touché les nuts, je pouvais à nouveau revêtir mon costume de couvreur, à savoir le cher pull bleu à rayures que « Gloub94 » aime tellement, pour suivre le Jour 2 et le Jour 3. C’est alors qu’il m’est arrivé une histoire pas banale qui m’a finalement pas mal apporté. Petit rappel : poster des articles sur un tournoi, depuis Benjo, nécessite la présence de jeux de mots dans les titres. C’est pas une obligation, mais comme beaucoup de lecteurs survolent les articles et ont besoin de se raccrocher à des titres, on se doit d’essayer d’être drôle. Alors, la bataille est féroce sur qui trouvera le meilleur jeu de mots. J’avoue que dans ce domaine, certains trouvent des petites merveilles (Harper et Kinshu, notamment, devenus spécialistes dans l’art de trouver tout de suite le jeu de mots qui va bien). Bon, tout ça pour en venir au fameux titre qui a créé le buzz, à savoir « Flip ou Kalfon ».

Kalfon : « Et si on lançait une ligne de vêtements avec tapis_volant ? »

D’abord, ce jeu de mots s’est transformé naturellement, alors que je l’avais posté sous la forme « Kalfon ou Flip », mais aidé par mes potes de bouffonneries, il s’est transformé de manière logique. En postant ce titre pour parler d’un coup disputé par Franck Kalfon (à qui on avait déjà fait des dizaines de jeu de mots sur son nom), je ne m’attendais pas à ce que l’on ne me parle plus que de ça. C’est simple, le lendemain, alors que je jouais le Jour 1B, trois petits gars du forum sont venus me voir en me disant « C’est toi, flip ou kalfon ? Trop bon ! » Ca me faisait marrer, sans forcément me rendre compte que ce titre avait beaucoup fait parler. L’histoire aurait pu s’arrêter là si Franck Kalfon himself ne m’avait pas interpellé le lendemain pour me reparler de cette blague potache. D’abord un peu énervé par ces jeux de mots dignes d’une cour d’école, il s’est fait expliquer le titre par d’autres joueurs du tournoi et même par le floor de l’ACF, à tel point qu’il s’est mis à l’apprécier et à se rendre compte que de toute façon, cette histoire pouvait faire parler de lui. Au soir du Jour 3, il me glissait même l’idée d’en faire un t-shirt qu’il porterait. J’avais déjà la tête ailleurs, vu que je ne pouvais pas couvrir la finale de ce tournoi et que je m’envolerai vers Prague le lendemain tandis que Franck Kalfon, Idris Ambraisse et autres se battraient pour la victoire.

Idris : « Je cherche à ressembler à Ilan Boujenah, j'ai encore du taf ! »

Dans l’avion pour Prague, en checkant le forum Club Poker sur mon iphone 3G pas très balla, je découvre la photo de la TF, et Franck Kalfon arborant un t-shirt avec écrit « Flip ou Kalfon, by tapis_volant ». Curieusement, j’étais presque ému par cette attention et me disait que j’avais, juste par un jeu de mots, gagner une espèce de « crédibilité ». Concernant le tournoi, c’est le local hero Winamax qui a en toute logique rafler la première place et le petit chèque qui va avec.

Kalfon : « Tu vois que j'ai de l'humour, petit reporter ? »

De toute façon, à ce moment-là, le trajet en avion vers Prague aux côtés de Kinshu m’apparaissait déjà comme un accomplissement. Depuis six mois et mes débuts dans le monde du coverage, partir à Prague était devenu un rêve. C’est l’un des EPTs qui a apporté au monde du Poker français quelques moments inoubliables, avec notamment la victoire de Arnaud Mattern en 2007.

European Poker Tour de Prague : Oh my Darling !

le coverage du jour 1a (avec Kinshu)

le coverage du jour 1b (avec Kinshu)

le coverage du jour 2 (avec Kinshu)

le coverage du jour 3 (avec Kinshu)

le coverage du jour 4 (avec Kinshu)

le coverage de la table finale (avec Kinshu)

Hôtesses : « Vous venez pour le Poker, vous êtes sûrs ? »

Que dire sur Prague ? Déjà, c’est clair qu’un EPT, c’est vraiment la Roll’s des tournois de Poker. Une organisation sans faille, une salle de presse grand luxe, un field de qualité, un hébergement à l’Hotel Hilton. Même si je suis déçu de ne pas avoir rencontré Paris Hilton, j’ai passé de très bons moments à couvrir cet événement. Ce marathon praguois m’aura permis de rencontrer pas mal de grands joueurs et d’échanger un peu avec eux, que ce soit de jour ou de nuit. Le tournoi nous aura permis de suivre quelques français, avec en chef de file Manuel « Manub » Bevand qui terminera à une belle 7ème place.

ManuB : « C'est ev+ niveau photoshopage cette septième place ! »

Signalons également les belles performances de Nicolas « Nicbab » Babel, Fabrice « FabSoul » Soulier, Hugo « HHHUGO » Lemaire et Ronan « Roroflush » Monfort qui ajoute une belle ligne EPT à sa Hendon Mob florissante. Un petit mot également sur le vainqueur, Roberto Romanello, qui nous a gratifié d’un très beau moment juste après sa victoire. Emu, bouleversé, il a pleuré pendant de longues minutes, tentant de réaliser l’exploit qu’il venait d’accomplir. Ces minutes étaient incroyables, et rien que pour ça, je n’échangerai ma place pour rien au monde. Etre témoin de tels moments d’émotions, alors que ce n’est qu’un jeu de cartes, relève du miracle.

Roberto : « Oh my god, ce roman est presque terminé, enfin ! »

Ce que j’ai aimé particulièrement lors de cet EPT, hormis le Darling bien entendu, c’est l’atmosphère de solidarité qui s’est établit entre les français. Loin de la France, on soutient nos compatriotes dans leur quête de performance. On vit le tournoi à leurs côtés, on tente de les aider, de les soutenir au moins. Ce véritable marathon tient en haleine les spectateurs, les lecteurs, et nous-mêmes. On cherche des coups à relater, des histoires à raconter, des moments à immortaliser. Tels des corbeaux, on guette la moindre élimination ou le sourire du short-stack qui vient de doubler. On oublie que l’on aimerait être à leur place. Jouer, transpirer, toucher les jetons. Mais pour l’instant, on est à notre place, le carnet à la main, l’appareil photo autour du coup, attendant qu’il se passe quelque chose d’émouvant, d’horrible ou tout simplement de banal. On est là, toujours à l’écoute des bad beats ou des whines intensifs, prêts à donner de notre temps pour écouter les plaintes ou encourager les joueurs qui cherchent à s’en sortir. On est couvreur, et fier de l’être.

Liv : « C'est bon Victor, t'as fini d'écrire ? Tu peux me rejoindre maintenant. »

Rendez-vous à Deauville pour la suite des aventures d’un apprenti-couvreur et d’ici là, good luck aux tables ou dans votre vie !

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A chip and a chair – Moissy #27

17 juin 2010 at 19:26 (Compte-Rendus)

Pour la troisième fois, je me rends à Moissy pour disputer un beau tournoi deepstack avec 50 000 jetons. Je sors d’une belle session de cash game à Clichy et commence à apprécier spécialement le jeu en live, ayant même renoncé à jouer online avant l’arrivée des nouvelles rooms. J’espère que je pourrais continuer à jouer avec cette putain de loi qui nous énerve tous. Pour l’instant, rien de tel qu’un beau tournoi en dur pour s’exercer et tenter de jouer le mieux possible.

Blindes 25/25 – Stack 50K

Pendant que les premiers arrivés nous volent quelques blindes, je suis sur la route en compagnie de Bastos et Bilara. Aly a choisi de mettre du rap à donf dans sa caisse histoire de trouver l’agressivité nécessaire pour commencer à rentrer dans son tournoi. J’espère ne pas me retrouver à la table de Bastos parce que je sais qu’il effectue des moves hyper-agressifs qui sont parfois durs à contrer. Je remarque une nouvelle fois que Moissy, c’est bien loin quand même et que si je vais en table finale, faut que je trouve une solution, vu que le tournoi est passé sur deux jours. On arrive finalement à Moissy pendant ce niveau. Je m’acquitte du buy-in et me voici après un petit sandwich assis à ma première table en compagnie de … Bastos. Tout le monde n’est pas arrivé, mais je remarque la présence de quelques joueurs dangereux, notamment Dathuy, membre éminent de la Newteam, Leo, dit « le bluffeur fou » et Emro, un joueur très tight et assez dangereux. Je ne connais pas trop les autres ou seulement de réputation, Regiseis (amateur de Samouraïs Palace), uTada, Maxibiffle (Membre de la Sick Team) et autres.

Blindes 25/50 – Stack 50K

Le premier coup que je vais disputer va conditionner mon début de tournoi. J’aurai sans doute pas du le jouer, vu ce que ça a donné par la suite. On n’en est pas là. Leo est déjà rentré dans beaucoup de coups quand je reçois en SB. Il est au bouton et relance, comme une main sur deux en ce début de tournoi, à 175. La table n’est pas très facile et pour suivre la mode des 3-bet oop, je décide de relancer sa mise à 450. Il sait que je suis un joueur solide et respecte mon jeu. Cependant, il calle, parce qu’il aime jouer en position, sans doute. Le flop est plutôt sympa pour ma main, puisque je touche la top pair sur un flop . Je fais un continuation-bet standard à 525, qu’il s’empresse de payer. Je sais déjà qu’il aime beaucoup floater en position et qu’il va attaquer si je montre le moindre signe de faiblesse à la turn. La turn est le et comme prévu je place un deuxième barrel à 850. Il réfléchit deux secondes et paye à nouveau. Je suis pas trop rassuré par ce call et décide de checker la river , tout en sachant que je vais insta-call la moindre mise de Leo. Il mise 1250 et je m’exécute pour le voir retourner pour trips runner-runner. Ce coup me met un peu en tilt, je sais bien qu’avec cette profondeur en jetons, on peut tenter ce genre de call au flop, mais je sais pas pourquoi la manière de jouer le coup de Leo m’a doucement énervée.

Par égo, je le surrelance deux coups plus tard lorsque je suis au bouton avec . Je monte les enchères à 600 et me fait également payer par Bastos. Je fais moins le malin lorsque le flop s’affiche : et décide de checker parce que ce flop a pas mal touché leur range. Sur la turn , et après deux nouveaux check de la part de Bastos et Leo, je place une mise à 1200 et prend le coup. Même si je le fais rarement, je montre rarement, histoire de faire comprendre à Leo que je vais pas me laisser marcher sur les pieds.

Blindes 50/100 – Stack 47K

Depuis le début du tournoi, uTada fait forte impression. Il attaque beaucoup et surtout gagne de nombreux coups sans showdown. Je trouve en middle position et paye une relance à 350 de Dimitri UTG+2. uTada place un nouveau squeeze à 1250 de BB et même si je devrais sans doute folder, je décide de payer, décidé à toucher le flop magique. La magie ne prend pas avec le dévoilement du flop : . Il mise 850, je décide de float en position. Peut-être l’influence de Leo ? Je me dis s’il checke, je vais attaquer sur n’importe quelle carte. Sur le qui apporte donc une doublette, je décide de placer une grosse mise à 3500. uTada paye après réflexion. Je ne suis pas très rassuré, mais après un nouveau check sur la river , je ne me résout pas à abandonner le coup, et envoie une deuxième salve à 11 000, me demandant alors ce que je suis en train de faire. Est-ce possible de faire folder les as ou les rois avec ce board ? Après un long temps de réflexion, uTada décide de payer et montre . Je regrette amèrement ce bluff qui me fait perdre 16K, je n’ai pas l’habitude de dilapider des jetons en début de tournoi, mais je n’ai pas pu résister à la tentation du bluff. Ca aurait pu passer, mais n’ayant aucune info sur ce joueur, ce n’était pas forcément une idée brillante.

Le tilt aidant, je ne resserre pas mon jeu et décide de rentrer dans un pot limpé avec . Le flop est exceptionnel pour ma main , je déconne bien sûr. Leo mise ce flop, et je décide de payer, sans doute parce que c’est lui et que j’espère bien toucher une carte magique à la turn. La turn entraîne un check collégial. La river est magique puisque c’est le . je place un beau value bet fort de mes deux paires et me fait aussitôt payer par Leo qui montre une dame après avoir vu mes deux paires, visiblement dégoûté.

Blindes 75/150 – Stack 28K

Mon image n’est plus vraiment celle qui me colle à la peau depuis longtemps. Ces deux coups du niveau précédent m’ont fait passer pour un joueur un peu funky qui tentent des choses peut-être un peu débiles. C’est donc le bon moment pour recevoir les flèches et avoir de l’action. Fidèle à ma stratégie du 3-bet (j’en n’ai jamais autant fait qu’en ce début de tournoi !), je 3-bet l’ouverture à 350 de Dathuy à 1200. Il me calle, persuadé que je suis en mode aggro, même si mon stack est tout de même bien descendu. Je mise le flop à 1200 et me fait encore payer par Dathuy. On checke la turn et sur la river , je tente d’extraire encore un petit quelque chose du tapis de dathuy en misant petit, une nouvelle fois 1200. Il me paye assez vite et me montre un dix. Sans pour autant remonter au niveau du stack de départ, ce petit coup me permet au moins de reprendre un peu confiance.

Blindes 100/200 – Stack 35,5K

J’ai traversé le désert, je ne me souviens de rien. Si vous avez des souvenirs de cet endroit, n’hésitez pas à m’envoyer des photos. Il me semble que Dathuy connaisse aussi bien l’endroit.

Blindes 125/250 – Stack 34K

Sans pour autant avoir resserré mon jeu, je ne trouve quasiment aucun spot pour engager des jetons. La table est très agressive, d’un niveau assez surprenant. Il faut être bien accroché pour monter des jetons, et j’avoue que c’est pas si fréquent dans les tournois que je joue. J’en profite pour observer les joueurs, notamment uTada dont les moves sont souvent de qualité.

Blindes 150/300 – Stack 30K

Je tente de rentrer dans quelques coups avec des mains à potentiel, sans succès, je touche pas mes flops et l’action me pousse à rester prudent. Je perds cependant pas mal de chips en rentrant dans tous ces coups.

Blindes 200/400 – Stack 28K

Je squeeze une fois avec une paire de huit et le reste du temps, je folde à tout va. Je commence à me dire que ce sera mon premier Moissy sans ITM. Je commence à désespérer, à ne plus savoir quoi faire, à me sentir mal, à perdre l’envie de gagner à tout prix. Je vois Dathuy chatter une flush runner-runner contre le fish de la table, à qui je n’ai même pas réussi à prendre le moindre jeton. Je suis un peu au bord du craquage, prêt à tout envoyer avec AJ. Mais bon, je finis par me raisonner. Après tout, même si certains ont déjà dépassé les 100K de stack, j’ai encore plus de quarante blindes. Rien de dramatique.

Blindes 300/600 – Stack 32K

Je joue à nouveau un coup contre Leo en position. Décidé à chatter un flop, je décide de compléter ma SB avec . On est 4 à voir un flop . Leo attaque à 1500. J’hésite à relancer mais je call comme un weak fish, ne voulant pas jouer mon tournoi là-dessus. La turn  me semble être une belle carte mais après une nouvelle mise à 3500 cette fois, je suis plus trop sûr et je me demande encore ce que je bat. Je folde, préférant préserver mes jetons pour un meilleur spot. Leo me dira avoir la quinte. Leo, si tu passes par là … Je m’enfonce encore un peu plus, mais j’essaie de trouver la motivation de m’accrocher.

Blindes 400/800 – Stack 28K

Et c’est à ce moment-là que je retourne au bouton. Tout le monde folde jusqu’à moi. J’avoue que je prie pour avoir de l’action de Bastos après ma relance à 2200. Seb « Bastos » décide de me payer. Il va alors check-call deux fois, d’abord à 3500 sur le flop  puis à 7000 sur la turn . Contre Bastos, je suis plutôt confiant dans cette main. Sur la river , il scrute mon stack en accentuant bien son regard et fait tapis pour mes derniers 15K. Je calle sans aucune hésitation, sans doute parce que c’est Bastos mais également à cause de ce regard sur mes jetons. Je m’estime également incapable de folder à ce moment-là dans ce spot, non pas parce que je suis amoureux de cette paire d’as, mais parce que contre Bastos et avec tout cet argent au milieu, je ne peux définitivement pas effectuer un weak fold qui me laissera à 15K.

Blindes 500/1000 – Stack 60K

Bastos sort peu de temps après. Ca fait la deuxième fois que je gagne un coup crucial contre lui après l’avoir busté au Freestyle le mois dernier. Sans doute pour me venger puisqu’il m’avait busté en TF de mon premier Moissy où il avait écrasé la finale. Revenu quasiment à la moyenne grâce à ce coup, j’essaie d’en profiter pour voler un peu quelques blindes mais me prend trois fois de suite des donk-bet flop dans la gueule. N’ayant touché aucun des flops, je n’ose pas m’aventurer dans des coups compliqués et décide de sagement passer à chaque fois, même si je bous intérieurement. Je décide de resserrer un peu mon jeu pour ne pas dilapider mes jetons à nouveau.

Blindes 600/1200 – Stack 58K

Quelques vols de blindes rencontrent le succès. Je grinde un peu les jetons à base de continuation bet ou de raise preflop en position tardive.

Blindes 800/1600 – Stack 68K

En position, je paye une relance à 4000 de Dathuy avec . J’hésite à le surrelancer, mais préfère jouer un coup post-flop contre lui. Je sais qu’il joue assez tight et je pense le faire folder pas mal de mains post-flop. Le flop est révélé : . Je sens Dathuy un peu sur la réserve au moment de faire son c-bet à 5000. Pour représenter de la force, je décide de le min-raise à 10 000. Dathuy insta-fold me disant avoir AK. Je ne savais pas trop comment jouer ce coup preflop, j’aurai éventuellement pu shove mes 20 blindes, mais cela m’a paru beaucoup trop risqué comme move.

Blindes 1000/2000 – Stack 88K

Sur ce niveau, je ne joue quasiment aucune main. J’hésite juste à payer le tapis de Dathuy qui pousse ses 30K en MP. Je retourne et hésite longuement. Cela fait plusieurs fois que j’ai des mains décentes contre des relances de Dathuy. Je sais que je suis sans doute devant sa range de push mais il reste encore plusieurs joueurs à parler derrière et j’engage 40% de mon tapis sur ce coup. Je décide de folder cette main, et finalement Dathuy se fait payer par un gros tapis qui retourne … . Dathuy retourne . Le vilain calleur touche son roi au flop, mais Dathuy trouve la couleur avec 4 carreaux aux boards. Je regrette un peu sur le coup d’avoir folder, mais bon, c’est result oriented. Dathuy double donc son tapis et va commencer à redevenir dangereux. Heureusement, on me change de table et atterrit à la table de Gloub qui est vraiment d’un faible niveau. On le sent à l’aise à cette table.Malheureusement, je ne touche rien et ne parvient pas à gagner des jetons sur cette table.

Blindes 1200/2400 – Stack 70K

Je ne vais jouer qu’un seul coup à cette nouvelle table, contre un joueur relativement faible en combat de blindes. Sur un flop 2JQ, je touche deux paires avec mon J2 spécial grosse blinde. Je relance la mise de mon adversaire sur le flop, prêt à payer son tapis s’il me 3-bet, mais il folde gentiment.

Blindes 1500/3000 – Stack 75K

Je suis à nouveau changé de table, et retrouve ma place à la gauche de Dathuy qui possède maintenant un gros stack, après avoir buster plusieurs short stacks. Je suis un peu card dead à ce moment-là, j’essaie de maintenir mon stack à flots à coups de relance au cut-off. Heureusement, ça passe souvent et même si mon tapis ne progresse pas trop, je conserve tout de même un tapis correct. Jusqu’à ce que je trouve en SB. Retombé à 45K après être remonté plusieurs fois (notamment grâce à un chattage AJ vs KK), Dimitri, membre de la Sick Team et aussi connu sous le pseudo « Maxibifflesick », envoie son tapis au cut-off. Je n’hésite pas une seconde avant de payer cette mise avec mes cowboys en main. Malheureusement pour moi, il retourne fièrement . Pour bien enfoncer le clou, il touche un as au flop et je prends donc un gros coup sur la tête qui me fait descendre à 28K.

Blindes 2000/4000 – Stack 26K

Je suis officiellement le short stack du tournoi. Tombé à 6 blindes, je folde quatre poubelles et me retrouve à cause des antes avec un jeton en main. J’essaie de dire à Catlover de rester un peu pour me ramener à Montreuil, je montre fièrement mon dernier jeton à Gloub. J’atteins une sorte de sérénité dans l’échec. Je me dis que je pouvais pas éviter ce setup et que maintenant je vais pouvoir envoyer avec tout et n’importe quoi, sans pression. De toute façon, c’est déjà presque fini. Après un limp UTG de Dathuy, je pose mon jeton de 25K en annonçant « tapis ». Je regarde à nouveau mes cartes, fier d’avoir osé pousser mes 6BB avec . Je sais bien que je n’ai quasiment aucune fold equity, notamment contre Dathuy qui est maintenant à la tête d’un gros tapis. Mais bon, cette main s’en sortira souvent contre les grosses mains. Et puis, avec 6 blindes, pas vraiment le choix UTG+1, sachant que les blindes pointent leur nez très bientôt. Dathuy paye comme prévu et dévoile . Je touche mon 6 au flop et gagne donc ce flip qui me permet d’y croire à nouveau.

La main d’après, je reçois et ne fais pas dans la dentelle en envoyant mon tapis pour 56K. Je n’ai pas vraiment d’autre option à vrai dire, vu que j’ai à peine dépassé le seuil des dix blindes. Iceman fait tapis par-dessus et je me rend compte que je vais peut-être sauter à ce moment-là. Ce serait bien dommage alors que je m’apprêtais à faire un come-back incroyable. Heureusement, il ne dévoile « que » et je gagne encore le flip qui me fait grimper à 120K.

Blindes 3000/6000 – Stack 130K

Je perds plein de jetons sur des vols qui se passent mal. J’insiste en relançant 2,2BB preflop pour voler, mais me fait payer à chaque fois. Une fois par Father_Dyck_Byrne qui donk-bet le flop Q87. Je regarde mes cartes, et avec ma paire de 2, je manque de courage et de folie pour relancer cette mise. La même situation se produit également contre Bao, qui donk-bet à son tour un flop Q23. J’ai KJ et ne sais pas vraiment quoi faire d’autre que folder. Je manque un peu de « balls » à ce moment et surtout je commence à croire à la Table finale vu qu’on n’est plus que 12 sur deux tables.

Blindes 4000/8000 – Stack 110K

Je me décide à ne plus ouvrir les pots mais à enclencher le mode « resteal ». Je fais ça avec des bonnes mains, dont une fois contre Fouw qui relance UTG à 18K. Je shove mes 100K avec AK sur cette relance, provoquant un fold à contre-coeur.

Blindes 5000/10 000 – Stack 120K

Les blindes deviennent énormes et j’essaie de me maintenir en volant les blindes sur des push en SB ou au Bouton, et j’effectue mon premier resteal avec une mauvaise main sur Dathuy. Avec 56 et au bouton, je relance sa mise de 20K à tapis. Il passe en me montrant un roi. Je savais qu’il ne voulait pas prendre de risques à cet instant et qu’il essayait seulement de profiter de son tapis pour mettre la pression. Un peu risqué sans doute, mais je suis bien décidé à ne pas tomber sous les 10 blindes, et le spot donnait vraiment envie. Après l’élimination de Léo en 12ème position, on décide de rembourser la bulle au boss, Buloboss repart donc 11ème et aura montré qu’il peut aller loin s’il parvient à ne pas jouer son tournoi au bout de trente minutes comme lors du dernier Moissy.

Table Finale

La Table Finale peut donc commencer. Gégé nous annonce que les blindes redescendent à 2000/4000 pour la table finale et qu’on va jouer le premier niveau de la TF avant d’aller se coucher. Pour l’occasion, Gloub, sorti 13ème, devient notre dealer et provoque deux éliminations. Je ne joue quasiment aucun coup en ce début de TF. Je n’ai pas spécialement envie de sauter à ce moment-là, même si je suis clairement le short stack de la table.

Le Sleep-Break est décrété, et le rendez-vous est fixé le lendemain matin à 10h30 pour la table finale à 8. Je vais squatter chez les petits gamblers de la Newteam pour la nuit et reviens le lendemain matin un peu fatigué pour tenter de tirer mon épingle du jeu. Le gros chipleader est Bao, suivi de près par Dathuy et Bidinho. On trouve également, DavidM, fidèle des TF de Moissy, ainsi que Father_Dyck_Byrne, un ancien du tournoi, Iceman, et The Muf, clairement le plus faible de la table. Avec le retour des blindes à 2K/4K, tout redevient possible. J’ai 134K, pas un stack énorme mais tout de même assez dangereux pour mes adversaires.

Blindes 4000/8000 – Stack 134K

Je me suis montré très calme jusqu’à maintenant. Au bouton, je décide de pousser mes maigres 100K avec AT sur la BB de Bao. Il hésite une plombe avec A9 en main. Il a déjà gagné plusieurs coups avec cette main, mais connaît mon image de serrure. J’essaie de montrer quelques tells de faiblesse. Avec mon stack ridicule, c’est clair que je veux bien doubler surtout s’il a A9 ici. Finalement, il folde et je prends tout de même blindes et antes, ajout non négligeable à mon tapis. Quelques minutes plus tard, je reçois UTG+2. Dathuy relance UTG à 20K. Je décide de pousser mes 115K avec ma paire de ouites. Malheureusement, Dathuy insta-call avec … . Je regarde même pas le board, acceptant ma défaite, mais grâce aux exclamations bruyantes des autres joueurs, je comprends vite que j’ai chatté mon 8. Désolé Dathuy, je run good on dirait ! Bizarrement, j’étais assez confiant pour pousser mon tapis avec cette main, même après une relance de Dathuy en premier de parole. Je fais souvent des fold discutables dans ce genre de situation, mais là, il m’a semblé qu’il fallait tenter sa chance avant de ne plus avoir de fold equity.

Blindes 5000/10000 – Stack 210K

Dathuy se remet plutôt bien de son coup de déchatte grâce à un beau setup contre Iceman, AA vs JJ. Il a des sueurs froides en voyant apparaître le valet comme première carte du flop, mais le reste du board lui donne une quinte. On n’est plus que six et je suis toujours le short stack, mais sachant que ma plus grande force au Poker, c’est la patience, je me fais pas de bile et je suis persuadé de pouvoir remonter, notamment grâce à la présence de deux joueurs « faibles ». J’attends patiemment les cartes. Bidinho saute et Bao perd un énorme coup contre The Muf.

Blindes 6000/12000 – Stack 195K

Comme dans un rêve, je reçois une nouvelle fois de BB. Je fais d’abord la gueule en payant mes 12000 de mise obligatoire et je retrouve le sourire lorsque je retourne ces cartes. (Ca s’est pas vu, j’espère !). En tout cas, The Muf n’a pas du le voir puisqu’il va me faire the best livraison of the year. Il relance UTG+1 à 28K. Je décide de 3-bet à 65K, notamment parce que je ne l’ai quasiment jamais vu folder sur un 3-bet. Sur le flop , je place un continuation-bet à 75K, ce qui me commit complètement. Ne percevant sans doute pas qu’il ne peut plus me faire passer puisqu’il me reste que 60K derrière, il pousse son tapis. Bien sûr, j’insta-call et il révèle pour … rien ou plutôt si, tirage flush backdoor. Comme je ne m’appelle pas Leo, The Muf ne touche pas sa couleur et je monte sans douleur à 400K, tandis que The Muf se retrouve crippled suite à ce coup très mal joué de sa part.

Blindes 8000/16000 – Stack 380K

Je ne trouve pas de main jouable. Revenu à un stack assez confortable, j’en profite pour observer les joueurs. J’assiste à l’élimination de DavidM par Bao, AQ vs AK et je constate la tendance bluffeur de Father_Dyck_Byrne, me disant que je vais attendre une belle main pour lui prendre beaucoup de jetons.

Blindes 10000/20000 – Stack 365K

The Muf ne sait pas vraiment jouer short stack, et n’a pas osé pousser son tapis lorsqu’il avait encore un chouilla de fold equity. Maintenant qu’il est tombé à 3,5BB, il décide de pousser son tapis sur ma grosse blinde. Je suis pas très heureux de payer 70K avec mais j’accomplis mon devoir et paye donc. Je joue contre et perds le coup. Il remonte un peu mais rien de bien grave pour moi.

J’oublie tout de suite ce petit accroc et tente de rester calme. Faut dire aussi que je suis bien fatigué et qu’une erreur serait vite arrivée. Le tour suivant, tandis que The Muf se meurt à nouveau, c’est Nico « Father_Dyck_Byrne » qui attaque ma grosse blinde à 60K. Je retourne et décide de pousser mon tapis. Je n’ai pas envie spécialement de jouer un gros flip contre lui, ni un gros flop d’ailleurs, c’est pour moi la seule manière de jouer le coup contre lui. Je suis pas très rassuré lorsqu’il envisage de me suivre. Il a un gros tapis à ce moment-là, environ 700K, mais ce coup peut tout de même lui coûter cher. Il annonce qu’en tant que fan des girondins de Bordeaux, il ne peut pas jeter sa main. Je ne comprends pas trop à ce moment-là, puis me dit que si c’est une question de département, j’ai de grandes chances d’être devant avec mes 88. Je connais pas le département 99 perso. Il retourne donc piteusement , espérant un coin flip, mais déchante pas mal à la vue de ma main. Flop et Turn apportent trois carreaux et il ne joue donc plus que pour un out. Pas d’horreur à la river et je passe donc à plus de 550K, parmi les chipleaders.

Blindes 12000/24000 – Stack 530K

Après l’élimination logique de The Muf en 5ème place, je trouve en BB. Bao effectue une relance UTG à 55K. Je compte mon stack, ne sais pas trop quoi faire. J’ai un peu plus de 500K et Bao a environ 320K. Comme j’ai raté plusieurs brelans en refusant de setminer à deux reprises en milieu de tournoi, je me décide cette fois à tenter de voir un flop avec ma petite paire, n’engageant finalement que 35K de plus que ma big blinde. Le flop apparaît :  Bingo ! Je checke, un peu blasé. Il avance 70K. Je réfléchis un peu puis relance à 180K car je sais bien que Bao va tout envoyer s’il a touché un petit quelque chose sur ce flop. Ca ne manque pas, et quand Bao annonce tapis, je m’empresse bien entendu de payer avec mon brelan de 2. Il a l’air ennuyé et se doute que je suis devant son . J’élimine Bao et on se retrouve donc à trois, avec des tapis à peu près équivalents Dathuy et moi. Nico pointe à quelques longueurs.

C’est clair que j’ai bien envie d’un heads up contre Dathuy, c’est un des joueurs que je respecte le plus, et ça m’emmerderait bien que ce ne soit pas un de nous deux qui gagne cette 27ème édition de Moissy. Pourtant, le début du jeu à trois est vraiment compliqué. Entre l’agressivité de Dathuy preflop et les bluffs instinctifs du supporter bordelais, mon tapis s’amenuise et je ne trouve pas trop d’arme pour les contrer. Un peu par dépit, je tente à mon tour un bluff qui aurait pu me coûter cher. Pour resituer le contexte, je viens de me faire bluffer trois fois de suite par Nico, notamment sur des donk-bets au flop, un move qui aura vraiment eu le don de m’énerver sur ce tournoi. J’ai donc perdu pas mal de jetons et suis à nouveau le short stack du tournoi. Je relance à 61K au bouton. Nico me paye de SB et Dathuy folde sa BB. Sur le flop , il donk-bet une nouvelle fois à 75K. Cette fois-ci, c’en est trop, je décide de lui revenir dessus et relance à 175K. Malheureusement, il décide de payer. Ooops ! La turn est une belle carte pour moi puisqu’elle m’offre le tirage flush max. Un peu tremblant, je pousse mon tapis et après quelques secondes à avoir des sueurs froides, Nico finit par folder sa main. Je souffle un grand coup. Ce pot me fait du bien au moral et me redonne confiance. Peut-être que je vais enfin arrêter de me faire marcher dessus.

Blindes 15000/30000 – Stack 700K

Dathuy élimine Nico avec top paire contre un tirage flush qui ne rentre pas. Il passe gros chipleader avec plus de 2/3 des jetons, mais je suis déjà heureux d’atteindre le tête-à-tête, celui qu’on voulait tous les deux. On deale à deux pour lisser un peu l’échelle des gains, mais en laissant quand même un gros bonus à la gagne. J’essaie de mon montrer assez agressif sur ce heads up. je suis plutôt habitué à ce format et mon jeu tight habituel est bien malmené lorsqu’on se retrouve à deux. Dathuy s’adapte bien, en bon joueur qu’il est et nos tapis stagnent. On a encore un peu de profondeur, même si les 4-bets deviennent rares.

Blindes 20000/40000 – Stack 720K

Sur une énième relance de Dathuy au bouton, je décide de le 3-bet à 300K, me committant pour payer son tapis s’il le pousse. En ma possession, LA main de mon tournoi . Dathuy shove et me montre . Je gagne mon 80/20 et prend largement le lead dans ce heads up, Dathuy tombant à 600K. Deux mains plus tard, Dathuy complète seulement la grosse blinde. Comme plusieurs fois auparavant, je pousse mon tapis pour prendre ce qu’il y a au milieu. Curieusement, il me paye. Il m’avait donc trappé avec … , une main finalement dominée par mon . Je touche un as sur le flop et élimine donc Dathu, qui se consolera avec cette belle deuxième place.

Conclusion

Je gagne mon premier Deep Stack Moissy après être tombé à un unique jeton en fin de Day1. Plus que cette remontée spectaculaire et enivrante, je retiendrais surtout qu’avec une si belle structure, la meilleure arme pour aller loin est la patience. Bien sûr, j’ai eu beaucoup de belles mains, de la réussite au bon moment, mais je pense que j’ai joué un Poker plutôt solide pour parvenir à cette victoire.

En tout cas, merci à Gégé et JP pour ce beau tournoi. La table finale le lendemain était une belle idée pour avoir du beau jeu, même si c’est un peu compliqué pour ceux qui viennent de loin. Un gros big up à la Newteam, qui place ses trois représentants en TF. J’espère qu’ils m’en voudront pas trop de leur avoir  » volé  » cette victoire. A bientôt aux tables.

Tapis_volant.

Ca, c'est de la premium !

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Mon Deep Stack Moissy #26

25 avril 2010 at 19:13 (Compte-Rendus)

Pour la deuxième fois, je vais disputer le fameux Deep Stack de Moissy. Petit rappel des faits, la dernière fois, j’ai fait la table finale, en jouant à peu de chose près comme une serrure, la belle structure m’ayant permis d’attendre des spots favorables pour gagner des coups. Cependant, j’en gardais un souvenir d’une certaine frustration, n’ayant jamais su ouvrir mon jeu pour tenter de dominer la table ou pour monter des jetons. En gros, j’avais attendu les setups favorables pour chatter ma place en TF. Aujourd’hui, je suis déterminé à me loosifier. Je sais que mon pote Elie venu avec moi une nouvelle fois et avec qui je swappe un pourcentage depuis quelques temps maintenant, attend cette transformation de mon jeu avec impatience. Il serait temps de perfer Elie ! Sinon, plus de swap ! Quoiqu’il en soit, je suis fermement décidé à ne pas me laisser marcher sur les pieds, à jouer beaucoup plus loose agro et à prendre des risques. Je me rends à Moissy avec Abbysam, Leo et Vivi, je remercie encore Sam pour le transport et Leo pour sa bonne humeur communicative. Arrivé à Moissy, je découvre ma table de départ sur laquelle je ne connais pas grand monde. Je reconnais seulement le pseudo de Xmoon dont j’ai un peu suivi les performances via le CP. Comme par hasard, je suis aussi à la table de mon pote, et j’aime pas trop cette situation. Certaines tables m’ont l’air bien plus relevées, en tout cas, même si je ne connais pas grand monde encore, j’ai un peu suivi les coverages et je connais les joueurs en forme du moment (Leo, Aly, Bao…), ceux qui ont seulement trois lettres dans leur prénom quoi !! Le traditionnel Shuffle up and deal résonne dans la salle des étoiles de Moissy et on commence à faire des chip tricks en attendant les retardataires. Le bruit des jetons résonne, certains adoptent déjà la online attitude, en arborant casques audio démesurés et casquettes vissées sur le crâne. Pour ma part, je sais juste qu’on a 45K jetons, qu’on a le temps, mais qu’il ne faut pas se faire marcher sur les pieds, sinon, ça fait mal !

Blindes 25/25 – Stack 45K

Pendant ce premier niveau, je ne prends pas vraiment le temps de sonder la table et d’attendre. Je décide de rentrer dans pas mal de coups. Les joueurs ne me connaissent pas spécialement, je peux facilement faire croire que je suis un fou furieux qui ne sait pas jouer. Je relance donc des mains comme K8, 92, Q9 et prends quelques coups comme ça, soit preflop, soit sur c-bets qui passent. Je change de stratégie par rapport au dernier deep stack, en espérant provoquer des accidents, et en jouant justement contre des adversaires plutôt tights. Je joue notamment un coup contre JP qui nous accueille si gentiment dans sa demeure de petit prince du film d’horreurs. Je relance avec en position et il me paye de BB. Le flop est plutôt favorable pour ma main : . Comme je l’ai identifié comme un joueur plutôt sérieux, je me dis qu’il va suivre une petite mise. Malheureusement, le coup s’arrête net et je ne prends qu’un maigre bénéfice. Je me retrouve impliqué dans des coups un peu foireux, avec 92 sur un flop 832, où je paye un c-bet mais doit give-up sur un second barrel à la turn. Jouer loose implique beaucoup de décisions difficiles, et ce sont des sensations que je connais finalement très peu. Je perds aussi un coup contre Manu, alias Choubdia, où je relance à 100 avec et suis payé uniquement par lui. Sur un flop , il attaque à 200 et je décide de payer. Sur la turn , il place une seconde mise. J’envisage une relance, mais retrouve mes esprits pour folder sagement. Après tout, je le connais pas et j’ai pas grand chose à espérer de ce coup. Je stagne niveau stack mais j’engrange pas mal d’informations sur les joueurs de ma table et surtout je donne une image un peu perturbante pour mes adversaires, enfin, je crois.

Blindes 25/50 – Stack 44,6K

Je commence le niveau en raisant à nouveau une main que habituellement je ne regarde même pas : . Sur un flop , je place un continuation bet, me fais payer, et envoie une deuxième cartouche sur la turn , qui suffit à faire folder mon adversaire. Arrive alors le premier coup intéressant que je joue contre YousSex, un joueur que j’ai identifié comme plutôt exploitable. YousSex limpe en middle position et Fabien, un joueur qui se cache derrière ses lunettes de soleil extra-larges, relance comme souvent au cut-off à 225. Je décide de payer en SB avec et YousSex paye également la mise. Le flop m’enthousiasme pas mal même si le risque de flush atténue un peu mon excitation. Après mon check, YousSex prend les devants et avance 800. Fabien sort du coup. J’hésite à folder (non, je déconne) puis je décide de juste payer, ne préférant pas faire grossir le pot et persuadé que toute relance entraînerait un fold de sa part. La turn est le , belle carte qui a facilement pu toucher sa range. Il place une nouvelle mise à 2000, et là, je me demande si je dois relancer. J’hésite pas mal, me disant que je peux évidemment lui faire tirer la couleur, mais le format deepstack me pousse à la prudence. Je call juste. Sur une river anodine, je sais qu’il va encore miser, parce qu’il montre pas mal d’intérêt pour le coup. Cela ne rate pas et il envoie 5000 que je décide de flat-call. L’idée d’une relance pour value m’a bien traversé l’esprit, mais je n’ai clairement pas envie de me faire revenir dessus et d’avoir une décision difficile donc je paye juste. Il montre et j’empoche le pot. S’ensuit alors une minute de silence. Non, personne n’est mort, mais je pense qu’à ce moment, certains joueurs de ma table pensent que j’ai joué le coup à l’envers. J’ai l’impression, peut-être à tort, que certains condamnent ma manière de jouer ce coup. En tout cas, mon image se dessine, des joueurs vont tenter des choses contre moi. Et ça, c’est tout bénèf !

Blindes 50/100 – Stack 52K

Je commence ce niveau en jouant un jouant un coup marrant impliquant Xmoon et YousSex. Pour remettre les choses dans leur contexte, je respecte pas mal Xmoon. Il joue juste, commet peu d’erreurs, même s’il a tendance à ne pas souvent lâcher preflop. Je relance en MP à 250 avec en main. Pascal me paye au bouton, ainsi que YousSex de BB. YousSex attaque le flop à 500 et je décide de payer, pensant encore être devant. Xmoon paye également. Sur la turn , après le check de YousSex et le mien, Xmoon mise 1000, que paye rapidement YousSex. Persuadé être maintenant battu, je folde, pas vraiment décidé à toucher mon deux-outers sur la rivière. Et pourtant, c’est le qui tombe à la river. Forcément, je suis un peu dégoûté à ce moment-là, mais le showdown va me réconforter. Xmoon value bet son full touché à la turn en plaçant une grosse mise que payera YousSex (avec quoi ?). Xmoon avait donc et m’aurait sans doute pris beaucoup avec cette river qui aurait pu s’avérer dévastatrice pour moi. Je l’ai échappé belle ! Pascal est clairement le plus dangereux de la table, d’autant qu’il a monté un tapis important grâce à de beaux setups, toujours contre le malheureux JP (Full vs Flush, Carré vs Full). Je continue à tenter des choses inattendues même par moi, en rentrant avec des mains comme A4, J8 ou autres. Je perds un peu sur des c-bets pas respectés ou à cause de flops qui ne connectent pas avec mes mains marginales. Je réussis à passer un bluff sur un board  avec en main. J’en profite pour montrer un 2, histoire d’en rajouter une couche sur mon image de foufou. Finalement, c’était presque un value bet, vu que j’aurais pu me faire payer par hauteur roi, mais en tout cas ce 2 laissait mes adversaires dans le flou, vu que j’avais relancé preflop.

Blindes 75/150 – Stack 52K

Un adversaire dangereux rejoint notre table. Je commence à le connaître un peu, pour avoir joué plusieurs fois avec lui. C’est un membre d’une équipe qui commence à faire un peu parler d’elle, la Newteam, composé de Viet, Bao, Nam et donc Dathuy. Ce jeune joueur talentueux a passé sa jeunesse dans la très belle région limousine. C’est ainsi, à Limoges, qu’il a appris à faire de belles lectures, à monter rapidement de gros tapis et à préparer méticuleusement ses futurs moves de joueur de Poker. C’est connu, les limougeauds sont des gambleurs. Vous me croyez pas ? Allez vérifier par vous-mêmes ! Avec l’arrivée de Elie (pour cause de retard) et donc de Dathuy, la table se transforme soudainement, les 3-bet commençant à fleurir, les coups commencent à être chers. C’est alors que je reçois une bombe : !! Bon, allez, j’avoue, c’est juste une toute petite bombe. Du genre de celles que tu n’as pas vraiment envie de larguer même en temps de guerre ! En MP, je paye une relance à 400 de Elie UTG+1 déjà payée par Dathuy. Xmoon décide de squeeze tout ça, en envoyant 1600. Elie et Dathuy foldent rapidement. Clairement, Pascal peut faire ça avec pas mal de mains, mais j’ai un mauvais pressentiment sur le coup, et au lieu de lui revenir dessus, je décide de seulement setminer avec mes neufs. Le flop m’apparaît plutôt dangereux, parce que c’est le genre de flop où on a toujours envie de continuer avec une overpaire. Ne sachant pas trop comment faire pour savoir si Xmoon a une paire au-dessus de moi, je fais ce qu’on pourrait appeler un donk-bet pour info, le genre de play un peu ridicule qui induce forcément une relance d’un raiseur preflop. Mais bon, je le fais, parce que j’ai déjà une image de donk. Je met donc 2000 et me voit relancer (comme par hasard !) par Xmoon à 5000. J’ai mon information, et je folde sans trop me poser de questions, même s’il peut très bien m’avoir bluffé dans ce spot. J’étais pas prêt à engager beaucoup de jetons là-dessus. C’est clairement le genre de spots à éviter avec cette profondeur, et ayant pas mal progressé en cash game ces derniers temps, ce sont des folds très faciles pour moi maintenant.

Blindes 100/200 – Stack 49K

Un peu perturbé par ce coup, je décide reprendre ma tactique d’agression en plaçant successivement deux gros squeezes une fois avec et juste après avec . Même si mes adversaires soupirent et semblent contrariés par mon petit côté joueur scandinave (toutes proportions gardées bien entendu), cette technique me permet de grinder tranquillement. je joue alors un coup où je floppe les nuts dans un pot limpé avec sur un flop . Malheureusement, je n’arrive pas à extraire beaucoup de jetons à mes adversaires, seulement une mise au flop payée par Elie, mais qui va give-up sur une petite mise sur le turn. Dommage. Juste après, je défends ma BB contre ce même Elie, qui décidément essaie à chaque fois de me piquer des jetons. Avec en main, je paye sa mise à 500 et découvre un flop que je décide de check-call. Le reste du coup est checké et ma paire gagne contre sûrement ce qui devait être un as fatigué chez lui. J’aurais pu tenter un value bet, mais Elie est sujet à une certaine maladie, le raise-river, qui rend le value bet assez dangereux avec une simple paire.

Blindes 125/250 – Stack 56K

J’ai encore une fois l’impression de disputer beaucoup de coups contre Elie quand arrive un coup important qui met en lumière un aspect étrange de ce jeu. UTG+1, je reçois et place une mise à 675, payée uniquement par Elie au cut-off. Le flop me convient plutôt bien, et je ne décide de ne pas sous-jouer en faisant un c-bet à 1200, insta-call par Elie. La turn me fait deux paires, mais fait également rentrer le tirage de quinte avec QT en main, ce qui est très probable chez Elie. Je bet 1700 dans un pot de 2000 environ et me fait cette fois relancer à 5000. Je paye, même si je commence à avoir peur de QT. La river est le et c’est là que mon esprit s’embrouille. En gros, je ne sais pas trop où le situer. Il n’y a pas vraiment de tirages possibles, je le vois bien avec deux paires inférieures aux miennes ou avec AT, KQ. S’il a QT, comment faire pour voir le showdown sans trop investir. Je ne peux décidément pas me coucher mais puis-je value bet ? J’opte pour un check-call qui me semble le play le plus approprié, persuadé qu’il va donc tenter un bluff. Ca ne rate pas. Après mon check, il mise 20 000, dans un pot qui en fait moins de 16000. Un bon overbet, quoi ! Et c’est là que la situation devient intéressante ou au moins « compliquée ». Jouer contre un ami est toujours quelque chose que je redoute dans les tournois live. On a beau se dire qu’on joue de la même façon, sans pitié, sans s’éviter, sans adapter ses mises. C’est juste impossible. La preuve, je vais finir par folder. Pourquoi ? Tout simplement parce que si je paye, il tombe à 10K et il est quasiment crippled. J’avoue que sur ce coup, je paye contre n’importe qui d’autre cette mise à la river, mais le fait qu’il me dise « Je sais que t’as AK » et que cette mise mette en péril la suite de mon tournoi et la sienne m’incitent à folder. De plus, folder là me laisse encore à 50K donc j’ai pas encore à m’inquiéter alors que tomber à 30K rend la suite du tournoi très difficile. Je choisis finalement de folder, à regrets, persuadé que le fait de jouer avec un pote influe forcément sur cette décision très weak.

PAUSE

A la première pause, je suis donc retombé aux alentours des 50K jetons. Tout est à refaire, notamment à cause de ce coup malheureux qui tourne et tourne encore dans ma tête, d’autant qu’il ne m’avouera jamais vraiment avec quoi il m’a bluffé (si c’est le cas). Tout le monde se retrouve à la pause pour se raconter déjà des bad beats ou les coups de maître qu’ils ont réalisés. J’ai une proposition secrète de Viet qui me séduit assez mais pour laquelle on doit encore discuter, j’ai juste peur que ce soit un moyen de m’éviter lors des tournois futurs et pas forcément une véritable envie de m’appeler Roberto dans les mois à venir. Parlons-en, en tout cas, j’ai toujours aimé Olive et Tom !! La pause me rappelle également mes heures de gloire de joueur de tennis. Les ligaments rompus, ma carrière de fish du tennis s’est brutalement interrompue, et ça me fait un peu souffrir de voir des gens frapper la balle. Enfin, tout ça, vous vous en moquez, je sais bien. Ce que vous voulez savoir, c’est les mains que je relance pour pouvoir me contrer la prochaine fois !! Revenons-en au fait. Gégé est pressé qu’on revienne aux tables, le tournoi va reprendre. Rirou a rejoint notre table, mais je ne me fais pas trop de souci, parce qu’il est quand même plutôt tight.

Blindes 150/300 – Stack 50K

Dès la reprise, je reçois une main énorme pour un joueur qui se loosifie, à savoir . Je paye une relance à 1000 de Choubdia en position. Je me suis pas mal frotté à Manu, alias Choubdia, en le 3-bettant ou en payant ses relances, de manière à ce qu’il finisse par craquer. Faut dire qu’il était pas mal pourvu en jetons, ayant doublé très rapidement avec les as contre les rois. Je savais qu’il y avait quelques jetons à récupérer de son stack. Le flop arrive et je décide de check-caller son c-bet à 1500. Sur la turn , check-check. Et sur la river , il place une mise étrange à 600 dans un pot qui avoisine les 5000. Je me dis que cette mise pourrait très bien être une manière d’induire une relance de ma part. Je décide donc de payer ce qui était finalement une sorte de blocking-bet puisqu’il dévoile . Je dispute alors un coup contre Fabien qui semble un peu frustré par les coups qu’il a disputés jusqu’à maintenant. Je décide donc que c’est le moment de disputer un coup contre lui avec une grosse main comme ! Je paye sa relance PF à 850 en position contre lui. Sur le flop , il mise 1500 et, fort de mon open-ended et de mon énorme paire de 4, je décide de caller. Sur la , après qu’il ait checké, je décide d’attaquer à 2000, représentant la dame. Je suis pas vraiment content quand il paye ma mise mais bon, j’ai encore pas mal d’outs. La river tombe et j’opte pour un value bet à 3000. Après une intense réflexion, il folde ce qui devait sans doute être une dame. Il était hors de question que je ne value pas ces deux paires touchées comme par magie. J’avoue que c’est assez jouissif de jouer ce genre de petites mains, et jusqu’à aujourd’hui, je n’avais jamais vraiment osé faire ça en live, préférant jouer assez tight. Pourtant, les longues heures passées sur les tournois en ligne m’ont toujours appris que c’est souvent ce style qui conduit vers les sommets de la table finale !

Blindes 200/400 – Stack 54K

Les coups commencent à se disputer preflop, à base de 3-bet et parfois de 4-bet. Je dispute à nouveau un coup contre Elie où je raise à 1000 UTG+2. J’ai l’impression qu’il me revient dessus à chaque fois depuis quelques temps alors, quand il me raise à 2500, j’opte pour un 4-bet à 7500 avec . Il met une heure à folder ce qu’il dira être AK. Encore une fois, j’ai mis sans doute trop gros, pour éviter qu’il rentre dans le coup parce qu’il est très collant et que son gros défaut est de vouloir voir des flops à tout prix. « Les amoureux du flop finissent souvent par se faire larguer » (citation d’un joueur hongrois pas célèbre du tout). Je resserre un peu le jeu avec la montée des blindes et également parce que quelques joueurs commencent à pas mal défendre leurs blindes. Xmoon était à chaque fois en BB lorsque j’étais au bouton, et c’était quand même assez difficile de lui voler, sans doute qu’il ne voulait pas qu’on touche à ses chips de Vegas !

Blindes 300/600 – Stack 60K

Je commence le niveau par un coup disputé contre Sam, alias Abbysam. Je décide de relancer à 1500 au c-off avec en main. Il me paye de BB et checke le flop . Je décide de c-bet le flop, persuadé de pouvoir le faire passer toutes ses overcards. Malheureusement, il paye ma mise à 2500. La turn est belle pour ma main et je continue mon agression, fort de mon tirage par les deux bouts, j’avance 5000, serein, mais je suis insta-call. OOps ! Dans quoi je me suis embarqué ? La river est la carte magique par excellence, celle qui n’arrive que dans les rêves les plus fous, qui vous fait aimer follement ce jeu où la chance se mêle si souvent à la technique pure. Fini le suspens, vous l’aurez compris, c’est le , qui m’apporte donc la straight runner-runner. Un peu inquiet, Sam finit par me payer mon value bet de 10 000 avec en main, confiant dans sa lecture qui s’était avérée bonne jusqu’à la river. J’ai été assez chanceux sur le coup, j’avoue, et le moment où j’ai montré ma main a été un grand moment. Des « OOhh », Ahhh!, Noonn ! » se faisaient entendre aux quatre coins de la table. Enfin, je sais plus si cette table avait des coins. Enfin, on s’en fout ! Je monte à 80K. Enfin, mon tapis décolle, s’envole un peu. Je suis seulement dominé par Choubdia en terme de jetons à la table.

Blindes 300/600/Antes 25 – Stack 80K

Malheureusement, j’essuie le contre-coup de mon agressivité peu de temps après. Avec l’apparition des antes, je sais qu’il faut gagner des pots et je cherche à en remporter qui ne me sont assurément pas destinés. Alors que Choubdia vient de perdre un gros coup et semble un peu en tilt, je me lance dans une bataille de blindes contre lui. Ne croyant pas sa mise à 1700 de SB, je le 3-bet à 5000 avec et voilà qu’il s’énerve et me répond par un « 25 000 » en avançant ce jeton dont personne ne se sert pour l’instant, marron et rouge genre sorti des flammes de l’enfer. Je me couche, piteusement, regrettant déjà d’avoir choisi un mauvais spot avec cette main, profitant d’une éventuelle tilt equity qui m’a finalement coûté pas mal. Mes relances, peut-être trop régulières, ne sont plus trop respectées et je me prends plusieurs 3-bet dans la gueule. Je ne veux pas spew mon beau stack donc je passe sagement, tout en me remettant au travail la main d’après. Un jour, j’aurai une main, je me dis pour me rassurer.

PAUSE

Blindes 400/800/Antes 50 – Stack 70K

Nous voilà de retour. Il va falloir en découdre. Les alternates s’impatientent encore. On a assisté à très peu d’éliminations, essentiellement grâce à la belle structure du début de tournoi (qui va cependant devenir rapidement très violente). Je reçois à nouveau une main à problème : . Au Hi-Jack, je mise 2000 et suis relancé à 5500 par Xmoon au bouton. Décidément, il continue à m’emmerder et à me chercher. Pas décidé à lâcher cette main, je décide de payer, non pas pour setminer, mais parce que cette fois, c’en est trop, il peut pas avoir des overpaires à chaque fois que je relance. Sur le flop , je checke et il checke derrière. Sur le turn , je décide de prendre les devants et de better 5000. Je me vois aussitôt relancé à 12000 et décide de payer assez rapidement, bien emmerdé, mais persuadé de faire face à un move de sa part. La river fait rentrer la flush et est plutôt une bonne carte pour moi, car elle va dans beaucoup de cas me permettre de voir un showdown pour pas cher. Je check, décidé à payer une mise pas trop chère, mais finalement, Xmoon décide d’arrêter les frais en checkant à son tour. Je gagne avec mes neufs. Il avait  et ce 8 à la river m’a finalement bien aidé, puisqu’il a dû estimer avoir un peu de showdown value avec cette paire trouvée à la river et a donc préféré checker. Enfin, je gagne un pot contre Xmoon ! On ne va pas me marcher dessus comme ça ! A nouveau, je vais jouer contre Xmoon. UTG+1, il relance à 2000. Je découvre . Je suis tenté par une relance mais vu la profondeur de son stack, je peux me permettre de jouer un coup post-flop, et c’est finalement à ce moment-là que j’estime avoir un petit edge et pouvoir en profiter. Le flop est superbe pour main : . Je décide de checker, sachant qu’il va c-bet 90% du temps sur ce flop. Ca ne rate pas et, après sa mise de 2500, je raise à 7500 qu’il calle après une petite hésitation. La turn n’est pas la plus belle carte du paquet mais je décide d’attaquer à 5000. Il paye à nouveau. Je sais qu’il ne peut pas avoir QT, je le situe à ce moment là sur un as et je me sens donc bien avec deux paires. La river apporte une doublette du et je décide de checker, conscient de peut-être rater un peu de value. Il checke behind et je gagne avec mes deux paires. Il m’avouera avoir et regretter de ne pas avoir relancé à la turn avec son gros draw. De toute façon, je pense que j’aurais été loin avec cette main, surtout contre lui.

Blindes 500/1000/Antes 100 – Stack 102K

Un niveau à oublier. Je ne reçois quasiment que des poubelles injouables sur des spots pas vraiment favorables. La seule main que je joue, je la joue complètement à l’envers contre Dathuy, dont je respecte pourtant vraiment le jeu. Mais, avec en main, je me contente de payer sa relance du bouton à 2500. Première erreur, vu qu’il avait 25K de stack, j’aurais sans doute dû le relancer, l’obligeant à prendre une décision pour tout son tournoi. Après deux checks sur le flop, il attaque à 4000 sur un board et je décide de payer comme un fish. Deuxième erreur. Qu’est-ce que je fais encore avec cette main sur ce coup alors que Dathuy a un tout petit tapis et va forcément miser à la river ? J’en sais rien. Sur la river , je suis obligé de folder sur une mise de 12500 de sa part. J’ai l’impression d’avoir retrouvé pas mal de mes défauts sur ce genre de coup. Mais ça va, je reste zen, ça restait tout de même un petit coup.

Blindes 600/1200/Antes 100 – Stack 100K

Cette fois, je trouve en BB lorsque Dathuy relance à nouveau du bouton à 2700. C’en est trop. Je lui fais bien comprendre que s’il veut jouer ce coup, ce sera tout son tapis de 25K. D’une manière un peu arrogante, j’avance donc un jeton de 25K pour le pousser à prendre une décision difficile. Il réfléchit assez longtemps et finit logiquement par folder. Le coup suivant, de SB, je met également la pression à Zappa, de BB, qui possède également un tout petit tapis de 18K en poussant all in sur sa blinde avec . Il préfère conserver son maigre stack de 20K pour une meilleure occasion et décide de coucher sa main. Je passe pour un gros voleur avec ces deux mains consécutives et je me pense alors qu’il faut un peu que je me calme, sinon, je vais finir par dilapider mon stack sur des coups borderline.

Blindes 800/1600/Antes 150 – Stack 105K

Je me retrouve à nouveau impliqué dans un coup avec Xmoon, qui décidément m’aura posé pas mal de problèmes. Je relance du c-off à 3800 avec et il me paye en BB. Jamais il ne lâche sa blinde, de toute façon ! Le flop se dévoile : et je c-bet à 5000. Comme je m’y attendais, il me surrelance à 12500, mais j’ai un plan : je vais le surrelancer à mon tour et sortir mon arme secrète le jeton de 25K. Il passe alors après une longue réflexion ce qu’il m’avoue être , main jouée assez bizarrement. Je montre un 8, histoire de montrer que je suis super confiant avec un 8 sur ce genre de coup. Je ne sais pas pourquoi je fais ça à ce moment, peut-être pour jeter le trouble dans la tête de mes adversaires. J’en sais rien, en fait.

Blindes 1000/2000/Antes 200 – Stack 110K

Je joue à nouveau un coup contre Sam qui tient absolument à gagner un coup contre moi depuis la quinte que j’ai trouvé à la river contre lui. Je relance au c-off à 4000 avec et suis payé par Sam de BB. Sur le flop , je tente de représenter l’as en misant 5000. Il me paye assez rapidement. Je ne sais pas très bien où le situer, mais me dit qu’il peut très bien avoir touché une dame ou être sur les trèfles. La turn est checkée par nous deux. La river également, et il constate avec dépit que je le bat sur la river en touchant mon roi, battant sa dame ainsi que le tirage trèfle. Il avait une main énorme sur le flop mais, en décidant de sous-jouer le coup, il m’a laissé toucher ma carte et prendre le pot. Pour la énième fois, Dathuy relance ma BB en misant 4650. Mais cette fois, j’ai . Je le 3-bet à 12500 et, sans doute énervé parce que je lui ai déjà ce type de move plusieurs fois, il shove 25K que j’insta-call avec les as. Il montre et me livre donc son tapis après un board sans encombres.

Blindes 1500/3000/Antes 300 – Stack 135K

Après une nouvelle pause, je suis changé de table et atterrit sur une grande table en bois où je discerne pas très bien la hauteur des tapis de mes adversaires. Je ne connais quasiment aucun joueur à la table, hormis Zied et Verdojos que j’ai déjà croisé plusieurs fois. J’arrive chipleader de la table, mais c’est bien la dernière fois où je le serais. Très vite, je reçois ma première main jouable  au bouton et décide de relancer à 8000. Zied défend sa blinde et checke le flop . Je c-bet à 10K, et me fais check-raise à tapis par Zied. Il y a 40K de plus à mettre, autrement dire, j’ai une vraie décision. Je n’arrive pas vraiment à croire qu’il a l’as, mais me demande si je peux décemment perdre la moitié de mon stack sur un mauvais read de ma part. Curieusement, je ne pense pas au tirage couleur, sans doute à cause du fait qu’il y ait deux as au board. Je décide finalement de passer, à regrets. Il me dira deux mains plus tard avoir mais deux heures plus tard détenir . Qui croire ? Le Zied du présent ? Le Zied du futur ? Quoiqu’il en soit, c’est le premier gros coup que je perds, il me plombe un peu, d’autant que je suis complètement card dead à cette table et ne parvient pas à m’imposer.

Blindes 2000/4000/Antes 300 – Stack 125K

Les antes commencent à agresser tous les petits tapis et on entend beaucoup de « all-in – payé » dans la salle où il ne reste plus à présent qu’une vingtaine de joueurs. Il y aura dix personnes qui rentreront dans l’argent. Il va falloir s’accrocher, car mon avantage à l’arrivée à cette tables s’estompe complètement. Sur une relance de l’UTG+1, un maniac qui relance énormément et a eu pas mal de chances dans ses confrontations preflop, je décide de simplement payer les 10000 avec au bouton. C’est alors que Verdojos place un squeeze all-in à 65K. Le maniac folde et je folde à mon tour, persuadé de pouvoir attendre encore un peu pour entamer ce genre de coin flip obligatoire. J’estimais être à peu près à égalité par rapport à son range de main, mais la taille de son tapis m’a clairement fait peur et j’ai un peu sous-estimé la forte montée des blindes à ce moment-là.

Blindes 3000/6000/Antes 500 – Stack 95K

Comme un paquet de croustilles, je me fais grignoter. Je retourne dans mes travers de ne pas oser, d’attendre les mains. Faut dire que je reçois quantité de poubelles, mais je n’ose pas prendre les devants et voler les blindes comme je pourrais le faire online. En live, c’est plus compliqué tout de même. On se trahit, on est pas crédible. Online, on se pose pas la question, au bouton, sur un pot pas ouvert, avec 10 blindes, on shove. Là, à Moissy et entouré de bons joueurs, on regarde 92 au bouton, et on se dit « Bon, je vais peut-être attendre mieux ». Et puis, on attend longtemps. J’hésite plusieurs fois payer des tapis, avec des mains marginales comme KJ ou A6, parce que perdre ces coups-là m’auraient crippled.

Blindes 4000/8000/Antes 500 – Stack 75K

Je suis descendu à moins de dix blindes quand je reçois une main que j’aurais presque envie de jeter mais que je suis bien obligé de push. Après un raise à 20000 UTG par le maniac de la table, je découvre donc et fais tapis pour 70K. Il me paye et c’est un coin flip contre que je gagne après quelques sueurs froides. Je remonte à 150K et retrouve un peu le moral, sachant qu’on n’est plus que 13 ou 14 joueurs en course. La bulle est pas loin, et si je joue sérieusement, il n’y a pas de raison que je ne fasse pas la table finale !

Blindes 5000/10000/Antes 1000 – Stack 170K

La structure devient vraiment injouable. La moyenne est en dessous des 20BB et il reste quelques petits tapis. L’un d’entre eux pousse son tapis de 40000 sur ma blinde à 10000. Je colle sans hésiter avec pour la cote et aussi parce que la perte de ce coup ne serait pas très grave. Je gagne le 60/40 en ma faveur et passe pour la première fois à 200 000 jetons. La table finale s’approche, on est plus que 12.

Blindes 6000/12000/Antes 1000 – Stack 200K

En premier de parole, je reçois et place une mise à 30000. La grosse blinde, Christophe, mousquetaire joueur d’échecs aux tendances un peu livetardesque, pousse son tapis de 110K. Je ne suis pas scared money sur ce tournoi et c’est infoldable dans cette situation donc je paye, espérant pourquoi pas mieux qu’un coin flip. Il dévoile , c’est donc un coin flip, celui qu’il faut passer pour bien se placer en TF. Malheureusement, cette fois, la pièce tombe du côté de mon adversaire (que j’avais sorti en TF de Moissy la dernière fois) et je tombe à 95K, parmi les plus petits tapis alors qu’on est tombé à 11 left. Je me vois bien finir à la bulle, comme trop souvent et je me dis que le Poker, c’est quand même beaucoup de frustration. Un tournoi où j’ai l’impression de bien joué et où mon sort est décidé sur un vulgaire coin flip. Les tournois multitables, difficiles pour le moral ! Faut être solide pour encaisser la variance ! La main suivante, le petit tapis de la table, que je couvre légèrement, pousse son tapis de 80K et est payé par Christophe. J’ouvre au bouton. Sur un gros tournoi online, je pense que j’aurais folder, préférant attendre de voir le joueur faire la bulle pour bouger ensuite, mais là, la situation méritait réflexion. En effet, je couvre le premier joueur, qui peut pousser son tapis avec n’importe quoi. Si je saute mais qu’il saute aussi, je fais quand même l’argent. A la vitesse où Christophe a payé, je me dis que lui aussi est sans doute devant la range du premier relanceur preflop. Et surtout, vu la structure de paiements du Deep Stack Moissy, la situation est clairement ev+ pour viser la gagne. Si je gagne ce coup, et je peux vraiment avoir la meilleure main dans ce spot, je fais plus que tripler mon maigre tapis. En gros, je me donne une chance d’aller loin dans le tournoi. Cette main a suscité pas mal de discussions, notamment avec Tawpaipai qui me reprochera de m’être engagé dans ce coup borderline, sachant que le tapis du short stack avait déjà été payé. Je suis vraiment persuadé que ma décision était bonne, et j’ai tant de fois regretter des weak folds comme ça sur des tournois online. Pour en revenir à la main, un quatrième larron s’est invité à la fête, pour la cote, et a mis tout le monde d’accord en trouvant un full avec en main. Le premier relanceur avait et Christophe, dont le fait de juste caller était une énorme erreur, a dit avoir les jacks, ce qui m’étonnerait beaucoup pour ma part. Enfin, on ne saura jamais !

Conclusion

Je finis 10ème en rentrant quand même dans l’argent. Je suis plutôt très content de mon tournoi même si ma deuxième table a été très difficile et que j’ai été un peu attentiste et card dead. Globalement, c’était une très bonne expérience de tenter de jouer plus loose que d’habitude. C’est une manière de jouer que je ne maîtrise pas encore à la perfection, mais qui permet d’aller très loin dans les tournois et surtout de monter de gros tapis. Demandez à Bao !! Pendant que la TF se déroulait, les gambleurs fous de la Newteam ont organisé un petit blackjack histoire de plumer les fishs comme moi, et comme d’habitude, Bao a chatté ! C’était vraiment sympa en tout cas cette ambiance de fin de tournoi à Moissy. Merci une nouvelle fois à la Newteam pour avoir mis l’ambiance tout au long de la soirée. On a terminé vers quatre heures du mat en jouant un petit Cash Game en dealer’s choice avec des joueurs très sympathiques que je connaissais pas, spécial dédicace à Buloboss qui est sorti du tournoi au bout d’une heure les rois contre les as et qui est quand même resté jusqu’au bout de la nuit pour découvrir de nouvelles variantes (qui a dit Poker Addict ?). J’ai eu l’occasion de gagner un énorme pot contre Elie avec full contre full et me suis ainsi bien vengé du sale bluff qu’il m’a passé dans l’après-midi. Merci beaucoup à l’organisateur, Gégé, et à JP de nous avoir accueilli dans sa demeure pour gambler jusqu’à cinq heures du mat’. Les tartes étaient très bonnes. Un grand bravo aussi à Tounsi qui joue vraiment très bien et à Zied pour son acharnement à tirer le maximum de ses jeux max. A bientôt pour le prochain deepstack. Il paraît qu’on aura 80 000 jetons. Enfin, je dis ça, je dis rien !!

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Freestyle

20 avril 2010 at 15:21 (Compte-Rendus)

Finalement, j’ai craqué. J’ai rejoué quelques tournois online car le jeu me manquait trop. Deux petites perfs sympathiques m’ont permis de me remettre d’un spew ridicule en Cash Game. C’est donc avec beaucoup d’envie que je me suis rendu pour la première fois au Freestyle Poker de Willy, un tournoi sympa organisé à Bagneux par un reg de ClubPoker. Mon premier tournoi sur deux jours. 15K jetons, 60 joueurs, 6 payés. Je joue la deuxième vague, celle des surfeurs qui se lèvent tôt (même s’ils n’ont pas beaucoup dormi, comme Piepieff ou Bao). On est 20 sur la ligne de départ, en ce samedi matin d’avril. Quelques jetons Monte-Carlo entre les mains, prêts à être poussés au milieu. Je swappe 20% avec mon pote Elie et nous voilà tous les deux prêts à affronter un field qui s’annonce plutôt relevé avec la présence de Bastos, Emro et Baolino à notre table. Le shuffle up and deal résonne et le tournoi peut commencer.

DAY 1

Blindes 25/50 – Stack 15K

Nous ne sommes encore que quatre à table quand je reçois ma première main au cut-off. Déjà trop impatient, je mise alors que ce n’est même pas à moi de parler. Max, en position UTG, me le fait bien remarquer et relance donc avant moi à 150. Pas trop envie de 3-bet dès le début, alors je paye juste cette relance au cut-off, ne connaissant pas encore ce joueur. Le flop tombe et après son check, je décide de miser 125, provoquant un call de sa part. Ne sachant pas trop où le situer, je décide de prendre la carte gratuite qu’il me laisse à la turn, le , avant de tenter un bluff ridicule à la river  en misant 700, autrement dit un overbet. Max me paye sans sourciller avec . Je me suis un peu enflammé en essayant de bluffer ce coup, alors que je ne savais rien de ce joueur. Pendant ce premier niveau, je reçois pas mal de mains moyennes-fortes que je relance ou limpe sans grand succès. Je descends pas mal à force de rater les flops. Sur des blindes si petites, je ne cherche pas trop à m’aventurer dans des coups trop élaborés sans jeu. Je laisse passer l’orage, et finis le niveau à 13,5K.

Blindes 50/100 – Stack 13,5K

Je laisse passer quelques coups et tente d’observer un peu les forces en présence à la table. Comme d’habitude, Elie joue pas mal de coups, monte ses jetons aussi vite qu’il les distribue, mais parvient à gagner de beaux coups grâce à de bonnes décisions. Je constate que Bao est toujours aussi tricky et que j’ai intérêt à éviter les coups borderline contre lui. Je suis témoin de la première élimination avec une belle livraison à Dathuy où un joueur paye son 4-bet all-in avec AK sur 955. Incompréhensible quand on connaît le jeu de Dathuy qui était donc armé avec KK en main. Je joue aucun coup sur ce niveau. J’ai déjà dilapidé trop de jetons à tenter de voir des flops avec des jeux moyens, je resserre un peu, fidèle à mon côté tight agressif habituel.

Blindes 75/150 – Stack 12,8K

Arrive assez rapidement ma première paire. Je reçois  au cut-off. Elie relance UTG comme un coup sur trois à 425. Bastos paye en MP. Je décide de juste payer également, dans le but de setminer. Emro, un bon joueur avec qui j’avais déjà joué à Moissy s’invite également à la fête. Le flop se dévoile  et tout le monde checke. La turn est le  et pousse Bastos à miser 500. je paye assez vite cette mise à cause de la doublette du roi et d’un petit tirage couleur. Et aussi car je joue contre Bastos, qui est capable de ne rien avoir là. La river est le et après le check de Bastos, j’estime, sans doute à tort, que je ne peux pas bluffer ce pot contre lui. Il révèle et gagne le pot. J’aurais pu tenter un bluff ici mais, connaissant l’animal, j’estimais ne pas pouvoir le faire passer. J’aurais sans doute un meilleur spot pour lui prendre des jetons par la suite. Enfin, je l’espérais.

Blindes 100/200 – Stack 11,3K

Rien d’alarmant pour l’instant, mais une chose est sûre, je n’ai gagné aucun coup jusque là. J’ai remarqué que certains joueurs semblaient plus faibles que d’autres, mais cela ne m’a jusque là rapporter aucun jeton. En MP, je reçois alors que je décide de relancer à 500. Seul Besseb me paye au bouton. Le flop tombe  et je place alors un c-bet à 700 qu’il décide de payer visiblement à contre-coeur. Je ne le situe pas vraiment sur une main à ce moment-là mais décide de poursuivre mon agression sur la turn  en misant 1000. Une relance qui le pousse à folder, un peu contrarié par la faible taille de son tapis à ce moment, ayant perdu plusieurs coups de manière assez similaire. Je remonte donc un peu et prend un peu plus d’assurance. Après une mise de 650 de Bastos payée par Bao, je découvre en SB et décide de placer un squeeze à 2500. Comme mon image est plutôt bonne à ce moment-là, j’obtiens deux folds et prend le pot preflop. Ayant beaucoup limpé ou payé des relances en tout début de tournoi, j’ai décidé de changer un peu de stratégie et d’être un peu plus agressif, pour ne pas me faire dévorer par les petits requins du ClubPoker.

Blindes 150/300 – Stack 14,5K

Je repars au combat gonflé à bloc en étant revenu quasiment au stack de départ. Peu d’éliminations pour l’instant, personne n’a vraiment pris le large et on a encore largement moyen de jouer un poker solide. Je joue quelques coups de manière un peu agressive pour arracher quelques petits pots mais globalement, je reste stable aux alentours de 14/15K, tout en essayant au mieux de contrer Bao dans sa tentative de marcher sur la table, ce qu’il parvient à faire grâce à quelques coups heureux (notamment deux quintes un peu improbables touchées à la river)

Blindes 150/300 Antes 25 – Stack 14K

Avec l’apparition des antes, je sais qu’il va falloir desserrer un peu le jeu, se montrer plus actif pour ne pas voir son tapis fondre comme neige au soleil. Pourtant, ma première relance ne sera pas respectée. Avec une nouvelle fois, je décide d’attaquer au cut-off à 900, espérant prendre les blindes tranquillement. Emro ne l’avait pas entendu de cette oreille et me place un petit 3-bet des familles à 2700. Assez pour me faire folder ma petite paire, autant le dire, Emro a pour l’instant une image de serrure complète, à tel point que chacune de ses relances fait un peu peur. Mais les cartes ont décidé d’arriver avec les antes, heureusement pour moi. La main d’après, je reçois au Hi-Jack, et je décide de surrelancer à 2500 la mise de 850 de Bastos UTG+2. bastos ne s’en laisse pas compter et paye mon 3-bet assez rapidement. Le flop ne me rassure pas des masses, mais après le check de Bastos, je me sens obligé de miser. J’avance à nouveau 2500 et Bastos insta-fold sur cette mise. Ouf ! Je le voyais bien me mettre dans une situation difficile en poussant son tapis ici. Quelques mains plus tard, je découvre à nouveau et répond à la mise d’Elie de 900 et au call de Bastos par un nouveau 3-bet à 3000. Si Elie passe, il n’en est pas de même pour Bastos qui pousse son tapis de 7800 non sans avoir demandé à Willyboy combien de temps durait la pause. Même si j’avais pris la décision de payer avant d’entendre cette phrase, vu la taille du tapis de Bastos et le fait que j’avais déjà mis 3000, il était évident que cette phrase voulait dire « Let’s gamble » de la part de Bastos. Ca n’a pas manqué puisque Bastos a dévoilé . Après un board sans encombres, me voilà enfin pour la première fois au-dessus de la moyenne, avec à peu près 25K. Sans rancune Bastos, tu m’as sorti à Moissy, il fallait bien que tu me rendes un peu de mes jetons !!

Blindes 200/400 Antes 50 – Stack 25K

Porté par mon stack et par la volonté de spew quelques jetons, je décidais de me frotter à Bao, tout en sachant que j’allais sans doute le regretter. Au cut-off, le voilà qui raise à 1600. Je décide de juste payer avec la position et avec en main. Sur le flop , Bao place un c-bet à 1800 que je me décide à relancer à 5000, ne voulant pas me faire marcher dessus par ce membre de la Newteam. Malheureusement pour moi, Bao, me place alors un 4-bet imparable à 12500. Il me dira plus tard avoir la même main que moi. Peut-être, en tout cas, bien joué ! J’aurais pu éviter de tenter ce move, mais je pensais, sans doute à tort, qu’il passerait très souvent sur ce flop. Sans doute un peu poussé par mon stack en ascension, j’ai un peu dilapidé les jetons de Bastos sur ce coup.

Blindes 250/500 Antes 50 – Stack 16K

Sur ce niveau, j’ai pas mal profité de la weakitude de certains adversaires, en prenant plusieurs coups contre Max et contre Seb, deux fois sur des c-bets au flop, et une fois sur une défense de blinde contre Max, où je défend avec et attaque la turn sur un board . Il folde en pestant, comme la plupart des coups où il a foldé, se laissant littéralement engloutir par la montée des blindes.

Blindes 300/600 Antes 75 – Stack 22K

Après deux limpeurs, je décide de compléter ma SB avec . Le flop est magique . La question est maintenant : comment extraire le plus de jetons possibles de cette main ? Je décide de checker le flop, mais ne provoque aucune mise de mes adversaires. Sur la turn , j’opte pour une petite mise à 1000 mais n’obtiens pour réponse qu’un fold collégial. Dommage, mais il me semblait plus prudent de placer une mise à la turn, au moins pour faire payer un éventuel tirage flush. Survient alors un coup important que je joue contre Elie. Il n’est jamais facile de jouer contre ses amis, on a toujours envie de faire des moves un peu bizarres, et je sais très bien que Elie en est capable. Au bouton, il relance à 1400. Je découvre alors  en BB. Je suis un temps attiré par l’idée de le 3-better préflop, mais me dit qu’il est bien capable de me 4-bet en se disant que je ne paierais qu’avec les as ou les rois. je décide donc de prudemment payer.  Le flop se dévoile et j’opte pour un check-raise lorsqu’il place une toute petite mise de 1300. je décide de faire un min-raise à 2600. Il me connaît et devrait interpréter ce move comme « il est armé ». Malheureusement, après quelques secondes de réflexion, il place un 4-bet à 5600. Pris encore une fois la main dans le sac, je suis obligé de folder ma main, et il me montre les as. Heureusement que je n’ai rien tenté de suicidaire en le poussant à tapis. J’y ai pensé, parce que c’était lui en face, mais me suis dit que je n’avais pas non plus investi tant que ça dans ce coup et que donc, il valait mieux préserver mon maigre tapis.

Blindes 400/800 Antes 100 – Stack 15,3K

Les blindes et antes commencent à faire mal. J’ai navigué entre 10 et 25K toute la journée, sans jamais vraiment décoller. Je suis revenu au tapis initial, et suis donc obligé de bouger pour pouvoir récupérer quelques blindes et antes. Puis, je tente un nouveau vol du bouton et me fait flasher par la patrouille. J’ai la mauvaise idée de tenter de voler la blinde de l’homme à la casquette verte qui a pourtant un tapis de 8500. Autant dire qu’il allait souvent pousser son tapis sur ma relance. Peu importe ma main, Q4 en l’occurrence, c’était pas vraiment lui dont j’aurais dû essayer de voler la blinde. Ce coup me fait tomber en dessous des 15K alors que la réunification des deux tables a lieu. En full ring, on va peut-être un peu pouvoir souffler et attendre les bons spots.

Blindes 500/1000 Antes 100 – Stack 14,8K

Avec mes quinze blindes, je sais que ça va être dur d’arriver en deuxième journée. Je m’accroche cependant. Certains ont encore de très petits tapis, et on est plusieurs à postuler pour sauter à la bulle du deuxième jour. Je décide de relancer  en MP à 2500 sur la blinde de Bao qui me paye, bien évidemment, bien pourvu avec son stack de 70K. Le flop  me paralyse un peu. J’ai pas vraiment envie de sauter sur cette main, même si je sais qu’il ne me reste plus grand chose. Après un check de Bao, je décide de checker aussi. J’aurais sans doute dû miser, mais je me voyais mal payer une éventuelle relance. La turn est une brique et Bao checke encore. Là, je suis encore plus dans le flou et je checke également, fermement décidé à payer la mise que Bao ne va pas manquer de mettre à la river . Bao mise un peu cher, 4100 et sûr de moi, je paye donc, suivant mon plan. Il mucke directement ses cartes et j’empoche le pot, un peu soulagé. Je pousse également mon tapis de 18K au bouton sur Elie. Un peu cher d’open-shove pour 18 blindes avec AJ mais je préférais m’éviter le mal de crâne qui aurait suivi son 3-bet qu’il m’aurait probablement envoyé en pleine tête.

Blindes 600/1200 Antes 100 – Stack 23K

Je joue alors une bataille de blindes contre Sam, sans doute le joueur le plus faible de cette dernière table. Il se contente de limper en SB et je décide de relancer à 3500 avec . Curieusement, il paye ma mise. Sur le flop , je décide de c-bet à 4000, et suis payé. Pas très heureux par ce call, je décide de checker la turn et la river . Heureusement pour moi, il ne tente aucun bluff et je remporte le coup contre une hauteur as. Je respire un peu et passe pour la première fois au dessus des 30K. Je vole deux ou trois fois les blindes avec des mains légitimes, dont une paire d’as qui à mon regret ne m’apportera aucune action, et constate avec plaisir l’élimination soudaine de trois joueurs (dont mon pote Elie en 8ème place) pendant les premières minutes du niveau suivant, 800/1600 antes 200. Willy nous apprend que les blindes reprendront à 500/1000 le lendemain. Grande nouvelle pour les tapis shorts et moyens dont je fais partie. Je finis la journée à 36,3K, en dessous de la moyenne, mais l’important est qu’il reste encore de quoi jouer. J’aurais plus de trente blindes au départ le lendemain, tout est encore possible.

DAY 2

Blindes 500/1000 Antes 100 – Stack 36,3K

Le dimanche à 13h commence le Day 2. Parmi les « demi-finalistes », Bilara, l’homme en forme du moment paraît-il, possède le plus gros tapis, un peu plus de 100K. Heureusement, j’hérite d’une table avec des tapis moyens et évite en ce début de journée Bao et Aly. Il va de toute façon pas falloir tarder à bouger si on veut espérer une place dans les 6 payés du tournoi. Se montrant plutôt actif en ce début de journée, GoodCharly relance une nouvelle fois en UTG. Je découvre une belle main et me décide à le 3-bet à 10K, espérant qu’il ait une belle main à cette position. Malheureusement, il ne prend pas beaucoup de temps pour folder sa main, et je prend un pot que j’aurais aimé voir grossir un peu. J’ai sans doute fait un peu cher, à cause de la taille de son tapis de 60K en ce début de journée.

Blindes 600/1200 Antes 100 – Stack 34K

Un peu frustré de ne pas voir beaucoup de jeu, je tente un vol au cut-off avec sur la BB de Keuss qui possède pourtant un petit tapis. Le vol tourne mal puisque l’apparition de deux valets au flop et d’une dame à la river m’effraient assez pour concéder le pot sur une grosse mise de Keuss à la river. Je sais que je dois agresser si je veux survivre dans ce tournoi. Rentrer avec de petites mains ne me fait peur, je suis bien conscient que je dois prendre des risques, même si je n’aime pas trop ça. Mon stack descend rapidement dans les 20K à cause de plusieurs abandons au flop et je me retrouve dans une zone un peu critique en possession de 20K quand je reçois  UTG+2. Je décide de pousser directement mes 15 BB au milieu pour éviter de devoir prendre une décision difficile sur un flop contenant des overcards. Je suis rapidement payé par Keuss à qui il reste environ 40K. Il dévoile sa main et je dispute donc mon premier coin flip du tournoi, sur lequel se joue ma survie. heureusement, le board n’est composé que de petites cartes et je parviens à doubler à plus de 40K.

Blindes 800/1600 Antes 200 – Stack 43K

Je suis toujours dans le rouge avec la montée des blindes. Je ne parviens pas à décoller. La table n’est pas forcément très difficile mais un petit jeune talentueux fait des ravages avec un jeu hautement agressif. Croupier à l’ACF dans le civil, il relance une nouvelle fois à 3700 en MP et je décide de le 3-bet avec à 15K. Je fais encore un peu cher, j’éprouve quelques difficultés à trouver les bons montants à miser en live. Globalement, je fais souvent trop cher. Il folde en me montrant sa main , quelque part pour légitimer sa relance. Ca ne l’empêche pas de continuer ses agressions et d’amasser encore quelques jetons pendant ce niveau, en montrant un bon niveau de Poker.

Blindes 1000/2000 Antes 200 – Stack 50K

Mon stack stagne un peu. Je vole deux ou trois coups et constate les éliminations des short stacks à ma table. Je reste patient, et sait que sans erreur grossière de ma part ou sans setup, je peux me permettre d’attendre le regroupement à une table. Je décide pourtant de relancer la BB de Ludo pour ce qui va s’avérer être le coup charnière de ce Day2 pour moi. J’ai en MP et je relance à 5000. C’est payé. Sur le flop , je place un c-bet à 7500 et me fais quasiment instantanément payé. Je ne vois pas trop ce qu’il représente mais me dit qu’il peut clairement essayer de m’outplay en comprenant que je n’ai rien touché sur ce flop. Heureusement, la turn est le , je me vois alors devant lui et après son check, je décide de checker à mon tour pour pot control. Sur la river , il place une mise de 16k que j’insta-call, persuadé à 100% d’être devant. Il mucke aussitôt, disant qu’il a hauteur as. Clairement, à sa tête, il avait compris que j’avais le roi et s’en voulait d’avoir tenté ce bluff à la river. Ce coup le mettra en tilt complet et il sortira dès la main suivante contre Thierry, la serrure de la table, un joueur limite autiste qui était passé plutôt inaperçu jusque là, ne dévoilant jamais un jeu. Il attrapera Ludo avec un brelan de 7, craquant la paire d’as qu’il muckera directement sans attendre la turn et la river. Tilt ? Pas de regrets éternels cependant puisqu’aucune carte ne serait venue le sauver à la river.

Blindes 1500/3000 Antes 300 – Stack 80K

La table finale est prête et je suis à mon apogée niveau stack. Rien d’extraordinaire cependant vu que Bilara a déjà plus de 250K. Je joue très prudemment en ce début de table finale, sachant que je suis à 4 éliminations de l’argent et qu’il reste plusieurs petits tapis. C’est GoodCharly qui nous quitte le premier. Je ne sais plus qui l’élimine. Je serre le jeu pour me maintenir aux alentours des 80K pendant que le 9ème se fait sortir à son tour.

Blindes 2000/4000 Antes 400 – Stack 75K

Je me décide à jouer un coup contre Bao en combat de blindes. J’ai  et je relance sa BB à 10K. Comme à son habitude, il me paye, et on découvre un flop . Je c-bet sereinement 12K mais est rapidement terrifié à l’idée d’une relance de Bao. Je sais qu’il est capable de me mettre la pression à l’approche de la bulle, en usant de son gros tapis, surtout s’il a tirage couleur sur ce flop. Heureusement, il folde et je respire un peu. Le 8ème sort peu après, et après une longue discussion entre Willy et Bilara, l’actuel énorme chipleader, on décide de rembourser le futur sortant, le futur bubble-boy. Je suis déjà soulagé d’être remboursé. Maintenant, il faut viser les trois premières places. Et c’est là que recommence pour moi le syndrome de la table finale et la pression des augmentations des paiements. Je n’ose plus jouer, rate deux ou trois spots pour envoyer mon tapis, et ne fais que descendre. Je parviens seulement une ou deux fois à voler les blindes et antes en envoyant mon tapis ridicule avec des mains décentes mais je rate beaucoup trop d’occasions. Attendant les sorties des autres stacks, je m’interdis d’espérer la gagne en jouant archi-tight et en refusant de m’engager. Je m’en veux un peu de cet attentisme idiot qui m’a empêché de rivaliser avec les bons joueurs restants. Quoiqu’il en soit, après la sortie de Keuss et Piepieff, mon tapis est devenu tellement ridicule que je shove mes 6BB restants avec et suis payé par Leo avec . Nice call ! Ca tient et je sors donc 5ème, prends 230 euros, content de mon tournoi mais regrettant comme souvent en MTT Online d’avoir préféré attendre et augmenter dans l’échelle des prix plutôt que de jouer la gagne.

Leo sortira peu de temps après, sur un coup un peu malchanceux contre Bao, toujours le roi des petites mains qui deviennent énormes sur le board par on ne sait quelle magie. Le trio de tête, composé de Bilara, Bao et du surprenant Thierry se livrera une bataille acharnée grâce aux cartes distribuées par Viet, avec qui j’aurais pas mal discuté stratégie pendant ces coups. Merci Viet pour ta bonne humeur, ta capacité à faire rire tout le monde avec tes « C’est l’as qui gagne » et surtout pour avoir animé cette fin de tournoi un peu longue. Un grand bravo à tous les joueurs, spécialement Aly et Bao, et un grand merci à Willy et Caty pour l’organisation remarquable du tournoi, belle répétition avant la grande bataille de Moissy le week-end prochain.

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Le mois en chiffres

12 avril 2010 at 22:11 (News)

0
Heure à jouer Online
1
Jour où je n’ai pas pensé au Poker
2
Jours de mixage effectués sur mon film
3
Parties lives disputées avec des potes
4
Jours avant que je reprenne le Poker, environ
5
Projets en cours
6
Producteurs rencontrés à Bourges
8
Jours où j’ai pensé à recommencer à jouer
9
Mars où j’ai décidé d’arrêter de jouer
14
Films regardés
22
Episodes de web-série à tourner
25
Heures passées sur ClubPoker ou PCF
70
Episodes de séries regardés
102
Pages de scénario noircies
250
Jetons de toutes sortes achetés
7000
Secondes avant que je redépose sur un site

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La Main de la Semaine #2

24 mars 2010 at 11:11 (Main de la Semaine)

Avant de prendre la décision d’arrêter, j’avais disputé un tournoi deepstack bien sympathique dans le cadre des X-Séries sur Winamax. 50$ de BI, 10K jetons, Rounds de 20′.

Voici une main que j’ai jouée au deuxième niveau. Je ne connais pas grand monde sur ma table, hormis ApoG, regular des tournois à 50 et 100 sur Ongame.

Cela faisait plus de quatre mois que je n’avais plus joué de MTT, j’étais un peu perdu sur la manière de jouer cette main, et sur la stratégie à adopter en début de tournoi avec une telle profondeur.

***** History for hand T5-32931609-28 (TOURNAMENT: O-11656-1) *****
Start hand: Sun Mar 7 15:25:30 GMT+0100 2010
Table: Table #40 [32931609] (NO_LIMIT TEXAS_HOLDEM 50/100, TC)
User: tapis volant
Button: seat 6
Players in round: 10
Seat 7: rocknr17 (9288)
Seat 8: -apoG- (9462)
Seat 9: tapis volant (9175)
Seat 10: leffe23x (17650)
Seat 1: nikauw x (13260)
Seat 2: kardes27 (14675)
Seat 3: MS17 (7775)
Seat 4: x jimsi x (7425)
Seat 5: lasvegas57 (2265)
Seat 6: tipito (9025)
rocknr17 posts small blind (50)
-apoG- posts big blind (100)

Dealing pocket cards
Dealing to tapis volant:
tapis volant raises 300 to 300
leffe23x folds
nikauw x folds
kardes27 folds
MS17 folds
x jimsi x calls 300
lasvegas57 folds
tipito folds
rocknr17 folds
-apoG- folds
— Dealing flop
tapis volant bets 400
x jimsi x raises 1550 to 1550
tapis volant calls 1150
— Dealing turn
tapis volant checks
x jimsi x bets 2900
tapis volant folds

Summary:
Main pot: 3850 won by x jimsi x (3850)
Seat 7: rocknr17 (9238), net: -50
Seat 8: -apoG- (9362), net: -100
Seat 9: tapis volant (7325), net: -1850
Seat 10: leffe23x (17650)
Seat 1: nikauw x (13260)
Seat 2: kardes27 (14675)
Seat 3: MS17 (7775)
Seat 4: x jimsi x (9425), net: +2000
Seat 5: lasvegas57 (2265)
Seat 6: tipito (9025)
***** End of hand T5-32931609-28 *****

Après coup, je ne savais pas trop si c’était beaucoup trop weak de folder comme ça à la turn.

Si vous avez des commentaires constructifs, n’hésitez pas !

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